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Le blog d'André Boyer

AFGHANISTAN, UNE DÉFAITE ÉCLATANTE

24 Août 2021 , Rédigé par André Boyer Publié dans #ACTUALITÉ

AFGHANISTAN, UNE DÉFAITE ÉCLATANTE

Après vingt ans de guerres contre eux, le retour des Talibans au pouvoir m’apparait comme un échec absolu pour les États-Unis et pour leurs alliés. Comment en sont-ils arrivés là et quelles en sont les conséquences prévisibles ?

 

C’est un échec spectaculaire et d’une importance stratégique majeure pour les États-Unis. Spectaculaire, car le départ en catastrophe des Américains et de leurs alliés avec des Afghans qui s’accrochent désespérément  aux ailes des avions, rappelle immanquablement le départ de Saigon et de ces hélicoptères arrachant du toit de leur ambassade les derniers Américains qui s’y trouvaient piégés.

Quant à l’importance stratégique de cette fuite éperdue, elle réside dans la perte d’influence des États-Unis partout dans le monde. En effet, leurs alliés peuvent s’interroger à juste titre sur  la solidité de l’engagement de ce pays qui ne se veut le gendarme du monde que lorsque cette fonction correspond  parfaitement à ses intérêts nationaux. À ce titre, les Taiwanais et les Ukrainiens peuvent s’inquiéter. À l’opposé, les adversaires des États-Unis peuvent se sentir encouragés, comme les Chinois, les Russes et les Iraniens qui ont conservé leurs ambassades à Kaboul ou comme les Islamistes qui y voient une victoire fondatrice.

Bien qu'il soit trop tôt pour évaluer toutes les conséquences de cette défaite retentissante, l’observation de la politique passée du monde anglo-saxon permet d’estimer probable qu’elle se poursuivra après l’abandon de l’Afghanistan. Les États-Unis veulent toujours maintenir leur leadership sur le monde. Il va donc falloir qu'ils le réaffirment par des actes, face à des adversaires qui relèvent la tête et des alliés qui s’inquiètent. Le lieu idéal d’une revanche cinglante est Taiwan, que la RPC prétend annexer quand le fruit sera mûr. Les États-Unis peuvent chercher à entrainer la Chine dans un conflit rapide et localisé, afin de réaffirmer leur domination et d’humilier un pays qui relève trop la tête.

En attendant, la communauté anglo saxonne se cabre. Regardez les déclarations convergentes des gouvernements américains, anglais, canadiens et australiens : il n’est pas question d’avoir la moindre relation avec un gouvernement afghan dirigé par les Talibans. On peut s’attendre aussi à un raidissement de la politique des sanctions économiques et financières, si chères à la tradition anglo-saxonne, contre Cuba, le Venezuela, l’Iran, la Russie et la Corée du Nord. On peut aussi voir bientôt le refus des États-Unis de faire la moindre concession à l’Iran, poussant un peu plus ce dernier vers une coopération privilégiée avec la Chine.  

On peut donc s’attendre à ce que les États-Unis et leurs alliés les plus proches, loin de tirer les leçons de leur échec, poursuivent la même stratégie, invoquant le droit tout en s’imposant par la force.

Laquelle ? En Afghanistan, il s’agissait dans un premier temps pour les États-Unis de renverser un gouvernement qui épaulait le terrorisme qu’il avait subi (le droit), puis d’installer un gouvernement à son goût qu’il a soutenu économiquement et militairement pendant vingt ans (la force).

Puis les États-Unis ont considéré que cette politique de force en Afghanistan était trop couteuse pour eux. Ils ont alors négocié avec les Talibans, tout en décidant de se retirer à date fixe. Le régime qu’ils avaient installé s’est alors effondré en quelques jours. Il aurait pu durer quelques semaines ou quelques mois, mais, de toutes façons, comment un régime porté à bouts de bras par un État étranger aurait-il pu survivre au retrait de son soutien? Demandez-vous par exemple combien de jours le régime saoudien survivrait à un retrait des troupes américaines?  

Laissons donc les États-Unis dans leur croyance qu’ils représentent une société modèle, tandis que seules les armes, dans le cas de l’Afghanistan, leur ont permis de conserver leur influence sur le pays pendant 20 ans pour la perdre en 8 jours, une fois leurs troupes retirées.

Mais que faisait l’armée française dans cette  galère ? De fait, la France a combattu de 2001 à 2014 en Afghanistan, engageant  jusqu’à 4000 hommes, y perdant 90 morts et 950 blessés. Puis à partir de 2014, elle s’est désengagée sur la pointe des pieds de sa mission officielle qui, proclamait-elle, consistait à « sécuriser les zones placées sous sa responsabilité afin de permettre à l’État afghan de se reconstruire, de permettre des opérations de développement et de permettre un déploiement des services de l’État afghan », et, en second lieu, de « permettre une montée en puissance de l’armée nationale afghane» en l’entraînant.

La France croyait-elle donc à un engagement durable des Américains ou s’est-elle contentée d’obéir aux injonctions de son allié dominant ? La seconde hypothèse parait clairement la bonne.

Las, les Américains, fatigués de se battre pour une chimère, ont décidé depuis 2020 de remettre les clés de l’État afghan aux Talibans, des Talibans contre lesquels les forces françaises luttaient depuis 2001, des Talibans qui ont reçu en héritage les deux cent mille hommes de l’armée afghane et les cent mille policiers dotés des mille milliards de dollars d’équipement américains et bien entrainés par la France, entre autres.

La France se retire donc à l’unisson des Américains. Reste désormais la question des réfugiés. Faut-il accueillir les réfugiés afghans qui sont compromis avec la France aux yeux des nouveaux maitres de l’Afghanistan ? Bien sûr, à moins d’ajouter l’ignominie à l’absurde, selon le détestable exemple donné par De Gaulle avec les harkis. Mais faut-il pour autant accueillir tous les Afghans mécontents du nouveau régime ?

 

Ce serait ajouter l’ingénuité  à l’absurde, encore que ce serait justement payer notre prétention à apporter la vérité au monde, vérité pourtant assez clairement battue en brèche ces derniers jours à Kaboul…

 

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R
"les Américains, fatigués de se battre pour une chimère, ont décidé depuis 2020 de remettre les clés de l’État afghan aux Talibans"
encore faudrait il savoir de quelle chimère il s'agit ?
les USA et les talibans négociaient secrètement depuis quelques années pour la construction d'un gazoduc pour évacuer le gaz du Turkménistan ou suite a une révolution de couleur ils avait réussis a installer au pouvoir des membre de la minorité juive locale qui leur était favorable .
mais problème les Talibans faisait traîner les négociations et monter les enchères !
la décision fut prise de régler ce problème par la manière forte !
une opération sous faux drapeau ou des arabes armé des cuter font s'effondrer trois tour avec deux avions et l'invasion peut commencer !
problème entre temps la Russie reprend le contrôle du Turkménistan et là difficile de se dépêtrer de ce cloaque afghan ou les lobbys militaire US se gave de commandes d'armement comme jamais !
là dessus Trump arrive au pouvoir et tente de nettoyer la racaille corrompus de Washington . il négocie avec les Talibans, laisse les représentant de l'état profond tricher lors des élections de novembre 2020 non sans avoir signé un ordre exécutif (en septembre ) de continuité de gouvernement qui permet aux militaires US de ne pas obéir a un pouvoir politique installé a la maison blanche suite a une élection frauduleuse dans laquelle serait intervenu des puissances étrangère .
le départ d'Afghanistan organisé par les militaires US sont l'occasion de faire porter le chapeau d'une débâcle a Biden qui pourra ainsi être destituer sans reproches de la part des électeurs US !
en politique rien n'arrive sans que cela n'est été prévus !
Répondre
A
Cher Monsieur,
votre développement est très interessant mais je ne sais pas quelles sont vos sources.
C'est pourquoi je ne suis pas en mesure de le commenter.
Bien cordialement
André Boyer