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Le blog d'André Boyer

LA CAPITULATION DE MONTRÉAL

11 Décembre 2019 , Rédigé par André Boyer Publié dans #HISTOIRE

LA CAPITULATION DE MONTRÉAL
Je dois donc me résoudre à décrire la chute de Montréal qui entraine aussitôt l’effondrement de la résistance de la Nouvelle-France à l’invasion britannique.
 
Donc, le 6 septembre 1760, le Major-General Amherst est arrivé tout prés de Montréal à Lachine. Il reste à décider, soit de livrer une dernière bataille, à vrai dire un baroud d’honneur compte tenu du déséquilibre considérable des forces en faveur des Anglais, soit à négocier les conditions d’une capitulation plus ou moins honorable. 
Du côté des Anglais, il ne fallait pas compter sur leurs cadeaux, surtout au moment où ils triomphent. Le fair-play n’est pas leur fort, contrairement à ce qu’ils prétendent hypocritement. Vaudreuil, dans la nuit du 6 septembre 1760, convoqua un conseil de guerre auquel assistèrent les officiers supérieurs et Bigot, l’intendant de la Nouvelle-France. Ils s’accordèrent tous à juger la situation sans espoir et discutèrent des conditions à demander à Amherst pour la capitulation du Canada, de l’Acadie et des postes de l’Ouest, aussi éloignés au sud que le pays des Illinois. 
Vaudreuil en rédigea ensuite les clauses avec grand soin, ayant à l’esprit deux objectifs principaux : d’abord, la protection des droits des Canadiens concernant leur religion, leurs biens et leurs lois, même dans l’éventualité où le Canada ne serait pas rendu à la couronne française à la fin de la guerre. Puis il demanda les traditionnels honneurs de la guerre aux troupes sous son commandement et leur passage, en toute sécurité, en France. 
Le 7 septembre 1760 au matin, Bougainville fut envoyé auprès d’Amherst pour demander une trêve jusqu’au 1er octobre. Si, à cette date, on n’avait pas reçu la nouvelle du rétablissement de la paix en Europe, les Français capituleraient. La journée entière du 7 septembre se passa en négociations. Amherst refusa de suspendre les armes jusqu’à la fin du mois mais il accepta la plupart des conditions proposées par Vaudreuil. Il répondit cependant d’une façon équivoque à quelques-unes, sur la question de la religion en particulier. Au plan militaire, il insista pour que les soldats de l’armée régulière comme ceux des troupes de la Marine ne servissent plus au cours de cette guerre et il leur refusa même, avec une forte incivilité, les honneurs de la guerre. 
Toute la journée du 7 septembre, Bougainville fit l’aller retour d’un camp à l’autre, Vaudreuil essayant toujours d’obtenir d’Amherst des conditions plus généreuses, mais sans résultat.
À la fin de la nuit, quand Lévis et ses officiers supérieurs apprirent l’intransigeance d’Amherst à propos des honneurs de la guerre, ils protestèrent violemment auprès de Vaudreuil, tant verbalement que par écrit. Lévis demanda la rupture des négociations et la permission de faire une sortie sur l’ennemi avec les 2 400 hommes qui leur restaient ou à tout le moins l’autorisation de se retirer dans l’île Sainte-Hélène, près de la ville, pour y défier Amherst, plutôt que d’accepter des conditions qui priveraient la France de dix bataillons, sans mentionner la ruine de leurs propres carrières. Il s’appuyait sur l’ordre qui avait été donné à  Vaudreuil et Montcalm par la Cour de Versailles de sauvegarder à tout prix l’honneur de l’armée, après que de Drucourt ait rendu Louisbourg à des conditions jugées humiliantes.

Vaudreuil avait maintenant à prendre une cruelle décision. Soit donner le champ libre à Lévis, ce qui sauverait l’honneur de l’armée et plairait à Louis XV mais au prix du massacre de ce qui restait des troupes régulières, de la destruction de Montréal et de souffrances supplémentaires d'un peuple canadien abandonné à la merci de l’ennemi. Or ce dernier avait prouvé, en Irlande, en Écosse et en Acadie, à quel point il pouvait être impitoyable. En somme, la cruauté des Anglais faisait peur. 

Faisant montre à la fois de sens commun et de force de caractère, Vaudreuil se décida à rejeter la demande de Lévis et à lui ordonner de se soumettre aux conditions d’Amherst. C’est alors que, dans un dernier geste de défi, avant que ses troupes ne déposassent leurs armes sur le Champ de Mars, Lévis donna l’ordre de brûler les drapeaux des régiments et refusa de rencontrer l’État-major britannique. 

 

Ce même jour, le 8 septembre 1760, les Britanniques entraient à Montréal, mettant fin à la Nouvelle-France au Canada…

 

À SUIVRE

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