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Le blog d'André Boyer

LOUIS XIV, L'AGRESSEUR BRUTAL

22 Mai 2022 , Rédigé par André Boyer Publié dans #HISTOIRE

LE RAVAGE DU PALATINAT PAR LES TROUPES DE LOUIS XIV

LE RAVAGE DU PALATINAT PAR LES TROUPES DE LOUIS XIV

Après le traité d’Aix-la-Chapelle de 1668, il ne fallut pas attendre plus de quatre ans pour que Louis XIV déclenche une nouvelle guerre, la guerre de Hollande.

 

Louis XIV avait l’intention de mettre la Hollande à genoux afin de se saisir sans risque des territoires espagnols voisins. Les armées françaises fortes de cent vingt-cinq mille hommes faisaient face à seulement vingt-cinq mille soldats hollandais, qui ne durent leur salut qu’à la décision d’inonder la Hollande en ouvrant les écluses. Dans cette guerre, les troupes royales commirent les pires atrocités et Louis XIV se fit un ennemi mortel de Guillaume d’Orange qui planifia le rapprochement entre l’Angleterre et les Provinces-Unies en épousant en 1677 Marie d’York, nièce de Charles II.

Guillaume d’Orange s’active alors pour constituer une coalition contre la France qui rassemblait les Provinces-Unies, le Saint Empire, le Brandebourg et l’Espagne. L’indignation contre la politique française était telle en Europe, qu’à l'exception de la Bavière, tous les princes allemands, initialement favorables à la France, l'abandonnèrent. L'Angleterre l’abandonna aussi, puisque le Parlement contraignit Charles II à faire la paix avec les Provinces-Unies.

Louis XIV, dont la volonté n’était pas bornée par un Parlement, continua la guerre, prit la Franche-Comté et pilla le Palatinat. L’ensemble des troupes coalisées ne parvinrent pas à arrêter l’avance des troupes françaises, d’autant plus que Louis XIV finançait l’alliance suédoise comme il l’avait fait pour l’Angleterre. La guerre se solda par la paix de Nimègue (1678), par laquelle Louis XIV obtint le rattachement de la Franche-Comté au Royaume de France ainsi que l’obtention de plusieurs places fortes.

Après la paix de Nimègue, Louis XIV se mit à pratiquer une politique agressive dite des « réunions », en revendiquant tous les territoires qui avaient, même très momentanément, dépendu de la France depuis les traités de Westphalie (1648). Des « Chambres de réunion » furent installées à Besançon, Brisach, Metz et Tournai. En pleine paix, elles prononcèrent des annexions aussitôt exécutées. C’est ainsi que Courtrai, Sarrelouis, Nancy, Sarreguemines, Lunéville et Commercy furent rattachés au royaume. Des fiefs appartenant à l’électeur de Trèves, au marquis de Bade, au duc des Deux-Ponts passèrent dans la mouvance du roi de France par dizaines. Le parlement de Besançon fut sommé de réunir au royaume de France le comté de Montbéliard, les seigneuries de Ruaux, Val-d’Ajol, Fontenay-le-Châtel. Le comté de Vaudémont en Lorraine fut annexé de la même façon, avec les châtellenies de Pont-à-Mousson, Saint-Mihiel et Foug. En août 1680, ce furent les réunions de Strasbourg et de son évêché ainsi que des biens de la noblesse d’Alsace et de l’abbaye de Murbach. La ville de Strasbourg fut occupée en septembre 1681. En Alsace, seule la ville de Mulhouse resta libre, grâce à son alliance avec les cantons suisses.

Cette violation répétée du droit international engendra une nouvelle guerre autour de la ligue d’Augsbourg. Les violentes opérations menées par la France en 1684 contre la Flandre espagnole et le Luxembourg pour contraindre Charles II d’Espagne à abandonner des terres réclamées par Louis XIV furent la préfiguration du conflit qui couvait.

Une médiation hollandaise rétablit momentanément la paix et aboutit en août 1684 à la trêve de Ratisbonne entre la France, l’Espagne et l’Empire : les réunions déjà faites étaient acceptées, mais elles ne pourraient plus se poursuivre à l’avenir et La Ligue d’Augsbourg, comprenant les Provinces-Unies, l’Espagne et la Prusse, fut constituée pour se défendre contre la politique agressive de Louis XIV.

Ce dernier ne s’estimait pas rassasié par les prises que ses voisins venaient de lui concéder de mauvais gré, dans l’espoir d’obtenir la paix. Saisissant le prétexte du refus du Pape de désigner son candidat à l’archevêché de Cologne, le cardinal Von Fürstenberg, qui n’était autre que l’évêque de Strasbourg, les troupes de Louis XIV envahirent le Palatinat en 1688 avec la mission de le dévaster systématiquement pour faire peur. Les Allemands s’en souviennent encore. Les villes de Mannheim, de Worms, de Speyer et d’Heidelberg furent détruites. Des centaines de villages furent pillés, leurs habitants passés au fil de l’épée : les atrocités des troupes françaises foulaient au pied les conventions de la guerre au XVIIe siècle, qui permettaient de  limiter les pertes civiles et de respecter les propriétés.

Ces exactions soulevèrent l’indignation en Allemagne, poussant notamment les Électeurs de Saxe et de Brandebourg à s'allier avec l'Empereur contre Louis XIV. Dans le même temps, le roi de France perdit Jacques II, son allié anglais, chassé du trône d’Angleterre par Guillaume d’Orange malgré le débarquement de troupes françaises en Irlande. L’Angleterre déclara donc la guerre à la France aux côtés de l’Espagne et de la Savoie.

 

La presque totalité de l’Europe, catholique et protestante, se trouvait réunie pour s’opposer à l’expansionnisme violent conduit par Louis XIV.

 

À SUIVRE

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