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17 juin 2021 4 17 /06 /juin /2021 10:44
ARISTOTE

ARISTOTE

Depuis le début de l’histoire de l’humanité, l’homme met au point des outils de plus en plus sophistiqués qu’il utilise massivement pour prendre le contrôle de la planète. Même si on a l’impression qu’aujourd’hui l’humanité se rapproche de ses limites de survie, il reste présomptueux de vouloir saisir la direction de l’histoire.

 

Dès l'origine et sans relâche, l’homme a fait progresser ses outils et a cherché à améliorer son organisation. Il a pris le pouvoir sur la nature grâce à ses capacités d’analyse et d’adaptation. Comme pour toute espèce vivante, la nature humaine possède une logique d’espèce qui est de survivre, avec l’aide plus ou moins consciente de chacun de ses membres. Cette logique se traduit par la nécessité pour l’homme de rechercher sans cesse sa vérité, la vérité qui lui permettra de vivre, autant qu’il le peut.

À cet égard, il a procédé par tâtonnements successifs, qui lui ont fait appeler « vérité » les différentes manières qu’il a trouvées pour expliquer les évènements.  

En effet, que ce soit au temps de la préhistoire ou aujourd’hui, tout être humain s’est trouvé et se trouve toujours dans l’obligation de justifier ce qu’il dit et ce qu’il fait, aussi bien vis-à-vis de lui-même que des autres. Il lui faut chasser en permanence le mensonge, la mystification, la contrevérité, la fable, l’artifice, l’invention, l’illusion ou la tromperie, pour ne citer que quelques-uns des antonymes de la vérité.

Au plan collectif, l’humanité a mis au point des techniques de recherche de la vérité qui constituent l’essence de son patrimoine culturel. Puis la recherche collective de la vérité s’est progressivement heurtée au mur de l’incommunicabilité, à l’abime de l’incertain et au brouillard du doute, jusqu’à modifier la manière dont l’homme voit et comprend le monde.

Que le doute s'installe, que ce que vous croyez être "vrai" se révèle faux pour les autres et vous verrez aussitôt se dresser devant vous une incommensurable barrière d’incommunicabilité. Aussi, pour qu’une société existe, il faut que ses membres soient d’accord sur ce qui est vrai et faux. En dehors de la foi, qui permet de partager par définition la même vision de la vérité, l’outil de la raison partagée s’est très tôt imposé comme un moyen commun de séparer le vrai du faux. 

Lorsque l’on cherche à identifier les origines de la raison partagée, les Grecs restent les maîtres. On a vu les logiciens grecs, Parménide en tête, chercher à distinguer les faits de leur représentation en faisant l’hypothèse qu’il existait un monde réel au-delà des sens, que les figures géométriques avaient une existence propre.

Aristote fut plus réaliste, il fut peut-être le premier des réalistes. Cela explique que sa pensée nous influence toujours, aussi ardente, moderne et limpide que s’il était encore vivant. L’ambition d’Aristote était de ne laisser aucune chance à une affirmation dont on pourrait dire qu’elle n’était ni vraie ni fausse. Pour cela, il fut contraint, le premier sans doute dans l’histoire de la pensée humaine, à s’affranchir de la vision holistique du monde qui empêchait  les hommes d’avoir une vision analytique des situations qu’ils observaient, dans la mesure où tout se mêlait dans leur esprit. Aristote devint ainsi le tout premier d’une chaîne ininterrompue de logiciens et de philosophes, comme Boèce, Abélard, Descartes, Spinoza ou Leibniz, qui ont construit la pensée occidentale.

Par ailleurs, on ne peut pas oublier les apports des logiciens chinois et indiens. Pour ne citer que les premiers,  en bâtissant leurs raisonnements à partir des doctrines taoïstes, ils ont élaboré des méthodes pour  observer, décrire, classifier et expérimenter.

Mais ce fut l’apport de la démarche scientifique occidentale de se libérer des idées reçues en matière de vérité, en allant au-delà du raisonnement pour s’appuyer sur des faits. La plupart des philosophes grecs, alors qu’ils savaient raisonner en utilisant l’observation et l’expérience, n’avaient pas (pas encore ?) le culte de l’expérimentation concrète, sauf Démocrite qui avait proclamé, quatre siècles avant JC, que la vérité devait être recherchée au travers de l’expérience.

 

Or Démocrite n’est resté qu’un précurseur isolé, avant que la Renaissance n’impose, en matière de vérité, la dictature des faits observés.

 

À SUIVRE

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commentaires

Kostas 17/06/2021 21:57

Bravo mon ami

André Boyer 10/07/2021 08:22

Merci Kostas
Amitiés
André