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15 avril 2015 3 15 /04 /avril /2015 21:53
L'ISLANDE

LA CARTOGRAPHIE DE L'ISLANDE

 

Loin de moi l’idée de faire de l’Islande un « modèle », mais simplement de rappeler à ceux qui prétendent détenir la « vérité » cette profonde pensée de Pascal : « vérité en deça des Pyrénées, erreur au-delà ».

 

En Europe, l’Euro et la domination des banques sont un fait acquis, « incontournable ». Toute objection à cet état de fait se heurte à la force de l’évidence qui se réfère à la mondialisation. Comment pourrions nous survivre dans la jungle de la mondialisation, soixante sept petit millions d’habitants  isolés au milieu de sept milliards, un pour cent de la population mondiale, une goutte d’eau et les banques qui ne nous préteraient plus ! Ne songez à aucun changement, juste à des efforts et à des réformes d’ajustement…

Et l’Islande alors? 320000 habitants, une monnaie, un pays en pleine croissance qui s’est sorti seul contre tous de la crise financière, qui vient de refuser d’entrer dans l’Union Européenne et qui prépare une révolution bancaire ?

C’est un cas particulier, Monsieur, rien de plus.

Entendu, c’est un cas particulier qu’il convient donc de regarder  de plus près, afin d’en percevoir quelles en sont les caractéristiques qui ne s’appliquent nulle part ailleurs.

L'Islande est une République, géographiquement plus proche de l’Amérique que de l’Europe à laquelle elle est rattachée  culturellement et historiquement. Elle a une superficie de 103 000 km2 et une population d'environ 320 000 habitants, ce qui en fait le pays le moins densément peuplé d’Europe (3 habitants au km2 contre 110 en France). En outre, chacun sait que sa capitale est Reykjavik qui, avec 120000 habitants, rassemble plus du tiers de la population de l’île.

C’est une île de forte activité volcanique et au climat très tempéré grâce à un courant chaud malgré les glaciers qui couvrent 10% de sa superficie, puisque sa température moyenne oscille autour de l’année entre -30 C en hiver et +130 C en été. Rien à voir avec le Canada tout proche ! Ce qui surprend quand on visite l'ile, c'est la quasi absence d'arbres (encore que des efforts de reboisements sont en cours), des arbres détruits au cours de l'histoire  par des incendies volontaires et par l'élevage des moutons. 

L’île a été colonisée par un groupe de Norvégiens en 874. Elle est devenue indépendante du Danemark le 1er décembre 1918, puis elle est devenue une République le 17 juin 1944.

L'Islande a été occupée par les troupes anglaises et américaines pendant la guerre 1940-1945. Ensuite, elle a grandement bénéficié du Plan Marshall, elle s’est industrialisée et a connu une forte croissance économique. Elle s’est enfin internationalisée en 1994 en adhérent à l'Espace économique européen en 1994. Puis, dans les années 2003-2007,  le secteur bancaire privatisé a fait de l’Islande une économie fondée sur les services financiers et les banques d'investissement. Elle devint alors l'un des pays comptablement les plus prospères du monde, son PIB par habitant atteignant en 2007 40000 euros par an, mias c'était une prospérité artificielle. 

Cet aspect artificiel n'empéchait pas le premier Ministre de l’époque, Geir Haarde, d'affirmer : « Notre plus grande fierté, c'est d'avoir amélioré le niveau de vie général de la population : depuis 1994, le revenu disponible moyen des ménages, après impôts, a augmenté de 75 % ! ».

Or ce niveau de vie pharamineux était totalement dépendant du secteur bancaire islandais qui avait connu dans les années 2000 une croissance sans précédent avec une capitalisation qui représentait plus de 10 fois le PNB de l'Islande  en 2003. Il s'était passé que les banques locales s’étaient lancées dans une politique d'endettement avec un effet de levier massif et qu'elles spéculaient sur des actifs de plus en plus risqués.

À ce titre, il est intéressant d’observer qu’un rapport du FMI notaot bien la taille « colossale » du secteur bancaire tout en estimant  « que cela soit mis en évidence comme facteur important de vulnérabilité à traiter d’urgence. »! Beau témoignage de lucidité !

Bien au contraire, les rapports du FMI restaient très optimistes : « Les perspectives à moyen terme de l’Islande restent enviables. Des marchés ouverts et souples, des institutions saines… ont permis à l’Islande de tirer parti des possibilités offertes par la mondialisation. »

Puis d’un coup vint la crise qui n'était pas liée, comme en Grèce, au désordre des finances publiques, mais qui provenait comme en Irlande du système bancaire et du gonflement des bilans des banques locales. Apparemment, personne ne s'y attendait. 

 

Vous voyez bien qu’au delà des spécificités islandaises, on peut déjà tirer quelques leçons moins locales, sur le risque bancaire ou sur la clairvoyance du FMI par exemple…

 

À SUIVRE

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Published by André Boyer
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