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9 décembre 2015 3 09 /12 /décembre /2015 19:55
LA GUEULE DE BOIS

PARFOIS, LES ANIMAUX ONT AUSSI LA GUEULE DE BOIS

 

J’ai soutenu ma thèse le 2 janvier 1979, au lieu de la fin de l’année 1978 comme cela était prévu. Il en est résulté des conséquences apparemment fâcheuses qui se révélèrent plus tard un coup de pouce du destin, comme cela arrive parfois dans la vie.

 

Quand mon directeur de thèse m’apprit que le CNU refusait d’accepter ma candidature à un poste de Maitre de Conférence pour l’année 1979 parce que j’avais soutenu ma thèse avec deux jours de retard, je le pris sur le coup comme une injustice alors que le CNU avait bien sûr raison de respecter scrupuleusement la légalité. En effet, seules les thèses soutenues en 1978 pouvaient être prises en compte pour le dossier de candidature. Ce retard allait être ma chance, mais je ne le savais pas en ce début 1979. Tout ce que je voyais, c’était que je ne deviendrai Maitre de Conférence en Sciences de Gestion qu’en octobre 1980, huit ans après mon entrée à l’université, un délai bien long dont j’étais évidemment le principal responsable.

Car, avec une certaine suffisance, je ne doutais pas que j’allais devenir Maitre de Conférence en raison de mes nombreuses publications depuis 1973, selon le modeste standard de l’époque,  qui comprenaient, outre la thèse, huit articles dont deux en anglais dans d’excellentes revues. Ces derniers avaient été écrits grâce à mon co-auteur Kristian Palda dont la renommée et la rigueur d’analyse et d’écriture m’avaient propulsé en avant. À mon avis, cela devait suffire à m’assurer un recrutement aisé.

Je le croyais, mais j’allais voir se dresser des obstacles inattendus sur mon chemin. En attendant, je me retrouvais les bras ballants, continuant la routine de mes activités, l’enseignement, la direction du CEPUN et celle de l’Université du troisième âge et aussi mes fonctions de Conseiller Municipal, mais pas la production d’articles car le sprint final de la thèse m’avait détourné pour quelque temps des joies de l’écriture.

On constatera ici même  que ce goût m’est depuis revenu…

Les nuages s’accumulaient lentement au-dessus de ma tête, sans que j'en prenne tout de suite conscience, du fait du Cepun (voir notamment mon blog « Comment échouer au Cepun »). La situation y devenait de plus en plus instable en raison de l’opposition constante de la secrétaire générale de l’institution, l’inusable Miss W., de la candidature potentielle d’un de mes collègues qui, après avoir passé quelque temps à l’étranger, cherchait un point de chute à l’Université de Nice et sans aucun doute de l’activisme, exaspérant pour les ronds de cuir, de la jeune équipe pleine d’enthousiasme et de fraicheur que j’avais recruté.

On me fit comprendre au printemps 1979 qu’il serait de bon ton de laisser la direction du Cepun à mon collègue. Je savais qu’il en résulterait le retour au pouvoir de Miss W., le licenciement de l’équipe que j’avais recrutée et la fin des actions de rénovation que j’avais entrepris. Mais je n’avais guère le choix qu’entre démissionner ou être débarqué et je savais aussi que mes « succès » aggravaient plutôt mon cas qu’ils ne plaidaient en ma faveur. 

Au mois de juin 1979, avec effet en septembre 1979, je démissionnais donc de la fonction de Chargé de Mission du Cepun. La suite fut conforme à ce que je craignais, mon équipe fut aussitôt licenciée, la nouvelle maquette du Cepun fut remplacée par l’ancienne, les salles libres chèrement obtenues furent abandonnées et pire encore, la partition du Cepun fut accordée à l’IUT de Nice.

C’était un vrai désastre pour le Cepun et un complet désaveu de mon action!

Je le ressentais ainsi et j’en étais consterné. Au bout de presque huit ans à l’Université, c’était un vrai échec qui était le résultat de mon incompréhension des mécanismes de pouvoir à l’Université. Je ne l’oublierai plus. Bien sûr, j’avais par ailleurs passé ma thèse et j’avais créé l’Université du troisième âge, mais j’étais toujours assistant.

 

Je décidais donc d’ajouter à la démission de la direction du Cepun, celle de la direction de l’Université du troisième âge.  Ce fut une excellente décision, comme chaque fois que j’ai trouvé le courage  de renoncer à un poste et à un salaire pour retrouver ma liberté d’action.

 

 

 

 

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Published by André Boyer - dans INTERLUDE
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