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11 juillet 2017 2 11 /07 /juillet /2017 14:16
LE MAROC MONTRE LA VOIE

Le Maroc, investit, investit et investit encore en Afrique, devançant tous les grands pays industriels. Et il a mille fois raison.

 

Dans le dernier classement des entreprises africaines du magazine Jeune Afrique, parmi les 500 entreprises classées, 71 sont marocaines, soit 14 % des entreprises africaines dans leur ensemble. C’est une proportion énorme pour un pays de 34 millions d’habitants qui ne représente que 2,8 % de la population africaine et 4 % de son économie.

Le Maroc, qui tournait presque le dos à l’Afrique il y a trois décennies pour des raisons politiques, est devenu le premier investisseur francophone sur le continent et le deuxième grand investisseur africain après l’Afrique du Sud.

Ses compagnies d’assurances, de télécommunications, de construction et de grande distribution sont partout. Les agences bancaires marocaines sont désormais deux fois plus nombreuses que les institutions françaises en Afrique. Royal Air Maroc a multiplié par cinq le nombre de routes desservant le continent.

Ce dynamisme s’explique par la volonté du Maroc de se doter  de l’une des économies les plus diversifiées du continent. Le Maroc est le deuxième producteur automobile du continent, avec 346 000 voitures en 2016, après l’Afrique du Sud qui en produit 600 000. Cette année 2017, il sera le premier pays du continent à implanter un TGV. Aussi, quand on considère le classement de Jeune Afrique, secteur par secteur, on observe que six des cinquante premières sociétés africaines du secteur des boissons sont marocaines, quatre dans le secteur des télécommunications, quinze dans le secteur de la construction et dix dans celui des matériaux de construction.

Ce tropisme africain est le fruit de la stratégie de Mohammed VI depuis son accession au pouvoir, le 30 juillet 1999, une semaine après le décès du roi Hassan II. Tandis que la France se désintéressait du continent africain, la Chine et le Maroc prenaient provisoirement sa place.

Mohammed VI a lancé son pays à la redécouverte de l’Afrique francophone. Pour ce faire, il a personnellement dirigé plusieurs dizaines de visites officielles, souvent de fortes délégations composées de 300 à 400 personnes, dont une moitié d’hommes d’affaires. Cette action volontariste  a eu des effets tangibles au bout de huit ans, lorsque les banques marocaines ont commencé à acquérir d’autres banques africaines, dont plusieurs filiales africaines de banques françaises. Les grandes entreprises marocaines, à commencer par l’OCP, l’Office Chérifien des Phosphates, se sont engouffrées dans la brèche, suivies par les PME.

De 2000 à 2013, l’économie marocaine a crû à une moyenne de 5 % par an, marquant un léger ralentissement de la cadence depuis 2013, avec une moyenne de 3,6 %, mais le taux de chômage et l’inflation ont été contenus. Ces succès ne sont pas de trop pour surmonter les difficultés du pays. La SAMIR, numéro un du raffinage au Maroc est en faillite. Le Rif, au nord-est du pays, est en révolte larvée depuis octobre 2016. Le Royaume s’efforce de réparer un système d’éducation en ruine qui balance entre l’arabisation et la francisation et de construire un solide système de protection sociale. Mais le Maroc tient le coup et continue d’avancer.

La pénétration des intérêts marocains sur le continent ne fait pas que des heureux. Le Sénégal, un peu débordé, s’en inquiète mais le Maroc joue fortement sur l’un de ses points forts, une diplomatie de grande qualité, tandis que les missions très fréquentes du roi en Afrique visent à calmer les aigreurs et à passer des accords commerciaux dans un cadre de coopération sud-sud qui demeure une exception. De plus le Maroc, grâce à ses accords de coopération avec l’Union européenne, constitue une importante porte d’entrée vers l’Europe pour le continent africain.

D’ailleurs, le Maroc vient de réintégrer l’Union africaine qu’il avait quitté il y a trois décennies en raison du débat sur le Sahara occidental entretenu par l’Algérie. Il tente actuellement de se faire accepter parmi la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Enfin, avec la tenue de la COP22 sur le climat en décembre 2016 à Marrakech, il ajoute désormais la diplomatie environnementale à ses nombreuses avancées. À l'extérieur du Maroc, on ignore souvent son investissement  dans les énergies renouvelable. Il s'est notamment doté de l'une des plus grandes centrales d'énergie solaire  du monde, Nour (la lumière) dans les environs de Ouarzazate, qui sera bientôt suivi d'une nouvelle centrale solaire, Nour 2, Nour 3 et Nour 4 étant déjà programmés. L'objectif est d'utiliser et d'exporter  une énergie propre, en se dotant du plus grand site de production solaire du monde d'ici 2020.

 

Désormais, pour la coopération avec l’Afrique comme avec l’UE comme pour le développement durable, le Maroc est devenu à la fois un pont et un modèle. Que la France et l’Algérie en tirent toutes les leçons.

 

(D'après, en particulier, l’article de Jean-Benoît Nadeau dans le Devoir (Montréal) du 10 juillet 2017.)

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Published by André Boyer - dans ACTUALITÉ
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