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Le blog d'André Boyer

CLERMONT? PARIS? STRASBOURG...

13 Août 2022 , Rédigé par André Boyer Publié dans #INTERLUDE

LE DOYEN JEAN-PIERRE VEDRINE

LE DOYEN JEAN-PIERRE VEDRINE

J’ai relaté, dans mon dernier billet relatif à mes activités universitaires, l’échec d’IAE International pour mieux souligner a contrario l’incroyable énergie positive qui a assuré le succès de l’IFTG.

 

Dans les années 1990-1991, professeur à l’IAE de Nice, j’étais pleinement engagé dans la création de formation à l’étranger avec la FNEGE, grâce à son secrétaire général, Jean-Claude Cuzzi. Cette époque était aussi celle des relations étroites avec l’Université de Clermont, et ses professeurs de gestion, Jean-Pierre Vedrine en tête qui souhaitait mon installation à Clermont.

Non seulement je donnais à Clermont quelques cours de marketing, mais j’étais aussi associé aux activités de l’IAE de Clermont à Casablanca, à l'IFG dirigé par le remarquable et regretté Driss Skalli. Or, l’IAE de Clermont restait plus ou moins virtuel du fait de l’opposition des économistes clermontois à son développement.

Il me semble intéressant de décrire les rapports de force au sein de la Faculté à Clermont qui expliquent cet état de fait. Au sein de la Faculté de Droit, quel que soit son doyen, le pouvoir y était concentré entre les mains du Professeur Patrick Guillaumont, spécialiste en Économie du Développement comme son épouse la Professeur Sylviane Guillaumont-Jeanenney, ce qui en faisait l’allié de la puissante famille Jeanneney, dont le père, Jean-Marcel Jeanneney issu d’une forte famille franc-comtoise, s’était lui-même allié par mariage à une autre puissante famille, les Monod, et avait été l’un de principaux ministres de De Gaulle.

S’opposer au Professeur Guillaumont était par conséquent tout à fait impossible dans la Faculté de Clermont et ce dernier ne voulait pas perdre des financements qui se seraient portés sur l’IAE au lieu de la Faculté de Droit. La messe était dite.

Pour ma part, je devins avec le temps membre de la Commission de Spécialistes de Gestion de Clermont, ce qui me permit de diriger et de faire soutenir à Clermont en 1990 la thèse de Nelly Molina, « Examen d'un processus d'analyse typologique », tout en publiant dans la Revue Française de Gestion « Gestion à la Française : que pouvons-nous apporter à l'Europe de l'Est ? ». C’était en effet mon obsession du moment.

Je ne vais pas retracer ici le très beau parcours du Professeur Nelly Molina, mais je rappellerai simplement qu’elle a inventé et dirigé successivement dans deux universités parisiennes le Master marketing de la santé et qu’elle a fait de même au Maroc dans trois institutions universitaires, dont la prestigieuse Université Mohammed VI.

Mes rapports avec l’Université de Clermont étaient si étroits que j’ai plus que songé à m’y installer, mais ce sont surtout des considérations familiales qui m’y ont fait renoncer, renforcées par l’impossibilité de faire émerger un véritable IAE. Toutefois, je n’ai jamais oublié l’équipe très attachante, bien que parfois conflictuelle, qui y travaillait autour du Professeur Vedrine hélas disparu, mais j’ai gardé un lien amical avec l’un de ses meilleurs collègues, le professeur Yves Negro. Je conterai aussi, dans un autre billet, le parcours singulier d’une de mes doctorantes, Annie Sinda, qui s’est installée à Clermont.

Mais je ne puis passer sous silence la vie du Professeur Jean Pierre Vedrine (1943-2017), toute consacrée à Clermont où il a fait ses études en compagnie de son futur collègue le professeur François Blanc au lycée Blaise Pascal et à son université. Professeur en économie puis en gestion, bon mathématicien, on lui doit l’un des très rares ouvrages français sur les TQG (les Techniques Quantitatives de Gestion). Il a dirigé la Faculté de Droit et de Sciences Économiques de Clermont et a été le moteur de l’enseignement et de la recherche en gestion à Clermont, assisté jusqu’au bout par son épouse Sylvie. Je leur dois beaucoup et j’y reviendrai…

Même si je faisais soutenir à Nice en 1991 une 7eme thèse « La stratégie publicitaire des entreprises coréennes » par Lee Wo Chae, qui retourna ensuite dans son pays et dont je n’ai plus jamais eu de nouvelles, cette année-là fut surtout celle des propositions de mutations. En même temps que Clermont, la FNEGE me pressait de solliciter un poste à Paris afin de mieux développer avec elle les programmes internationaux qu’elle avait en charge.

J’étais superficiellement tenté de candidater à Paris, qui m’ouvrait de très grandes possibilités de carrière, mais le souvenir amer de mon séjour à Saint Germain en Laye lors de mon expérience à la Mobil m’en dissuada (voir mon billet Mobil Man et les billets suivants sur cette période).

La surprise vint cependant de Strasbourg. À cette époque, je me trouvais souvent pour des raisons personnelles en Alsace. L’information de cette présence fréquente à proximité de Strasbourg vint jusqu’aux oreilles de Sabine Urban, directeur de ce qui s’appelle aujourd’hui l’EM Strasbourg Business School et qui s’appelait à l’origine, en 1919, l’IECS.

L’Université de Strasbourg a eu la chance de retenir toute sa carrière en son sein Sabine Urban, tant elle était attachée de toutes ses fibres à la ville de Strasbourg et à l’Alsace. Parmi ses très grands talents, elle avait eu le mérite d’organiser un programme spécifique au sein de l’IECS, l’EME (École de Management Européen) dont le nom disait tout, au sens où il était extrêmement ouvert sur l’Europe.

 

Sabine, appelons là ainsi désormais, qui, me semble t-il, était plus encore un professeur qu’un directeur, cherchait un successeur à la direction de l’IECS qui poursuive dans la voie européenne qu’elle avait tracé et elle pensa à moi, qui ne cessait d’organiser des programmes en Europe de l’Est. C’est pourquoi elle me contacta.

 

*La raison des enseignants de gestion de Clermont 1 a fini, grâce à la détermination de Sylvie Martin-Vedrine, par aboutir à la création d'un département IAE au sein de la Faculté des Sciences Économiques et de Gestion puis à son autonomie en 2012. 

 

À SUIVRE

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