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11 mai 2017 4 11 /05 /mai /2017 11:50
LOUISBOURG, L'ÉPILOGUE

On sait que le Premier Ministre anglais, William Pitt, avait compris que Louisbourg était le verrou qui bloquait la conquête de la Nouvelle-France. Comme son objectif était d’éliminer les colonies françaises en Amérique du Nord, le sort de Louisbourg était scellé. 

 

Il avait les moyens de remporter la victoire puisque l'Angleterre pouvait aligner à cette époque quatre fois plus de vaisseaux et cinq fois plus d'hommes que la France et qu'ill pouvait compter sur les crédits considérables qu’il avait obtenu du Parlement britannique pour entreprendre une guerre offensive.

En outre, les colons de la Nouvelle-Angleterre étaient fortement motivés pour l’appuyer pour la conquête de Louisbourg, car ils n'avaient pas oublié la forte concurrence de Louisbourg dans l'industrie de la pêche et ils avaient dû se résoudre avec beaucoup d’amertume d’avoir à rendre Louisbourg aux Français après le traité d'Aix-la-Chapelle de 1748.

On a vu (La Bataille de Carthagène) qu’une première expédition avait été organisée par les Britanniques en 1757 pour reprendre la forteresse, mais cette expédition resta confinée à Halifax car la France avait envoyé trois escadres composées de 18 vaisseaux de guerre et de cinq frégates armés au total de 1400 canons pour défendre Louisbourg.

L'année suivante, les Britanniques rassemblèrent davantage de moyens et organisèrent un blocus complet autour de Louisbourg avec pour objectif de compromettre les approvisionnements français en nourriture, en troupes et en navires de guerre. Ils y ajoutèrent le blocus des ports français de Rochefort et de Toulon, ce qui bloqua le secours de trois escadres françaises en 1758. Alors que la France avait du mal à envoyer 6800 soldats pour défendre la colonie de l'Île-Royale, William Pitt expédiait 32 000 soldats en sus des 20 000 miliciens de la Nouvelle-Angleterre.

L’attaque de Louisbourg par les Anglais s’est donc effectuée avec des moyens très supérieurs à ceux dont disposaient les Français. Que l’on en juge : en juin 1758, sous les ordres de l'amiral Edward Boscawen, une flotte anglaise de 40 navires de guerre équipés de 1842 canons et escortée de 127 vaisseaux transportant plus de 14 000 hommes de troupes et 12 000 marins, se présenta en face de Louisbourg qui comptait 13 vaisseaux, 400 canons, 3500 soldats, 3000 marins et des Indiens.

J’ai conté la bataille et ses conséquences dans quatre blogs, Les prémices du siège de Louisbourg, Louisbourg au bout de la résistance, La reddition de Louisbourg, La déportation depuis Louisbourg et l’île Royale.

Le siège commença le 8 juin avec un débarquement sur les plages autour de Louisbourg et se termina le 27 juillet 1758 par la capitulation de la forteresse. L'issue du combat était inscrite dans l’inégalité des effectifs en présence. À l’issue des combats, les soldats français devinrent des prisonniers de guerre et les colons furent déportés sans ménagement, provoquant la mort de trois mille d’entre eux. Le sort des Indiens fut particulièrement lamentable. Il révèle l’essence de la politique anglaise vis à vis des autochtones : les éliminer, au contraire de la politique française qui était de coopérer avec eux. Jeffrey Amherst, commandant en chef des troupes britanniques s'est servi, premier cas connu d’utilisation d’armes biologiques, de couvertures contaminées par la variole pour éliminer les Indiens, avec un plein succès puisque certaines tribus indiennes perdirent par cet odieux stratagème 90% des leurs !

À la fin, avec la chute de Louisbourg, les Anglais avaient les mains libres pour conquérir entièrement une Nouvelle-France asphyxiée.

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Published by André Boyer - dans HISTOIRE
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