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Le blog d'André Boyer

THE ROCHDALE SOCIETY OF EQUITABLE PIONEERS

28 Décembre 2014 , Rédigé par André Boyer

THE ROCHDALE SOCIETY OF EQUITABLE PIONEERS

HOMMAGE AUX VÉRITABLES PIONNIERS DE ROCHDALE

Owen était un idéaliste. Dans son Report to the County of Lanark (1820, il se déclare en faveur d’une organisation communautaire qui constituerait le fondement d’une réorganisation définitive de l’ensemble de la société. Il prône aussi une juste rémunération du travail favorisant les producteurs, et non plus les capitalistes et leurs intermédiaires.

C’est à ce titre qu’il est l’inventeur du socialisme britannique. Sans se référer  encore une fois aux anarchistes comme Proudhon, on trouve à la même époque en France des socialistes utopistes, comme Saint Simon ou Charles Fourier, qui visent à transformer la société, non par une révolution politique ou par une réforme étatique, mais par la création à l'initiative de citoyens d'une contre-société socialiste au sein d’une société « étatico-capitaliste ».

Il s’agissait pour eux de créer des communautés socialistes qui, si elles avaient réussies, auraient progressivement remplacé la société capitaliste. Mais elles ont échoué, même si l’on voit aujourd’hui encore resurgir le projet contemporain d’une ville autosuffisante, Owenstown, qui serait autogérée par ses habitants et propriétaires.

Nous n’écartons pas de nos préoccupations l’organisation de la société toute entière, car elle relève à notre avis du management. Mais pour la poursuite de notre réflexion sur le management organisée autour du pouvoir, nous mettons tout d’abord en exergue les structures organisationnelles dans lesquelles le pouvoir n’est pas concentré.

Or, tel est le cas de la coopérative, structure particulière d’organisation, dont Owen est l’inspirateur.

Dés 1824, une société coopérative londonienne est fondée à Burton Street.  Puis The Cooperative Magazine est lancé en janvier 1826, remplacé en 1830 par le British Cooperator et le Cooperative Miscellany qui, chacune, étaient chargés de répandre les idées d’Owen. Enfin, la première véritable coopérative de l’histoire est fondée par quelques tisserands à Rochdale en 1844, près de Manchester, selon des principes issus des idées d’Owen.

Constatant que le niveau de vie des travailleurs est tout autant dépendant des salaires donnés par les manufacturiers que par le niveau de prix des producteurs, vingt-huit tisserands se regroupent pour former The Rochdale Society of Equitable Pioneers (RSEP). On note que l’on retrouve dans le nom de la coopérative le terme « équitable » qui est repris dans le concept actuel de commerce équitable. Ils ne se présentent pas comme une association de producteurs qui cherche à écouler leur production et c’est radicalement nouveau. Ils proposent, a contrario, un regroupement de consommateurs qui accumulent un capital en vue d’apporter, proclament-ils littéralement, « des avantages financiers et d’améliorer les conditions sociales et domestiques de ses membres ».

À cet effet, ils commencent par établir un magasin d’alimentation, d’habillement et autres, qui permet d’écouler la production des tisserands, mais pas seulement. Il s’agit aussi de construire des logements, de fabriquer à la demande et de louer des terres agricoles.

L’originalité de la RSEP consiste à partir des besoins de ses membres pour déterminer ce qu’il faut produire en y associant en priorité ses membres dépourvus de travail. Une démarche très marketing, dirigée vers ses propres membres. 

La question du capital de la RSEP est traitée de manière empirique.  Chaque membre qui y entre doit souscrire quatre parts d’une livre chacune, avec un versement progressif pour tenir compte des faibles disponibilités financières des adhérents. Pour ouvrir le magasin, il fallut réunir 1000 £ et donc rassembler 250 membres. Il était prévu que le capital souscrit serait rémunéré au taux de 3,5%, le reste du profit de l’association étant réparti au prorata des achats de chacun.

La nouveauté était que les « capitalistes » de la RSEP ne recevaient pas la totalité des bénéfices, mais une rémunération fixe et que le surplus des bénéfices ne leur était pas distribué pour bénéficier aux consommateurs qui sont la finalité de l’entreprise.

La RSEP fut une réussite à long terme, contrairement aux communautés éphémères d’Owen. En 1880, la RSEP comptait plus de dix mille membres, tout en aidant d’autres coopératives à s’établir.  Aujourd’hui, le secteur coopératif en Grande-Bretagne regroupe sept millions de membres.

Il s’agit donc d’un succès organisationnel, dont il s’agit de déterminer les raisons, les conséquences possibles et les limites.

 

À SUIVRE

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P
Le développement d'un secteur coopératif dans un Etat donné s'inscrit - entre autres éléments de contexte
économique , social, ...- dans un cadre législatif et réglementaire qui comporte des facteurs positifs ou moteurs et des facteurs négatifs ou freins. Le jeu en vaut-il la chandelle d'une "réforme" ( de plus) de l'ensemble des "codes" qui régissent l'organisation économique . Au bénéfice de qui : des acteurs directement impliqués dans l'action coopérative , d'une performance meilleure du "système" qui profiterait au plus grand nombre des citoyens et résidents, à d'autres Etats ....?
Un beau sujet au moment où le scepticisme est grand sur l'efficacité de nos organisations civiques .
Répondre
B
Il est vrai que le fonctionnement du secteur coopératif nécessite certaines conditions, d'autant plus qu'il ne bénéficie pas de la bienveillance du systeme économique en place, qui aime bien rafler tous les profits