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4 octobre 2016 2 04 /10 /octobre /2016 21:38
                      Ma stratégie face au jury

Ai bout du doigt, le globe terrestre...

 

Dans le dernier blog relatif au récit de mes débuts professionnels (Pierre Baranger l’ami, du 20 juin 2016)) j’ai rendu hommage au Professeur Pierre Baranger qui s’était proposé de me fournir les sujets de préparation au concours dont il bénéficiait à Paris.

 

C’était très généreux de sa part, d’autant plus que je n’avais accès à  aucune préparation au Concours d’Agrégation  à Nice et que j’ignorais tout de ce concours. Son offre m’avait ragaillardi en me sortant de l’isolement, mais il restait à mettre au point ma stratégie face au jury et surtout à la mettre en œuvre. 

J’ai indiqué dans un blog plus ancien (Retour au combat) quel était le déroulement du concours, constitué de trois étapes, la première, éliminatoire, dédiée aux travaux, suivie si le candidat franchissait cette première étape, de deux étapes liées, une étape théorique portant sur un sujet de gestion et une étape appliquée portant sur une étude de cas dans le domaine de spécialité choisi par le candidat.

Comme j’étais convaincu, à tort on le verra, qu’en raison de mon succès significatif au concours de Maitre de Conférence qui ne précédait que d’un trimestre le concours d’Agrégation, je passerai sans encombre la première étape, je me concentrai sur les deux suivantes.

Pour ce faire, je disposais d’une période de trois mois, de février à avril 1980, entre la fin du concours de Maitre de Conférences et la fin de la dernière épreuve du concours d’agrégation. Je ne me souviens pas d’avoir donné des cours pendant tout ce temps, sans doute parce que j’avais été déchargé, heureux temps, de mon service pour préparer le concours. Heureux temps encore, je ne pense pas avoir payé de ma poche les déplacements sur Paris, quatre au moins avec la réunion préparatoire et les épreuves, ni les séjours à l’hôtel Perreyve, rue Madame, dont j’avais fait ma base.

J’ai d’ailleurs eu le temps de me lier temporairement avec les propriétaires de l’hôtel, de bons aubergistes de Lozère montés à Paris pour une vie laborieuse mais fructueuse d’hôteliers et de connaître les arcanes de leur gestion très rentable, assez pour avoir sérieusement envisagé plus tard d’acheter l’hôtel !

Je me souviens aussi du train, qui demandait soit toute une nuit, soit toute une journée pour parcourir la distance Nice Paris et des rencontres que l’on y faisait. Je me souviens ainsi, lors d’un retour vers Nice, d’avoir passé un accord verbal avec une femme d’affaires marseillaise pour être serveur de plage au Cap d’Agde au cours de l’été suivant, mais ma réussite au concours a fichu, si je puis l’écrire, ce projet original à l’eau !

L’essentiel de cette période s’est tout de même passé à Nice. Pour l’épreuve théorique, mon idée de base était de chercher à compenser la connaissance que j’estimais superficielle des différentes disciplines de gestion par une combinaison de documentation livresque et d’interviews de  collègues, avec pour but d’en retirer la substantifique moelle.

Plus précisément, je lisais quelques ouvrages dans chaque discipline en me posant des questions sur le sens caché, ou profond, des théories et des pratiques qui y étaient présentées. Ces questions qui me venaient à l’esprit au moment de la lecture, je les notais pour les présenter à mes collègues niçois spécialistes des principales disciplines de gestion, le marketing, la finance, la gestion des ressources humaines, la stratégie, la comptabilité, le contrôle de gestion…

Pour chaque discipline, je consacrais trois jours environ à lire, donc à me documenter superficiellement et surtout à préparer des questions, avant de rencontrer successivement mes collègues à qui j’avais au préalable demandé rendez-vous.

Je me souviens très bien d’avoir interviewé, et même interrogé, les professeurs Jacques Lebraty et André Micallef, je ne crois pas avoir pu rencontrer le Professeur Robert Guilheneuf, mais j’ai surtout retenu ma rencontre avec Joseph  Raybaud, Maitre de Conférences et expert comptable, passionné, non pas de comptabilité en soi mais de philosophie de la comptabilité, ce qui me convenait parfaitement. Je me souviens des heures que nous avons passées jusqu’à la nuit dans la petite salle qui se trouvait au rez-de-chaussée de l’IAE, lui s’échauffant tout en marchant de long en large, moi l’écoutant avec ravissement, armé d’un magnétophone. Le monde des principes comptables s’animait devant mes yeux émerveillés, de répliques en répliques le monde des idées nous sautait au visage et à la fin de cette aventure intellectuelle de plusieurs heures le monde ne pouvait être qu’à nous! 

Bref, pendant ces quelques semaines de lecture et de dialogues, je recueillais, ou je croyais recueillir, l’essence même de la science acquise par mes collègues, afin de pouvoir affronter l’épreuve théorique.

 

La vérité, à posteriori, m’oblige à convenir que j’avais surtout trouvé un moyen agréable de rencontrer mes collègues mais qu’à l’épreuve du feu l’efficacité de l’opération allait se révéler assez faible…

 

À SUIVRE

 

 

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Published by André Boyer - dans INTERLUDE
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