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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 18:08
CIEL, MES TARTINES ONT UNE EMPREINTE CARBONE!

ELLES NE SONT PLUS INNOCENTES, MES TARTINES DU MATIN…

 

Copenhague et bienôt Paris, le réchauffement climatique, les gaz à effet de serre, les mesures à prendre. Dans un demi-sommeil, je me souviens de mes tartines au petit-déjeuner.

 

Une grosse tranche de pain achetée chez un des trois boulangers du village ; j’aimais qu’elle soit dotée d’une croûte bien croquante, assez large. J’y ajoutais une épaisse couche de beurre qui embaumait les verts pâturages des Alpes. Elle n’était pas complète sans une bonne dose de marmelade qui couvrait tout le beurre. Puis, encore somnolent, je trempais la grosse tranche d’un geste automatique dans mon café au lait, avec la conviction que le mélange de pain, de beurre, de confiture, de café et de lait me fournirait l’énergie nécessaire pour supporter l’école jusqu’à la récréation. À ce moment-là, j’avais bien l’intention de dévorer quelques biscuits. 

C’était autrefois.

Aujourd’hui, je veux du pain bio cuit dans un four solaire, j’ai remplacé le beurre par un produit sans cholestérol; je m’assure que la confiture a été fabriquée dans des conditions sanitaires irréprochables sans trop de sucre ajouté, et qu’elle est conservée dans un bocal recyclable que j’utilise pour y ranger des stylos avant de le jeter dans une poubelle verte. Je lis les étiquettes.

Désormais, je me soucie de l’empreinte carbone de ma tartine du matin et il n’est plus question que j’écoute mes désirs car ils conduisent à la catastrophe, car un rien, un tout petit rien dans mes comportements peut  provoquer la hausse du niveau des mers ! Je pense sans cesse aux îles du Pacifique et à la survie des populations, d’autant plus que les medias se chargent de me le rappeler à chaque bulletin d’information.

Il n’est plus question que je fasse confiance à la nature. Certes, autrefois elle était hostile, mais on pouvait s’y fier, c'était du solide. Quantité de choses échappaient à mon contrôle. Mon destin n’était qu’un destin. Ce qui restait entre mes mains me paraissait léger. J’essayais d’avoir des opinions personnelles parce que j’étais sûr qu’elles n’auraient pas d’effet désastreux. Je ne craignais pas mes faiblesses, personne ne m’en ferait de procès. Je vivais avec des gens qui étaient mes pareils à ceci près qu’ils n’avaient ni les mêmes habitudes ni les mêmes désirs que moi. Certains aimaient les grosses voitures, d’autres le hockey sur gazon, quelques-uns l’eau minérale. Je me fixais des objectifs à ma mesure. Je ne portais pas le poids du monde. Il y avait Dieu, la raison, la morale, et il existait ailleurs d’autres formes de sagesse. J’avais des marges de manœuvre que personne ne venait me contester.

Aujourd’hui, je suis effrayé comme tout le monde par le réchauffement climatique, par les épidémies, par le déficit alimentaire et les biotechnologies, par les décisions qu’il faut prendre tous les jours afin de préserver l’avenir. Je redoute l’heure du journal télévisé et la lecture des éditoriaux qui me disent ce que je devrais faire alors que je ne le fais pas. Je me méfie de tout, à commencer par mon égoïsme. Je ne sais plus quoi exiger des gouvernements, des religions et du patronat puisque je suis comptable comme eux de ce qui va survenir. Sans arrêt, je révise mon programme à la baisse.

 

Puis je me rendors. Dans mes rêves, je me retrouve dans le paradis désormais perdu de mon insouciance et de mon irresponsabilité passées…

 

 

 

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Published by André Boyer - dans INTERLUDE
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