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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 12:19
LA MONDIALISATION, CADRE DE L'ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE FRANÇAISE

Lors des débats publics en vue de l’élection du Président de la République Française les 23 avril et 7 mai prochains, il s’agit en apparence de choisir entre la droite et la gauche ou de ne pas choisir du tout.

 

Le débat entre la droite et la gauche correspond en effet à l’éternelle opposition entre ceux qui favorisent l’efficacité au détriment de la solidarité et ceux qui privilégient la priorité inverse. Il n’est pas prés d’être obsolète quoique une partie de l’opinion, lassée de ce débat indéfiniment ressassé, envisage de voter pour le candidat qui prétend artificiellement dépasser cette opposition. À l’inverse, deux candidats rejettent absolument ce dépassement dialectique pour appeler les populations qui s’estiment les plus maltraitées à se battre sans désemparer contre la condition injuste qui leur est faite.

Mais un autre débat s’est ouvert entre les deux candidats qui soutiennent la logique de l’Union Européenne (UE) et les sept candidats qui prétendent, à des degrés divers, infléchir, modifier, transformer ou rejeter l’UE.

Il est vrai que la société française est plutôt malmenée par les dynamiques en œuvre dans le monde. Sa croissance économique est faible et son niveau de chômage est historiquement élevé. On en connaît la cause immédiate, des coûts de production élevés dans le cadre d’une structure de production plutôt mal adaptée à la dynamique de la mondialisation.

Les remèdes invoqués consistent soit à retrouver de la compétitivité au sein de la concurrence mondiale, soit à s’en protéger pour reprendre des forces. Les deux approches impliquent en premier lieu une réduction relative des coûts de production, soit par une négociation sociale interne, soit par une barrière externe tarifaire et monétaire. Toutes deux visent en second lieu à reconstruire un nouvel outil de production adapté à la mondialisation. La logique de la compétitivité contre celle du bouclier.

Cet enjeu national s’inscrit dans le cadre de l’évolution actuelle du monde, à savoir la mondialisation, une étape après d’autres du processus d’industrialisation de l’humanité. Pour en prendre la mesure, il faut commencer par noter que le processus d’industrialisation est récent, trois siècles tout au plus. Il a succédé aux sociétés agricoles qui se sont maintenues pendant plusieurs millénaires après avoir elles-mêmes remplacé les modes de survie humains originels organisés autour de la chasse de la pêche et de la cueillette. L’évolution de l’humanité s’inscrit dans un mécanisme d’accélération.

L’industrialisation a engendré un système de production fondé sur l’entreprise privée et l’innovation, affaiblissant progressivement les structures économiques, sociales et politiques qui encadraient les sociétés agricoles. Ces remises en cause structurelles ont été acceptées parce que l’industrialisation a permis de mettre à la disposition de l’humanité une quantité croissante de biens et de services, de réduire les efforts individuels pour obtenir des richesses et d’accroitre l’espérance de vie des individus.

Naturellement, l’industrialisation a modifié les équilibres entre les individus et les sociétés. Fondé sur l’initiative individuelle, l’industrialisation a donné des pouvoirs croissants sous forme de richesses acquises à un groupe limité de personnes, générant un ressentiment à leur égard de la part de ceux qui se trouvent rejetés au bas de l’échelle. De plus, elle a bouleversé les rapports de force entre l’Europe et le reste du monde, tout d’abord en faveur de la première avec la conquête de l’Amérique et la colonisation de l’Asie et de l’Afrique, avant les chocs en retour qui en résultent actuellement.

La mondialisation s’inscrit donc dans la dynamique qui a consisté à diffuser, volens nolens, l’industrialisation à l’ensemble de l’humanité. Elle constitue un effet retour de la période de diffusion de l’industrialisation. Désormais les régions nouvellement industrialisées bénéficient provisoirement de coûts de production plus bas que les régions anciennement industrialisées, singulièrement l’Europe de l’Ouest et l’Amérique du Nord.

Pour comprendre l’évolution à venir, il faut identifier les acteurs de la mondialisation et les rapports de force actuels et futurs.

Normalement, face à la mondialisation qui les menacent l’ensemble des régions anciennement industrialisées devraient mettre en œuvre des stratégies destinées à freinera l’affaiblissement de leurs systèmes productifs.

Mais telle n’est pas la logique de la mondialisation qui est conduite par de grandes entreprises qui restent encore, quoique de moins en moins, les fers de lance des Etats-Unis et de l’Europe.

 

Ces entreprises utilisent en effet la dynamique de la mondialisation pour accroitre leur puissance en attendant d’être détrônées par les entreprises issues des régions nouvellement industrialisées.

À SUIVRE

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Published by André Boyer - dans ACTUALITÉ
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Michel 12/04/2017 21:59

Très juste. On aura noté que les deux moyens pour regagner de la compétitivité atteignent d'une manière ou d'une autre le pouvoir d'achat des "classes laborieuses" : dure réalité !

Moi, ce que je voudrais bien qu'on m'explique c'est pourquoi nos gouvernements (en Europe) servent ainsi les intérêts des FMN (firmes multinationales). Quels réseaux sont capables de subvertir non seulement quelques ministres aux postes-clés mais les parlementaires (le tout au détriment de la grande masse des électeurs qui les ont élus) ?

André Boyer 13/04/2017 11:23

Eh oui! Les gouvernements sont soumis aux rapports de force, ils sont convaincus que la mondialisation est inéluctable et ils sont parfois achetés. Quant aux députés, où sont leurs marges de manoeuvre?