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  • : Commenter les événements de l'actualité, tirer les leçons de l'histoire. Ne pas cesser de philosopher. Relater les expériences de ma vie.
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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 18:09

Sans renforts, le combat était perdu d’avance compte tenu de l’énorme disproportion des forces, à quatre contre un pour les soldats et à dix contre un pour les bateaux, sauf si les Français parvenaient à résister trois mois avec l’arrivée de l’automne qui rendrait impossible le maintien des navires en mer et des troupes à terre. C’était l’espoir des assiégés.

 

Tout d’abord, quelques navires essaient de s’échapper du piège. Une frégate tente de profiter de la brume pour faire voile sur Québec, mais les vigies anglaises la repèrent, deux frégates de la Navy la prennent en chasse, la rattrapent et la capturent. La Marine Royale a positionné un vaisseau de 56 canons et cinq frégates dans la passe, entre le port et l’océan, pour en bloquer l’accès aux assaillants. Ils sont coulés entre les 28 et 29 juin.

Le 9 juillet, une sortie en force des navires les plus puissants échoue. Il reste encore cinq vaisseaux coincés dans le port, deux de 74 canons  et trois de 64 canons, qui se retrouvent à portée des canons britanniques et le 21 juillet, une bombe finit par toucher le Célèbre, un vaisseau de 64 canons.

Elle provoque un incendie que les quelques hommes présents à bord ne parviennent pas à circonscrire. Le bateau explose et part à la dérive. Les flammes atteignent  les voiles du vaisseau de 74 canons, l’Entreprenant  et du Capricieux, un vaisseau de 64 canons,  tandis que les canons anglais concentrent leur tir sur les trois bâtiments pour empêcher les équipages de venir à bout des incendies. Les navires embrasés illuminent tristement la ville, les tranchées, le port et les montagnes environnantes et ne sont plus que des épaves au matin du 22 juillet.

Un fort vaisseau de 80 canons, le Formidable, se présente devant Louisbourg mais doit se replier face à la masse des forces maritimes anglaises rassemblées.

Les coups portés aux assiégés s’intensifient. Le surlendemain de l’incendie des trois vaisseaux, le 23 juillet, un coup au but provoque un grave incendie dans le Fort du Roi qui abrite l’état-major français et constituait en 1758 la plus grande construction d’Amérique ! 

Le 25 juillet, un raid nocturne, mené par des chaloupes à la faveur d’un épais brouillard, permet aux anglais d’incendier le Prudent, un vaisseau de 74 canons et de capturer le Bienfaisant, un vaisseau de 64 canons. Désormais, les forces navales françaises à Louisbourg sont totalement anéanties, ce qui signifie la rupture des communications avec la France et la disparition de toute perspective de secours. Les assiégés n’espèrent plus qu’en l’arrivée d’un hiver précoce, mais le mois d'août n'est même pas entamé et il leur parait de  plus en plus illusoire de pouvoir tenir jusqu'aux premiers flocons de fin septembre.

Car, après les bombardements incessants, après l'élimination de la flotte française dans le port et après la destruction de la ville et malgré les efforts des soldats français, malgré le courage de Mme Aubert de Courserac, la femme du gouverneur, qui n'hésite pas à tirer du canon, la chute de la forteresse était inéluctable. Français et Britanniques le savaient depuis le premier siège de 1745: la France était incapable de déployer en Amérique des forces équivalentes à celles de la Grande-Bretagne.

Lorsque le commandant français, le chevalier de Drucourt  se résigne à négocier les conditions de capitulation, il est stupéfait et scandalisé de recevoir la lettre suivante (en français) des commandants britanniques, le général Amherst et l’amiral Boscawen : « En réponse du billet que je vient d'avoir l'honneur de recevoir de votre excellence par les mains du sieur Loppinot, je n'ai à répondre à votre excellence qu'il a été décidé par son excellence l'amiral Boscawen et moi que ses vaisseaux devaient entrer demain pour faire une attaque générale sur la ville.

Votre excellence sait fort bien la situation de l'armée et de la flotte, et comme son excellence Monsieur l'Amiral ainsi que moi désirons forts d'éviter l'effusion du sang, nous donnons une heure après le reçu de celle ci que votre excellence peut se déterminer de capituler comme prisonnier de guerre ou prendre toutes les mauvaises conséquences d'une défense contre cette flotte et l’armée.

Nous avons l'honneur d'être avec des très parfaites considérations,

Boscawen, Jeff Amherst »

La proposition était humiliante, alors qu'ils avaient combattu vaillamment durant des semaines. Aussi, le conseil de guerre français décida qu'il fallait «se défendre jusqu'à la dernière extrémité» et transmis aux britanniques une proposition de capitulation de seize articles prévoyant, entre autres, les honneurs de la guerre. Mais comme Amherst et Boscawen demeurèrent intraitables et refusèrent toute discussion à ce sujet en répondant par le billet suivant: « Monsieur,

Nous venons de recevoir la réponse qu'il a plu à votre excellence de faire sur les conditions de la capitulation qui vous ont été offerts. Nous ne changerons point dans nos sentiments là-dessus, il dépend de votre excellence de les accepter oui ou non et vous aurez la bonté de donner réponse là dessus dans demi-heure de temps

Nous avons l'honneur d'être signé Boscawen, Amherst », le gouverneur Drucourt et le conseil estimèrent qu'ils n'avaient plus le choix et décidèrent de subir l'«attaque finale»:

« Messieurs,

Pour répondre à vos excellences en aussi peu de mots qu'il est possible, j'aurai l'honneur de leur réiterer que mon party est le même et que je persiste dans la volonté deprouver les suittes de l'attaque générale que vous m'annoncés.

J'ai l'honneur d'être signé le chevalier de Drucourt »

 

À SUIVRE

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11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 10:21

 

Dans un blog publié le 22 novembre 2016, intitulé « Le baptême du feu », j’ai relaté le déroulement positif de la première épreuve qui portait sur l’examen de mes travaux scientifiques, actuels et passés.

 

Je crois que la deuxième épreuve se déroula trois semaines plus tard, fin mars ou début avril 1980. Il s’agissait d’une épreuve théorique qui consistait à présenter pendant trente minutes un exposé répondant à une question en Sciences de Gestion d’ordre général, après huit heures de préparation en loge. Elle se déroulait dans une salle commune avec les candidats convoqués le même jour, sous la surveillance d’un des membres du jury, qui était, je crois, son Président, le professeur Jean-Guy Mérigot. La salle disposait d’un certain nombre d’ouvrages de gestion qui permettaient au candidat de se documenter pour nourrir sa mémoire et sa réflexion en vue de proposer un exposé argumenté.

Malgré ces ouvrages, il n’était pas possible d’offrir une prestation convaincante si l’on n’avait pas à la fois des connaissances théoriques solides en Sciences de Gestion et si l’on n’avait pas pratiqué cet exercice à quelques reprises. Sur ces deux points, j’étais assez faible. Mes connaissances théoriques, malgré une préparation accélérée, restaient superficielles et le nombre de mes répétitions était resté réduit, deux ou trois fois peut-être, car il s’était avéré difficile de réunir plusieurs professeurs pendant une heure ou deux pour m’écouter, faire une analyse de ma présentation et me prodiguer des recommandations pour l’améliorer.

Après avoir pris le train Nice Paris la veille et m’être installé dans mon hôtel habituel rue Madame, le sujet qui me fut remis vers 10 heures du matin était le suivant :

« Gérer un entreprise dans les années trente, cinquante, quatre-vingt. »

Court, simple, lapidaire même. Trente minutes exactement pour s’exprimer sur ce sujet, avec un rythme vocal suffisamment lent pour être compris, mais avec un déroulé qui n’endorme pas le jury à qui il fallait en outre donner le sentiment que je maitrisais le sujet, sans toutefois verser dans le pédantisme.

Quel sujet d’ailleurs ? Il ne m’inspirait guère. Je trouvais qu’il n’offrait aucun angle d’attaque original. L’ennui assuré pour le jury qui me jugerait surtout sur la forme de ma présentation, sauf si je commettais une grosse erreur de fond, auquel cas je serai cuit. Il me fallait donc adopter une attitude défensive. Je décidais d’autorité que je n’allais pas le présenter en suivant lourdement la chronologie qui m’était proposée, d’autant plus qu’elle impliquait un plan en trois parties qui serait mal reçu par un jury normalement attaché à la division classique en deux parties.

Deux parties, donc. Sur quoi ? Eh bien, gestion interne, externe. Logique.

Interne, il faudrait donc traiter, à mon avis, de la GRH (gestion des ressources humaines), de la gestion de la production et de la gestion financière. Je crois que j’ai oublié à ce moment là de traiter des relations avec les actionnaires, à moins que je les aie inclus dans la gestion externe.

Externe, ce serait le marketing de l’entreprise, la gestion des achats, le financement des entreprises. Une fois ce choix effectué, il n’était pas question d’y revenir car le temps m’était compté.

Ensuite, j’ai cherché à traiter de l’évolution de ces différents éléments, par exemple celle de la GRH, avec entre autres la prise en compte progressive de la motivation des employés entre 1930 et 1980. Et ainsi de suite.

Vous pouvez croire que le temps d’écrire complétement le plan, de compléter mes connaissances en me documentant dans les ouvrages disponibles, de réécrire le plan, d’écrire l’exposé le plus en détail possible (une page demandant deux minutes d’exposé, j’ai probablement écrit autour de quinze pages pour les trente minutes) et de prévoir aussi quelques « élastiques », soit des parties d’exposé que je supprimerais si nécessaire pour ne pas dépasser le temps imparti, je n’ai pas vu passer les huit heures qui m’étaient allouées.

Trop vite, même, car je ne suis pas arrivé à m’organiser pour effectuer une présentation à blanc avant mon exposé devant le jury. Il en est résulté que la durée de mon exposé s’est révélée trop courte sans que je puisse l’ajuster.

À 18 heures pile, je me présentais devant le jury, qui une fois que je fus installé face à eux, déclencha le chronomètre avant de m’écouter. Je n’ai aucune idée de ce que fut la qualité de ma prestation, avec un jury impassible et sans doute déjà fatigué puisqu’il avait entendu trois ou candidats et en raison de l’absence totale de questions. Il n’était en effet pas prévu que le jury m’interroge.

 

Je parlais un peu moins de trente minutes, vingt-huit je crois, ce qui n’était pas très bon. Vingt neuf minutes trente secondes aurait été bien. Je me levais à 18 heures trente, quittais la salle silencieuse et retournais derechef à Nice.

 

(À SUIVRE)

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6 janvier 2017 5 06 /01 /janvier /2017 19:50

 

Une fois que les Anglais eurent débarqué sur l’Ile Royale le 8 juin et que les troupes françaises se furent repliées dans Louisbourg, les mille deux cent hommes de Wolf prirent  possession le 12 juin des retranchements français extérieurs et du phare qui dominait l’entrée du port.

 

Le 19 juin, les batteries anglaises fortes de 70 canons et mortiers commencèrent à ouvrir le feu sur la forteresse détruisant des murs et des constructions. Les canons français répliquent vigoureusement. Le 26 juin,  les Anglais prennent Green Hill, une position qui domine la forteresse, malgré le bombardement des pionniers anglais par les canons de Louisbourg et par les navires  français de  Beaussier de l'Isle.

Pour que les lecteurs se rendent compte de la puissance et de la combativité de la Marine Française au milieu du XVIIIe siècle et qu’ils écartent de leur esprit, l’idée, instillée par Voltaire, que la France a livré facilement la Nouvelle-France aux Anglais, une brève biographie de Beaussier de l’Isle me paraît nécessaire.

Louis-Joseph de Beaussier de l'Isle (1701-1765), est un officier de marine qui appartient à l'une des plus anciennes familles de Toulon. Entré dans la Marine Royale en 1724, il commande, lors de la Guerre de Sept Ans, une escadre de six bâtiments, deux navires de guerre, L'Aquilon de 40 canons et La Fidèle de 24 canons et quatre bâtiments de transports qui acheminent à Québec le marquis de Montcalm, ses officiers, ses 1 500 hommes de troupes et des sommes considérables en numéraire pour éviter que les troupes n'aient pas à souffrir de la dépréciation du papier monnaie au Canada. Il quitte Brest le 14 mars 1756, met hors de combat à hauteur de Rochefort, un vaisseau anglais de 56 canons et jette l'ancre en rade de Québec au mois de mai. Il réussit ensuite, malgré l’escadre anglaise qui tente de lui barrer le passage, à entrer à Louisbourg le 26 juillet où il dépose les sommes d'argent qu'on lui avait confiées et en repart le lendemain. Son vaisseau, Le Héros, est attaqué par deux vaisseaux anglais, le HMS Grafton et le HMS Nottingham, accompagnés de deux frégates. Il leur tient si bien tête qu’au bout de six heures de combat, les assaillants se retirent très endommagés. Il est alors contraint de revenir à Louisbourg pour réparer et soigner les blessés, car il compte 48 hommes tués et 48 blessés, et lui-même est blessé à la jambe. Le 13 août, il remet à la voile pour  aborder à Port-Louis le 6 septembre, avec huit prises en mer et 400 prisonniers et regagne Brest fin septembre en trompant à nouveau la vigilance des Anglais.

D’abord empêché par la maladie, il est chargé en mars 1758, à la tête de l’escadre qu’il commande, de voler au secours de Louisbourg. Des vents contraires retardent jusqu'au 10 Avril son départ de Brest avec quatre vaisseaux accompagnés d'une frégate et d’un bataillon de troupes  suisses. Après une traversée de quatorze jours seulement, il atteignit sa destination en échappant à la flotte anglaise. Bloqué dans le port par cette dernière, il proposa de tenter une sortie le 8 juin, mais le Conseil de Louisbourg, qui avait désespérément besoin des canons de ses navires, lui refusa son assentiment.

Il participe ensuite à la défense de la place au cours de laquelle il perd ses cinq vaisseaux. Fait prisonnier avec toute la garnison le 27 juillet 1758, il est remis en liberté en 1762 et reçoit  le commandement du port de Brest avant de recevoir mission en avril 1763 de reprendre possession de la Martinique, de la Guadeloupe et de Sainte-Lucie rendues à la France par le traité de paix de Paris. Le 1er octobre 1764, le duc de Choiseul  le promeut au grade de chef d'escadre  en reconnaissance de ses services, mais il décède peu après, le 4 juin 1765.

Voilà pour l’histoire de Beaussier, qui fut l’un des défenseurs de Louisbourg. Car les marins se battirent comme des beaux diables et Beaussier n’est pas un exemple isolé. Le 9 juin, Jean Vauquelin (1728-1772) réussit à entrer dans le port de Louisbourg avec  la frégate Aréthuse de 30 canons. Il réussit en juillet à forcer une seconde fois le blocus anglais. L‘année suivante, Jean Vauquelin à bord de la frégate Atalante, dont il avait reçu le commandement, participe aux opérations navales en marge du siège de Québec, puis à la victoire de Sainte-Foy avant d’aider le chevalier de Lévis à tenter de reprendre Québec. Mais il est poursuivi par une division anglaise, doit s’échouer et incendier sa frégate lors de la bataille de Neuville. Fait prisonnier par les Anglais le 16 mai à Pointe-aux-Trembles, il est libéré et rentre en France où il reprend du service jusqu’à Madagascar.

 

Tels étaient les marins qui se battaient à Louisbourg.

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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 19:29

LES FORMULES DE CHURCHILL

J’ai déjà consacré deux blogs anciens aux formules de Churchill, mais comme je ne me lasse pas de la justesse, de la profondeur et du piquant de ses reparties, je vous en propose une nouvelle série: elles ont quelques chances de servir pour l’année 2017.

 

ACTION

Agissez comme s’il était impossible d’échouer.

CAFÉ

Tous les matins, j’apporte à ma femme le café au lit. Elle n’a plus qu’à le moudre.

CAPITULER

Ne cédez jamais, jamais, jamais, jamais, en rien, grand ou petit, ne cédez jamais à la force.

CHANGEMENT

Il n’y a rien de négatif dans le changement, si c’est dans la bonne direction.

CHANCE

Au cours de leur vie, chacun d’entre nous rencontre sa chance. Malheureusement, la plupart d’entre nous prennent peur, détournent la tête et font comme s’il ne s’était rien passé.

CIGARE

Fumer un cigare, c’est comme tomber amoureux. D’abord on est attiré par la forme; on reste pour sa saveur et on doit toujours se souvenir de ne jamais laisser la flamme s’éteindre.

COGNAC

Un bon cognac, c’est comme une femme : ne vous jetez pas dessus; cajolez-le, réchauffez le dans vos mains avant de le savourer.

COURAGE

Le courage, c’est ce qu’il faut pour se lever et parler, c’est aussi ce qu’il faut pour s’asseoir et se taire.

DANGER

On ne devrait jamais tourner le dos à un danger pour tenter de le fuir. Si vous le faites, vous le multiplierez par deux. Mais si vous l’affrontez rapidement et sans vous dérober, vous le réduirez de moitié.

DÉFAITE

Il n’y a qu’une réponse à la défaite et c’est la victoire.

DÉMOCRATIE

Le meilleur argument contre la démocratie, c’est une conversation de cinq minutes avec l’électeur moyen.

DON

On vit de ce que l’on obtient, on construit sa vie sur ce que l’on donne.

ESPOIR

Pour un responsable politique, il n’y a pas pire erreur que d’entretenir de faux espoirs destinés à être balayés par les évènements.

ÉVENEMENTS

J’aime que les choses arrivent et, si elles n’arrivent pas, j’aime les faire arriver.

FANATISME

Un fanatique est quelqu’un qui ne veut pas changer d’avis et qui, en outre, ne veut pas changer de sujet.

FEMINISME

Quand on me dit qu’en 2100 les femmes gouverneront le monde, je réponds : encore ?

GRAND HOMME

De Gaulle, un grand homme ? Il est arrogant, il est égoïste, il se considère comme le centre de l’univers… Il est…Vous avez raison, c’est un grand homme.

HISTOIRE

La principale leçon de l’histoire, c’est que l’espèce humaine est incapable d’apprendre.

INQUIÉTUDE

Ce qui m’inquiète, ce n’est pas l’action, mais l’inaction.

LUXE

Je parviens toujours, je ne sais comment, à m’accommoder d’un luxe supplémentaire sans me plaindre ni pleurnicher. C’est l’un de mes traits de caractère les plus attachants.

MÉDECIN

Une pomme par jour éloigne le médecin, pourvu que l’on vise bien.

MÉMOIRE

Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre.

MODÉRATION

Je ne suis pas difficile, je me satisfais aisément du meilleur.

MOTS

Nous sommes maîtres des mot que nous n'avons pas prononcés, mais esclaves de ceux que nous laissons échapper.

MORT

J’apprends par de nombreuses sources que je suis mort ce matin. C’est parfaitement inexact.

OBJECTION

Ne me faites pas d’objections. Les difficultés en feront assez d’elles-mêmes.

POLITESSE

Quand on doit tuer quelqu’un, cela ne coûte rien d’être poli.

RELATIVITÉ

S’occuper des choses les plus sérieuses du monde n’est possible qu’à condition de comprendre aussi les choses les plus dérisoires.

RENDEZ-VOUS

Je suis prêt à rencontrer mon créateur. Quant à savoir s’il est préparé à l’épreuve de me voir, c’est une autre histoire.

STATISTIQUES

Je ne crois jamais une statistique, à moins de l’avoir moi-même falsifiée.

STRATÉGIE

Que la stratégie soit belle est un fait, mais n’oubliez pas de regarder le résultat.

SUCCÉS

Le succès, c’est d’aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme

VÉRITÉ

Les hommes trébuchent parfois sur la vérité, mais la plupart se redressent et passent vite leur chemin comme si rien ne leur était arrivé

VIDE

Un carrosse vide s’arrêta à Downing Street. M. Attlee en descendit.

VIE

La vie ? Le voyage vaut la peine d’être fait une fois.

 

 

Telles sont quelques-unes des formules que Winston Churchill nous a léguées, à nous d’en faire l’usage qui nous convient…

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29 décembre 2016 4 29 /12 /décembre /2016 15:03

 

 

Le temps est venu de faire le point sur mes blogs 2016, chaque mois ayant été marqué par un blog particulier.

 

Celui de janvier a été indiscutablement le blog du 1er du mois, « Les Étoiles Filantes », cette magnifique chanson philosophique du remarquable groupe québécois « Les Cow-boys Fringants » (231 lecteurs).

En février, la série de cinq blogs que j’ai consacré à l’organisation du pouvoir en Arabie Saoudite et aux dangers qui en résultent a mobilisé mon énergie écrivailleuse et retenu l’attention des lecteurs (prés d’un millier pour les cinq articles). Ces dangers se sont un peu estompés, mais subsistent notamment au Yémen. Je ne serait surpris ni par une révolution de palais ni par de sérieux troubles en Arabie Saoudite.

En mars, les blogs sur le pouvoir ont retenus le plus l’attention, mais la série de blogs consacrée ne s’est achevée que fin octobre en parvenant à une conclusion inattendue pour moi, quoique finalement évidente lorsque l’on observe l’évolution de la société, à savoir l’émergence dans tout le système social d’un POUVOIR SANS AUTORITÉ, dont toutes les conséquences n’ont pas encore été tirées, surtout par rapport au pouvoir politique.

En avril, j’ai voulu attirer l’attention sur la mise en œuvre subreptice de l’Union Européenne qui engendre un décalage croissant entre les attentes des Européens et les achèvements de l’UE. J’en ai surtout conclu que cette dernière ne jouait pas le rôle protecteur attendu par ses citoyens. Prés de 500 lecteurs ont suivi cette réflexion.

En mai, le traitement très négatif de la candidature Trump par The Economist s’est imposé à moi, d’autant plus que les lecteurs de l’hebdomadaire se sont largement insurgés contre cette opinion journalistique. 250 lecteurs environ ont suivi ce blog.

En juin, 280 lecteurs ont lu mon récit de politique fiction intitulé « une année ou presque avec Alain Juppé » qui avait pour objectif de montrer le caractère irréaliste de son programme. Maintenant que la candidature d’Alain Juppé a été écartée, je pourrais facilement dupliquer ce blog pour François Fillon.

En juillet, c’est évidemment mon blog sur le Brexit qui a été le plus lu (385 lecteurs) car il s’inscrivait en faux contre la lecture médiatique standard de cet évènement. J’ai évidemment consacré un blog à l’horrible attentat de Nice et aux conséquences qu’il convenait à mon sens d’en tirer pour l’ordre public.

En août, mois de faible lecture, mes blogs sur la Terreur ont remporté les suffrages (qui sont régulièrement consultés par 500 lecteurs chaque année) et notamment celui sur « Robespierre reconnu par Fouquier-Tinville », sans doute parce qu’il est facilement repérable par les moteurs de recherche.

En septembre, j’ai continué à attirer votre attention sur l’élection américaine au travers du blog « l’élection d’Hillary Clinton menacée par les « déplorables » » qui pronostiquait clairement l’élection de Trump en raison de la vision erronée d’Hillary Clinton et de ses soutiens. 164 lecteurs m’ont lu. 113 autres lecteurs ont lu « l’éternelle bataille de Québec » qui ouvrait une série de blogs, non encore achevée, portant sur la guerre entre les Anglais et les Américains d’une part et les Français et les Indiens d’autre part vers 1750-1760, une guerre qui a changé la face du monde, mais une guerre qui n’est pas terminée comme vous le verrez.

En octobre, « la Côte d’Ivoire, les pays francophones et la France » a été le blog le plus lu (155 lecteurs). Il s’inspire d’un article d’Ilyes Zouari, à juste titre grand défenseur de la francophonie. Grâce aux Africains, la bataille de Québec peut finalement être gagnée. Vous avez bien lu.

En novembre, naturellement, dans « Trump’s lesson » (385 lecteurs), j’ai tiré en effet les leçons de l’étonnant succès de Trump, étonnant pour ceux qui ne veulent pas encore comprendre que le monde est en train de changer, malgré le premier avertissement avec frais du Brexit.

En décembre, « Alep et l’hypocrisie » a recueilli un nombre record de lecteurs (prés de 600 lecteurs). Il est vrai que l’évènement est dramatique et historique, l’hypocrisie atteignant des sommets dans les medias main stream. À partir de cet article, je me suis un peu rengorgé, car mes analyses se sont révélées justes pour la Syrie depuis longtemps, pour Trump et pour le Brexit plus récemment. J’avoue par contre que je n’aurai pas cru que l’Euro existe encore fin 2016, mais je maintiens néanmoins qu’il ne devrait plus durer très longtemps sous sa forma actuelle.

D’une manière générale, si mes blogs sur l’actualité sont les plus lus d’autant plus que je leur assure une certaine publicité, j’ai continué à écrire sur l’histoire du pouvoir politique en France et sur la fin de la Nouvelle-France. L’histoire du pouvoir politique en France m’apparait pleine d’enseignements, notamment dans mes blogs sur l’élection de Napoléon III qui pourrait bien annoncer l’élection présidentielle de 2017 ou sur les énormes erreurs de politique étrangère de Napoléon III vis à vis de la Russie, à rapprocher avec les bourdes actuelles.

En philosophie, comme je vous l’ai indiqué plus haut, j’ai terminé une série de blogs sur l’autorité et le pouvoir qui m’a conduit, de mon point de vue, à une découverte intellectuelle que j’espère avoir fait partager à certains d’entre vous.

Dans la série Interlude, j’ai continué le récit du début de ma carrière professionnelle et notamment de la période pendant laquelle j’ai préparé le Concours d’Agrégation en Sciences de Gestion, ce qui m’a permis de rendre hommage au Professeur Pierre Baranger.

 

Au total avec celui ci, j’ai publié 76 blogs en 2016 lus par environ 15000 personnes avec qui j’ai eu le plaisir de partager, outre les affres de l’actualité, les leçons de l’histoire, une réflexion sur la notion d’autorité et un partage de ma propre histoire…

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26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 21:10

La bataille de Carthagène empêche l’escadre de Toulon de rejoindre Louisbourg pour la défendre. De plus, seule une escadre sur cinq parvient à atteindre Louisbourg, celle de Du Chaffault.

 

Louis Charles du Chaffault de Besné (1708-1794), emprisonné sous la Terreur malgré tous ses titres de gloire et son grand âge au château de Luzançay où il meurt, entre dans la Royale à l’âge de 17 ans. Lieutenant de vaisseau en 1746, il reçoit l’ordre durant la Guerre de Succession d’Autriche, d’armer à Brest en 1747 deux frégates de 36 canons, L'Atalante, dont le commandement lui est confié, et La Syrène pour aller croiser dans les eaux de Saint-Domingue. Le 13 avril, L'Atalante capture le Roi des Indes, un trois-mâts britannique puis un corsaire britannique, le Clinton.

Durant la Guerre de Sept Ans, Du Chaffault, qui commande toujours L'Atalante, attaque le HMS Warwick, un vaisseau anglais de 60 canons, qui est contraint d’amener son pavillon. C’est le 2 mai 1758 que Du Chaffault, chargé de transporter des troupes au Canada, appareille de l'île d'Aix avec une division composée de cinq vaisseaux et trois frégates. Le 29 mai, l'escadre mouille à Port-Dauphin sur l'île Royale, trouve le port de Louisbourg bloqué par dix vaisseaux britannique et débarque des troupes dans la baie Sainte-Anne.

La garnison de Louisbourg est surtout composée des Compagnies franches de la marine, auquel s’ajoutent un bataillon de 520 hommes du régiment de Bourgogne, un autre de 520 hommes du régiment d'Artois et un bataillon de 680 hommes du régiment de Cambis qui rejoint la garnison juste avant le siège. Au total, la garnison comptait 3 500 soldats. Du Chaffaut, n’ayant pas les moyens de percer le blocus britannique regagne Rochefort, tandis que les quelques vaisseaux et frégates français de Louisbourg se replient dans le port.

Le Gouverneur de l’Ile Royale, Augustin de Boschenry de Drucourt, dit le Chevalier de Drucourt (1703-1762), est arrivé à Louisbourg pour en devenir Gouverneur en compagnie de son épouse Marie-Anne Aubert de Courserac, une forte personnalité qui ira jusqu’à tirer au canon elle-même pendant le siège. C’est le Chevalier de Drucourt qui donne l'ordre à la flotte de rester à quai, contre l'avis de ses officiers peu disposés à exposer leurs navires au feu des Britanniques en restant dans le port. Il fait aussi préparer des tranchées et installe de l’artillerie à l'anse de la Cormorandière.

Pitt avait chargé le Major General Jeffrey Amherst de capturer la forteresse de Louisbourg. Ses adjoints

Côté britannique, James Wolfe et Edward Whitmore étaient chargé de la réalisation opérationnelle, tandis que les opérations navales étaient conduites par l’Amiral Edward Boscawen. Des forces considérables avaient été rassemblées à Halifax pour la deuxième année consécutive afin de s’emparer de Louisbourg. Le 29 mai 1758, une flotte composée de 150 transports de troupes transportant 14000 soldats réguliers (dont quatre compagnies de Rangers américains) et de 40 navires de guerre fait voile vers Louisbourg. Le 2 juin, elle mouille à 5 kilométrés de la forteresse.

Les conditions météorologiques ne permirent pas de tenter un débarquement jusqu’au 8 juin. Dans un premier temps, ce débarquement fut un échec en raison de la vigueur des défenses française ce qui amena le brigadier Wolfe à ordonner la retraite. Mais au dernier moment, un bateau de débarquement qui portait des Rangers trouva une crique à l’abri de l’artillerie où il installa une tête de pont. Wolfe y fit converger le reste de sa division et les Français pris à revers se replièrent rapidement dans la forteresse.

 

Le siège proprement dit pouvait commencer.

À SUIVRE

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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 17:14

 

Devant tant d’hypocrisie, tant de mensonges, tant de mauvaise foi, l’analyse et la sincérité en sont presque désarmées puisque, quoique l’on écrive, on le mettra en balance avec ces tombereaux de propagande qui se déversent sur nos têtes depuis mars 2011 avec une intensité redoublée depuis les quelques semaines qui ont vu le siège et la prise du quartier est d’Alep.

 

J’ai pour moi d’avoir décrit depuis juillet 2012 l’origine du conflit et prévu ce qui s’est passé depuis, à ceci prés que je n’étais pas convaincu qu’Assad tiendrait jusqu’au bout, du moins avant l’intervention des Russes à l’automne 2015 (VOIR EN ANNEXE MES ARTICLES SUCCESSIFS SUR LE SUJET).

Pourquoi tant de lamentations sur la prise d’Alep-Est, camouflée en gémissements humanitaires ? Camouflée en effet, car d’où provient la perte de trois cent vingt mille vies, la fuite d’un quart de la population syrienne et la destruction presque totale de l’économie du pays ? De ce que les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France, l’Arabie Saoudite et le Qatar ont fourni les armes et les munitions aux rebelles syriens et non syriens (y compris deux mille Français), démocrates sincères ou islamistes fanatiques pour qu’ils fassent à leur place le travail qu’ils leur avaient assigné, à savoir chasser Assad du pouvoir. Pour atteindre cet objectif épatant, peu importe les morts, les blessés, les réfugiés, les destructions !

Personne ne se demande combien la Syrie de Bachar El Assad compterait de morts si la coalition américano-saoudienne n’avait pas uni ses efforts pour encourager, former et financer la rébellion. On dispose pourtant d’un évènement comparable, celui de l’offensive des Frères Musulmans contre le régime laïc d’Hafez El Assad le 2 février 1982 à Hama. L’armée syrienne fit durant 27 jours le siégé de Hama, provoquant la mort de deux mille personnes selon le rapport de la Defense Intelligence Agency.

Deux mille morts, c’était une terrible répression, à laquelle les Etats-Unis ne trouvèrent à l’époque rien à redire. Trois cent vingt mille morts, que l’on aurait imputé exclusivement à Assad, leur a semblé par contre un prix acceptable pour renverser le régime syrien, dictatorial, laïc et protecteur de minorités alaouites, chrétiennes et druzes en faveur d’un régime islamiste sunnite tout aussi dictatorial, mais favorable aux intérêts économiques des Etats-Unis et de leurs vassaux.

Car l’enjeu syrien n’est en rien humanitaire pour les Etats-Unis, sinon ils auraient depuis cinq ans amplement eu le temps d’imposer un compromis entre le gouvernement de Damas et ses opposants. L’enjeu est celui du contrôle de la Syrie pour des raisons stratégiques, du fait de sa position centrale entre les gisements de production de l'Est et la Méditerranée orientale.

En novembre 2010, l'Arabie Saoudite et le Qatar ont demandé au Président Bachar El-Assad de pouvoir ouvrir des oléoducs et gazoducs d'exportation vers la Méditerranée orientale. La Syrie a refusé sous la pression de la Russie, qui y voyait un moyen de contrecarrer ses propres exportations vers l’Europe. Ce refus a été suivi par les premiers appels à manifester contre le régime syrien en février 2011, puis à le renverser avec les encouragements des services secrets américains, britanniques et français, complétés par l’ingérence de combattants islamistes financés par le Qatar et l'Arabie Saoudite. L’Iran répondait le 25 juillet 2011 à ces menaces contre le régime syrien par un accord pour le transport de son gaz via l'Irak, faisant de la Syrie son principal centre de stockage, mais le chantier du pipe line a été gelé à cause de la guerre. Depuis l’Iran finance le régime syrien.

De plus, depuis 2009, des bouleversements considérables se sont produits en Méditerranée orientale du fait de la découverte par la compagnie texane Noble Energy, partenaire d'Israël, du gisement de Tamar à 80 km d'Haïfa, bouleversements encore accentués en 2010 par la découverte du gisement Leviathan qui concerne non seulement Israël, mais aussi la Turquie, la Grèce, Chypre, le Liban et surtout la Syrie qui disposerait des réserves de gaz les plus importantes de tout le bassin méditerranéen oriental. Israël est désormais énergétiquement indépendant, ce qui n’enchante ni les Etats-Unis ni les pays du Golfe et la Syrie risque de devenir un pays doublement stratégique pour la production de gaz et son acheminement vers l’Europe.

Voilà l’enjeu, tout le reste n’étant qu’un brouillage humanitaire franchement nauséabond, aux odeurs de pétrole, d’islamisme, de morts par centaines de milliers, de millions de personnes déplacées et d’attentats en Europe. Il a fallu répéter ad nauseam qu’Assad n’était qu’un dictateur, un assassin, un criminel de guerre pour couvrir d’un misérable manteau humanitaire le plan stratégique qui consistait à s’emparer de la Syrie pour contrôler l’extraction du gaz et son transport vers l’Europe. Aujourd’hui, les gouvernants engagés dans cette opération et leur valetaille médiatique en sont réduits à redoubler de cris d’orfraie pour essayer de masquer leur échec.

En effet, avec la chute d’Alep, dernier gage tenu par les rebelles tenus à bout de bras par le bizarre consortium constitué par les Etats-Unis, la Grande-Bretagne la France, la Turquie, le Qatar et l’Arabie Saoudite, la Syrie utile est à peu prés entre les mains de l’alliance entre la Russie et l’Iran. Le consortium a toujours les moyens de contrarier les plans de l’alliance comme l’a montré l’attaque de Palmyre planifiée par les Etats-Unis et exécutée par l’État Islamique, mais il n’a plus les moyens de s’emparer de la Syrie.

Avec le temps, j’ai remarqué que les faits étaient remarquablement têtus. Depuis 2011, on pouvait prévoir, comme je l’ai expliqué à l’époque, une très forte résistance d’Assad. De plus, l’enjeu stratégique syrien étant plus important pour les Russes que pour les Américains, les premiers se sont engagés plus à fond et ils ont gagné une première manche. La seconde peut consister à entretenir une forte rébellion à la périphérie avant de négocier un accord qui tienne compte des nouveaux rapports de force et des intérêts de toutes les parties prenantes.

 

Pourtant, quand je songe au profond cynisme et à l’insondable mépris pour les être humains de ces milliardaires américains et de ces princes saoudiens ou qataris confortablement installés dans de luxueux salons à bord de leurs immenses yachts, jouant avec la vie et la foi de milliers et de milliers d’enfants, de femmes et d’hommes, les excitant, les payant pour tuer, tout en les gavant de bonnes paroles, la bouche pleine de feinte compassion mais ne songeant qu’à leurs milliards futurs, la colère me saisit, encore renforcée par la stupidité complice de tous ces pleureurs qui leur emboitent le pas sur les medias à leurs bottes…

 

ANNEXE: SYNTHÈSE HISTORIQUE DU CONFLIT SYRIEN

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17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 02:38

 

La Nouvelle-France est parvenue à résister aux attaques anglaises, mais le siège de Louisbourg (8 juin-26 juillet 1758) se révèle un épisode déterminant de la guerre.

 

La forteresse de Louisbourg  est située sur l'ile du Capbreton  à l'entrée du golfe du Saint-Laurent. Elle a été construite en 1713 par la Couronne française afin d'imposer ses droits sur les bancs de pêche de Terre-Neuve et elle a acquis une grande importance militaire car elle permet de contrôler l'entrée du golfe de Saint-Laurent et donc l'accès à la Nouvelle-France. Elle fut capturée en 1745 par les Anglais lors de la guerre de Succession d'Autriche et rendue à la France trois ans plus tard en échange de la ville de Madras en Inde.

Lorsqu’éclate la guerre de Sept Ans, les Anglais et les Français sont également conscients de l’importance stratégique de Louisbourg. En 1757, les Anglais tentent une attaque massive en envoyant 17 vaisseaux, 16 frégates  et 15 000 soldats depuis le port voisin d'Halifax. Du côté français, le vice amiral Dubois de La Motte  regroupe trois divisions à Louisbourg, soit 18 vaisseaux, 15 frégates et 11 000 soldats. Devant ce déploiement de force, les Anglais renoncent à attaquer, mais à leur tour les équipages français ne peuvent attaquer Halifax en raison d’une épidémie de typhus. En octobre, les deux flottes ennemies regagnent l'Europe.

Jusqu’en 1757, la Marine Royale, qui ne dispose pourtant que de soixante vaisseaux et trente frégates, est parvenue à tenir tête à la Navy qui aligne cent-vingt vaisseaux et soixante-quinze frégates. En 1755, une expédition française a pris Minorque. En 1757, la Marine Royale a non seulement défendu victorieusement Louisbourg mais elle a réussi à envoyer une escadre aux Indes orientales pour y acheminer des renforts.

En 1758, la Marine Royale décide, pour défendre Louisbourg, d’envoyer des renforts depuis Brest, mais le port est désorganisé par l’épidémie de typhus. Sur les cinq divisions qui sortent de Brest en 1758, quatre sont refoulées par des forces supérieures en nombre. La Marine Royale fait également sortir de Toulon, le 8 novembre 1757, une flotte de six vaisseaux et de deux frégates placée sous les ordres de La Clue-Sabran qui essuie une tempête trois semaines plus tard, l’obligeant à s’abriter dans le port neutre de Carthagène en Espagne.

La flotte y effectue des réparations lorsque La Clue apprend l'arrivée d'une flotte de dix vaisseaux anglais sous les ordres de l'amiral Osborn, renforcée par quatre bâtiments venus de Livourne  et du Levant. Devant l'inégalité du rapport des forces, La Clue prend la décision de rester dans le port, répondant ainsi aux vœux d’Osborn qui a l’ordre de l’empêcher de sortir de Méditerranée.

La Clue reçoit d’abord le renfort de deux vaisseaux qui le rejoignent au port puis voit arriver le 27 février 1758 trois autres vaisseaux, dont le Foudroyant,  partis en renfort de Toulon sous les ordres de Michel-Ange Duquesne de Menneville. Le Foudroyant, vaisseau à deux-ponts de 80 canons, fait partie des plus puissantes unités de la flotte. Au printemps 1756, il a participé à la conquête de la base anglaise de Minorque. En 1757, il a passé l’essentiel de l’année à quai, victime de la désorganisation des équipages qui désertent en masse car ils n’ont pas été payés depuis des mois.

Au large de Carthagène, comme La Clue est incapable de quitter le port en raison de vents contraires, le Foudroyant est pris en chasse par trois vaisseaux anglais détachés de la flotte d'Osborn, le HMS Monmouth, le HMS Hampton Court  et le HMS Swiftsure.

En fin d’après-midi du 28 février, il est rejoint par le Monmouth, doté d'une artillerie moins importante de 64 canons et de plus faible calibre, qui n’est pas normalement pas en mesure de l’inquiéter. Mais son capitaine, Arthur Gardiner, s’est juré de venger la défaite qu’a subie son chef à Minorque contre le Foudroyant. Aussi montre t-il une très grande énergie au combat qu'il communique à l'équipage.

Avant que les deux autres vaisseaux anglais ne le rejoignent, Duquesne de Menneville accepte le combat bord à bord. Il est alors victime de la panique des canonniers de la deuxième batterie qui ont déserté leur poste pour se réfugier dans les parties basses du vaisseau. Le feu de la première batterie, avec ses pièces de 36 livres permet toutefois de tenir à distance le Monmouth.

Le combat continue en pleine nuit, le capitaine anglais est blessé à mort et son vaisseau perd son mât d’artimon, mais ses deux lieutenants poursuivent la lutte. Le Foudroyant perd à son tour son mât d’artimon et, vers une heure du matin, son grand mât, qui, en basculant sur l’avant, endommage son mât de misaine, le dernier qui lui reste. Le Monmouth, hors de combat, finit par s’éloigner, mais le Foudroyant avec son seul mât de misaine est incapable de se dégager alors qu’arrivent les deux autres vaisseaux, le Hampton Court de 64 canons et le Swiftsure  de 74 canons qui l’attaquent des deux bords. Vers deux heures du matin, Duquesne de Menneville amène son pavillon alors que son bâtiment compte 200 tués et  blessés. Le Foudroyant sera remis en état par la Royal Navy qui l’emploiera sous le nom de HMS Foudroyant pendant trois décennies.

Les deux autres navires français, de plus petite taille, sont également mis hors de combat. L’Orphée est écrasé sous le feu de trois vaisseaux britanniques et l'Oriflamme  s’échoue délibérément pour éviter la capture.

 

La défaite du Foudroyant maintient La Clue à Carthagène jusqu’en juillet 1758, lorsque Osborn décide que la saison est trop avancée pour que les Français puissent faire la traversée jusqu’à la Nouvelle-France. Il lève le siège et La Clue ramène ses vaisseaux à Toulon, sachant qu’il est trop tard pour soutenir la forteresse de Louisbourg.    

 

 

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11 décembre 2016 7 11 /12 /décembre /2016 01:36

Une des principales leçons de l’élection de Donald Trump, en attendant de pouvoir cerner sa politique, réside dans l’étonnant échec des médias.

 

Étonnant, car on pouvait s’attendre à l’élection triomphale d’Hillary Clinton, avec 98% des médias engagés en sa faveur. Il était cohérent en effet de créditer les médias d’une bonne connaissance des enjeux de l’élection, des programmes des deux candidats et de l’état de l’opinion publique américaine. Mais finalement, ce sont justement ces 98% qui sont révélateurs du rôle des médias dans l’élection américaine.

Normalement, les médias auraient dû approximativement partager leurs appuis entre les deux candidats, car on ne peut pas croire qu’ils étaient assez sourds et aveugles pour ne pas avoir compris que l’élection de Trump était possible. Mais ils ont jugé que l’accession au pouvoir du candidat républicain était dangereuse, soit pour les Etats-Unis, soit pour sa classe dirigeante, soit pour eux-mêmes et ils ont décidé en conséquence de s’y opposer au risque d’être désavoués par les électeurs. Il est remarquable en outre d’observer  que la quasi totalité des médias du monde aient  emboité le pas aux médias américains : tous anti Trump !

Le résultat spectaculaire de cette prise de position unanime des médias contre Trump a été leur désaveu par cinquante pour cent des électeurs américains, non seulement en raison de la rencontre entre l’opinion publique et la capacité de persuasion du candidat Trump, mais aussi du fait de leur propre engagement. Car l’opinion publique a perçu cet engagement des médias comme une sorte de déclaration de guerre contre elle : on lui déniait le droit de penser par elle-même (« les déplorables »).

Après cette démonstration éclatante, les médias apparaissent clairement comme les représentants de la classe dirigeante, comme l’a démontré le vote des électeurs du District of Columbia (Washington D.C.) qui se sont prononcés à 92,8% pour Hillary Clinton, ce qui signifie que les électeurs proches du pouvoir et les médias étaient en concordance parfaite.

C’est une situation nouvelle.

Si de tout temps, nombre de médias se sont fait les avocats du pouvoir en place, il a toujours subsisté une certaine diversité d’opinion et c’est pour cela qu’on les appelle « médias », des institutions ou des moyens impersonnels permettant une diffusion large et collective d’informations ou d’opinions, des opinions forcément contradictoires. Or, avec le temps, les médias ont été rassemblés au sein de groupes contrôlés par quelques financiers. Les journalistes de leur côté, de peur de perdre leur emploi, sont devenus de plus en plus dociles et ont dû remplacer, de gré ou de force, le souci de l’information par la volonté de commenter les évènements dans un sens favorable au pouvoir.

Pour prendre le cas de la France, les médias sont si étroitement sous contrôle qu’aucun journaliste français n’ose afficher de préférence partisane en dehors du « politically correct » qui correspond en gros à celui de SciencesPo Paris. On l’observe avec limpidité lorsque les journalistes se croient obligés d’interviewer avec une hostilité sous-jacente les représentants du FN, afin d’être disculpés de tout soupçon de complaisance pour des thèses qu’ils qualifient eux-mêmes de « nauséabondes ».

Aussi l’étonnement des médias face à l’opinion publique étonne. J’entendais tout récemment une sorte d’ombudsman interroger la rédaction de France Info au sujet du siège d’un quartier d’Alep. L’ombudsman s’étonnait lui-même que les auditeurs contestent la version de la guerre présentée par France Info qui consiste à attribuer toute la faute de la guerre et des massacres à Assad et à ses alliés russes et à présenter les rebelles comme des gentils. Le responsable de la rédaction a en gros répondu qu’il connaissait son métier et  que la version qu’il présentait était la bonne. En somme, « Circulez, il n’y a rien à voir »

Ce journaliste convaincu que ses raisons sont les bonnes et que les auditeurs se trompent confirme en retour ces derniers dans leur opinion envers les médias, considérés comme autistes et enrégimentés. L’arrogance médiatique a pour effet de créer une rupture entre les médias et l’opinion. S’il est impossible pour l’opinion d’être entendue des médias, il est en retour tout aussi impossible pour les médias d’influencer l’opinion, sinon négativement. Si bien que l’on constate de plus en plus souvent que les électeurs votent contre le camp des médias, ce qui pourrait bien expliquer, au moins en partie, les résultats des votes sur la constitution européenne en 2005 jusqu’à l’élection de Trump en passant récemment  par le referendum sur le Brexit.

C’est qu’en s’emparant des médias, les financiers, forcément proches du pouvoir, ont fait disparaître la pluralité des opinions, accélérant en conséquence la disparition programmée de l’autorité des médias (voir mon blog sur La fin des politiques). Cette autorité est morte, elle ne reviendra plus, l’opinion se forgeant désormais au travers de divers échanges sur Internet, que le pouvoir politique s’efforcera en vain de contrôler.

Les journalistes ne sont plus que des agents publicitaires du pouvoir et ils doivent en respecter les règles à commencer par celle qui consiste à ne pas provoquer l’hostilité des électeurs, à ne pas lui faire la leçon et à ne pas le mépriser ouvertement. Tant que les médias n’auront pas compris qu’ils sont ni plus ni moins crédibles qu’une annonce publicitaire, ils se fourvoieront dans un rôle qui ne leur sera plus jamais reconnu, celui d’intermédiaire entre le pouvoir et les citoyens.

 

Car derrière ce fiasco des médias, se profile l’avènement d’un nouveau type de pouvoir dont on commence à discerner les contours, plus direct, plus transversal, plus instable

 

 

 

 

 

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7 décembre 2016 3 07 /12 /décembre /2016 22:05

Avant de présenter le tournant du siége de Louisbourg, je souhaite réparer un oubli en relatant la bataille de Petitcoudiac de septembre 1755, une toute petite bataille, mais qui a contribué à la survie à long terme de l’Acadie.

  

Après la bataille de Fort Beauséjour,  que j’ai présentée dans le blog « 1755, Batailles sur tous les fronts », les Anglais contrôlaient la plus grande partie de l’Acadie et s’employaient à en chasser les Acadiens.

Pour atteindre cet objectif, ils ne répugnaient pas à user de fourberie. C’est ainsi, en 1755, que le lieutenant-colonel Robert Monckton, qui a donné son nom à la capitale du New Brunswick, remet des cadeaux au prêtre François Le Guerne et à ses ouailles pour les amadouer. Puis il convoque à l’ancien fort Beauséjour les quatre cent soixante chefs de famille acadiens qu’il emprisonne le 11 août en leur annonçant que leurs terres sont confisquées et qu'ils seront bientôt déportés. Leurs femmes  se cachent en forêt, avec les quelques hommes restés libres et appellent à l’aide les faibles troupes françaises commandées par Charles Deschamps de Boishébert qui sont proches du fleuve Saint-Jean.

Monckton décide alors de déporter tous les habitants des régions limitrophes de l'isthme de Chignectou, où se situe le fort de Beauséjour. Mais le 25 août, Boishébert arrive du fleuve Saint-Jean avec une soixantaine de soldats et autant d’indiens Malécites, tandis que Monckton envoie deux cent soldats sous les ordres du major Joseph Frye pour bruler les villages de la région.  Son but est d’obliger les femmes et les enfants chassés des villages détruits à se rendre aux Anglais.

Frye et ses troupes montent à bord de navires dans la rivière Mésagouèche et débarquent en aval de Chipoudy qu’ils incendient le 1er septembre, tuant le bétail, pillant les provisions et enlevant les quelques femmes et enfants encore présents. En fin d’après midi, ils ont détruit 181 maisons et enlevé une trentaine de personnes.

Pendant ce temps, les Acadiens évacuent les villages, font le guet et préviennent Boishébert, qui arrive avec une centaine d'hommes dans des canots en écorce à un kilomètre et demi en amont de la position anglaise des Anglais, mais ne peut qu’assister impuissant aux destructions. Il décide de regrouper ses troupes au village de Petitcoudiac.

Le lendemain 2 septembre, trois navires anglais remontent la rivière, détruisent plusieurs hameaux avant de s’approcher de  Petitcoudiac, où les attendent les cent vingt hommes de Boishébert renforcés par une trentaine d’Acadiens, ces derniers armés seulement de coutelas et de fourches. Les Anglais se retrouvent tout à coup encerclés et parviennent à grand peine à se replier sur leurs navires d’où ils ouvrent le feu avec leur artillerie sur les Français pour les tenir à distance.

Ils ont perdu une trentaine d’hommes, mais ils n’oseront plus s’aventurer loin de leurs forts pour poursuivre leurs destructions. De plus une partie des prisonniers du fort Beauséjour s’évadent, le 30 septembre 1755, reconstituent les familles, restent sur place, résistent aux Anglais et refusent de prêter serment d'allégeance au roi d'Angleterre en novembre 1764. La plupart se réfugient ensuite dans les autres colonies françaises de l'Amérique, mais certaines familles réussirent à se cacher sur place.

 

 

Leurs descendants habitent encore le sud-est du Nouveau Brunswick qui est le nom donné par les Anglais à l’Acadie, qui, grâce à leur résistance acharnée, existe toujours. 

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