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Le blog d'André Boyer

L'INFECTIOSITÉ DE COVID-19

26 Mars 2020 , Rédigé par André Boyer Publié dans #ACTUALITÉ

SE PROTÉGER

SE PROTÉGER

Une indication du caractère infectieux de COVID-19 est fournie par la surexposition des agents de santé en Chine, qui, semble t-il, n’ont pas été suffisamment protégés par le masque chirurgical, ce qui laisse penser que le virus se propage non seulement via des gouttelettes mais aussi en aérosols…

 

Au reste, ce virus semble très facilement transmissible, sans que l’on en connaisse encore tous les modes. S’il atteint les muqueuses par gouttelettes, la règle de se tenir à distance d’un mètre de son prochain est bonne, car c’est un virus assez gros qui tombe au sol rapidement. S’il se propage par aérosol, c’est une autre histoire, qui implique d’autres comportements de défense contre le virus. Aussi, la mesure de confinement « total » est-elle une manière de se protéger tous azimuts, tout en avouant notre ignorance par le recours à une méthode de préservation qui remonte à la nuit des temps. 

Pour sa part, le virus survit comme il peut, en dehors du système respiratoire humain. On sait avec plus ou moins de précision que, selon son support, il peut garder sa capacité d’infection de 24 à 72 heures. On sait également que les matières plastiques et une température inférieure à 20°C favorisent sa survie

Quant à sa transmission d’homme à homme, les médecins chinois ont observé que des porteurs asymptomatiques du virus peuvent le transmettre, encore qu’ils soulignent que les contaminations observées semblent presque toutes issues de contacts avec des sujets présentant déjà des manifestations de la maladie

Mais il faut corriger, ou compléter ce premier constat en notant que les coronavirus ne se développent pas seulement dans les voies respiratoires mais que l’on en retrouve aussi fréquemment dans le sang et dans le plasma ou le sérum des malades. Si c'était avéré, cela impliquerait un risque de transmission via la transfusion de produits sanguins…

Le problème est que l’on ignore encore la proportion de malades symptomatiques dans la population faute de moyens de détection, une lacune que soulignent les critiques de l’action de l’État face à une crise qu’il n’a pas anticipée, mais l’on reviendra dans le prochain billet sur les questions de stratégie collective face à cette pandémie. Car, lorsqu’il sera possible de distinguer entre les personnes susceptibles de transmettre le virus et les autres, il sera aussi possible d’isoler les premières et de libérer les secondes. Il n’y a pas de doute que ces moyens viendront progressivement dans les semaines et les mois qui viennent, mais quand? 

Pour comprendre comment l’être humain réagit au virus au point d’en mourir, selon les données chinoises dans 2,3 % des cas, il est intéressant d’observer la quasi immunité des enfants par rapport au COVID-19. Les explications fournies par la communauté scientifique seront affinées et testées ultérieurement mais la principale serait que, chez les enfants, le système immunitaire n’est pas assez fort pour provoquer une inflammation importante des bronches, inflammation qui déclenche une situation de détresse pouvant aller jusqu’au décès. 

Mais, pour les adultes, les symptômes, dans leur ordre de fréquence d’apparition lors d’une atteinte par le COVID, sont la fièvre, une toux sèche, une forte fatigue cyclique, des expectorations, des difficultés respiratoires, des douleurs musculaires ou articulaires, des maux de gorge, des céphalées, des frissons, des nausées et vomissements et des congestions nasales. On notera qu’il s’agit de symptômes proches de ceux de la grippe, qui est vingt fois moins fatale que le Covid-19. 

D’un côté, de nombreuses personnes porteuses du virus ne présentent pas de symptômes ou seulement des symptômes légers, comme une petite toux ou une fièvre passagère sans détresse respiratoire et c’est tant mieux ; mais d’un autre côté, ces faibles symptômes empêchent de pouvoir les identifier pour les isoler des personnes saines et tout particulièrement des personnes saines à risque. D’où l’importance des tests par PCR ou autres pour que nous puissions sortir de l’antique confinement. 

D’ailleurs, la manière dont la maladie a évolué en Chine montre l’importance des tests pour la contrôler: le 13 février dernier, les hôpitaux du Hubei, débordés, se sont donnés pour objectif prioritaire d’isoler et de soigner les malades à partir d’une simple radio des poumons qui ne demandait qu’une demi-heure d’attente, plutôt que sur une analyse de prélèvements qui nécessitait 48 heures. 

L'objectif était de traiter tout de suite les malades gravement atteints, mais le résultat est qu’ils ont laissé dans la nature une proportion importante de personnes infectées. Cette décision a été prise dans une région où la pollution de l'air très élevée fragilise les bronches et le système immunitaire, favorise les surinfections et aggrave la mortalité, du fait des particules fines. Or les personnes infectées avaient un taux de reproduction de l’infection qui était élevé, de 2,3 à 5, y compris de la part des 80% de malades qui n’avaient que des manifestations bénignes. Aussi l'épidémie s'est-elle répandue jusqu'à ce que la population soit contrainte à un confinement drastique.

Deux mois plus tard, en France et dans de nombreux pays du monde qui ne disposaient pas de moyens suffisants pour effectuer des tests en masse, on n’a pu séparer les personnes infectées des personnes saines qu’en les confinant toutes, ou presque, puisqu’il a fallu trouver un compromis entre la nécessité de limiter la propagation du virus et la nécessité d’assurer les services que la population attendait, des soins, de la nourriture et de l’énergie, notamment pour pouvoir lire ce billet ! 

Voici pour la partie proprement médicale de la propagation du COVID-19. 

 

Il nous reste à analyser la stratégie des autorités face à cette pandémie du point de vue de leur action et de leur communication, y compris dans le  cas de la tragi-comédie de la chloroquine qui menace d'emporter le gouvernement français s’il ne capitule pas de toute urgence devant le Professeur Didier Raoult…

 

À SUIVRE: LA STRATÉGIE FACE À LA PANDÉMIE

 

 

 

 

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M
Une stratégie pour le moins défaillante, hélas, comme le billet suivant ne manquera pas de le montrer !
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A
Oui, c'est ce que tout le monde pense, mais on va essayer d'aller au delà, en se situant au niveau global de la pandémie.
Amitiés,
André
J
Attach websites with some publications over corona virus, it's interesting
Thank you, you have a great blog, .JLM

https://membielaguitian.blogspot.com/2020/03/crucpropagacion-sigilosa-y-pervivencia.html#.Xn0k8ur0muc
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A
Thank for information and for your appraisal
AB