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28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 19:32
L'ÉTERNELLE BATAILLE DE QUÉBEC

LES IMMENSES POSSESSIONS FRANÇAISES EN AMÉRIQUE DU NORD VERS 1750

Couramment appelée « La bataille des plaines d’Abraham », la bataille du 13 septembre 1759 reste un moment décisif pour l’identité des Québécois. Ce jour là, les troupes anglaises d’invasion du général Wolfe battent les troupes françaises dirigées par le marquis de Montcalm et occupent Québec.

 

La bataille ne s’est pas achevée avec la prise de Québec. Elle dure toujours.

Elle avait déjà commencé le 16 octobre 1690, lorsque les Anglais, ayant capturé Port Royal, tentèrent de prendre la ville de Québec par l’intermédiaire de la milice américaine et furent repoussé par les tirs de canon commandés par le comte de Frontenac depuis le haut de la falaise. 

Puis il y eut la guerre de Sept Ans (1756-1763), sous le règne de Louis XV. Cette guerre, la première que l’on puisse qualifier de « guerre mondiale », s’est déroulé sur plusieurs théâtres d’opération, l’Europe, l’Amérique du Nord, l’Inde et les Philippines, entre les royaumes de France et d’Espagne, les États des Habsbourg et l’Empire Russe contre le royaume de Grande-Bretagne et le royaume de Prusse.

Cette guerre de Sept ans provient d’une part de la volonté de la Prusse d’arracher la riche province de Silésie et d’autre part des visées de la Grande-Bretagne sur la Nouvelle-France qui inclut l'Acadie, le Canada et la Louisiane, les Antilles et l’Inde française.

En Europe, les manœuvres de Fréderic II, le roi de Prusse ont contraint la France à un renversement complet d’alliance qui la conduit à rallier l’Autriche en 1756 et s’adjoindre la Suède en 1757, contre la Prusse et la Grande-Bretagne qui sont les puissances émergentes du XVIIIe siècle.

Mais la France reste au XVIIIe siècle, comme aujourd’hui encore, la première puissance militaire d'Europe. Elle possède une énorme armée de quatre cent mille hommes et une marine de très bonne qualité, quoique inférieure à celle des Britanniques.

Le gouvernement français s’inquiète de la situation en Amérique du Nord car l’immigration française reste trop limitée en nombre, ce qui ne lui permet pas d’assurer une défense efficace de son empire colonial. Or elle détient alors plus de la moitié de l'Amérique du Nord, avec une partie du Québec actuel et la plus grande partie de l'actuel centre des États-Unis. Sa frontière s’étendait en effet, au Nord, de la limite de l'actuel Labrador, faisait une parabole passant au-dessous de la baie James pour aller contourner le lac Manitoba et le lac Winnipeg, au centre de l'actuel Manitoba et descendait jusqu'au golfe du Mexique, en suivant le fleuve Mississippi.

L’ensemble formait un croissant bordé par un chapelet de fortins et de postes, réunissant le Canada aux possessions du sud, qui encerclait les treize colonies britanniques de la Côte Atlantique qui ne formaient qu’une bande d’une centaine de kilomètres. 

 

Les possessions britanniques se trouvaient donc isolées à l’est des Appalaches et les colons anglo-américains étaient bloqués dans leur progression vers l’ouest du continent par les possessions françaises.

 

À SUIVRE

Published by André Boyer - dans ACTUALITÉ
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21 août 2016 7 21 /08 /août /2016 17:25
Victoire militaire et défaite diplomatique

LA PRISE DU FORT DE MALAKOFF EN SEPTEMBRE 1855, PAR HORACE VERNET

 

 

Le 8 septembre 1855, après deux mois de bombardements incessants et une préparation d'artillerie de trois jours, les Français et les Anglais reprenaient l'offensive à Sébastopol.

 

Après cinq heures de lutte corps à corps, les zouaves du général Mac-Mahon se distinguaient encore en s'emparant de haute lutte du fort de Malakoff. À cette occasion, Mac-Mahon répondit à la question d'un officier anglais par cette expression fameuse : « Dites à votre général que j'y suis et que j'y reste ».

La prise de Malakoff menaçant d’encerclement total la place forte, Gortchakov, tout en refusant de capituler, fit évacuer Sébastopol en passant de nuit sur un pont jeté sur la rade. Les magasins et les vaisseaux furent incendiés, les fortifications détruites et les troupes franco-anglaises firent leur entrée dans la place le 10 septembre 1855, ce qui permit aux Anglais, toujours pratiques, de raser systématiquement les ports, les docks, les bassins et les casernes de la place forte.

Les Russes s’étaient extraordinairement bien battus mais la prise de Sébastopol constituait un incontestable revers qui contraignit le Tsar Nicolas 1er à signer les conditions préliminaires de paix le 1er février 1856, dont la ratification finale se déroula lors du congrès de Paris, du 28 février au 30 mars 1856.

Cette guerre avait révélé la faiblesse de l’organisation logistique de l’armée française, car la flotte ne disposait pas des moyens nécessaires pour assurer le ravitaillement du corps expéditionnaire et parce que la situation sanitaire des troupes au sol s’était révélée catastrophique : sur les 95.615 morts de l’Armée française en Crimée, 10.240 tombèrent au combat, 10.000 moururent de leurs blessures dans les hôpitaux et les 75.000 autres succombèrent de maladies infectieuses, notamment du typhus et du cholera.

Pourtant, malgré cette impéritie, l’impact de la guerre de Crimée fut considéré comme positif par l'opinion française parce que l’armée française, ayant triomphé de l’armée russe, pouvait être qualifiée de première armée d’Europe! 

C’est pourquoi, le 29 décembre 1855, les quelques divisions revenues de Crimée furent acclamées à Paris. « Ils sont entrés en tenue de campagne, raconte Prosper Mérimée, avec leurs vieilles capotes déchirées, leurs drapeaux en loques et leurs blessés marchant en avant avec les vivandières. Il y a eu une nuée de larmes. Le général Canrobert pouvait à peine se tenir à cheval d’émotion. »

La guerre de Crimée se révéla néanmoins catastrophique pour la France, parce qu’elle était dénuée d’objectif stratégique et que le nombre de morts était très élevé. Les bénéficiaires de la guerre étaient l’Angleterre, la Turquie et l’Autriche, tandis que la France, en dehors de la gloire, n’y gagnait qu’une solide rancune de la part de la Russie, rancune qui la priverait de tout allié lors de la guerre de 1870.

Sur le coup, on se rengorgea de ce que Paris soit la ville du Congrès de la paix, on glosa sur la soi-disant « prépondérance » française en Europe. La France était la plus grande, la plus forte, la plus généreuse, elle seule pratiquait une « juste » politique des nationalités qui visait à donner à chaque peuple un territoire souverain. Ainsi, une fois encore, après la Révolution et l’Empire, la France s’érigeait en arbitre des peuples, alors qu’elle n’était que la servante du "Grand Jeu" britannique.

 

Aussi, la leçon la plus curieuse et la plus instructive de la Guerre de Crimée reste qu'elle n’a toujours pas été retenue par nos dirigeants, puisqu’ils pratiquent exactement la même politique vis à vis de la Russie, un siècle et demi plus tard...

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13 août 2016 6 13 /08 /août /2016 14:55
IMPUISSANCES

LE DESTIN DES HOMMES N'ÉCHAPPE PAS AUX LOIS DE LA NATURE

J’ai lu ce matin un interview de Patrick Raynal, un auteur de roman policier niçois, qui déclare en conclusion : « Regardez ce qui se passe dans le monde, regardez l’histoire des refugiés : on a beau tenir des propos d’extrême droite, on ne les empêchera pas de déferler ». Et lorsqu’un immigré mal intégré provoque indirectement la mort de 85 personnes, il a ce commentaire lapidaire : « Je l’ai vécu horriblement mal, effroyablement mal… »

Le pauvre.

Puis j’ai écouté cette émission à succès de RMC, « Les Grandes Gueules ». Je les ai entendu traiter du problème de l’accès au porno pour les enfants et celui de l’accès à la drogue pour tous. De la discussion avec les auditeurs, il ressortait en gros que l’on ne pouvait rien faire.

Il y a quelques jours, j’ai entendu la « Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté » (jolie paraphrase pour ne pas dire « prisons »), Adeline Hazan, déclarer sur France Inter : « Je pense que plus on construira de places de prison, plus elles seront occupées  et que ça n'est pas une bonne solution, cette inflation carcérale d'année en année ou de décennie en décennie. » Donc, d’après cette bonne âme, il ne faut pas en construire.

Après le meurtre de masse de Nice, j’ai entendu le Président de la République et le Premier Ministre déclarer qu’ils étaient déterminés à lutter contre le terrorisme, mais exclusivement dans le cadre de l’État de Droit. Donc, s’ils sont impuissants à lutter contre le terrorisme sans outrepasser ou modifier l’État de Droit, ils renoncent à lutter contre, si j’ai bien compris ?

Auparavant, j’ai entendu que l’on ne pouvait rien faire contre la dégradation du système scolaire, rien contre le chômage (personne ne l’a dit officiellement depuis Mitterrand mais on peut l’observer sans peine), rien contre la désindustrialisation du pays, rien contre la destruction de notre agriculture, rien pour empêcher les travailleurs détachés de ne pas payer les droits en France et rien pour empêcher les géants du Net de ne pas payer leurs impôts en France, rien contre, rien pour, on ne pouvait rien de rien !

À cette liste modeste, vous pouvez rajouter à satiété une liste complémentaire de nos impuissances publiques en fonction de vos centres d’intérêt. D’ailleurs, elles s’étalent sans vergogne à longueur de medias, comme s’il s’agissait d’une sorte de gloire nationale de ne pouvoir rien faire ! J’ai même entendu un imbécile, pardonnez ce terme mais je n’en trouve pas de plus adapté à sa prestation, soi disant journaliste économique, expliquer sur France Inter que les Français avaient une maladie mentale bizarre qui les poussait à tout voir en noir !

Lui s’en étonnait, jugeant les Français stupides d’avoir une vision sombre de leur environnement. Au contraire, il faudrait s’inquiéter de la santé mentale des Français, si, face à tant d’impuissance tous azimuts étalée, ils voyaient l’avenir de leurs institutions et de leur société en rose !

Devant cette impuissance forcenée, je ne m’étonne pas que des jeunes des banlieues qui se sentent installés au cœur même de l’impuissance publique, non formés, sans espoir d’embauche, mis dans l’incapacité de croire en un système qui proclame quotidiennement qu’il ne peut rien faire, ni pour eux ni contre eux, puisqu’il les a en même temps abandonné au bord de la route tout en leur distribuant aveuglement allocations et aides pour les calmer, puisqu’il ne peut ni les empêcher de consommer et de vendre de la drogue, ni les emprisonner s’ils commettent des délits, puisqu’il leur fait savoir à la fois qu’ils doivent respecter la loi mais qu’il ne fera rien pour faire en sorte qu’ils la respectent, se tournent vers des autorités morales traditionnelles qui leur parlent de loi divine à révérer et qui les punissent avec détermination et cruauté s’ils enfreignent les règles qui en découlent. Enfin des règles, enfin une autorité, enfin un chemin à suivre, même s’ils les conduit pour les plus égarés d’entre eux au meurtre et au suicide !

Ces jeunes à la dérive ont au moins le « mérite » de nous montrer qu’ils n’ont fait que tirer les conséquences, même absurdes, d’une société qui s’est abandonnée à l’impuissance institutionnalisée. Et comme l’histoire nous apprend qu’une telle société n’a jamais pu durer et comme le bon sens nous dit qu’une société de l’impuissance est condamnée à l’implosion, il est facile de prévoir l’avenir du système inerte actuel, sans pouvoir anticiper toutefois le processus et la durée de l’implosion et la nature de la société qui lui succédera, sauf sur un point :

 

Notre future société sera autoritaire ou ne sera pas.

 

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10 août 2016 3 10 /08 /août /2016 17:52
Le douloureux siège de Sébastopol

ÉPISODE DU SIÈGE DE SÉBASTOPOL

 

Devant la menace de la redoutable coalition qu’elle doit affronter, la Russie retire ses forces de Bulgarie et des principautés roumaines tout en continuant à refuser les propositions de paix faites le 8 août 1854 par la France, l'Angleterre, l'Autriche et la Prusse à Vienne.

 

Heureusement pour la Russie, l’Autriche se retire rapidement de la coalition parce qu’elle est lâchée par la Prusse qui fait rejeter sa proposition de mobilisation de la Confédération germanique contre la Russie.

Les alliés anglo-français se trouvent dés lors dans l’obligation d’assigner un objectif à leurs troupes concentrées à Varna. Il est tout trouvé pour les Anglais, désireux d’anéantir la puissance navale de la Russie dans la mer Noire : ils imposent celui de la destruction de l'arsenal de Sébastopol. Il est curieux que ce même Sébastopol, principale base navale russe, soit aujourd’hui encore contesté à la Russie par les diplomaties américaines et de l’UE, dans leur querelle au sujet de l’Ukraine.

Le 14 septembre 1854, 120 navires débarquent les 30000 Français, les 21500 Anglais et les 6000 Turcs qui forment les premières troupes du corps expéditionnaire à 50 Km au nord de Sébastopol. L'opération se déroule sans opposition car les Russes, croyant à une attaque sur Odessa, ne disposaient que de 51 000 hommes en Crimée.

Pour atteindre Sébastopol depuis leur point de débarquement, les assaillants devaient franchir la rivière Alma solidement tenue par les 37.000 hommes du maréchal Menchikov, retranchés sur les hauteurs.

Le 20 septembre au matin, les deux armées se font face.

Les Anglais, qui n'ont plus combattu depuis la bataille de Waterloo en 1815, s'avancent lentement au pas et subissent de lourdes pertes, tandis que les Zouaves des unités de l'Armée d'Afrique, plus aguerris, emportent la décision. D’où le nom donné au célèbre pont de l'Alma à Paris et sa statue de zouave, étalon des crues de la Seine.

Menchikov ordonne alors la retraite vers Sébastopol et ses puissantes fortifications, tandis que la flotte russe saborde une de ses escadres pour bloquer l'entrée de la rade et que les marins, leur artillerie et leurs réserves de munition et de vivres sont mis à terre pour défendre l’arsenal. Menchikov dispose de 38.000 hommes au début du mois d'octobre 1854, tandis que les assiégeants rassemblent plus de 100.000 hommes, ce qui se révéla malgré tout insuffisant pour investir complètement la place.

Le 17 octobre, les défenses russes renforcées par des travaux dirigés par l'excellent colonel du génie Franz Todleben sont testées en vain par les alliés et une semaine plus tard les Russes contrattaquent pour briser le siège. L'aile droite russe bouscule les Turcs mais vient buter sur la farouche résistance du 93rd Highlanders. Les Russes récidivent le 5 novembre en attaquant à nouveau sans succès le secteur britannique.

Les mois suivant, les assiégés subissent les rigueurs de l'hiver aggravées par les insuffisances du ravitaillement. Les effectifs français atteignent alors 90000 hommes et ceux des Turcs environ 50000, tandis que les Anglais n’ont plus que 11000 hommes valides. En face, la garnison russe compte désormais plus de 100.000 hommes qui procèdent les 22 février et 22 mars 1855 à deux violentes sorties.

Avec l'arrivée des beaux jours et le renfort de légions suisses, allemandes, polonaises et sardes, les assiégeants reprennent l'initiative avec plus de 140 000 combattants. Du 8 au 18 avril, la garnison russe subit de lourdes pertes sous le feu des canons alliés, tandis que les généraux français et anglais, Canrobert et lord Raglan, se disputent, ce qui entraine la démission de Canrobert remplacé par le général Pélissier.

 

Le 17 juin 1855, les alliés procèdent à une attaque de grande ampleur sur Sébastopol qui échoue encore, tandis que le général Menchikov est remplacé par le prince Gorchakov qui tente aussitôt, mais toujours sans succès, de briser l'encerclement allié.

 

 

 

Published by André Boyer - dans HISTOIRE
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6 août 2016 6 06 /08 /août /2016 08:58
RETOUR  DE TEHERAN BIS

LE TRIPLE PONT PIETONNIER ENTRE DEUX PARCS DE LA VILLE DE TEHERAN

 

J’ai effectué deux voyages en Iran en une année. Une première fois, en août 2015, qui était un voyage de découverte. En une semaine, j’avais visité rapidement Téhéran, assisté à un mariage et fait le voyage d’Ispahan. Cette fois-ci, je suis resté dix jours et je n’ai pas bougé de Téhéran.

 

La question qui se pose immédiatement est celle de l’évolution de mes impressions du premier voyage à la lumière du second. Désolé de vous décevoir, mais je maintiens que ma première impression était la bonne.

Je maintiens en premier lieu que la population iranienne est toujours la très bonne surprise du voyage. À commencer par les policiers, chacun vous accueille avec le sourire et le désir de vous aider, le seul obstacle étant la langue. À Téhéran, on a le plaisir de ressentir la politesse intériorisée des Iraniens, sans être forcément capable d’en saisir les profonds ressorts culturels et éducatifs.  

Bien sûr, le fait d’être un étranger accroit la courtoisie d’interlocuteurs encore peu habitués à en rencontrer, mais j’ai pu observer le comportement des Iraniens entre eux, dans la rue, au volant ou dans le bazar, qui révèle beaucoup moins d’agressivité que parmi les peuplades de mon pays natal.

Je maintiens sans surprise qu’il fait chaud en été à Téhéran. En juillet, malgré l’altitude de la ville comprise en 1100 et 1700 mètres, la température rode autour de 400, une température sèche et éprouvante pour l’organisme. Cela n’incite pas franchement à se promener dans la journée, sauf dans les nombreux et accueillants parcs que l’on trouve partout à Téhéran. À cet égard, j’ai été à nouveau séduit par leur qualité ; ils sont bien aménagés, dotés de nombreux bancs, d’appareils d’exercices sportifs et de jeux pour les enfants. Ils sont largement équipés de fontaines pour se désaltérer et forts bien entretenus : pas un papier, pas un emballage ne traine dans les allées !

Je me permet donc de conseiller à nos édiles de s’inspirer des parcs de Téhéran pour améliorer ceux de nos villes parfois dotés d’équipements détériorés et décorés de papiers gras. Certes, la population n’a pas chez nous la même civilité qu’à Teheran, mais la police et le personnel y veillent en Iran, jour et nuit, car les parcs ne sont jamais fermés. Impossible en France ?

À propos des parcs, malgré le léger voile qui coiffe les Iraniennes et que nos touristes redoutent tellement de porter, j’y ai vu, plus que lors de mon dernier voyage, des couples qui ne semblaient guère craindre les foudres de la police des mœurs. Je ne sais pas si Téhéran se modernise, mais il n’y manque rien des symboles de la modernité, ni les gratte-ciels, ni le téléphone 3G, ni Internet dont la censure théorique est aisément contournée, ni les cafés ultra branchés, ni la musique, ni la prégnance de la sous-culture américaine, ni bien sûr les embouteillages et la pollution qui va avec.

Cependant, il y manque toujours la possibilité de payer avec une carte de crédit internationale, à cause du système de racket mis en place par la justice américaine qui consiste à punir quiconque commerce en dollars avec un pays dont les sanctions ont été levées mais pas encore tout à fait, et qui fait peur à nos banques échaudées par la scandaleuse amende de neuf milliards de $ infligée par les « justiciers » US à la BNP. C’est assez frustrant, alors que les banques et les distributeurs pullulent et que vous êtes contraint de payer en liquide, ce qui vous permet tout de même de constater avec satisfaction qu’un simple euro vaut 35000 rials sauf qu’avec cette somme impressionnante en chiffres, vous n’avez rien. Car le coût de la vie est assez élevé à Téhéran, proche de celui de la France, excepté pour le carburant qui s’achète au prix risible de 30 centimes d’euros le litre.

Finalement, qu’ai je donc fait à Téhéran qui mérite d’être écrit ? Avec mes hôtes, je me suis donc promené dans les parcs, j’ai pris des taxis, j’ai parlé, je me suis régalé de la nourriture iranienne, j’ai erré dans un Bazar aussi bondé qu’étonnamment frais grâce à son architecture, j’ai partagé le plaisir de la fraicheur nocturne et humidifiée des hauts de Téhéran, j’ai visité le magnifique Palais d’été du Shah, ses peintures, ses salles de réception et même son musée automobile, un Palais qui rassemble dans un immense parc de nombreux et impressionnants bâtiments parfaitement préservés par une Révolution respectueuse du passé.

J’ai aussi vu le passionnant musée du Tapis et surtout le musée national d’Iran (construit par un architecte français) où l’on comprend enfin d’où vient ce fascinant pays, cette culture magnifique, cet art omniprésent : de dix mille années de civilisation, souvent asservie à d’imbéciles conquérants comme Alexandre qui rasa la merveilleuse Persépolis ou comme le sanglant Gengis Khan qui massacra rageusement des peuples trop civilisés pour lui, mais envers et contre tous la civilisation perse a persisté, ce qui nous permet de la découvrir plus vivante que jamais, malgré les barbares de tous horizons qui s’épuisent à la nier.

 

Par conséquent, désolé, je persiste et signe : visitez l’Iran, sauf si le stock de vos idées reçues constitue votre bien le plus précieux!

Published by André Boyer - dans INTERLUDE
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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 12:54
LA PROMENADE DES ANGLAIS

LES FLEURS POUR LES VICTIMES...

 

Je joins mes lamentations à celles de tous les niçois effondrés par le drame aussi immense qu’absurde du 14 juillet 2016.

 

Qu’un être humain soit capable de concevoir et de réaliser un crime aussi violent, massif et absurde que de rouler avec un camion sur la foule, en  cherchant à en écraser le plus possible dépasse l’entendement.

Pourtant ce n’est pas un acte isolé puisqu’à ce crime se succèdent d’autres crimes, tandis que notre Président semble préférer le respect de principes adaptés à d'autres circonstances  à la vie de ses concitoyens, comme si les lois n'étaient faites pour que les membres de la société puissent vivre ensemble.

En principe, il suffirait de les appliquer pour  retrouver l’équilibre de notre société.

En principe.

Car comment les appliquer correctement ? Les appliquer à la lettre ? Il faudrait alors construire de toute urgence des prisons, embaucher des gardiens afin de ne plus faire des remises de peine automatiques. Il faudrait sacrifier les aides sociales pour les affecter aux dépenses policières et pénitentiaires. Bref, il faudrait changer les règles non écrites de notre société, plutôt laxistes et bienveillantes, pour les remplacer partout par la rigueur.

La rigueur pour les assassins, la rigueur pour les voyous, la rigueur pour les tricheurs, la rigueur universelle, sinon cela ne marchera pas.

Laissons les hommes politiques sacrifier des vies innocentes sur l’autel de "l’État de Droit". Laissons les se débattre entre des solutions d’urgence et une  société qui n’est pas modifiable au gré des émotions et regardons le problème qui leur est posé d’un regard distancié : notre société doit s’adapter aux changements du monde afin de  lutter, non seulement contre le terrorisme, mais plus généralement contre l’insécurité.

Pour cela, elle doit prendre en compte la mobilité et l’anonymat de ses membres. Nous vivons en ville, donc seuls. Savez-vous qui habite dans votre rue ? Vos voisins vous connaissent-ils ? Les dépressifs, les personnes âgées peuvent mourir dans leur coin sans que personne ne s’en inquiète. Naturellement, les fous dangereux ont la même liberté.

De plus, les gens viennent littéralement de partout. L’Europe n’est que l’extrémité d’un espace qui s’étend sans obstacle jusqu’aux extrémités de l’Asie et de l’Afrique. Pratiquement personne ne peut empêcher un chinois ou un africain déterminé d’atteindre les rives de l’océan atlantique. On en sait quelque chose à Calais. Les vagues frontières encore dressées ici ou là ne sont efficaces que pour barrer la route aux personnes qui sont bien décidées à respecter la loi. Les autres n’en ont cure.

Désolé de vous faire peur, mais, compte tenu de l’anonymat et de la mobilité des personnes, n’importe qui peut aujourd’hui venir s’installer dans votre rue et décider de vous tuer. En l’état actuel de l’organisation de notre pays, la police n’est pas en mesure de détecter à l’avance cet individu et notre système judiciaire ne permet pas de le mettre hors d’état de nuire préventivement.

On constate en effet une nouveauté par rapport au monde d’autrefois, la disparition du village dans lequel tout le monde connaissait tout le monde. Désormais, nous vivons dans un monde où personne ne connaît personne.

La pente naturelle de cet état de fait est le regroupement dans des zones protégées pour les plus riches à côté de la constitution de groupes ethniques et religieux pour ceux qui peuvent s'en réclamer, tandis que les plus faibles  qui n’ont ni les moyens financiers ni les solidarités claniques pour se protéger sont abandonnés à leur sort dans ce monde éclaté.

Pour éviter cette dérive naturelle, une nouvelle organisation collective s’impose, qui n’ait pas la prétention de changer notre société par des injonctions (plus de solidarité ! plus d’ordre ! plus de sévérité !) mais qui se fonde sur la protection qu’assuraient autrefois nos villages disparus, si rassurants par l’identification et la reconnaissance de chacun par le groupe.

Il nous faut les remplacer par une organisation similaire dans les quartiers de nos villes. Le principe de base est que nous devons découper nos villes et finalement notre société toute entière en unités dans lesquelles chacun est identifié, connu et reconnu, car c’est dans l’anonymat et l’isolement que s’échafaudent toutes les dérives.

Pour prendre un exemple concret, on peut imaginer des quartiers regroupant au plus trois ou quatre mille personnes afin que le responsable du quartier puisse les connaître toutes, personnellement. Cela implique une contrainte qui est le point clé de ce dispositif, à savoir l’obligation de déclarer sa présence au responsable du quartier  lorsque l’on y habite et cette obligation concerne aussi les personnes de passage dans les hôtels, les logements privés et  lorsque l’on héberge chez soi de la famille ou des amis.

Ce dispositif permet de repérer toute personne qui s’y soustrait et donc de lui prêter une attention particulière. On peut imaginer qu’il donne lieu à deux développements :

  • À partir de l’obligation d’inscription peut se constituer une cellule centrale de soutien à la population du quartier : le responsable peut être secondé par une assistante sociale en mesure de connaitre les besoins réels de ses administrés puisqu’elle les connait et par un policier chargé de se renseigner et de constituer le premier échelon de tout maintien de l’ordre dans le quartier.
  • L’autre, démocratique. Le responsable de quartier pourrait aussi bien être élu que nommé par la commune. S’il était élu, on pourrait concevoir une refondation démocratique du pays à partir des quartiers.

Mais l’essence de cette proposition est la suivante : si nous ignorons totalement qui sont nos voisins, d’où ils viennent, ce qu’ils font et ce qu’ils veulent, nous acceptons de voir notre existence perturbée sinon détruite par n’importe quel individu ou groupe qui le décidera à notre insu, au nom de n’importe quoi.

 

Il faut donc, à mon sens, s’organiser pour l’éviter. Tous les actes de terrorismes récents en France nous montrent qu’un repérage des individus qui les ont commis aurait permis de les contrecarrer. 

Published by André Boyer - dans ACTUALITÉ
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27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 09:35
Sus à la Russie

POUR CONTRER LES AMBITIONS RUSSES CONTRE LA TURQUIE, TOUS CONTRE LA RUSSIE

 

Napoléon III ne se contenta malheureusement pas de moderniser le pays. Dés le mois de février, lui qui proclamait que « l’Empire, c’est la paix », offrait son alliance à une Angleterre désireuse de s’opposer à l’expansionnisme russe.

 

Les Anglais avaient en effet tout intérêt à freiner l’Empire Russe qui risquait de déboucher sur leur propre zone d’influence située au sud de la Russie, de l’Inde à l’Égypte, en passant par tout le Moyen-Orient, l’Iran et l’Afghanistan. C’est ce que Rudyard Kipling appelait « Le Grand Jeu ». Bientôt l’importance de cette riche zone pétrolière s’imposerait à tous les grands joueurs stratégiques du monde.

De son côté, Napoléon III y voyait le moyen de se réintroduire dans le jeu stratégique européen afin de remettre en cause le traité de Vienne qui l’obsédait. Pourtant, avec la guerre de Crimée, il inaugurait une politique étrangère agressive qui conduirait l’Empire à sa perte.

La construction idéologique de sa politique consistait à proclamer que la France était le défenseur « naturel » des opprimés, des peuples injustement agressés, des nationalités dans la droite ligne des proclamations de la Convention et de la Terreur. Cette posture est encore à l’ordre du jour de la France du XXIe siècle, ce qui la conduit à la même agressivité vis à vis de la Russie pour complaire aux anglo-saxons.

Dés le début du règne de Napoléon III, les conséquences de son idéologie seront particulièrement négatives en termes de coûts humains et de relations internationales. Car* la seule guerre de Crimée fera cent vingt mille morts alliés, dont quatre-vingt-quinze mille français, comme si la France avait été la principale instigatrice et bénéficiaire de cette guerre !

Nicolas Ier cherchait à profiter de la faiblesse de la Turquie pour gagner à Constantinople une porte sur la Méditerranée, alors que l’Angleterre était décidée à maintenir le statut des Détroits pour contenir la Russie. Napoléon III, tout en invoquant le prétexte de la protection des catholiques contre les empiétements orthodoxes dans les Lieux saints, voulait, comme il le déclara en Conseil des ministres, profiter des ambitions moscovites pour séparer l’Autriche de la Russie et contracter sa première alliance avec l’Angleterre.

Le 22 juin 1853, les armées russes envahissaient les provinces roumaines de Moldavie et de Valachie. Le 4 octobre, l'empire ottoman, fort du soutien de la France et de l'Angleterre, déclarait la guerre à la Russie. L'armée turque remportait une victoire à Oltenitza mais sa flotte était détruite à Sinope. Le 3 janvier 1854, les flottes françaises et anglaises pénétraient dans la mer Noire pour protéger les côtes turques. Le 12 mars, les deux pays s'alliaient officiellement à la Turquie et déclaraient la guerre à la Russie le 27 mars. Un corps expéditionnaire était déployé le 30 mai à Varna en Bulgarie mais il subissait de lourdes pertes en raison d'une épidémie de choléra.

Enfin, après avoir signé une alliance défensive avec la Prusse, l'Autriche concentrait une armée de 50.000 hommes dans ses provinces frontalières avec la Russie, puis, avec l'autorisation de l'empire ottoman, pénétrait dans ses principautés du Danube pour les protéger.

 

Tous contre la Russie, la Turquie et la Grande-Bretagne, soutenues par l’Autriche et surtout par la France ! 

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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 17:34
Napoléon III le chanceux, Napoléon III le réformateur

LA BELLE EUGÈNIE DE MONTIJO

 

La suite du récit de la via aventureuse du futur Napoléon III :

 

Pendant qu’il était en prison, il a rédigé une brochure intitulée L’Extinction du paupérisme, mélange des thèses de Saint-Simon et de Louis Blanc qui lui vaudra plus tard la sympathie des milieux réformateurs.

Après sa fuite, il se réfugie à nouveau en Angleterre où il séduit une demi-mondaine, miss Howard, qui mettra sa fortune à sa disposition. Puis, dés la révolution de février 1848, il se rend à Paris, dont il se fait expulser par Lamartine. En juin 1848, toujours réfugié en Angleterre, il est néanmoins élu à l’Assemblée constituante dans quatre départements. Lorsque le gouvernement provisoire manifeste l’intention d’invalider son élection, de violentes manifestations éclatent qui font reculer le pouvoir. En septembre, il est élu à l’Assemblée législative dans cinq départements. Autorisé à siéger, il annonce sa candidature à la présidence de la République le 26 octobre 1948, à laquelle il est triomphalement élu le 10 décembre 1848.

Tocqueville a écrit que ce fut « sa folie plus que sa raison qui, grâce aux circonstances, fit son succès et sa force ».  (Souvenirs). Empereur, il n’hésitera pas à faire un mariage d’amour en épousant à quarante-trois ans, le 20 janvier 1853, la ravissante Eugénie de Montijo.

Louis-Napoléon est désormais Napoléon III. La constitution, copiée sur celle du consulat, est censée refermer une parenthèse d’un demi-siècle. Comme son oncle, Napoléon III concentre tous les pouvoirs de l’État entre ses mains. La presse est muselée, les préfets contrôlent les administrations locales et les candidatures officielles.

Il n’est pas étonnant, en ce début d’année 1853, qu’avec des atouts aussi nombreux pour agir, tout semble lui sourire. Populaire et bourgeois à la fois, il a les moyens de transformer la France et il le fait : Il permet la création des grands organismes financiers qui vont financer les investissements industriels, Le Crédit Mobilier et le Crédit Foncier, Le Comptoir d’Escompte, le Crédit industriel et commercial, le Crédit Lyonnais, la Société générale, qui font appel au grand public pour financer les crédits à long terme. L’industrie, qui dispose désormais des capitaux nécessaires, connaît un grand essor. Pendant son règne, la production de fonte passe de 400 000 à 1 400 000 tonnes, celle de l’acier de 283 000 à 1 014 000 tonnes et le réseau de chemins de fer de 3 000 à 18 000 kilomètres.

L’urbanisme des grandes villes est bouleversé, en particulier celui de Paris.  L’aménagement de Paris par le baron Haussmann reste célèbre, même si elle est contestée à la fin de l’Empire. C’est Napoléon III qui, le 1er janvier 1860, agrandit le périmètre de Paris et le divise en 20 arrondissements. C’est aussi le IIe Empire qui réalise la loi sur le drainage qui permet l’assainissement de la Sologne et des Landes, la rénovation des ports militaires de Cherbourg, Brest, Lorient, Rochefort et Toulon.

Il négocie aussi un traité de commerce avec l’Angleterre qu’il étend ensuite à la plupart des pays européens, créant un marché commun avant la lettre. La modernisation de l’agriculture est l’objet de tous ses soins. Des écoles spécialisées sont créées. Des lois sur le drainage et le défrichement sont votées. Des crédits sont affectés à des grands travaux.

 

Napoléon III réforme, Napoléon III modernise.

 

 

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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 16:35
Comment Deschamps a perdu la finale

CHRISTIANO RONALDO, CAPITAINE DE L'ÉQUIPE DE FOOTBALL DU PORTUGAL

 

Le récit ci-dessous est parfaitement imaginaire, sauf les faits et la logique du raisonnement :

Tout le monde savait que Ronaldo était le leader de l’équipe de football du Portugal. Deschamps est donc allé voir le joueur qui évoluait en face de lui dans le match, Dimitri Payet, en lui demandant de le  mettre hors d’état de jouer, sans se faire sanctionner si possible.

Dimitri Payet s’y est pris à deux fois, mais il a réussi à provoquer une rupture du ligament interne au niveau du genou gauche de Ronaldo. Les larmes dans les yeux, Cristiano Ronaldo a du se résoudre à quitter le terrain au bout de huit minutes de jeu pour ne pas handicaper l’équipe.

La voie était libre pour l’attaque française qui  n’aurait plus à se préoccuper de la menace que faisait en permanence planer Ronaldo sur la défense française.

L’opération a échoué, en partie parce que le gardien portugais s’est révélé particulièrement coriace et en partie parce que l’équipe portugaise a été galvanisée par la blessure de son capitaine, d’autant plus que ce dernier est resté au bord du terrain pour les encourager.

Finalement, l’équipe portugaise a marqué un but pendant les prolongations et a remporté la finale de la Coupe d’Europe.

Le calcul tactique a été bon, Ronaldo a été mis hors d’état de jouer, tandis que le calcul stratégique a échoué, en raison de la réaction de l’équipe portugaise à ce « coup du sort ».

 

C’est une erreur que commettent souvent les joueurs d’échec débutants…

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7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 16:41
Vogue le Deuxième Empire

LA CELLULE DE LOUIS-NAPOLÉON AU FORT DE HAM

 

Après ses remarquables succès électoraux du début de l’année 1852, Louis-Napoléon est triomphalement accueilli par la population lors de son tour de France de l’automne 1852, ce qui lui fait prendre conscience qu’il ne dépend que de lui d’être sacré « Empereur » comme son oncle Napoléon 1er.  

 

Le 7 novembre 1852, le Sénat est sollicité pour en faire la proposition qui modifiait la Constitution sur ce seul point :

 

Article premier. La dignité impériale est rétablie. Louis Napoléon Bonaparte est Empereur des Français, sous le nom de Napoléon III.

Article 2. 
La dignité impériale est héréditaire dans la descendance directe et légitime de Louis-Napoléon Bonaparte, de mâle en mâle, par ordre de primogéniture, et à l'exclusion perpétuelle des femmes et de leur descendance.

 

Cette modification donna lieu à un plébiscite, les 21 et 22 novembre 1852 qui se traduisit par 7 824 129 « oui » en faveur de l’Empire, 253 145 « non », 65 126 nuls et 2 millions d’abstentions environ. La dignité impériale était rétablie à son profit. Louis-Napoléon prit désormais le titre de Napoléon III. Le contexte politique de l’époque expliquait l’adhésion de la population. L’émeute avait renversé le régime de Louis-Philippe et installé une République qui avait au début une coloration presque communiste. La peur du désordre avait successivement engendré une assemblée conservatrice puis royaliste et un président qui finissait par se proclamer empereur, sur la seule magie de son nom.

La société bien-pensante de l’époque le considérait comme un moindre mal, les paysans le révéraient, les ouvriers l’observaient avec méfiance mais sans hostilité : il avait les mains libres, à la tête du pouvoir politique le plus concentré du monde et à ce titre la Ve République a hérité de son système de pouvoir.

Symboliquement, le IIe Empire commença le 2 novembre 1852, sachant que le  terme de « IIe Empire » impliquait la remise en cause du traité de Vienne de 1815,  qui sera plus tard à l’origine de la guerre de 1870 et de sa chute.

Louis-Napoléon Bonaparte reste cependant un aventurier, un aventurier qui devient Empereur.  

Fils du dernier frère de Napoléon, Louis Bonaparte, et d’Hortense de Beauharnais, Charles-Louis Napoléon Bonaparte est né le 20 avril 1808. Lors des Cent-Jours, il partit avec sa mère pour un exil en Suisse. Il est éduqué par un ancien révolutionnaire, Le Bas et comme il n’est qu’un proscrit, il n’hésite pas à se prononcer contre les pouvoirs établis par les traités de 1815, à faire siennes les idées-forces du Mémorial de Sainte-Hélène, notamment l’idée que Napoléon, continuateur de la Révolution, a répandu en Europe le principe des nationalités.

En 1830, il organisa avec les carbonaris un complot pour placer l’Aiglon sur le trône d’Italie. Puis, dés la mort du duc de Reichstadt en 1832, il décida qu’il était désormais le chef de la dynastie napoléonienne.

En 1836, il tenta sans succès de soulever la garnison de Strasbourg et se fit expulser aux Etats-Unis, d’où il rejoignit Londres. Profitant du regain de ferveur bonapartiste provoqué par le retour des cendres de l'Empereur, il débarqua en 1840 à Boulogne avec quelques conjurés dont son ami Persigny, dans le but de provoquer un soulèvement en sa faveur.

 

Arrêté, il fut condamné à la prison à vie au fort de Ham, dont il s’évada en 1846 en empruntant la tenue d'un ouvrier du nom de Badinguet, qui sera l’un des surnoms qu’on lui donnera. 

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