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29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 16:38
1757, LA PRISE ET LE MASSACRE (RELATIF) DE FORT HENRY

LA CARTE DU LAC GEORGE OÙ LES TROUPES DE MONTCALM DESCENDENT DEPUIS FORT CARILLON AU NORD ATTAQUER ET PRENDRE FORT WILLIAM HENRY AU SUD

 

L’hiver 1756-1757 laissa aux deux protagonistes le temps de préparer de nouveaux plans de campagne…

 

Lord Loudoun avait prévu d’attaquer Québec, la capitale de la Nouvelle France, dés cette année 1757. Laissant une force assez importante à Fort William Henry pour tromper Montcalm, il commençait à organiser son expédition vers Québec lorsqu’il reçut l’ordre de William Pitt, qui était alors le Secrétaire d’État chargé des colonies, d’attaquer d’abord Louisbourg, qui commandait la côte est du Cap Breton et qui protégeait l’accès à la ville de Québec.

Entravée par toutes sortes de délais, l’expédition ne fut prête à faire voile vers Halifax qu’au début du mois d’août. Mais pendant ce temps, de nombreux navires français avaient forcé le blocus maritime pour rallier Louisbourg, si bien que Lord Loudoun ne put que constater l’infériorité de la flotte britannique qu’il commandait comparée à la flotte française qui l’attendait de pied ferme à Louisbourg.

Aussi décida t-il de retourner à New-York où il apprit la nouvelle déprimante du siège et du massacre de Fort William Henry en août 1757. Le fort était situé au sud est du Lac George et défendu par une garnison d’environ deux mille hommes qui finirent par atteindre 2500 hommes dont un bon nombre était atteint de la variole, soldats britanniques et milices provinciales commandés par le lieutenant colonel Georges Monro.

À la suite des attaques subies par les forts français, Montcalm cherchait à détruire Fort William Henry qui constituait une base d’attaque contre Fort Carillon, ce dernier assurant la protection du cœur de la Nouvelle France. Fort William Henry était en effet installé à l’extrémité du Lac George, constitué d’une étendue d’eau de 54 kilomètres de long sur 1,5 à 5 kms de largeur, s’étendant du Nord au Sud entre Montréal et Albany. C’était une voie d’entrée dangereuse vers le cœur de la Nouvelle France, mais Montcalm hésitait à consacrer ses faibles ressources au siège du fort, sans savoir au préalable quels étaient les plans britanniques et ce n’est que lorsqu’il apprit que l’objectif principal des Anglais était Louisbourg, qu’il jugea possible d’attaquer Fort William Henry dont la garnison serait probablement limitée.

Dés décembre 1756, le marquis de Vaudreuil, gouverneur de la Nouvelle France avait commencé à recruter des Indiens du Pays d’en Haut  pour la campagne  militaire de l’été 1757 et c’est ainsi qu’il parvint à en rassembler 1800 qui se  joignirent aux 6000 hommes de Montcalm, dotés de 36 canons et de 4 mortiers. Ce dernier les rassembla autour de Fort Carillon, avant de les faire descendre vers Fort William Henry le 30 juillet, en partie à pied le long du lac George et en partie par bateaux. Sous le commandement de François de Gaston, Chevalier de Lévis, les premières troupes composées du régiment de Guyenne accompagnés d’Indiens campèrent le 2 août à cinq kilomètres du fort, Montcalm les suivant. Dans la nuit du 2 au 3 août, les Britanniques ne prenaient aucune mesure afin d'empêcher les Français de débarquer sur la rive, car ils s’attendaient à ce que l’attaque française vienne de l'ouest alors que Montcalm avait décidé de frapper par le nord-ouest où les défenses étaient plus faibles. Le 3 août, Montcalm fit construire une route et des tranchées, tandis que son avant garde bloquait la route vers le fort Edward au sud. Il demanda le même jour à 11 heures du matin à Monro de capituler. Ce dernier refusa et envoya des messagers pour demander des renforts au Brigadier General Daniel Webb à Fort Edward, qui commandait toute la frontière de l’État de New York.

Webb, qui lui avait déjà envoyé mille hommes  et qui ne disposait plus que de 1600 hommes à Fort Edward pour barrer la route de la capitale de l’État, Albany, refusa, se sentant lui-même menacé par l’avance des troupes françaises. Il écrivit le 4 août à Monro pour lui conseiller de négocier les meilleurs termes possibles de sa reddition. La lettre fut interceptée et remise à Montcalm.

Dans l’intervalle, Montcalm avait demandé à François-Charles de Bourlamaque, qui commandait les régiments du Béarn et du Royal Roussillon, de commencer le siège du fort. Il fit construire des tranchées et dés le 5 mai le bombardait à une distance de 1800 mètres. Le lendemain , les tranchées permettaient de croiser la première batterie avec une seconde, située à seulement 300 mètres du fort. Le 7 août, les murs du fort étaient largement entamés, de nombreux canons étaient hors d’usage et la garnison avait subi de nombreuses pertes, si bien que le lendemain, alors que les troupes françaises n’étaient plus qu’à 250 mètres, Monro issa le drapeau blanc pour ouvrir des négociations.  

Du 7 au 9 août, les Anglais négocièrent les conditions de leur reddition. Comme d’habitude, Montcalm accepta des conditions très (trop ?) généreuses puisqu’il accepta que toute la  garnison puisse quitter le fort  jusqu'à Fort Edward sous la protection des troupes françaises, avec leurs mousquets et un canon symbolique, contre l’engagement de Monro de ne prendre part à aucune action contre les Français pour une période de 18 mois et contre un échange de prisonniers.

Mais pendant la retraite des Anglais, les Indiens tentèrent de massacrer les membres de la garnison. Une première fois, le 9 août dans le fort même et une deuxième fois  le 10 août sur la route de Fort Edward.  Ce dernier jour, les Français intervinrent trop tard et sur 2308 soldats, 300 environ (15%) furent massacrés, ce qui relativise l’accusation de massacre généralisé colporté par la propagande britannique.

 

À la suite de cette cuisante défaite, le Général Loudoun et le général Webb furent relevés de leur commandement et les troupes  anglaises furent mises dans l’impossibilité pour l'année 1757 de se livrer à de nouvelles opérations au sud de Montréal.

 

À SUIVRE

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Published by André Boyer - dans HISTOIRE
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