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7 mai 2015 4 07 /05 /mai /2015 11:46
LES INSOUCIANCES D'UN AUTOMNE HEUREUX

AUTOMNE 1977 DANS LES ALPES DU SUD

 

Les vacances de l’été 1976 furent mises à profit, en partie, pour rédiger la deuxième version de la thèse qui se mit à avancer à un train que l’on pourrait appeler de sénateur.

 

À l’automne, un peu avant la rentrée universitaire qui avait lieu un bon mois plus tard qu’aujourd’hui, je me rendis à Villars-Colmars, dans les Alpes, afin d’avancer ma thèse dans l’ambiance paisible de l’arrière saison. Malheureusement, un incident sans effet fâcheux immédiat allait entraîner une conséquence dramatique trois mois plus tard, qui allait encore retarder l’avancement de ma thèse : en descendant la Colle Saint-Michel au volant de ma GS Citroën, je me retrouvais face à un bulldozer que je percutais de face. La GS était réduite à l’état d’épave, mais je n’étais ni blessé ni responsable de l’accident et je réussissais malgré tout à m’installer dans le chalet familial pour écrire, alternant travail intellectuel et tennis.

L’idéal.

Puis je regagnais Nice pour la rentrée de l’IAE, désormais prise en main par Jacques Lebraty, tandis que Xavier Boisselier, après une aventure rocambolesque, prenait la direction de l’IUT de Nice. De mon côté, je continuais à diriger l’Université du Troisième Âge qui connaissait un succès croissant et qui faisait des émules dans toute la France. Naturellement cette direction, qui s’ajoutait à mes cours, réduisait d’autant le temps disponible pour la thèse et plus grave encore, écartelait mes préoccupations entre l’écriture et le management.

Or, rien n’est plus contradictoire pour l’esprit que de devoir concurremment concentrer ses pensées dans l’écriture par définition loin de toutes les préoccupations extérieures et manager une organisation qui suppose au contraire d’être attentif aux événements qui la concerne tout en utilisant son énergie pour faire agir les autres. Aussi, lorsque je rencontre des managers qui souhaitent faire une thèse, je m’empresse de leur indiquer que, s’ils ne disposent pas de vingt heures libres par semaine, il ne faut guère y songer…

Si bien, qu’instruit de ma propre expérience, je suis toujours inquiet lorsque des doctorants acceptent des responsabilités administratives ou se chargent de cours. Heureusement, l’administration y a remédié par une avalanche de réglementations qui limitent désormais l’activité des doctorants. Encore que, prise de remords, elle s’est empressée de remplacer les activités rémunérées qui empêchaient les doctorants d’écrire leur thèse par l’obligation d’assister à des séminaires non rémunérés sur des sujets aussi passionnants qu’éloignés de leurs préoccupations. Elle y a même ajouté la nécessité de produire d’interminables rapports, dont il est inutile de préciser qu’ils ne servent à rien. Le résultat est curieux. Hier les doctorants prenaient eux-mêmes le risque d’être détourné de leur thèse par l’appât du gain et l’envie de rester dans le monde. Aujourd’hui l’administration française les contraint à distraire une forte partie de leur temps disponible pour remplir des obligations paperassières et conférencières inutiles, voire nuisibles. 

En décembre 1976, j’utilisais les « rebuts » de ma thèse première version pour publier un article dans la revue maison, la Revue d'Économie et de Gestion, sur les « Théories Comportements et choix d'un modèle de Firme ». Je partais aussi en congrès en Suède, après avoir provoqué l’effroi financier du nouveau directeur de l’IAE de Nice qui prétendait répartir un budget annuel de déplacement de cinquante mille francs pour les colloques entre tous les enseignants, alors que l’expérience passée m’avait montré que cette somme était à peine suffisante pour mes propres déplacements ! Heureux temps !

De ce congrès, organisé dans la campagne au sud de Stockholm à la fin de l’automne par le patronat suédois, je retins la très forte expertise des Suédois dans le domaine du marketing industriel et l’aspect magique de la silencieuse forêt suédoise enneigée et éclairée par la lune dés 17 heures, voire 16 heures, où l’on n’entendait que le craquement de la neige sous ses pas…

 

À cet automne heureux allait succéder un hiver tragique.

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Published by André Boyer - dans INTERLUDE
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