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Le blog d'André Boyer

LES ÉTATS-UNIS, UNE SOCIÉTÉ D'EXCLUSION

16 Juin 2018 , Rédigé par André Boyer Publié dans #ACTUALITÉ

LES ÉTATS-UNIS, UNE SOCIÉTÉ D'EXCLUSION

 

Les Etats-Unis ont une conception particulière des notions de communauté et de solidarité, qui diffère de toutes les autres sociétés du monde. 

 

Selon le « rêve américain », l’idéal réside dans l’égalité des opportunités. Chacun a une chance de participer à la course au mérite, mais seuls les gagnants en tirent les bénéfices et non pas les perdants, naturellement. C’est ainsi que les gagnants amassent des fortunes dont le montant est au-delà des capacités d’imagination de la multitude : en 2017, Bill Gates, 86 milliards $; Warren Buffet, 75,6 milliards $; Jeff Bezos, 72,8 milliards $; Amancio Ortega (Espagne), 71,3 milliards $; Marc Zuckerberg, 56 milliards $ ; Carlos Slim Helu (Mexique), 54,5 milliards $; Larry Ellison, 52,2 milliards $ ; Charles Koch et David Koch, 48,3 milliards $ chacun; Michael Bloomberg, 47,5 milliards $.

Quant aux perdants, selon le « rêve américain », la responsabilité de leur échec doit leur être imputée car, tout simplement, ils ne disposaient pas des qualités individuelles nécessaires pour réussir.

Un tel satisfecit accordé à l’exclusion économique est unique  au monde. Il provient d'un mécanisme d’exclusion fortement inscrit dans la construction originelle du système étasunien, alors qu'actuellement, du fait de la mondialisation, cette vision étasunienne de la société influence de plus en plus fortement les autres sociétés.

Il est donc nécessaire de chercher à comprendre quelle est l’origine du système étasunien afin de juger de sa légitimité à s’imposer au monde.

Pour ce faire, on peut toujours prendre à la lettre la Déclaration d’Indépendance ou celle de Lincoln en 1863 : « L’Amérique est une nation, conçue dans la liberté, et dédiée à la proposition que tous les hommes sont créés égaux », encore que les évènements qui ont ponctué l’histoire étasunienne nous semblent plus révélateurs du système étasunien que les déclarations de principe. La culture d’un pays est le produit de son histoire et celle des Etats Unis est marquée par des spécificités qui tranchent avec celles du continent européen : la fondation de la Nouvelle Angleterre par des groupes protestants divisés, le génocide des Indiens, l’esclavage des Noirs, le déploiement d’un communautarisme associé aux vagues successives de migrations.  

Les groupes protestants qui ont été encouragé à émigrer de l’Angleterre du XVIIe siècle vers l’Amérique avaient développé une interprétation exclusive du christianisme, qui les a autorisé à partir à la conquête du continent nord-américain tout entier en éliminant les Indiens.

En 1763, après la conquête de la Nouvelle-France, les treize colonies hétérogènes régies par la Grande-Bretagne furent bornées par la Proclamation Royale, qui avait pour objectif de pacifier les relations avec les Amérindiens, en interdisant aux habitants des Treize colonies de s’installer et d’acheter des terres à l’ouest des Appalaches. Cette limite était un chiffon rouge agité devant des coloniaux avides de terres à s'approprier et brûlant de tuer le plus d'Indiens possible. Lorsqu’en outre le Parlement britannique décida, pour répartir le fardeau de la guerre livrée aux Français, d’imposer une série de taxes aux colons à partir de 1764, tout était réuni pour que les élites des treize colonies se révoltent.

Il restait à cacher cette soif sanguinaire de puissance derrière le brouillard des bonnes intentions; Que l'on en juge: lorsque le Congrès de Philadelphie se réunit le 5 septembre 1774, Thomas Jefferson proclama dans son Récapitulatif des droits de l’Amérique que la liberté du commerce était un droit de nature. Le 22 mars 1775, Edmund Burke prononça son célèbre discours sur la liberté : « Chez les Américains, l’amour de la liberté est la plus grande des passions ». Leur liberté, pas celle des autres, surtout pas celle des Indiens. Dans le Sens Commun (1776), Thomas Paine proclamait que la cause de ce qu'il appelait l’Amérique était « la cause de l’humanité toute entière », ce qui constitue encore aujourd’hui le credo officiel des Etats-Unis ; dans le même sens, en 1777, la Constitution de Virginie était précédée d’un Bill of Rights  qui se voulait à portée universelle : « tous les hommes naissent naturellement et également libres et indépendants, et possèdent certains droits inaliénables. Ce sont : la jouissance de la vie et de la liberté, l’accession à la propiété, la quête du bonheur et de la sécurité. ».

Tout le monde était beau et était gentil, mais en pratique, ce Bill of Rights ne concernait que les citoyens des treize colonies, et surtout pas les Indiens ni les esclaves provenant d’Afrique.

 

On le voit, les sources de l’idéologie étasunienne trouvent leur fondement dans une conviction messianique, à leur usage exclusif, puisée dans le puritanisme des Pères Pèlerins : ce nouveau monde était une nouvelle Jérusalem et les États-Unis un nouvel Israël qui était appelé à transformer le monde.

À SUIVRE

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L
Tres bon article
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C
André, tu continues à Utiliser les termes Amérique et Américains à tort selon moi et les 400 millions d'américains du Sud, Centre et Nord pour designer les "etats-uniens". Si c'est vraie que les habitants des Etats Unis d'Amérique sont des Américains, c'est aussi vrai pour les Mexicains, Chiliens, Vénézuéliens et autres habitants de l'Amérique. Réduire au seuls "etats-uniens" l'appellation d'américains est insultant pour tous les autres. Ce vol de terminologie effectué délibérément par les "etats-uniens" doit être signalé encore et encore en espérant qu'un jour les etats-uniens seront appelés par ce qu'ils sont, et non par ce qu'ils veulent être.
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A
Cher Carlos, tu as entièrement raison. Je me suis laissé piéger par le langage courant qui est à la fois incorrect et insultant pour tous les américains non US. Je vais procéder ce week end à une correction des blogs déjà publiés en utilisant le terme "étasuniens" qui est parait-il le plus correct, et en expliquant pourquoi.
Amitiés,
André