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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 15:21
BREXIT

LE BREXIT VU PAR UN HUMORISTE.

 

Je dois vous faire un double aveu : premièrement, je prévoyais logiquement le Brexit sans avoir eu toutefois, je l’avoue, le courage de l’écrire. Deuxièmement, j’étais favorable au Brexit avant que le vote ait lieu et, ce qui aggrave mon cas, je le suis encore plus après.

 

Pourquoi suis-je pour le Brexit? Parce qu'il va enfin permettre de construire des structures européennes adaptées à la situation actuelle et future de l'Europe. Dieu sait en effet si elle va devoir faire face à de grands défis qui ne souffrent pas d'une organisation aussi inadaptée que l'UE. 

Mais commençons par le début de l'histoire. Pourquoi 52% des Britanniques ont-ils voté pour le Brexit ? Pas parce qu’ils étaient anti-européens mais parce qu’ils voulaient être libres. Pourquoi 48% des Britanniques ont-ils voté contre le Brexit ? Pas parce qu’ils étaient enthousiastes du fonctionnement de l’Union Européenne mais parce qu’ils avaient peur des conséquences de cette sortie. Retournez la question du Brexit dans tous les sens, mais vous serez bien obligé de constater que c’était le fond du débat.

Désormais, malgré toutes les prédictions apocalyptiques des adversaires du Brexit destinées à faire peur à l’opinion européenne afin qu’elle se convainque que sortir de l’UE, c’est mal, c’est stupide, c’est dangereux, ce n’est plus l’UE qui a la main mais la Grande-Bretagne qui joue au chat et à la souris avec l’UE. Le débat à venir ne concerne donc pas la manière dont la Grande-Bretagne va négocier ses futures relations avec l’UE, car vous pouvez faire confiance aux Anglais, ils ont toujours su gérer leurs intérêts et ils ont désormais un grand avantage, ils ont les mains libres.

L'effet majeur du Brexit est que le dogme de l'irréversibilité de l'entrée de l'UE est brisé, comme celui de l'entrée dans le système soviétique, vérifié depuis 1917, s'est rompu en 1989. 

Le débat est en revanche ouvert en Europe entre ceux qui croient que l’Union Européenne est réformable et ceux qui ne le croient pas, dont je fais partie. C’est que je ne connais aucun exemple de structure qui ait été capable de changer elle-même, de l’intérieur, ses principes de fonctionnement.

Quels sont donc les principes de fonctionnement de l’UE qui devront être radicalement modifiés pour que cette dernière continue à exister ? Ils sont, de l’avis unanime des analystes, au nombre de trois.

Tout d’abord, un système de décision anti démocratique inventé malheureusement par deux Français, Jean Monnet et Jacques Delors, qui, notez le, n’ont jamais été élus par qui que ce soit. Comment faire pour garder l’UE, tout en renversant totalement sa logique de fonctionnement afin de la mettre au service des Européens ?

Ensuite, une révérence, que dis-je, une idolâtrie unique dans le monde, pour la concurrence totale qui ne s’embarrasse d’aucunes limites, détruisant les services publics, les  grandes entreprises comme Pechiney ou les petites comme ces centaines de milliers de PME de tous les secteurs économiques, agricoles, industriels et commerciaux, déstabilisées par une production à jet continu de normes et de règlements bureaucratiques sans aucune prise en compte des différences de structures sociales, comme l’illustre l’affaire des travailleurs détachés. Comment contraindre l'UE à renoncer à ce principe qu'elle applique tous les jours avec enthousiasme et persévérance?

Enfin, une inféodation aux intérêts des USA, de la Chine et des multinationales avec leurs milliers de groupes de pression installés à Bruxelles. Cette UE qui capitule devant la Turquie, qui obéit aux injonctions américaines pour se confronter à la Russie, peut-elle être chargée de défendre les intérêts de l’Europe ? Cette UE incapable de défendre ses frontières et même de les définir, a t-elle la moindre crédibilité pour défendre les Européens ? Pourquoi l’UE continue t-elle à négocier les conditions de l’entrée de la Turquie dans l’UE sans jamais nous expliquer pourquoi elle devrait en faire partie, mais pas le Maghreb ? Comment faire pour que l'UE ait pour objectif premier de défendre l'Europe et non de se soumettre aux injonctions de ses concurrents et adversaires qui ont interêt à ce que l'Europe leur obéisse, au travers de l'UE? 

Il me paraît évident que si l’UE veut faire le bonheur des Européens malgré eux, si elle met aveuglément et obstinément en œuvre un principe de concurrence qui détruit ses structures économiques et sociales et si elle n’est  pas capable de défendre ses intérêts,  vivement qu’elle disparaisse et c’est ce qui va se produire.

Nombreux encore sont ceux qui ne veulent pas le croire, comme ils n’ont pas cru, avant que cela arrive, à l’effondrement du système soviétique en deux années, entre le 9 novembre 1989, soir de l’ouverture de la frontière de la RDA  et  le 26 décembre 1991, jour de la dissolution de l’Union Soviétique.

Si je me permets de vous inviter à revoir vos schémas d’analyse et à vous souvenir de ce blog du 1er juillet 2016, c’est que je me souviens d’avoir écrit en 1981, contre l’avis général, un article (à votre disposition) prévoyant la chute du système soviétique à moyen terme. J’avais alors prêché dans le désert, en attendant que huit années plus tard le moindre scribouillard m’explique à longueur de colonnes après la chute du mur de Berlin, que c’était inévitable. Mais c’était après ! Ce serait donc mieux, cette fois ci, que nous  soyons nombreux à le prévoir avant !

Ce devrait d’ailleurs être le souhait de tout Européen sincère, dont la priorité ne peut être que celle de définir et mettre en œuvre une organisation de l’Europe démocratique, respectueuse des intérêts de ses populations et dont la priorité soit de défendre l’Europe face aux intérêts extérieurs à l’Europe. 

Vous ne croyez pas que c’est évident ?

En attendant, au titre de contribution à l’humour européen, le premier souci du Président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, le jour même du résultat du Brexit, a été d’écrire une lettre aux fonctionnaires britanniques de l'UE pour les rassurer : 

« D'après notre Statut, vous êtes des fonctionnaires de l'Union (...) Vous avez laissé vos « chapeaux » nationaux à la porte lorsque vous êtes entrés dans cette institution. Aujourd'hui, cette porte ne se referme pas sur vous (...). Vous avez toujours été des fonctionnaires européens loyaux envers notre Union et vous avez apporté une énorme contribution au projet européen. C'est dans cet esprit de loyauté réciproque que je vais maintenant travailler avec les présidents des autres institutions européennes pour m'assurer que nous pourrons tous continuer à bénéficier de vos remarquables talent, expérience et engagement. Vous pouvez être sûrs que je ferai tout ce qui est en mon pouvoir, comme président de la Commission, pour vous soutenir et vous aider dans ce processus difficile. Notre Statut sera lu et appliqué dans un esprit européen... » En clair, les fonctionnaires européens de nationalité britannique garderont leurs emplois et les avantages qui leur sont attachés.

Vous croyez toujours que l’UE va se réformer ?

 

Je vous invite donc à changer de paradigme : l’UE doit disparaître au plus vite afin d’être remplacée, je l'écris ici pour la troisième fois, par un nouvel organisme commun aux Européens, fondé sur des principes démocratiques et des frontières définies, afin qu’il puisse prendre en charge les intérêts des Européens. 

Sans cela, le chaos nous guette, car j’insiste, le statu quo est désormais hors de portée et la réforme, illusoire.

 

Telle est la leçon du Brexit. 

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Published by André Boyer - dans ACTUALITÉ
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commentaires

Boyer 03/07/2016 15:44

Pour remplacer la SNCF par un système plus efficace, il n'est pas nécessaire de détruire l'industrie et le commerce de ce pays
En attendant profite bien des Fenouilledes !

Jean Pierre 02/07/2016 22:36

Cette analyse André me convient quoique, contrairement à toi, celà ne me dérange pas du tout, aux points de « non-service » et de gabegie auxquels elle est parvenue, que la concurrence totale, comme tu l’appelles, détruise la SNCF.
Perso je pense que deux raisons suffiront à bloquer toute réforme : la Commission qui effectivement savonnera la planche afin de préserver ses acquis, mais surtout, et tu as été discret sur le sujet : pour les pays concernés, la perte corrélative de pouvoir des dirigeants et de leur haute administration.
Alors ! Statu quo ? Chienlit ? Dans un premier temps c’est probable. Au final le bon sens prévaudra et la réforme se fera, mais quand ? Sous l’impulsion de quel autre danger majeur ? Et, avec quels pays ?
Tout cela mérite quelque réflexion supplémentaire ... que je m’en vais de ce pas accomplir sur les chemins des Fenouillèdes. Ne dit-on pas "In vino veritas" .

MARIO PAGLIACCI 02/07/2016 20:02

D'accord que l'Union Européenne est une institution très imperfecte et que elle a beaucoup de defaults; toutefois elle a permis de maintenir la paix entre les pays de l'Europe. Pour moi cela est suffisant a la soutenir. En ce qui concerne la creation d'une neuve differente Europe, je ne pense pas quelle serait meilleure, parceque seraient les mèmes personnes (les politiciens) à decidre et operer.

Boyer 03/07/2016 15:46

En somme tu trouves que le statu qui est plus confortable que le changement
C'est un point de vue respectable mais en la matière légèrement irréaliste ...
Amitiés

Boyer 01/07/2016 20:58

Ce n'est pas un pronostic mais un objectif
La chienlit est la situation la plus probable

Michel 01/07/2016 18:02

D'accord avec l'analyse. Par contre la conclusion : veux pieux, hélas.

Boyer 01/07/2016 21:12

Ce n'est pas un pronostic mais un objectif
Bien entendu la chienlit est la situation la plus probable