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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 20:41

 

Lors de la rencontre en « Format Normandie » à Munich, l'Allemagne, la France, la Russie et l'Ukraine ont décidé que le régime du cessez-le-feu dans le Donbass débuterait le 20 février 2017.

 

Un cessez-le-feu de plus? L’Ukraine est proche de la rupture, il va donc lui falloir choisir très prochainement entre la guerre hasardeuse et la paix démoralisante.

La situation actuelle a pour fondement un cessez-le-feu appuyé sur le protocole de Minsk, signé le 5 septembre 2014 par les représentants de l'Ukraine, de la Russie, de la République populaire de Donetsk (DNR) et de la République populaire de Lougansk (LNR). Ce cessez le feu a été conforté par les Accords de Minsk II signés le 12 février 2015 entre l'Allemagne, la France, la Russie, selon ce que l’on appelle le « Format Normandie ».

Ces accords prévoyaient notamment un cessez-le-feu, une zone démilitarisée sur la ligne de contact et un dialogue pour la création d'un statut spécial relatif aux régions en conflit de Donetsk et de Lougansk.

Ils n’ont pas été mis en œuvre. Le cessez le feu est régulièrement rompu, le gouvernement ukrainien a massé des forces importantes aux abords des zones rebelles et refuse de dialoguer avec les autorités des Républiques populaires de Donetsk et Lougansk au sujet de leur statut.

Depuis la fin janvier 2017, l’armée ukrainienne a repris les hostilités contre les rebelles afin d’appuyer la demande récente du Président ukrainien Piotr Porochenko auprès d’Angela Merkel de maintenir les sanctions européennes à l'encontre de Moscou jusqu'à la mise en œuvre complète des Accords de Minsk.

L’Ukraine a en effet fait converger depuis le début 2016 infanterie, blindés, artillerie et matériel de logistique. En masse. Voici les données détaillées pour les sceptiques: sur la ligne de front du Donbass, elle dispose de quatre-vingt dix mille hommes, soit les effectifs de la totalité de l’armée de terre Française, avec en première ligne, trois Groupes Tactiques face respectivement à Marioupol, Donetsk et Lougansk et à l’arrière du front, une Réserve opérationnelle.

Chacun de ces Groupes Tactiques dispose d’un effectif d’environ dix sept mille hommes, appuyés par une force blindée d’une centaine de chars d’assaut, de cinq cent véhicules de combat d’infanterie, de quarante Lance-Roquettes Multiples, de deux cent soixante pièces d’artillerie lourde et de mortiers, de trois cent systèmes d’arme antichar et de quatre cent systèmes de défense anti-aérienne. La Réserve opérationnelle dispose d’un nombre de matériels supérieurs à ceux d’un des trois Groupes Tactiques.

Chaque Groupe Tactique est organisé autour de brigades interarmes, auquel s’ajoute une brigade d’artillerie équipée surtout d’obusiers de 152mm, de vingt groupes de forces spéciales et pour l’ensemble du front, d’un groupe aérien de chasseurs bombardiers et d’hélicoptères d’assaut, comprenant neuf Soukhoï 24, quinze Soukhoï 25, dix Mig 29, onze Soukhoï 27 et trois escadrilles d’hélicoptères avec neuf MI8 et huit MI24.

Puisqu’un nouveau cessez le feu est annoncé, le Président ukrainien, Petro Porochenko, va donc devoir choisir. Car entretenir une force d’assaut de près de cent mille hommes pendant des mois sur une ligne de front active sans rien engager de décisif est extrêmement couteux au plan financier et moral. Le pays serait entrainé dans la voie d’un effondrement socio-économique et le régime assuré de l’effondrement.

Pour sauver le régime, Petro Porochenko risque donc d’inventer un prétexte pour attaquer.

Mais, malgré sa supériorité numérique de trois et demi contre un, l’armée ukrainienne ne dispose pas des ressources humaines et logistiques pour livrer un assaut urbain frontal. De plus, il provoquerait d’importantes pertes civiles qui légitimeraient une intervention russe. Il lui faut donc attaquer une ville d’importance stratégique secondaire comme Debalsevo, Dokuchaiesk ou Yasinovataya ou percer le front vers la frontière russe pour isoler les forces rebelles déployées au Sud.

Le but de Petro Porochenko, avec la complicité bienveillante de l’opinion occidentale, serait de provoquer une intervention russe aussitôt utilisée pour dénoncer toute forme de dialogue avec Moscou et, surtout, de sauver le régime ukrainien.

C’est pourquoi il est difficile de croire à ce nième cessez le feu, puisque le régime a besoin d’un conflit avec les rebelles et surtout avec les Russes pour survivre. Déjà, les pays riverains comme la Pologne accueillent des millions d’Ukrainiens qui fuient un pays à la dérive.

 

L’objectif des Allemands de faire de l’Ukraine un réservoir de main d’œuvre particulièrement bon marché est d’ores et déjà en partie réalisé, mais il reste encore à stabiliser le pays en le dotant d’un pouvoir politique légitime et d’un accord de bon voisinage avec la Russie.

Un autre régime donc.

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 15:40

 

Après la capitulation du 27 juillet 1758, toutes les troupes françaises, y compris le gouverneur et les officiers, furent considérés comme des prisonniers de guerre.

Mais quatre mille civils en outre résidaient dans l’ile Royale. Pour les préserver, Le Gouverneur, le chevalier de Drucourt, s’était résigné à une capitulation humiliante. Le but du général Amherst était d’une brutalité parfaitement adaptée aux buts stratégiques constants des anglo-saxons en Amérique : faire disparaître des territoires conquis tous ceux qui s’opposaient à leur mainmise, les Indiens, les Espagnols et en cette ile, les Français.

Il ordonna à l'amiral Edward Boscawen d'organiser leur déportation massive, qui sera effectuée sur des navires insalubres. Auparavant, le 15 août 1788, les Britanniques embarquèrent sur leurs navires trois mille soldats et officiers de terre, ainsi que deux mille six cent marins et officiers de marine sur des navires de transport. Quatre cent soldats périrent en mer avant d'arriver. Ensuite, trois mille cent Acadiens furent déportés dès l'été 1758, dont plus de mille sept cent cinquante allaient périr par noyade ou par maladie au cours du transport. Certains navires étaient si décrépits qu'ils coulèrent avec tous leurs passagers avant même d'avoir pris la haute mer. Les anciens habitants de Louisbourg qui survécurent à la déportation purent débarquer dans le port de Rochefort, de La Rochelle et de Saint-Malo. Cependant, un groupe de dix familles acadiennes habitant Port Toulouse réussit à fuir vers l’ile Madame où leurs descendants vivent encore aujourd'hui.

Les Anglais s’emparèrent ensuite de l'île Saint-Jean, aujourd’hui Ile du Prince-Edouard, qui se trouvait sans ressources après la chute de Louisbourg. Trois semaines après cette dernière, une troupe de cinq cent soldats britanniques, sous le commandement du lieutenant-colonel Andrew Rollo débarqua à Port-la-Joy pour prendre possession de l'île Saint-Jean.

Le commandant de Port-la-Joy, le major Gabriel Rousseau de Villejouin avait été enjoint par l’ex-Gouverneur de Louisbourg, le Chevalier de Drucourt, par une lettre du 8 septembre 1758 de remettre l'île aux mains des Britanniques. De toute façon, De Villejouin ne disposait plus d'aucun moyen pour subvenir aux besoins de la population. Il se rendit donc avec toute sa garnison, composée de Compagnies Franches de la Marine. Les soldats français furent expédiés comme prisonniers en Angleterre.

Le commandant britannique s’efforça de rassembler les Acadiens de l'île Saint-Jean pour les expulser. Mais ils étaient dix fois plus nombreux que prévus, quatre mille au total, dispersés dans les cinq villages de Port-la-Joy, de Saint-Paul-de-la-Pointe-Prime, de Saint-Louis-du-Nord-Est, de Saint-Pierre-du-Nord et de Malpèque.

Le temps de faire venir des navires supplémentaires, une partie des habitants parvint à se cacher. Trois mille Acadiens furent finalement embarqués en octobre 1758. Douze navires partirent en novembre à destination de Saint-Malo, mais huit seulement atteignirent la France et la moitié des passagers moururent en mer, décimés par une épidémie de variole ou par noyade. De plus, la mauvaise qualité de la nourriture fournie par les Britanniques, «du biscuit pourri et du bœuf salé remplis de vers» avait également provoqués de nombreux décès.

Sur l’ile Saint Jean elle-même, deux cent Acadiens, isolés sur la côte ouest dans le village de Malpègue, ne furent pas déportés en raison de l’arrivée de l’hiver. Puis, lorsque les bateaux britanniques revinrent à l’Ile Saint-Jean au printemps de 1759 pour prendre le reste des habitants, le responsable du territoire, le colonel William Johnson, déclara qu'ils étaient tous partis «pour le Canada». Aussi, les milliers d'Acadiens qui habitent aujourd'hui l'Île-du-Prince-Édouard sont-ils les descendants des familles qui sont restées ou qui y sont revenues après 1764. De plus, un millier d’Acadiens échappèrent à la déportation en se réfugiant en Gaspésie, à Ristigouche et dans ses environs, avec l’aide des indiens Micmacs.

 

Quant aux Français de France, ils ne laissèrent pas tomber les habitants de l'île Royale et de l'île Saint-Jean. Les survivants reçurent des subsides et les officiers, les fonctionnaires, les soldats et les missionnaires perçurent leurs salaires comme à l'accoutumée.

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 00:24

 

En 1967, Alexandre Grothendieck effectue un voyage au Viêt Nam, avant que le printemps de Prague et  les événements de Mai 68 le poussent à démissionner de l'IHÉS en 1970 pour protester contre son financement partiel par le Ministère de la Défense.

 

Il obtient cependant un poste de professeur associé au Collège de France, évidemment pour y enseigner les mathématiques, mais il se sert de cette tribune pour s’interroger sur la nécessité de continuer à faire de la recherche scientifique !

Du coup, il perd son poste, voyage aux Etats-Unis où il rencontre en 1972 une étudiante en mathématiques, Justine Bumby et divorce. Puis il obtient, en 1973, un poste de professeur à l’université de Montpellier qu'il conserve jusqu'à sa retraite en 1988. Le couple déménage alors dans un village de l'Hérault où  Justine donne naissance à John, aujourd’hui mathématicien aux Etats-Unis à l’université de Rutgers, mais renonce à vivre avec lui.

Pendant toute cette période, il a continué à écrire des ouvrages, non plus de mathématiques pures mais à leur propos : La Longue Marche à travers la théorie de Galois, Esquisse d'un Programme, Les Dérivateurs et une autobiographie d’un millier de pages, Récoltes et Semailles (1985) où il décrit ses trois passions successives, les mathématiques, la quête de « la » femme et la méditation philosophique.

Il poursuit sa démarche contestataire en refusant en 1988 le prix Crafoord, puis se retire dans le petit village de Lasserre en Ariège jusqu'à sa mort à l'hôpital de Saint-Girons en 2014, à l’âge de 86 ans.

Il y aura vécu en ermite, ayant rompu avec le monde entier, à commencer par ses voisins villageois.

Mais, pendant tout ce temps, il a accumulé des «cartons de gribouillis ». En 1991, il confia cinq de ces cartons à un de ses anciens étudiants, Jean Malgoire, vingt mille pages de notes rédigées depuis 1970 !

Toujours en révolte, il écrivit en 2010 pour lui interdire de les publier alors qu’elles venaient d’être entreposées à la faculté de Montpellier. Mais après sa mort, Luc Gomel, responsable du patrimoine de l’université de Montpellier, souhaita les faire classer comme « trésor national » afin de les mettre à la disposition de la communauté scientifique. De leur côté, les enfants d’Alexandre Grothendieck contestèrent  la propriété des cartons à l'université de Montpellier, afin de les récupérer pour les adjoindre aux soixante cinq mille pages d'archives entreposées chez leur père. Car, tardivement touché par la grâce, Alexandre Grothendieck a écrit un testament afin que ses manuscrits soient remis à la Bibliothèque nationale de France et mis à la disposition des chercheurs.

Son œuvre mathématique est en effet immense et reste donc à déchiffrer, même si l’essentiel se trouve dans les Éléments de géométrie algébrique et dans le Séminaire de géométrie algébrique du Bois Marie.

Dans ce billet de blog, il serait chimérique de vouloir décrire son apport fondamental, parce qu’il est impossible d’accéder à l’essence de la recherche mathématique sans comprendre le langage et surtout la logique qui la sous-tend. Jugez en par vous-même : les mathématiciens considèrent qu’il a inventé la théorie de la cohomologie étale qui a permis de nombreuses avancées mathématiques.

Quid est ?  

Laissons tomber pour le moment l’adjectif « étale », mais qu’est ce donc que la cohomologie ? Vous ne serez probablement pas plus avancé en apprenant qu’elle est un outil de la topologie algébrique relatif à une homologie d'une application X à valeurs dans un faisceau.

Car nous voici conduit à définir la topologie algébrique, la notion mathématique d’homologie, celle de faisceau qui nous obligerait à définir un préfaisceau (concept inventé par Grothendieck). Il resterait encore à introduire le caractère étale de sa cohomologie que nous serions depuis longtemps perdu dans le formidable océan des concepts mathématiques entrelacés, affolant jusqu’à mon correcteur d’orthographe...

Finalement, que reste t-il de l’extraordinaire aventure humaine d’Alexandre Grothendieck ?

Un génie.

Un génie des mathématiques.

Un être tourmenté jusqu’au plus profond de lui-même, tentant en vain d’appliquer son extraordinaire capacité d’analyse et son exigence logique à sa propre vie. C’est ainsi qu’il se crut autorisé à refuser toute fonction officielle au nom de sa liberté, ce qui le conduisit en bonne logique à organiser sa disparition par rapport au regard des autres.  

Il est vrai que la passion du raisonnement a pour revers le soliloque absolu, que l’activité intellectuelle corrode le monde réel pour faire de l’abstraction un refuge. Mais un refuge illusoire, car la vie ne se plie pas à l’esprit et se venge par la souffrance.

C’est le prix du génie.  

Portant son regard au delà des misérables réalités empiriques, Alexandre Grothendieck n’a pas su se résigner aux mesquineries, aux compromis, à la médiocrité. S’il avait su s’y astreindre, il n’aurait pas été ce génie qui ne concédait rien à l’a peu prés et qui prétendait contribuer à ordonner l’effroyable chaos de la pensée humaine. 

 

Sa fuite en témoigne, nous révélant à quel point les génies sont fragiles. Il reste qu’il nous a fait cadeau de son œuvre qui reste à explorer, aux bons soins de cette étrange peuplade que constituent les mathématiciens.

 

Post-scriptum : deux ouvrages, celui d’un journaliste et d’un écrivain, viennent de paraître sur sa vie et son œuvre :

Philippe Douroux, Alexandre Grothendieck. Sur les traces du dernier génie des mathématiques, Éd. Allary.

Yan Pradeau, Algèbre, Éd. Allia, 144 p., 7,50 €.

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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 10:46

 

Avec l’évolution du régime nazi, l’enfant Alexandre Grothendieck est de moins en moins en sécurité dans l’Allemagne nazie. Aussi, les Heydorn qui l’abritent depuis 1934 l’envoient à Paris auprès de ses parents en mai 1939.

 

Malheureusement, les retrouvailles sont de courte durée, car son père est interné au camp du Vernet en Ariège. De leur côté, Hanka et son fils sont emmenés au camp de Rieucros en Lozère et le jeune Alexandre est autorisé à étudier au lycée Chaptal à Mende, qui est proche du camp. Par contre, son père Sacha est déporté le 14 août 1942 du camp de Drancy à Auschwitz où il y meurt.

De 1942 à 1944, Alexandre est caché au Chambon-sur-Lignon dans une maison du Secours suisse aux enfants, tout en étant élève du collège Cévenol où il passe son baccalauréat. À la fin de la guerre, Alexandre retrouve sa mère et s’installe à Meyrargues près de Montpellier. Inscrit en mathématiques à l'université de Montpellier, il n’hésite pas à se consacrer seul à la définition du concept de volume, qui le conduit déjà à redéfinir l'intégrale de Lebesgue.

En 1948, il se rend à Paris avec une lettre de recommandation de son professeur d'analyse, Jacques Soula, au grand mathématicien Élie Cartan. Il frappe aussi à la porte d'André Magnier, inspecteur général de mathématiques et membre de l'Entraide universitaire de France, qui lui accorde une bourse. Le professeur Henri Cartan, le fils d'Élie, l'admet dans ses séminaires à l'École normale supérieure et le dirige vers Jean Dieudonné et Laurent Schwartz à Nancy pour y préparer sa thèse. Ces derniers le testent assez agressivement en lui demandant de réfléchir à la question des normes possibles de produits tensoriels. Ils sont stupéfaits de le voir revenir quelques mois plus tard avec quatorze normes traitées.

Attaché de recherche du CNRS de 1950 à 1953, il choisit un des six articles qu'il rédige pendant cette période, Produits tensoriels topologiques et espaces nucléaires, pour soutenir sa thèse. Il est intronisé par Laurent Schwarz dans le groupe Nicolas Bourbaki, un mathématicien imaginaire sous le nom duquel un groupe de mathématiciens francophones formé en 1935 à Besse en Chandesse (Auvergne) sous l’impulsion d’André Weil, a pour objectif premier de rédiger un traité d'analyse. Constitué ensuite en association, le groupe, sous le nom de N. Bourbaki, propose après 1950 une présentation cohérente des mathématiques appuyée sur la notion de structure, dans une série d'ouvrages intitulés Éléments de mathématiques, une œuvre qui a eu une forte influence sur l’enseignement et l’évolution des mathématiques au XXe siècle.

Alexandre, père d'un enfant, a du mal à trouver un travail. D’une part, sa situation d'apatride l'empêche d'accéder aux emplois de la fonction publique et d’autre part il ne peut pas être naturalisé car il refuse d’accomplir son service militaire, condition nécessaire à la naturalisation. La contestation de l’ordre établi, héritée de ses parents et profondément ancrée en lui.

Pour gagner sa vie, il travaille de 1953 à 1955 comme professeur invité au Brésil puis à l’Université du Kansas et de Chicago. Au cours de cette période, il se tourne vers la géométrie algébrique qu’il révolutionne en lui donnant de nouvelles fondations en collaboration avec Jean-Pierre Serre.

Il revient à Paris en 1956 en tant que maître de recherche du CNRS. C’est alors qu’il met en évidence le lien caché entre les propriétés analytiques et topologiques d'une variété, qui est un système de généralisation de la notion de courbe qui est une variété de dimension 1, d’une surface, variété de dimension 2, et ainsi de suite pour une dimension n. Ainsi, le globe terrestre est un exemple de variété de dimension 2, dans la mesure où il peut être représenté par une collection de cartes géographiques.

En 1957, le décès de sa mère, victime de la tuberculose, le plonge plusieurs mois dans un état dépressif avant de reprendre son travail. Première alerte.

En 1958, il rencontre sa future femme, Mireille, avec laquelle il aura trois enfants. Il est admis dans le nouvel Institut des hautes études scientifiques (IHÉS) consacré à la recherche en physique théorique et en mathématiques et entreprend de construire une théorie de la géométrie algébrique. En collaboration conflictuelle avec Jean Dieudonné, il rédige les quatre premiers chapitres des Éléments de géométrie algébrique, entre 1960 et 1967, ce qui lui vaut l’attribution de la médaille Fields en 1966, qu’il se refuse de recevoir en URSS. Compte tenu de son histoire familiale, on le comprend…

 

Mais le prurit de la contestation le saisit alors définitivement.

 

À SUIVRE

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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 11:25

Le mathématicien Alexandre Grothendieck est né le 28 mars 1928 à Berlin et mort le 13 novembre 2014 à Saint-Lizier (Ariège). Depuis son décès, je souhaite attirer l’attention de mes lecteurs sur sa vie et son œuvre, parce qu’il est l’un des plus grands génies des mathématiques, mais aussi pour que l’on n’oublie pas que la France compte un nombre incroyablement élevé de grands mathématiciens.

En outre, sa vie est d’une originalité remarquable, encore qu’elle soit en concordance parfaite avec la conception de la vie que peut avoir un grand mathématicien.

 

L’objectif de cet article consiste à présenter sa vie et son œuvre à des lecteurs non mathématiciens. J’ai été encouragé à l’écrire par mon très vieil ami René Mages, mathématicien lui-même qui m’a fourni une forte documentation. Certains savent aussi que, dans une première partie de ma vie, j’ai fait des études de mathématiques à l’Université de Nice où j’ai rencontré quelques uns des plus grands mathématiciens français qui y enseignaient, comme Jean Dieudonné, qui suivait les séminaires d’Alexandre Grothendieck.

Ce dernier est considéré comme le refondateur de la géométrie algébrique, qui est le domaine des mathématiques relatif aux objets géométriques tels que les cercles, dont les coordonnées peuvent être déterminés par des équations. Les premiers travaux de géométrie algébrique remontent aux mathématiciens arabes comme Omar Khayyam qui a proposé une méthode de résolution des équations cubiques par l’intersection d'un cercle et d'une parabole. Puis la Géométrie de Descartes a inauguré l'étude des courbes algébriques par les méthodes de la géométrie analytique. Mais il a fallu attendre le début du vingtième siècle pour que la géométrie algébrique s’affirme avec les travaux de David Hilbert et des géomètres italiens qui ont introduit les notions de points voisins, dont les résultats furent démontrés par André Weil à la fin des années 1930.

Puis, dans les années 1950 la géométrie algébrique fut complétement transformée par les travaux de l'école française, notamment ceux de Pierre Samuel, d'Henri Cartan, de Jean-Pierre Serre et d'Alexandre Grothendieck. Ce dernier était réputé pour son extraordinaire intuition et son exceptionnelle capacité de travail qui lui permirent d’obtenir la médaille Fields en 1966, le prix Nobel des mathématiciens.

C’est alors que de nouvelles applications de ce domaine d’étude apparurent en théorie des nombres, comme la démonstration du théorème de Fermat-Wiles que personne n’était parvenu à proposer depuis son énoncé en 1621.

Mais revenons à la vie d’Alexandre Grothendieck…

Son père Sacha Schapiro, juif hassidim, était un anarchiste militant ukrainien, emprisonné en Russie pendant dix ans pour avoir participé à des soulèvements anti-tsaristes. Il finit par fuir la Russie pour s’installer à Berlin en 1922 où il rencontra sa future compagne, une journaliste anarchiste, Johanna Grothendieck, dite Hanka, originaire d’une famille protestante hambourgeoise aisée. Johanna était mariée lorsqu’elle tomba enceinte de Sacha et donna naissance à Alexandre en 1928, qui portera son nom. Puis Johanna divorça en 1929 pour vivre avec Sacha. Tous deux, en raison de la montée du nazisme, quittèrent l'Allemagne pour la France avant de rejoindre en Espagne le mouvement anarcho-syndicaliste.

 

Pendant ce temps, Alexandre avait été placé dans la famille d’un pasteur protestant antinazi près de Hambourg…

 

À SUIVRE

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1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 13:10

Chacun se préparait à livrer une ultime bataille, quand l'intervention du commissaire-ordonnateur de Louisbourg, Jacques Prévost de La Croix au cours de la séance du conseil de guerre qui eut lieu à 15 heures le 26 juin, persuada les officiers d'accepter la reddition sans condition proposée par Amherst.

 

Prévost leur fit représenter les risques, voire le carnage appréhendé pour les civils français, alléguant qu'ils avaient suffisamment souffert de la guerre. Le Gouverneur, pressé de choisir entre l'honneur militaire et le pragmatisme des civils, finit par se rendre aux raisons de ces derniers.

Il décida donc de se rendre sans condition comme l'exigeaient les Britanniques. Puis Français et Britanniques se mirent d'accord sur les six articles suivants de la capitulation:

« Datée du camp devant Louisbourg le 26 Juillet 1758 entre son excellence l'amiral Boscawen et son excellence le major général Amherst, d'une part, et son excellence monsieur le chevalier de Drucourt, gouverneur de l'Isle Royale et de Louisbourg, Isle St Jean et de leurs dépendances:



1º La garnison de Louisbourg sera prisonnière de guerre et sera transportée en Angleterre dans des vaisseaux de sa Majesté Britannique;

2º Toute l'artillerie, les munitions de guerre et de bouche aussi bien que les armes de toutes espèces qui sont à présent dans la ville de Louisbourg, Isle Royale, de St Jean et leurs dépendances, seront livrées sans le moindre dégât aux commissaires qui seront appointés pour les recevoir à l'usage de Sa Majesté Britannique;

3º Le gouverneur donnera ses ordres, que les troupes qui sont dans l'Isle St Jean et ses dépendances, se rendront a bord des vaisseaux de guerre de l'amiral Boscawen enverra pour les recevoir;

4º La Porte Dauphine sera livrée aux troupes de Sa Majesté Britannique demain à huit heures du matin, et la garnison y compris tous ceux qui ont porté les armes, se rangera à midi sur l'esplanade, posera les armes, drapeaux, instruments et armements de guerre, et la garnison sera embarquée pour être transportée en Angleterre dans un temps convenable;

5º L'on aura le même soin des malades et blessés qui sont dans les hôpitaux, que de ceux de Sa Majesté Britannique;

6º Les négociants et leurs commis qui n'ont pas porté les armes seront transportés en France de telle façon que l'amiral jugera à propos.



Ont signé: Boscawen, Jeff Amherst »

De son côté, le gouverneur français signa la capitulation au nom du roi de France.

Le siège de Louisbourg était terminé, mais la rétrocession officielle n'eut lieu que le lendemain 27 juillet 1758 à midi, entre le gouverneur Augustin de Drucourt et le brigadier général Edward Whitmore, le plus âgé des trois officiers supérieurs de Jeffrey Amherst. Puis la garnison française remit ses armes et ses drapeaux aux Britanniques, sauf les soldats du régiment de Cambis qui, en guise de protestation, préférèrent les brûler plutôt que de les remettre aux vainqueurs. Le pavillon anglais fut hissé au mât de la forteresse à la place du drapeau fleurdelisé français.

En y consacrant des moyens considérables, les Anglais venaient de s’emparer de la forteresse de Louisbourg, pour la seconde fois en treize ans, et même si on se montra fort sévère en France sur cette capitulation que l’on qualifia de honteuse. M. de Drucourt se justifia par une lettre à un de ses amis où il fit remarquer avec raison que, sans l’appui d’une solide escadre, la place était à la merci d’un ennemi bien armé et persévérant.

 

Quoi qu’il en soit, la prise de Louisbourg laissa le Canada sans défense, du côté de la mer et ouvrit le Saint-Laurent, c’est-à-dire le chemin de Québec, aux Anglais. S’ils prirent et détruisirent Gaspé à l’entrée du fleuve, ils remirent à l’année suivante l’attaque sur Québec, tout en restant maîtres des entrées du Canada, ce qui leur permettait d’intercepter toutes les communications avec la France.

 

À SUIVRE

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Published by André Boyer - dans HISTOIRE
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25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 11:17

Pour ceux qui ont compris que le changement du monde allait encore une fois venir des Etats-Unis, avant que l’équilibre des forces ne se modifie complétement, je vais consacrer une série de blogs d’actualité aux effets de l’arrivée de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis.

Pour commencer, voici le contenu du discours d’investiture de Donald Trump, prononcé le 20 janvier 2017 à Washington devant les précédents Présidents américains et une foule nombreuse venue l’écouter.

Il faut se souvenir que les commentateurs ont dans un premier temps pronostiqués son échec aux primaires du Parti Républicain, avant de prédire l’échec de son élection à la Présidence des États-Unis. Démentis deux fois, ils ont avancé, en désespoir de cause, qu’il n’appliquerait pas son programme.

Je vous suggère d’en conclure que les fondements de leurs analyses sont pour le moment erronées et de partir au contraire de l’hypothèse que Donald Trump va appliquer effectivement son programme afin d’en tirer les conséquences pour les changements à venir dans le monde, à mon avis rapides et profonds.

Tel est du moins la base de mon analyse, que je me propose de partager avec vous.

 

« Juge en Chef Roberts, Président Carter, Président Clinton, Président Bush, Président Obama, mes concitoyens américains et peuples du monde: merci.

Nous, citoyens d'Amérique, sommes maintenant unis dans un grand effort national pour reconstruire notre pays et pour restaurer ses promesses à l'égard de tout notre peuple.

Ensemble nous déterminerons la voie pour l'Amérique et pour le monde pour des années.

Nous ferons face à des défis. Nous serons confrontés à des épreuves. Mais nous finirons le travail.

Tous les quatre ans, nous nous rassemblons sur ces marches pour procéder dans l'ordre et la paix à ce transfert de pouvoir et nous sommes reconnaissants au président Obama et à la Première Dame Michelle Obama pour leur aide courtoise pendant la transition. Ils ont été magnifiques.

La cérémonie d'aujourd'hui cependant a une signification très particulière. Parce qu'aujourd'hui non seulement nous transférons le pouvoir d'une administration à une autre ou d'un parti à un autre, mais nous transférons le pouvoir de la capitale Washington et le donnons à nouveau à vous, le peuple Américain.

Pendant trop longtemps, un petit groupe dans notre capitale a récolté les avantages du gouvernement tandis que le peuple en a assumé le coût.

Washington a prospéré mais le peuple n'a pas eu de part de cette richesse.

Les politiciens ont prospéré mais les emplois se sont taris et les usines ont fermé.

L'establishment s'est protégé lui-même mais n'a pas protégé les citoyens de notre pays.

Leurs victoires n'ont pas été les vôtres; leurs triomphes n'ont pas été les vôtres; et pendant qu'ils festoyaient dans la capitale, il n'y avait guère à célébrer pour les familles démunies dans tout le pays.

Tout cela va changer, ici et à partir de maintenant parce que ce moment est le vôtre: il vous appartient. Il appartient à tous ceux réunis ici aujourd'hui et à tous ceux qui regardent à travers l'Amérique.

Cette journée vous appartient. C'est votre célébration.

Et cela, les Etats-Unis d'Amérique, c'est votre pays.

Ce qui importe vraiment ce n'est pas quel parti contrôle notre gouvernement mais si notre gouvernement est contrôlé par le peuple.

Le 20 janvier 2017 restera dans les mémoires comme le jour où le peuple dirige à nouveau la nation.

Les hommes et femmes oubliés de notre pays ne seront plus oubliés. Tout le monde vous écoute maintenant.

Vous êtes venus par dizaines de millions faire partie d'un mouvement historique, tel que le monde n'en a jamais vu.

Au coeur de ce mouvement, réside une conviction fondamentale: celle qu'une nation existe pour servir ses citoyens.

Les Américains veulent de bonnes écoles pour leurs enfants, des quartiers sûrs pour leurs familles et de bons emplois pour eux-mêmes.

Ce sont des revendications légitimes et raisonnables pour un public juste.

Mais pour trop de nos concitoyens, une réalité différente existe: mères et enfants sont piégés dans la pauvreté de nos quartiers défavorisés; des usines délabrées sont essaimées comme des pierres tombales dans le paysage de notre nation; un système éducatif, plein d'argent, mais qui laisse nos jeunes et beaux étudiants privés de savoir; et le crime, les gangs et la drogue qui ont volé tant de vies et spolié notre pays de tant de potentiel non-réalisé.

Ce carnage américain s'arrête ici et maintenant.

Nous sommes une nation et la douleur des autres est la nôtre. Leurs rêves sont nos rêves; et leur succès seront notre succès. Nous partageons un coeur, une patrie et un glorieux destin.

Le serment de fonction que je viens de prononcer est un serment d'allégeance envers tous les Américains.

Pendant des décennies, nous avons enrichi l'industrie étrangère aux dépens de l'industrie américaine; subventionné les armées d'autres pays tout en permettant le très triste appauvrissement de notre armée; nous avons défendu les frontières d'une autre nation tout en refusant de défendre les nôtres; et dépensé des milliards de milliards de dollars à l'étranger pendant que les infrastructures de l'Amérique se sont délabrées et abimées.

Nous avons rendu d'autres pays riches alors que l'abondance, la force et la confiance de notre pays ont disparu de l'horizon.

Une par une, les usines ont fermé leurs portes et quitté nos rives sans même une pensée pour les millions et millions de travailleurs américains laissés sur le carreau.

La classe moyenne a été privée de son patrimoine qui a été distribué à travers le monde.

Mais cela appartient au passé. Et maintenant, nous ne regardons que l'avenir.

Nous nous sommes retrouvés aujourd'hui et nous décrétons, pour être entendus dans chaque ville, chaque capitale étrangère et dans chaque lieu de pouvoir, qu'à compter d'aujourd'hui une nouvelle vision prévaudra dans notre pays: ce sera l'Amérique d'abord et seulement l'Amérique. L'Amérique d'abord.

Chaque décision sur le commerce, les impôts, l'immigration, les affaires étrangères sera prise pour le bénéfice des familles et des travailleurs américains.

Nous devons protéger nos frontières des ravages des autres pays fabriquant nos produits, spoliant nos entreprises et détruisant nos emplois. La protection conduira à une grande force et prospérité.

Je combattrai pour vous de toutes mes forces et je ne vous laisserai jamais tomber.

L'Amérique va recommencer à gagner, à gagner comme jamais auparavant.

Nous ramènerons nos emplois. Nous reconstruirons nos frontières. Nous regagnerons notre prospérité. Et nous retrouverons nos rêves.

Nous construirons de nouvelles routes, autoroutes, ponts, aéroports, tunnels et voies ferrées à travers notre merveilleux pays.

Nous extrairons notre peuple de l'aide sociale pour le mettre au travail, rebâtissant notre pays avec des bras américains et du labeur américain.

Nous allons suivre deux règles simples: acheter américain et embaucher américain.

Nous rechercherons l'amitié et la bonne volonté des autres nations du monde mais nous le ferons avec l'idée que c'est le droit de tout pays de mettre ses propres intérêts en avant.

Nous ne cherchons pas à imposer notre mode de vie mais plutôt à le rendre éclatant comme un exemple à suivre.

Nous renforcerons nos vieilles alliances et en forgerons de nouvelles et unirons le monde civilisé contre le terrorisme islamique radical, que nous allons éradiquer complètement de la surface de la Terre.

Le fondement de notre politique sera une totale allégeance aux Etats-Unis d'Amérique et grâce à notre loyauté au pays, nous redécouvrirons la loyauté envers les uns les autres.

Quand vous ouvrez votre coeur au patriotisme, il n'y a plus de place pour les préjugés.

La Bible nous le dit "qu'il est bon de vivre quand le peuple de Dieu vit ensemble dans l'unité".

Nous devons nous exprimer franchement, discuter nos désaccords honnêtement mais toujours rechercher la solidarité.

Quand l'Amérique est unie, on ne peut absolument pas l'arrêter.

On ne doit pas avoir peur, nous sommes protégés, et nous serons toujours protégés.

Nous serons protégés par les grands hommes et femmes de notre armée et de nos forces de sécurité, et surtout, nous sommes protégés par Dieu.

Enfin, nous devons voir grand et rêver encore plus grand.

En Amérique, nous comprenons qu'une nation n'est vivante que dans l'effort.

Nous n'accepterons plus des hommes politiques qui parlent et n'agissent pas, tout le temps en train de se plaindre sans jamais rien faire.

Le temps des paroles creuses est fini. Maintenant, c'est l'heure de l'action.

Ne laissez personne vous dire que cela ne peut pas être fait. Aucun défi n'est assez grand pour le coeur, la combativité et l'esprit de l'Amérique.

Nous n'échouerons pas. Notre pays va être florissant et prospérer à nouveau.

Nous sommes à l'orée d'un nouveau millénaire, prêt à dévoiler les mystères de l'espace, à libérer la terre des fléaux et à exploiter les énergies, les industries et technologies de demain.

Une nouvelle fierté nationale va animer nos âmes, élever nos regards et guérir nos divisions. Il est temps de se remémorer ce vieux dicton que nos soldats n'oublieront jamais: que l'on soit noir, métis ou blanc, le même sang patriote court dans nos veines, nous jouissons tous des mêmes libertés et nous saluons tous le même grand drapeau américain.

Et qu'un enfant soit né dans la banlieue de Detroit ou dans les plaines balayées par les vents du Nebraska, ils regardent tous le même ciel la nuit, leur coeur est plein des mêmes rêves et ils sont habités du même souffle de vie du Créateur tout-puissant.

Ainsi, à tous les Américains, dans chaque ville, qu'elle soit proche ou lointaine, petite ou grande, d'une montagne à l'autre, d'un océan à l'autre, entendez ces mots: vous ne serez plus jamais ignorés.

Votre voix, vos espoirs, et vos rêves vont définir notre destinée américaine. Et vos courage, bienveillance et affection nous guiderons tout au long du chemin.

Ensemble nous allons rendre à l'Amérique sa force. Nous allons rendre à l'Amérique sa prospérité. Nous allons rendre à l'Amérique sa fierté. Nous allons rendre à l'Amérique sa sécurité. Et oui, ensemble, nous allons rendre à l'Amérique sa grandeur.

Merci, Dieu vous bénisse et que Dieu bénisse l'Amérique. »

 

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22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 11:42

 

Pour la première fois, Angela Merkel va être contrainte de choisir entre l’Europe et l’adaptation de l’Allemagne aux nouveaux défis du monde. Et nous, Français, nous allons attendre passivement qu’elle décide de notre destin pendant que les Anglais prennent, comme toujours, la direction du grand large.

 

2017 s’annonce comme une année passionnante, ou agitée si vous êtes pessimiste. Ainsi, l’interview accordé par Donald Trump à Bild et au Times est, pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, un message de défiance adressé à l’Allemagne par le président des Etats-Unis, d’origine allemande de surcroit !

Le choc a été rude. Il a obligé les éditorialistes de la Frankfurter Allgemeine Zeitung ou de Die Welt à conclure que l’Allemagne allait devoir se défendre contre la politique agressive des Etats-Unis : s'attaquer à l'Allemagne, menacer BMW, impensable ! Naturellement, le gouvernement allemand cherche à calmer le jeu par le truchement du ministre des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, qui « part du principe que notre partenaire étasunien s'en tiendra encore aux obligations internationales de l'OMC ». Quant à Angela Merkel, elle attend de « voir quels types d'accords nous pourrons atteindre » et réaffirme sa volonté de dialoguer avec la Maison Blanche.

Il reste que la nouvelle doctrine européenne de Washington place l'Allemagne, troisième puissance exportatrice du monde, juste derrière les Etats-Unis, dans une situation inconfortable, car elle est désormais sommée, pour se défendre de prendre clairement la direction de l’Union Européenne. Trump l’a brutalement affirmé : quand vous regardez l’UE, vous voyez l’Allemagne.

Pour Trump, l'UE n’est qu’un instrument de puissance au service de l'Allemagne contre lequel il compte instrumenter le Royaume-Uni en lui offrant un accord prioritaire en contrepartie du Brexit. On se souviendra que dans une position stratégiquement alignée sur l’Allemagne, Obama avait menacé le 23 avril 2016 de placer le Royaume–Uni en queue de la liste des accords commerciaux américains s’il sortait du Brexit. C’est donc un renversement stratégique total que propose aujourd’hui Donald Trump.

Voilà donc l’Allemagne contrainte d’assumer ouvertement son rôle de leadership économique et commercial, elle qui adorait se cacher derrière les conseils européens ou le faux « couple » avec la France, car elle savait que, si elle se mettait ouvertement en avant, elle devrait en payer la note en termes financiers, militaires et politiques.

Cette fois, elle ne pourra plus y échapper, car son modèle économique et sa sécurité sont en jeu : l'Allemagne, prise sous le double feu des Etats-Unis et de la Russie, est contrainte de s’appuyer sur la solidarité de ses partenaires de l’UE pour y résister. Ses avantages compétitifs résident dans le contrôle de son arrière cour centre européenne qui lui fournit une sous-traitance à bas prix et dans le maintien de la zone euro qui lui permet de neutraliser ses concurrents les plus dangereux au sein de l’UE comme la France ou l’Italie, tout en bénéficiant d'une monnaie sous-évaluée par rapport à un éventuel « Euro Deutsche Mark ».

Jusqu’ici, elle disposait de tous ces avantages sans bourse délier, pas même en dépenses militaires, s’offrant le luxe de traiter de haut ses partenaires qu’elle jugeait indisciplinés et allant jusqu’à punir cruellement la Grèce qui avait cru pouvoir la défier.

C’est l'Allemagne qui a imposé à la zone euro une stratégie de convergence budgétaire forcée, sur lequel elle se fonde pour exiger de ses partenaires des réformes toujours plus douloureuses.

C’est l’Allemagne qui refuse de réduire son excédent courant et d’accroitre son inflation interne afin de permettre à ses partenaires de rééquilibrer la zone euro. Au contraire, elle cherche sans cesse à renforcer la concurrence interne au sein de l'UE.

Lorsqu’Angela Merkel répond hardiment à Donald Trump que « nous, Européens, avons notre destin en main », elle sait que cette affirmation signifie un changement total de la politique allemande vis à vis de l’UE. Fini le blocage de toute avancée vers la solidarité européenne, fini le refus du troisième pilier de l'union bancaire par la garantie commune des dépôts, fini le rejet de l'union budgétaire par la création d'Euro bonds, fini l’obstruction à tout plan de relance et fini la négation d'une stratégie de défense européenne.

L'Allemagne va devoir assumer les inconvénients de l’UE si elle veut la rendre économiquement et socialement viable.

Si elle le veut bien.

Car Trump la met en demeure d’effectuer un changement ontologique, en se pensant comme une puissance ayant des responsabilités et des devoirs envers l'Europe entière, et non envers elle seule.

Un changement radical.

Or la tropisme allemand de poursuivre dans la même voie qu’auparavant rend tout changement radical de la stratégie allemande improbable. Un éditorial de Die Welt appelle l'Allemagne à « devenir plus consciente de sa puissance et à poursuivre ses propres intérêts ». En privilégiant le lien transatlantique sur le lien européen, puisque, après tout, les Etats-Unis sont des clients plus importants que la France, l’Allemagne se replierait sur l’Europe de Wolfgang Schäuble, celle du cercle restreint des pays européens capables de survivre à la compétition mondiale dont les règles sont plus que jamais dictées par les Etats-Unis.

Le maintien de la stratégie allemande implique que l’Allemagne se lance dans une nouvelle phase de libéralisation, en répondant à la baisse des impôts et au protectionnisme des Etats-Unis par la baisse des impôts allemands et la dérégulation des marchés. Au sein de l'UE, un tel scénario déclencherait une nouvelle course à la compétitivité sur les coûts que la majorité des pays qui la compose seraient incapables de supporter.

C’est ainsi que l’UE risque fort d’éclater, non sous les coups des eurosceptiques, mais sous ceux d’une Allemagne qui se refuserait à en assumer la charge.

On perçoit cette tendance en Allemagne lorsque l’éditorialiste du Frankfurter Allgemeine Zeitung estime qu'il est ridicule de penser que la chancelière pourrait être la « dirigeante d'un front anti Trump » et que « l'Europe a besoin d'un partenariat étroit avec les Etats-Unis ». 

Et la France dans tout cela? Alors que la prudence de Berlin laisse penser que les Allemands songent à abandonner l’Europe pour sauver leur peau, la France ne se demande même plus ce qu’elle devrait faire pour sauver la sienne, agitant vainement un drapeau européen en lambeau. D'ailleurs, la peau de la France n’intéresse plus personne, ni les Américains qui l’ignore, ni les Anglais qui la quitte, ni les Allemands qui se contentent de la sermonner tout en l'étranglant. 

 

Quant, à nous, les citoyens, nous avons été assez inconscients pour  laisser nos politiciens remettre les clés de notre avenir à Angela Merkel…

 

 

 

 

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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 18:09

Sans renforts, le combat était perdu d’avance compte tenu de l’énorme disproportion des forces, à quatre contre un pour les soldats et à dix contre un pour les bateaux, sauf si les Français parvenaient à résister trois mois avec l’arrivée de l’automne qui rendrait impossible le maintien des navires en mer et des troupes à terre. C’était l’espoir des assiégés.

 

Tout d’abord, quelques navires essaient de s’échapper du piège. Une frégate tente de profiter de la brume pour faire voile sur Québec, mais les vigies anglaises la repèrent, deux frégates de la Navy la prennent en chasse, la rattrapent et la capturent. La Marine Royale a positionné un vaisseau de 56 canons et cinq frégates dans la passe, entre le port et l’océan, pour en bloquer l’accès aux assaillants. Ils sont coulés entre les 28 et 29 juin.

Le 9 juillet, une sortie en force des navires les plus puissants échoue. Il reste encore cinq vaisseaux coincés dans le port, deux de 74 canons  et trois de 64 canons, qui se retrouvent à portée des canons britanniques et le 21 juillet, une bombe finit par toucher le Célèbre, un vaisseau de 64 canons.

Elle provoque un incendie que les quelques hommes présents à bord ne parviennent pas à circonscrire. Le bateau explose et part à la dérive. Les flammes atteignent  les voiles du vaisseau de 74 canons, l’Entreprenant  et du Capricieux, un vaisseau de 64 canons,  tandis que les canons anglais concentrent leur tir sur les trois bâtiments pour empêcher les équipages de venir à bout des incendies. Les navires embrasés illuminent tristement la ville, les tranchées, le port et les montagnes environnantes et ne sont plus que des épaves au matin du 22 juillet.

Un fort vaisseau de 80 canons, le Formidable, se présente devant Louisbourg mais doit se replier face à la masse des forces maritimes anglaises rassemblées.

Les coups portés aux assiégés s’intensifient. Le surlendemain de l’incendie des trois vaisseaux, le 23 juillet, un coup au but provoque un grave incendie dans le Fort du Roi qui abrite l’état-major français et constituait en 1758 la plus grande construction d’Amérique ! 

Le 25 juillet, un raid nocturne, mené par des chaloupes à la faveur d’un épais brouillard, permet aux anglais d’incendier le Prudent, un vaisseau de 74 canons et de capturer le Bienfaisant, un vaisseau de 64 canons. Désormais, les forces navales françaises à Louisbourg sont totalement anéanties, ce qui signifie la rupture des communications avec la France et la disparition de toute perspective de secours. Les assiégés n’espèrent plus qu’en l’arrivée d’un hiver précoce, mais le mois d'août n'est même pas entamé et il leur parait de  plus en plus illusoire de pouvoir tenir jusqu'aux premiers flocons de fin septembre.

Car, après les bombardements incessants, après l'élimination de la flotte française dans le port et après la destruction de la ville et malgré les efforts des soldats français, malgré le courage de Mme Aubert de Courserac, la femme du gouverneur, qui n'hésite pas à tirer du canon, la chute de la forteresse était inéluctable. Français et Britanniques le savaient depuis le premier siège de 1745: la France était incapable de déployer en Amérique des forces équivalentes à celles de la Grande-Bretagne.

Lorsque le commandant français, le chevalier de Drucourt  se résigne à négocier les conditions de capitulation, il est stupéfait et scandalisé de recevoir la lettre suivante (en français) des commandants britanniques, le général Amherst et l’amiral Boscawen : « En réponse du billet que je vient d'avoir l'honneur de recevoir de votre excellence par les mains du sieur Loppinot, je n'ai à répondre à votre excellence qu'il a été décidé par son excellence l'amiral Boscawen et moi que ses vaisseaux devaient entrer demain pour faire une attaque générale sur la ville.

Votre excellence sait fort bien la situation de l'armée et de la flotte, et comme son excellence Monsieur l'Amiral ainsi que moi désirons forts d'éviter l'effusion du sang, nous donnons une heure après le reçu de celle ci que votre excellence peut se déterminer de capituler comme prisonnier de guerre ou prendre toutes les mauvaises conséquences d'une défense contre cette flotte et l’armée.

Nous avons l'honneur d'être avec des très parfaites considérations,

Boscawen, Jeff Amherst »

La proposition était humiliante, alors qu'ils avaient combattu vaillamment durant des semaines. Aussi, le conseil de guerre français décida qu'il fallait «se défendre jusqu'à la dernière extrémité» et transmis aux britanniques une proposition de capitulation de seize articles prévoyant, entre autres, les honneurs de la guerre. Mais comme Amherst et Boscawen demeurèrent intraitables et refusèrent toute discussion à ce sujet en répondant par le billet suivant: « Monsieur,

Nous venons de recevoir la réponse qu'il a plu à votre excellence de faire sur les conditions de la capitulation qui vous ont été offerts. Nous ne changerons point dans nos sentiments là-dessus, il dépend de votre excellence de les accepter oui ou non et vous aurez la bonté de donner réponse là dessus dans demi-heure de temps

Nous avons l'honneur d'être signé Boscawen, Amherst », le gouverneur Drucourt et le conseil estimèrent qu'ils n'avaient plus le choix et décidèrent de subir l'«attaque finale»:

« Messieurs,

Pour répondre à vos excellences en aussi peu de mots qu'il est possible, j'aurai l'honneur de leur réiterer que mon party est le même et que je persiste dans la volonté deprouver les suittes de l'attaque générale que vous m'annoncés.

J'ai l'honneur d'être signé le chevalier de Drucourt »

 

À SUIVRE

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11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 10:21

 

Dans un blog publié le 22 novembre 2016, intitulé « Le baptême du feu », j’ai relaté le déroulement positif de la première épreuve qui portait sur l’examen de mes travaux scientifiques, actuels et passés.

 

Je crois que la deuxième épreuve se déroula trois semaines plus tard, fin mars ou début avril 1980. Il s’agissait d’une épreuve théorique qui consistait à présenter pendant trente minutes un exposé répondant à une question en Sciences de Gestion d’ordre général, après huit heures de préparation en loge. Elle se déroulait dans une salle commune avec les candidats convoqués le même jour, sous la surveillance d’un des membres du jury, qui était, je crois, son Président, le professeur Jean-Guy Mérigot. La salle disposait d’un certain nombre d’ouvrages de gestion qui permettaient au candidat de se documenter pour nourrir sa mémoire et sa réflexion en vue de proposer un exposé argumenté.

Malgré ces ouvrages, il n’était pas possible d’offrir une prestation convaincante si l’on n’avait pas à la fois des connaissances théoriques solides en Sciences de Gestion et si l’on n’avait pas pratiqué cet exercice à quelques reprises. Sur ces deux points, j’étais assez faible. Mes connaissances théoriques, malgré une préparation accélérée, restaient superficielles et le nombre de mes répétitions était resté réduit, deux ou trois fois peut-être, car il s’était avéré difficile de réunir plusieurs professeurs pendant une heure ou deux pour m’écouter, faire une analyse de ma présentation et me prodiguer des recommandations pour l’améliorer.

Après avoir pris le train Nice Paris la veille et m’être installé dans mon hôtel habituel rue Madame, le sujet qui me fut remis vers 10 heures du matin était le suivant :

« Gérer un entreprise dans les années trente, cinquante, quatre-vingt. »

Court, simple, lapidaire même. Trente minutes exactement pour s’exprimer sur ce sujet, avec un rythme vocal suffisamment lent pour être compris, mais avec un déroulé qui n’endorme pas le jury à qui il fallait en outre donner le sentiment que je maitrisais le sujet, sans toutefois verser dans le pédantisme.

Quel sujet d’ailleurs ? Il ne m’inspirait guère. Je trouvais qu’il n’offrait aucun angle d’attaque original. L’ennui assuré pour le jury qui me jugerait surtout sur la forme de ma présentation, sauf si je commettais une grosse erreur de fond, auquel cas je serai cuit. Il me fallait donc adopter une attitude défensive. Je décidais d’autorité que je n’allais pas le présenter en suivant lourdement la chronologie qui m’était proposée, d’autant plus qu’elle impliquait un plan en trois parties qui serait mal reçu par un jury normalement attaché à la division classique en deux parties.

Deux parties, donc. Sur quoi ? Eh bien, gestion interne, externe. Logique.

Interne, il faudrait donc traiter, à mon avis, de la GRH (gestion des ressources humaines), de la gestion de la production et de la gestion financière. Je crois que j’ai oublié à ce moment là de traiter des relations avec les actionnaires, à moins que je les aie inclus dans la gestion externe.

Externe, ce serait le marketing de l’entreprise, la gestion des achats, le financement des entreprises. Une fois ce choix effectué, il n’était pas question d’y revenir car le temps m’était compté.

Ensuite, j’ai cherché à traiter de l’évolution de ces différents éléments, par exemple celle de la GRH, avec entre autres la prise en compte progressive de la motivation des employés entre 1930 et 1980. Et ainsi de suite.

Vous pouvez croire que le temps d’écrire complétement le plan, de compléter mes connaissances en me documentant dans les ouvrages disponibles, de réécrire le plan, d’écrire l’exposé le plus en détail possible (une page demandant deux minutes d’exposé, j’ai probablement écrit autour de quinze pages pour les trente minutes) et de prévoir aussi quelques « élastiques », soit des parties d’exposé que je supprimerais si nécessaire pour ne pas dépasser le temps imparti, je n’ai pas vu passer les huit heures qui m’étaient allouées.

Trop vite, même, car je ne suis pas arrivé à m’organiser pour effectuer une présentation à blanc avant mon exposé devant le jury. Il en est résulté que la durée de mon exposé s’est révélée trop courte sans que je puisse l’ajuster.

À 18 heures pile, je me présentais devant le jury, qui une fois que je fus installé face à eux, déclencha le chronomètre avant de m’écouter. Je n’ai aucune idée de ce que fut la qualité de ma prestation, avec un jury impassible et sans doute déjà fatigué puisqu’il avait entendu trois ou candidats et en raison de l’absence totale de questions. Il n’était en effet pas prévu que le jury m’interroge.

 

Je parlais un peu moins de trente minutes, vingt-huit je crois, ce qui n’était pas très bon. Vingt neuf minutes trente secondes aurait été bien. Je me levais à 18 heures trente, quittais la salle silencieuse et retournais derechef à Nice.

 

(À SUIVRE)

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