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Le blog d'André Boyer

LA VIE DES PLANTES

10 Janvier 2022 , Rédigé par André Boyer Publié dans #PHILOSOPHIE

LA VIE DES PLANTES

Étudier la vie des plantes, c’est se poser la question de la vie tout court.

 

La question qui a notamment été abordée au travers du livre de Peter Wohlleben, La vie secrète des arbres, dont la thèse fondamentale, même si elle est sans doute excessivement anthropomorphique, consiste à montrer un exemple de « savoir-vivre ensemble » dans la forêt.

L’approche de Peter Wohlleben s’appuie sur les travaux de la microbiologiste américaine, Lynn Margulis qui a montré dans les années 1970 que les cellules eucaryotes (organismes avec un noyau) seraient nées d’une suite d’associations symbiotiques entre différents procaryotes (organismes sans noyaux). La découverte qu’il a fait de l’endosymbiose, avec l’apparition de la cellule eucaryote, ne relève pas de la guerre ou de la compétition, mais d’une symbiose, d’une coopération.

Il s’agit d’une théorie qui a permis à la biologie d’abandonner dans ce cadre le paradigme belliciste, selon lequel la nature serait un espace de lutte de tous contre tous,  en d’autres termes le paradigme de Darwin. Le succès de La vie secrète des arbres réside justement dans un message opposé à celui de Darwin, puisque la collaboration entre les plantes y apparait comme une force créatrice.

En outre, les préoccupations écologiques de la population favorisent le nouvel intérêt qu’elle porte au règne végétal. Conscient de la profonde modification de l’ordre naturel provoquée par l’humanité́, cette dernière serait devenue plus attentive aux autres formes de vie et aux interactions entre espèces, qu’elles soient humaines, animales ou végétales. Il en résulte que la vie des abeilles ou celle des arbres sont devenues des questions politiques.

Il s’y ajoute enfin que, depuis les années 1970, l’humanité a été progressivement obligée de reconnaitre que l’être humain n’était pas le seul à incarner une intelligence. La révolution de l’informatique nous conduit déjà à accepter l’existence d’une l’Intelligence Artificielle dont sont dotées les machines, mais on a aussi attribué des formes d’intelligence à des espèces animales de plus en plus nombreuses. Demain, ce sera au tour des bactéries d’être reconnues comme intelligentes, si l’on se fie aux recherches du neurobiologiste Antonio Damasio.

Il restait donc à reconnaitre que les plantes avaient, elles aussi, une forme d’intelligence. Le pas a été́ franchi par Stefano Mancuso, l’un des fondateurs de la neurologie végétale avec František Baluška, de l’université́ de Bonn.

Cet élargissement du concept d’intelligence nous invite à renouveler notre pensée sur les plantes.

Ainsi, dans La vie des plantes, Emmanuelle Coccia avance que l’être humain ne pourra jamais comprendre une plante sans avoir compris ce qu’est le monde. Car les plantes sont à̀ l’origine de notre monde, en contribuant à̀ produire massivement l’oxygène de l’atmosphère, et donc à̀ rendre la Terre habitable tout en constituant le premier maillon de la chaîne alimentaire.

Si bien que le monde est beaucoup plus végétal qu’animal, sachant que la plante est bidimensionnelle alors que l’animal est tridimensionnel.  En effet, toute la vie des plantes se passe en surface, ces dernières ayant tendance à se développer à l’infini, tandis que les corps animaux produisent des espaces intérieurs et que le corps animal ne commence sa reproduction qu’à la fin de sa période de croissance tandis que le corps végétal ne cesse de s’accroitre, avec des organes reproducteurs temporaires.

La plante, observe Emmanuelle Coccia, ce sont des feuilles, des racines et des fleurs. La feuille est la partie la plus importante d’un végétal puisque c’est par elle que s’accomplit la photosynthèse, tandis que la racine, tout en permettant à la plante de vivre à la fois dans deux milieux, aérien et souterrain. n’est pas aussi importante, puisqu’elle est apparue très tardivement dans l’évolution du règne végétal.

La fleur, quant à elle, incarne l’intelligence des plantes au sens où elle insuffle de la forme à de la matière, à partir des graines qu’elle produit, ces graines qui constituent le lieu de mélange des gènes lors de la reproduction.

 

Concluons donc avec cette symbolique du mélange, qui fait de chaque être vivant, humain, animal, végétal, un organe de la Terre, indissociable de ses autres organes…

 

BIBLIOGRAPHIE :

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