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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 09:51
L'EMPRISE DU CAPITAL SUR LES COOPÉRATIVES

LES CAISSES DESJARDINS AU QUÉBEC

 

Il existe d’autres coopératives que celles de consommation ou agricoles, comme celles de commerçants, de crédit ou les coopératives ouvrières de production.

 

Les coopératives de commerçants sont nées du désir d’offrir des enseignes communes pour  fidéliser la clientèle et bénéficier de conditions plus intéressantes de la part des fournisseurs. Le problème majeur de ces structures est qu'elles acceptent des adhérents qui n'ont pas forcément les moyens ou les capacités de faire évoluer leurs propres magasins.

Les coopératives de crédit ont connu un développement très inégal d'un pays à l'autre, l’Allemagne, pays d'origine des caisses de crédit mutuel, rassemblant 3 000 coopératives de crédit et 11,4 millions de sociétaires. Mais les Caisses Desjardins constituent  le premier employeur privé du Québec. En France, le Crédit agricole, comme le Crédit mutuel, restent des collecteurs importants de l'épargne populaire et disposent de ressources peu coûteuses. Contrairement au reste du mouvement coopératif, le problème principal des banques coopératives est non pas une insuffisance de fonds propres, mais le risque de banalisation.

Les sociétés coopératives ouvrières de production (S.C.O.P.) constituent la branche la plus symbolique du mouvement coopératif, mais sans doute la moins importante en chiffres, sauf en Italie et en Espagne. Si tous les indicateurs montrent que les S.C.O.P. bénéficient d’une active  participation de leur personnel à la gestion, ces dernières ont tendance à disparaître par insuffisance des fonds propres, même si de petites entreprises choisissent ce statut dans les activités innovantes où la faible taille et le niveau élevé de qualification permettent plus facilement un fonctionnement « entre égaux ».

Ainsi, la prospérité du mouvement coopératif diffère avec les branches, les plus prospères étant celles où l'organisation coopérative apporte une valorisation du patrimoine personnel des adhérents, comme les coopératives de commerçants.  Inversement, la croissance de la taille de l'outil de production, comme dans les coopératives de consommation ou de production obligent les adhérents, qui y rechignent, à financer l'expansion d'un outil dont ils ne tireront qu'un profit indirect et aléatoire. C’est alors que se développent des comportements de « passager clandestin » dans l’attente que d’autres fourniront les fonds nécessaires, au risque de voir des logiques contradictoires entrer en conflit, les intérêts des apporteurs extérieurs de capitaux entrer en conflit avec ceux des coopérateurs.

Si les coopératives n’ont pas rencontré le succès foudroyant qu’attendaient les contemporains de Robert Owen, ce n’est pas que le management collectivisé se soit révélé moins efficace que le management personnalisé, mais c’est plutôt que la nécessité d’investir en permanence dans l’entreprise ne rencontre pas l’intérêt à plus court terme du coopérateur, généralement peu fortuné, qui souhaite bénéficier rapidement des revenus générés par la coopérative. Ainsi la logique coopérative qui doit permettre à ses membres d’échapper à l’exploitation capitaliste subit-elle souvent une loi d’airain de l’entrepreneur : investir ou périr.

 

Le management des entreprises n’a t-il donc aucune importance, le montant des investissements assurant seul le succès ou l’échec ? 

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Published by André Boyer - dans PHILOSOPHIE
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