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11 juin 2017 7 11 /06 /juin /2017 10:45
LE SIÈGE DE FORT NIAGARA

Situé à l’embouchure de la rivière Niagara sur le lac Ontario, le premier « Fort Niagara » fut bâti en 1678 par René Robert Cavelier de La Salle et appelé Fort Conti.

 

Puis un nouveau fort, plus proche des chutes, fut érigé à partir du 31 juillet 1687, sur ordre du gouverneur de Nouvelle-France, le marquis de Denonville, dont il porta le nom. Ce qui ne lui porta pas chance, car presque toute la garnison, sauf 12 soldats et un officier, moururent du scorbut pendant l’hiver 1687-1688, ce qui conduisit à son abandon en août 1689.

En 1726, un nouveau fort, nommé Fort Niagara, fut construit sur le même emplacement. Le capitaine-ingénieur Pierre Pouchot, avec le Régiment de Béarn et le 2e bataillon du Régiment de Guyenne y fut envoyé en juillet 1755. En octobre 1757, il rejoint son régiment à Montréal mais revient à Fort Frontenac le printemps suivant, où il lui faut capituler le 27 aout 1758 (voir mon billet La mêlée grandit comme une flamme). Libéré, il rejoint son commandement de Fort Niagara en mars 1759.

Après sa défaite à la bataille de Fort Carillon en juillet 1758, le Major General James Abercrombie avait été remplacé par le Major General Jeffery Amherst ( le tueur d’indiens) qui avait pris Louisbourg, à la tête du commandement des armées britanniques en Amérique du Nord. Pour la campagne de 1759, Amherst avait établi son quartier général au sud du Lac Champlain et avait planifié une attaque contre Fort Carillon pour remonter vers le Nord jusqu’au Saint-Laurent. En outre, il avait donné l’ordre au Major Général Wolfe d’entrer dans le Saint-Laurent pour attaquer Québec.

À l’appui de ses deux offensives, c’est dire si l’armée britannique avait des effectifs supérieurs à ceux des français, Amherst avait également programmé des opérations complémentaires contre les forts situés à l’ouest de la Nouvelle-France. Parmi ces dernières, il avait ordonné au Brigadier General John Prideaux de rassembler des forces dans l’État de New York pour attaquer Fort Niagara, une place forte majeure pour contrôler la vallée de l’Ohio.

Au printemps 1759, le General en chef Louis-Joseph de Montcalm et le Gouverneur de la Nouvelle-France, le Marquis de Vaudreuil, envoyèrent à Fort Niagara un renfort de 2500 hommes en sus des 500 hommes qui avaient hiverné sur place. Le capitaine Pouchot, sur l’ordre de Vaudreuil, envoya mi-juin 1759 nombre de ces hommes au sud de Fort Niagara, notamment à Fort Machault, pour renforcer les fortifications françaises dans la vallée de l’Ohio et pour attaquer les forces britanniques à Fort Pitt.

Les troupes qui restaient pour défendre Fort Niagara comprenaient 200 hommes provenant des régiments du Royal Roussillon, du Languedoc, de la Sarre et du Béarn, 20 artilleurs et 300 troupes de la milice locale. L’armée britannique commandée par Prideaux était comme toujours beaucoup plus nombreuse. Elle rassemblait 2200 hommes issus des 44e et 46e régiments, deux compagnies issues du 60e régiment ainsi qu’une compagnie du Royal Artillery. Il disposait aussi de 2500 hommes des milices de New-York et de 700 hommes des milices de Rhode Island. Officier avisé, Prideaux rassembla ses troupes en secret, car il savait que si les Indiens apprenaient la destination de ses troupes, ils préviendraient les Français.

Ralentie par la crue de la rivière Mohawk et l’arrivée tardive de quelques compagnies de miliciens, l’expédition ne quitta Schenectady qu’à la mi-mai 1759 pour atteindre Fort Oswego le 27 juin ; elle y fut rejointe par Sir William Johnson et 600 Iroquois. Johnson était un administrateur colonial spécialisé dans les relations avec les Indiens et un chef expérimenté qui avait gagné la bataille du Lac George en 1755.

Souhaitant disposer d’une base sur ses arrières, Prideaux ordonna de rebâtir le fort et laissa une garnison conséquente sous les ordres du Lieutenant Colonel Frederick Haldimand pour exécuter les travaux nécessaires. Il quitta Fort Oswego le 1er juillet pour attaquer Fort Niagara avec 3500 hommes. Ils embarquèrent sur une flottille de bateaux qui navigua vers l’ouest le long de la côte sud du Lac Ontario et échappèrent à la vigilance des navires français pour arriver en vue de Fort Niagara le 6 juillet 1759.

Situé sur un surplomb rocheux, Fort Niagara disposait de 300 métres de fortifications appuyées sur trois bastions et doté d’un peu moins de cinq cent hommes, Indiens compris. Comme les défenses à l’est du fort étaient fortes, aucun effort de défense n’avait été fait de l’autre côté de la rivière. C’est pourquoi les troupes britanniques débarquèrent prés d’un marais, hors de vue du fort, descendant le long d’un ravin au sud du fort appelé « La Belle Famille » et transportant leur artillerie sur la rive ouest où ils installèrent immédiatement une batterie. Le jour d’après, elles établirent des lignes de siège en face des défenses du côté est de Fort Niagara.

Surpris de l’arrivée des anglais et sommé de capituler par Prideaux, le capitaine Pouchot organisa au contraire sa défense tout en appelant au retour des troupes envoyées dans le sud, mais il ne put empêcher la centaine d’Indiens Seneca présents dans le fort de négocier avec les Iroquois, alliés des Anglais, pour se retirer du combat sans être inquiétés. Les appels au secours du capitaine Pouchot atteignirent le capitaine Le Marchand de Lignery le 12 juillet, alors qu’il était en train d’organiser une expédition contre le Fort Pitt depuis le Fort Machault. Il s’efforçait aussi de convaincre un millier d’Iroquois de se joindre à ses forces, tandis que Johnson leur envoyait des messages inverses. Mais le capitaine de Lignery se révéla suffisamment convaincant pour que les Iroquois se joignent à lui. Il quitta alors Fort Marchault pour prendre à revers les assiégeants de Fort Niagara avec un fort contingent appuyé par les troupes de Charles Philippe Aubry, capitaine des troupes coloniales en Louisiane et défenseur de Fort Duquesne.

Le 17 juillet, la batterie anglaise située sur le lieu-dit de Montréal devint opérationnelle et ouvrit le feu sur le fort. Trois jours plus tard, Prideaux fut tué quand un baril explosif d’un de ses propres mortiers l’atteint à la tête. Sir William Johnson prit le commandement, quoique certains officiers des forces régulières, à commencer par le Lieutenant Colonel Eyre Massey du 44e régiment, aient contesté initialement sa légitimité, puisqu’il n’était pas un officier des forces régulières.

 

Avant que le conflit entre Johnson et Massey ne soit totalement résolu, les Anglais furent avertis de l’arrivée de Lignery accompagné de 1300 à 1600 hommes.

 

À SUIVRE

 

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Published by André Boyer - dans HISTOIRE
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