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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 20:07
L'ILLUSOIRE APOGÉE DU POUVOIR

À TILSIT, RIEN N'EST RÉGLÉ

 

 

Cette fois c’est parti, Napoléon contre l’Europe, et au début, c’est bien parti.

 

Au ralliement de la Prusse à la coalition conduite par les Britanniques, Napoléon répond militairement en écrasant les troupes prussiennes, surtout grâce à Davout qui remporte une victoire inespérée à Auerstedt. Il prend Berlin, où il décide, le 21 novembre, l’instauration du blocus continental. Son décret stipule que : « les îles britanniques sont déclarées en état de blocus. Tout commerce et toute correspondance avec les îles britanniques sont interdites… »

En 1807, la logique napoléonienne implique de battre les Russes pour obtenir une paix avantageuse. Il commence par échouer avec la bataille d’Eylau contre le général russe Bennigsen se traduit par un sanglant match nul, qui laisse 40000 morts sur le champ de bataille. Puis  il parvient à remporter la victoire le 14 juin 1807 à Friedland, grâce à une fausse manœuvre de Bennigsen, qui se laisse acculer à la rivière Alle.

Le tsar Alexandre, qui reste seul à se battre sur le continent et qui est désormais vaincu, doit se résoudre à la paix, qu’il accepte part l’entremise du traité de Tilsitt, le 7 juillet 1807, auquel, intérieurement, la Prusse, dépecée, ne peut se résigner.

La Prusse écrasée, la Russie vaincue, le Royaume-Uni ne renonce naturellement pas. Il bombarde même Copenhague pour intimider le roi Gustave IV, mais le Danemark se range malgré tout du côté français. À marches forcées par les troupes de Junot, qui prennent Lisbonne le 30 novembre 1807, il contraint aussi Napoléon à occuper le Portugal qui pactisait avec les Britanniques. Pour sa part, le Pape, Pie VII, refuse de se soumettre et  déclare: « Dieu et le monde nous feront justice contre les procédés de l’Empereur, quels qu’ils puissent être ». Mais lorsque la fortune aura été contraire aux Bonaparte après 1815, Pie VII, peu rancunier, abritera dans ses États presque toute la famille de Napoléon.

En 1808, Napoléon se croit proche du but. Il rassemble en effet des territoires et des forces si impressionnantes qu’il peut espérer que ses adversaires finiront par se soumettre, y compris  les Anglais qui continuent à lui infliger des coups d’épingle depuis leur île inexpugnable.

Il règne en effet sur une France de huit cent mille kilomètres carrés, composée de 130 départements qui s’étendent de Bayonne à Hambourg et à Rome, en passant par Mayence. Les royaumes de Hollande, de Westphalie, d’Italie, la Confédération du Rhin, la Suisse, les grands duchés de Berg et de Varsovie, l’Espagne et le Portugal sont ses vassaux. Il lui reste à vaincre le Royaume-Uni et à s’entendre avec la Russie.

Il commence l’année en donnant l’ordre, le 10 janvier, d’occuper Rome. Puis il s’engage résolument dans le guêpier espagnol ; provoquant la révolte armée de toute l’Espagne. Il y est en effet poussé par Talleyrand qui veut détrôner les Bourbons d’Espagne. C’est ainsi qu’il se mêle du conflit dynastique entre le roi d’Espagne, Charles IV et son fils Ferdinand VII. Sur fond des violentes émeutes du Tres de Mayo à Madrid durement réprimées par Murat, le drame dynastique orchestré par Napoléon se joue à Bayonne.  Ferdinand y renonce à la couronne et Charles IV abdique et confie la couronne d’Espagne à l’Empereur, qui imagine une Constitution pour l’Espagne destinée à la « régénérer ». Élaborée par une partie des Cortès convoqués à Bayonne entre le 15 juin et le 8 juillet 1808, elle prévoit l’abolition de la torture et de l’Inquisition. Le pouvoir est tout entier entre les mains du pouvoir exécutif incarné par le roi. Elle accorde à la religion catholique le statut de religion d’État.

 

C’est une Constitution très libérale, mais il reste que les Espagnols ne voulaient pas d’un pouvoir organisé par Napoléon.

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Published by André Boyer - dans HISTOIRE
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