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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 15:03

James Lovelock a présenté la planète Terre comme un être vivant, Gaïa, avec des écosystèmes qui constituent les organes de cet être vivant constitué par la biosphère.

 

Les savanes, les forêts, les déserts, les lacs, les rivières et les océans sont autant de systèmes vivants qui assurent des fonctions essentielles dont bénéficie l'espèce humaine. Ils fournissent des services écologiques tels que le recyclage des déchets organiques, la production de matières vivantes, la pollinisation, la régulation des climats, la purification de l'eau…

Or le succès écologique et économique de l'espèce humaine a fait entrer la Terre dans la sixième crise d'extinction d'espèces. Les cinq précédentes crises furent la conséquence de catastrophes géologiques telles que des éruptions volcaniques ou astronomiques comme les chutes de météores, qui furent suivies par des changements climatiques qui en amplifièrent les conséquences.

La crise actuelle est une crise anthropique accélérée, au sens où elle résulte des activités humaines qui tendent à monopoliser l’espace géographique de la Terre sur une échelle de temps très restreinte, tout en détruisant les fondements même de la survie de l’espèce humaine.

Elle trouve son origine dans le succès écologique et technologique de l'homme qui induit une croissance exponentielle de ses besoins en ressources et en espace. Cette croissance provoque la destruction des écosystèmes par la pollution, la déforestation et la fragmentation des habitats naturels, auquel s’est ajouté une pression mortelle sur les espèces chassées, péchées et récoltées, encore accrue du fait de la prolifération d’espèces exotiques introduites par l’homme.

On ne connaît bien que le taux d'extinction des espèces les plus connues, telles que les vertébrés et les plantes supérieures. Pour les autres groupes, on ne peut qu'avancer des extrapolations fondées sur la relation entre le nombre d'espèces et la superficie du milieu concerné.

Pour les forêts tropicales, qui couvrent sept pour cent de la surface terrestre et hébergent soixante dix pour cent des espèces vivantes, hors océans, on sait, par l’expérimentation qui a été conduite en Amazonie, que la réduction de moitié de la surface de la forêt réduit la biodiversité des oiseaux et des plantes de dix pour cent.

Une autre étude, menée sur une longue période à Singapour qui disposait à l’origine d’une importante forêt tropicale humide, est tout aussi révélatrice. Depuis que les Britanniques s’y sont installés en 1819, quatre vingt quinze pour cent des 540 kilomètres carrés de végétation primitive ont été totalement défrichés. Selon les travaux de l'écologue australien Barry W. Brook, il en est résulté la disparition de 881 espèces animales et végétales sur 3 996 espèces recensées.

Plus globalement, sur la base de données bien étayées pour les plantes, les vertébrés et quelques groupes d'invertébrés, la majorité des spécialistes estiment que le taux d'extinction actuel des espèces est mille fois supérieur au taux naturel, étayant la thèse d’une sixième crise d'extinction imputable au développement de l’espèce humaine, en effectif et en activités.

Il en est résulté une prise de conscience de la communauté scientifique qui ne peut en rien mettre fin à la crise d’extension des espèces, mais seulement ralentir son évolution inéluctable. Car la sixième crise d’extinction des espèces conduira inéluctablement à terme à la disparition de l’espèce humaine puisqu’elle est indispensable au rétablissement postérieur de la biodiversité, comme cela s’est produit après les cinq crises précédentes.

Cependant l’espèce humaine garde le choix d’accélérer ou de ralentir ce processus, qui peut durer quelques centaines d’années au pire ou quelques milliers d’années au mieux.

On sait bien que l’appétit individuel des êtres humains, ou leur soif de vivre, fait obstacle à ce processus de limitation de l’expansion humaine. Pour freiner le rythme de cette évolution, l’humanité saura t-elle limiter sa croissance démographique, sa consommation afin de protéger les écosystèmes ou non ?

C’est toute la question.

 

On peut estimer que le suicide de l’humanité est le choix le plus souhaitable, un choix qui implique tout simplement de laisser la tendance actuelle se poursuivre. Dans le cas contraire, le défi proposé à l’intelligence collective de l’espèce humaine est de parvenir à modérer cet appétit individuel pour permettre à l’humanité de poursuivre son odyssée encore quelques millénaires, au lieu de quelques siècles…

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Published by André Boyer - dans PHILOSOPHIE
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