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Le blog d'André Boyer

LA FRANCE, UNE SUPERPUISSANCE MALMENÉE

23 Janvier 2022 , Rédigé par André Boyer Publié dans #HISTOIRE

BATAILLE DE PAVIE (1525): FRANÇOIS 1ER SE REND À CHARLES QUINT

BATAILLE DE PAVIE (1525): FRANÇOIS 1ER SE REND À CHARLES QUINT

Philippe le Bel peut être considéré comme le véritable  créateur du pouvoir centralisé de l'Etat Français. Après son règne, viennent les temps de crise du XIVe et XVe siècles, avec rien moins que la guerre de Cent Ans à partir de 1328 en France et la Peste ravageant l’Europe en 1347-1351.

 

La guerre de Cent Ans est le résultat du conflit entre deux prétendants au pouvoir de la superpuissance qu’était alors la France. En 1328, Philippe de Valois a été choisi comme Roi de France parce que l’entourage du roi défunt, son cousin Charles IV Le Bel, ne voulait pas être évincé par l’équipe du roi d’Angleterre, Edouard III, pourtant petit fils de Philippe le Bel alors que Philippe de Valois n’était que son neveu.

Elle met en relief l’inefficacité de l’armée française, qui s’appuie sur un pays exploité, démoralisé, appauvri par Philippe Le Bel et ses successeurs. Philippe VI envoie à la bataille de Crécy (1346) ses chevaliers accompagnés d’une mauvaise piétaille, composée à cinquante pour cent de mercenaires génois. Ils trouvent en face d’eux une petite armée d’un modeste royaume.

D’un côté trente mille hommes d'armes français et génois qui font face à moins de sept mille anglais, et ces derniers les battent à plat de couture. La victoire des Anglais à Crécy a été la victoire de l'obéissance sur l'indiscipline, de l'organisation sur l'imprévoyance, du commandement anglais sur le commandement français. Elle fut la première d’une longue série de batailles perdues par un pouvoir arrogant, désorganisé et prodigue du sang de ses soldats.

À partir de 1347, ce ne fut que successions de défaites, de révoltes, de complots, de trahisons, de capitulations. Le royaume de France en profita pour inventer l’impôt permanent, sous la forme d'une gabelle sur le sel, de taxes indirectes et d'impôts directs levés sur chaque feu : les fouages. 

En août 1415, la même catastrophe militaire se reproduisit lorsque le Roi Henry V d'Angleterre débarqua dans l'estuaire de la Seine.Charles VI envoya à sa rencontre une armée forte d'environ vingt-cinq mille hommes, alors qu’Henry V ne disposait que de six mille hommes. Près d’Azincourt, la tactique française conduisit à une débandade pire encore que celle qui avait suivi la bataille de Crécy, puisqu’il y eut dix mille morts du côté français contre six-cents du côté anglais.

Finalement, le nombre et les progrès tactiques permirent à Charles VII, Jeanne d’Arc représentant symboliquement le peuple français, de reconquérir les territoires perdus et d’inventer incidemment le premier impôt permanent institué en France, la taille.

Cessant provisoirement d’accroitre la pression fiscale, Louis XI  se préoccupa, malgré l’image de dureté qu’il a laissée aux écoliers avec ses cages de fer où il emprisonnait ses ennemis, d’encourager la prospérité économique, se montrant souple à l’égard des franchises des villes et du pouvoir de l’Église et parvenant même, vertu rarissime, à réduire la pression fiscale. Un roi libéral.

Après Louis XI, de 1483 à 1515, vinrent Charles VIII, Louis XII et François Ier. Leur obsession commune fut de conquérir l’Italie, en utilisant la supériorité démographique de la France sur les villes et les duchés italiens désunis.

Les défaites succédèrent aux victoires, si bien que le seul avantage de ces guerres, si l’on compte pour rien les morts et les destructions, fût d’aider la France à rattraper son retard culturel et artistique sur l’Italie. Encore que Louis XII soit resté dans la mémoire nationale comme celui qui a su humaniser la justice de l’époque et qui parvint à réduire les impôts grâce aux richesses de l’Italie si bien qu’il fut sans doute, de son vivant, le plus populaire des rois de France.

En revanche, François Ier continua dans la lignée de Philippe le Bel en donnant une impulsion décisive à la pratique de la « monarchie absolue ». C’est lui qui a forgé la formule « Car tel est notre bon plaisir », et c’est lui aussi qui, en matière religieuse, signa le concordat de Bologne qui plaçait l’épiscopat français sous la coupe du roi.

Il imposa aux prêtres d'enregistrer les naissances et de tenir à jour un registre, fondant de la sorte l'État Civil en France, avec l’obsession du contrôle de la population. L’économie du pays fut sacrifiée à des constructions excessives qui furent autant de gouffres financiers et surtout à ses guerres contre les Habsbourg qui mobilisèrent des sommes énormes et obtinrent des résultats calamiteux.

Il est frappant, à cet égard, que tout le monde connaisse la victoire de Marignan (1515), mais c’est sans doute pour mieux oublier la défaite de Pavie dix ans plus tard qui entraîna la capture du roi par Charles-Quint et le désastreux traité de Madrid par lequel le roi renonçait au quart de la France.

Pour faire face à toutes ces calamités provoquées par sa mauvaise politique extérieure, François Ier doubla la taille et tripla l'impôt sur le sel, la gabelle ! Il se sépara aussi de pierres précieuses appartenant à la couronne, aliéna des territoires royaux et fut le premier roi à vendre des charges et des offices pour obtenir des liquidités !

 

On se demande encore pourquoi il est resté un roi populaire dans la mémoire collective.

 

À SUIVRE

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