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26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 19:49
La Gauche désavouée par le Peuple, comme d'habitude...

LE MYTHE DES ATELIERS NATIONAUX EN MIETTES

 

Ce gouvernement provisoire de Gauche n’oublie pas ses engagements en faveur des droits de l’homme.

 

L’esclavage est aboli et la peine capitale est suspendue. Ils font supprimer la prison pour dettes, et n’oublient pas leur lutte pour faire libérer les peuples opprimés : rien que du moderne. Ainsi, une légion de volontaires est organisée pour aider la Pologne ; des colonnes de réfugiés, aidées par Ledru-Rollin, essaient sans succès de prendre le contrôle de la Belgique et de la Savoie.

Il est question aussi de libérer l’expression des idées progressistes, ce qui conduit à amnistier les délits de presse, à supprimer le droit de timbre pour les journaux, qui se multiplient, du moins à Paris où deux cent quatre-vingt (280 !) nouveaux journaux sont lancés à entre février et juin 1848. Après cette date, tout change. Les fonctionnaires et les magistrats peuvent désormais s’exprimer librement, tandis que l’obligation de prêter serment est supprimée. 

Comme on peut s’en douter, les conséquences économiques de ces actes généreux se révèlent rapidement coûteuses. La consommation chute, l’argent est retiré des caisses d’épargne, les impôts ne rentrent plus. Il faut relever l’intérêt sur les dépôts des caisses d’épargne pour enrayer les retraits, ce qui n’empêche pas la rente à 5% de s’effondrer lors de la réouverture de la Bourse, le 8 mars 1848, passant de 116,10 à 75 francs. Mais il faut se résoudre à vendre les diamants de la couronne et finalement réduire de moitié le salaire des ouvriers embauchés dans les Ateliers Nationaux qui passe de 2 à 1 francs, compte tenu de l’affluence des candidats. Au 15 avril, on comptera quarante mille ouvriers embauchés. Mais déjà, le 16 mars, les impôts de 1848 sont surtaxés de quarante-cinq pour cent, une mesure qui pèsera lourd dans le vote des électeurs.

Aussi, malgré toutes ces mesures apparemment positives et l’instauration du  suffrage universel, la gauche craint-elle de ne pas recueillir l’assentiment des électeurs. C’est pourquoi, quelques jours avant le scrutin, Ledru-Rollin envisage t-il, lors d’une réunion chez Georges Sand, à laquelle participe aussi Barbès et Flocon, d’organiser un coup d’État pour contrer la victoire électorale des républicains modérés qui se profile. Mais lorsqu’il apprend les projets sanglants de Blanqui le Pugétois et de ses acolytes Cabet et Raspail, il prend peur et aide Lamartine et Marrast à contrer une manifestation insurrectionnelle organisée le 16 avril par la gauche, une semaine avant les élections.

Comme le redoutaient les conjurés, les élections du 23 avril à l’Assemblée nationale constituante, effectuées au suffrage universel et au scrutin par liste, sont largement favorables aux républicains modérés, qui obtiennent la majorité des sièges. Les 900 élus de la nouvelle assemblée comptent un peu moins de 500 républicains modérés, 200 orléanistes, 100 légitimistes et 100 républicains de gauche et socialistes. La participation a été de 84% des inscrits, soit 7385 327 votants sur 9395 035 inscrits.

 

Et pour cause.

 

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Published by André Boyer - dans HISTOIRE
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