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Le blog d'André Boyer

UNE GUERRE QUI COMMENCE BIEN, MAIS...

22 Novembre 2020 , Rédigé par André Boyer Publié dans #HISTOIRE

PRISE DE PORT-MAHON (MINORQUE)

PRISE DE PORT-MAHON (MINORQUE)

Lors des deux premières années du conflit, la France se défend bien grâce à̀ l'action déterminée du ministre de la Marine, Machault d'Arnouville qui a anticipé́ le conflit.

 

Malgré la rafle des navires civils français en 1755, la Royal Navy rate le début de cette guerre qu'elle a pourtant longuement préparée. Au courant des préparatifs de la marine anglaise en Amérique du Nord, Machault d'Arnouville réussit au début de 1755 à faire passer des renforts au Canada malgré́ le blocus du Saint-Laurent, puisqu’une flotte de dix-huit bâtiments commandés par Dubois de La Motte y achemine 3 000 soldats. Dès qu’il apprend les interceptions anglaises, Machault d’Arnouville arme aussitôtrois divisions à Toulon, Brest et Rochefort.

En 1756, de nouveaux renforts pour le Canada, 1 500 hommes, avec à leur tête le calamiteux Montcalm, sont escortés sains et saufs par les trois vaisseaux et les trois frégates de Beaussier de l'Isle. De son côté́, la division de trois vaisseaux et de trois frégates commandée par de Kersaint détruit les établissements anglais de la côte d'Angola puis passe aux Antilles et livre bataille à une division anglaise qui est forcée de se retirer. Du Chaffault, sur la frégate l’Atalante (36 canons), réussit même l'exploit de s'emparer, au large de la Martinique, d'un vaisseau anglais de 60 canons, le HMS Warwick, et de le ramener à̀ Brest.

En Méditerranée se déroulent les opérations les plus importantes, avec l'attaque de la grande base anglaise de Port-Mahon à Minorque. L'opération, préparée avec soin, est conçue comme des représailles aux rafles de navires civils en pleine paix. Une flotte de douze vaisseaux, cinq frégates et cent-soixante-seize bâtiments de transport commandée par La Galissonnière, quitte Toulon en avril 1755 sans avoir été́ repérée par les espions anglais. Elle réussit à faire débarquer sans encombre les 12 000 hommes du Marechal de Richelieu, puis repousse les vaisseaux de Byng accourus depuis Gibraltar pour secourir la place. La victoire est complétée par le débarquement en novembre 1756 de 3 600 hommes en Corse, pour mettre l'île à l'abri des tentatives de débarquement de La Navy.

Ces succès français, ressentis comme une humiliation à Londres, valent à Byng de passer en cour martiale et d'être condamné à mort. 

1757 reste encore une année favorable à la France. Les chantiers navals, permettent à la flotte de dépasser cette année-là le chiffre de cent vaisseaux et frégates, tandis que les opérations navales sont satisfaisantes dans l’Océan Indien et l’Atlantique: une petite division de navires de la Compagnie des Indes commandée par le comte d'Aché part en mai 1757 pour Pondichéry avec un renfort de 4000 hommes qui arrivent à̀ bon port l'année suivante. Début 1757, Québec et l'île Royale sont ravitaillées, puis Louisbourg est défendue victorieusement grâce à une importante concentration navale: alors que Londres a envoyé́ une escadre de dix-sept vaisseaux, seize frégates et 15000 soldats pour attaquer la place, Dubois de La Motte rassemble en face trois divisions dans le port, soit un total de dix-huit vaisseaux, quinze frégates et 11 000 soldats. Il en résulte que les Anglais n’osent pas attaquer la forteresse de Louisbourg.

Cependant la situation se dégrade en Méditerranée, car l’escadre de Toulon est minée par les désertions du fait du non-paiement des équipages depuis un an. Il en résulte que La Clue ne réussit à mobiliser qu'une petite division de six vaisseaux et deux frégates pour escorter des renforts vers les Antilles et le Canada. Il quitte Toulon en décembre 1757, mais n'ose pas franchir le détroit de Gibraltar barré par quatorze vaisseaux anglais et se réfugie à Carthagène, poursuivi par la Royal Navy. Un petit renfort de trois vaisseaux et une frégate venue de Toulon sous les ordres de Duquesne de Menneville est anéanti devant le port (voir mon billet : « La bataille de Carthage » http://andreboyer.over-blog.com/2016/12/la-bataille-de-carthagene.html). La Clue, poursuivi par Boscawen, rentre péniblement sur Toulon en mai 1758 alors que le port, en panne de matelots, reste inactif cette année-là̀.

 

Mais la situation est encore pire à Brest.

À SUIVRE

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