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Le blog d'André Boyer

CRISE ÉNERGÉTIQUE DANS LE MONDE

28 Janvier 2022 , Rédigé par André Boyer Publié dans #ACTUALITÉ

CRISE ÉNERGÉTIQUE DANS LE MONDE

L’augmentation soudaine du prix des différentes sources d’énergie en Europe résulte de la croissance de la demande dans le monde, mais également de règles spécifiques à l’Europe.

 

Fondamentalement, l’augmentation de la demande d’énergie est tirée par celle de la population mondiale, un milliard d’êtres humains de plus dans les dix prochaines années. Cette augmentation engendre des effets négatifs sur la qualité de vie de ces êtres humains, du fait de la détérioration de l’environnement et de la raréfaction de l’offre qui se traduit par la hausse des prix ou par le rationnement. Se pose dès lors la question de la répartition de la rareté de l’offre énergétique dans le monde.  

Pour analyser la situation actuelle, il faut pouvoir la situer comme un moment de rupture ou au contraire comme une période d’évolution dans le cadre de l’histoire de l’énergie utilisée au cours du temps par les sociétés humaines.

Depuis l'aube de la révolution industrielle, on a observé que la croissance économique et la demande d'énergie étaient liées. Le sont-elles toujours ? Certains veulent croire que non, estimant que les économies d’énergie seront à la fois nécessaires pour l’environnement et bénéfiques pour la croissance, mais rien ne laisse croire qu’il en sera ainsi pour les quelques dizaines d’années à venir.

En 1800, le combustible de choix était la biomasse, typiquement le bois des arbres abattus du fait des phénomènes naturels et des hommes. L’offre, tirée par la demande, augmentait, mais assez peu, de l’ordre de 1 % par an. Puis, au tournant du XXe siècle, la demande d'énergie s’est accrue rapidement. De 1900 à 1950, on se souvient que les chevaux ont cédé la place aux voitures, les lampes à huile à l'éclairage électrique et les glacières aux réfrigérateurs, toutes ces évolutions et d’autres doublant la demande d'énergie primaire.

Bien sûr, la biomasse ne suffisait plus à répondre à la demande d’énergie, mais l’on savait depuis le XIXe siècle y ajouter les combustibles fossiles, le charbon suivi du pétrole. L’énergie électrique, utilisée de plus en plus largement à partir des centrales à charbon et au fuel, comme des barrages hydro-électriques qui étaient des sources d’énergie sans impact sur les gaz à effet de serre quoique traumatisante pour les habitats et les paysages.

La poursuite de  l’accroissement mondial du niveau de vie, améliorant l’éclairage, multipliant les automobiles, renforçant le chauffage et la climatisation,  proposant toujours plus d’usages liés à Internet, a entrainé la nécessité de consommer toujours plus de charbon et de pétrole, d’installer toujours plus de barrages hydro-électriques et d’y ajouter des centrales au gaz et des centrales nucléaires, ces dernières suscitant la crainte de risques catastrophiques provoqués par leurs éventuels dysfonctionnements et par une pollution à très long terme de l’environnement du fait de leurs déchets.

Progressivement, alors que la découverte de toujours plus de gisements pétroliers et gaziers faisait baisser le prix de l’énergie, encourageant sa consommation et décourageant la recherche sur les énergies alternatives, qu’elles soient nucléaires ou renouvelables, on s’est avisé progressivement durant le demi-siècle que l’utilisation du charbon, du pétrole et dans une moindre mesure du gaz polluait. On a alors commencé, plus ou moins timidement selon les régions, par produire à l’aide de panneaux solaires, dont le coût reste élevé du fait de leur processus de production et des éoliennes dont on découvre déjà les limites.

Pendant que cette prise de conscience écologique s’affirmait, la Chine ne trouvait rien de mieux que de faire bondir la croissance mondiale qui atteint désormais, hors crise du Covid, 4% par an, faisant corrélativement grimper la consommation d’énergie au même taux.

Nous en sommes là, en ce début 2022. L’énergie manque dans le monde. Les prix du pétrole, du gaz et donc de l’électricité montent. On sait, mais ce ne sera qu’une accalmie saisonnière, que l’arrivée du printemps devrait résorber provisoirement une partie de la demande, mais six mois plus tard, la demande retrouvera un niveau encore plus élevé qu’aujourd’hui. 

 

En Europe, il n’y a pas de pénurie de produits énergétiques pour le moment, ce qui n'a pas empêché une brusque montée des prix, plus spectaculaire qu'ailleurs...

 

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LA FRANCE, UNE SUPERPUISSANCE MALMENÉE

23 Janvier 2022 , Rédigé par André Boyer Publié dans #HISTOIRE

BATAILLE DE PAVIE (1525): FRANÇOIS 1ER SE REND À CHARLES QUINT

BATAILLE DE PAVIE (1525): FRANÇOIS 1ER SE REND À CHARLES QUINT

Philippe le Bel peut être considéré comme le véritable  créateur du pouvoir centralisé de l'Etat Français. Après son règne, viennent les temps de crise du XIVe et XVe siècles, avec rien moins que la guerre de Cent Ans à partir de 1328 en France et la Peste ravageant l’Europe en 1347-1351.

 

La guerre de Cent Ans est le résultat du conflit entre deux prétendants au pouvoir de la superpuissance qu’était alors la France. En 1328, Philippe de Valois a été choisi comme Roi de France parce que l’entourage du roi défunt, son cousin Charles IV Le Bel, ne voulait pas être évincé par l’équipe du roi d’Angleterre, Edouard III, pourtant petit fils de Philippe le Bel alors que Philippe de Valois n’était que son neveu.

Elle met en relief l’inefficacité de l’armée française, qui s’appuie sur un pays exploité, démoralisé, appauvri par Philippe Le Bel et ses successeurs. Philippe VI envoie à la bataille de Crécy (1346) ses chevaliers accompagnés d’une mauvaise piétaille, composée à cinquante pour cent de mercenaires génois. Ils trouvent en face d’eux une petite armée d’un modeste royaume.

D’un côté trente mille hommes d'armes français et génois qui font face à moins de sept mille anglais, et ces derniers les battent à plat de couture. La victoire des Anglais à Crécy a été la victoire de l'obéissance sur l'indiscipline, de l'organisation sur l'imprévoyance, du commandement anglais sur le commandement français. Elle fut la première d’une longue série de batailles perdues par un pouvoir arrogant, désorganisé et prodigue du sang de ses soldats.

À partir de 1347, ce ne fut que successions de défaites, de révoltes, de complots, de trahisons, de capitulations. Le royaume de France en profita pour inventer l’impôt permanent, sous la forme d'une gabelle sur le sel, de taxes indirectes et d'impôts directs levés sur chaque feu : les fouages. 

En août 1415, la même catastrophe militaire se reproduisit lorsque le Roi Henry V d'Angleterre débarqua dans l'estuaire de la Seine.Charles VI envoya à sa rencontre une armée forte d'environ vingt-cinq mille hommes, alors qu’Henry V ne disposait que de six mille hommes. Près d’Azincourt, la tactique française conduisit à une débandade pire encore que celle qui avait suivi la bataille de Crécy, puisqu’il y eut dix mille morts du côté français contre six-cents du côté anglais.

Finalement, le nombre et les progrès tactiques permirent à Charles VII, Jeanne d’Arc représentant symboliquement le peuple français, de reconquérir les territoires perdus et d’inventer incidemment le premier impôt permanent institué en France, la taille.

Cessant provisoirement d’accroitre la pression fiscale, Louis XI  se préoccupa, malgré l’image de dureté qu’il a laissée aux écoliers avec ses cages de fer où il emprisonnait ses ennemis, d’encourager la prospérité économique, se montrant souple à l’égard des franchises des villes et du pouvoir de l’Église et parvenant même, vertu rarissime, à réduire la pression fiscale. Un roi libéral.

Après Louis XI, de 1483 à 1515, vinrent Charles VIII, Louis XII et François Ier. Leur obsession commune fut de conquérir l’Italie, en utilisant la supériorité démographique de la France sur les villes et les duchés italiens désunis.

Les défaites succédèrent aux victoires, si bien que le seul avantage de ces guerres, si l’on compte pour rien les morts et les destructions, fût d’aider la France à rattraper son retard culturel et artistique sur l’Italie. Encore que Louis XII soit resté dans la mémoire nationale comme celui qui a su humaniser la justice de l’époque et qui parvint à réduire les impôts grâce aux richesses de l’Italie si bien qu’il fut sans doute, de son vivant, le plus populaire des rois de France.

En revanche, François Ier continua dans la lignée de Philippe le Bel en donnant une impulsion décisive à la pratique de la « monarchie absolue ». C’est lui qui a forgé la formule « Car tel est notre bon plaisir », et c’est lui aussi qui, en matière religieuse, signa le concordat de Bologne qui plaçait l’épiscopat français sous la coupe du roi.

Il imposa aux prêtres d'enregistrer les naissances et de tenir à jour un registre, fondant de la sorte l'État Civil en France, avec l’obsession du contrôle de la population. L’économie du pays fut sacrifiée à des constructions excessives qui furent autant de gouffres financiers et surtout à ses guerres contre les Habsbourg qui mobilisèrent des sommes énormes et obtinrent des résultats calamiteux.

Il est frappant, à cet égard, que tout le monde connaisse la victoire de Marignan (1515), mais c’est sans doute pour mieux oublier la défaite de Pavie dix ans plus tard qui entraîna la capture du roi par Charles-Quint et le désastreux traité de Madrid par lequel le roi renonçait au quart de la France.

Pour faire face à toutes ces calamités provoquées par sa mauvaise politique extérieure, François Ier doubla la taille et tripla l'impôt sur le sel, la gabelle ! Il se sépara aussi de pierres précieuses appartenant à la couronne, aliéna des territoires royaux et fut le premier roi à vendre des charges et des offices pour obtenir des liquidités !

 

On se demande encore pourquoi il est resté un roi populaire dans la mémoire collective.

 

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ADIEU LA CHINE

15 Janvier 2022 , Rédigé par André Boyer Publié dans #INTERLUDE

ADIEU LA CHINE

Après ce que l’on pourrait appeler l’opération « Chat de madame Crochemore », je suis intervenu beaucoup plus modérément en Chine, jusqu’à ne plus y être retourné depuis 1992.

 

Il est vrai que j’avais d’autres chats à fouetter, si je puis dire, comme la suite de cette chronique l’exposera. Et cela d’autant plus que le management de l’opération m’a progressivement échappé, d’une part parce que la direction de l’IAE de Nice ne se souciait pas de gérer le programme chinois alors que l’IAE de Paris ne demandait que cela et d’autre part parce que j’étais plus accaparé (et plus intéressé) par l’organisation de nouveaux programmes que par la gestion quotidienne d’un programme routinier. J’ai en revanche dirigé plusieurs travaux sur la Chine.

Avant de passer aux actions que j’ai menées après le transfert de notre programme de Tianjin à Pékin à l’été 1990, il me faut revenir à ce qui s’est passé en même temps que l’opération Chine et que je n’ai pas encore abordé.

Tout d’abord, je crois que je n’ai jamais abordé cette question dans mes billets, j’avais déjà dirigé et fait soutenir trois thèses en 1988, lorsque j’ai fait soutenir Ali El Idrissi. Ces trois thèses étaient celles, en 1983, de Léopold Ahounou, un Béninois qui est devenu professeur de gestion au Sénégal, ainsi que celle de Bassirou Tidjani en 1984, un Sénégalais qui est devenu une personnalité connue parmi les professeurs de gestion africains au point qu’il a dirigé plusieurs concours interafricains de sélection des professeurs en sciences de gestion (concours CAMES).

Ces deux thèses, qui provenaient de mon séjour au Sénégal, étaient les premières des quarante-deux thèses que j’ai fait soutenir au cours de ma carrière de professeurs. Celle d’Ali El Idrissi, en 1988, après celle de Liliane Azzi (1987), dont j’ai perdu la trace, était une thèse purement niçoise. Elle a constitué le point de départ de la belle carrière d’Ali El Idrissi à l’IUT de Nice et d’une grande amitié qui perdure.

L’année suivante, en 1989, j’ai fait soutenir Michel Dromain, aujourd’hui disparu, qui avait conduit une extraordinaire recherche sur les  associations rotatives d'épargne et de crédit au Sénégal, en d’autres termes les « tontines », remarquable par le nombre des personnes interrogées et ce qu’elle révélait sur l’épargne des Sénégalais, bien supérieure à ce qu’énonçaient les enquêtes officielles. Michel Dromain apportait ainsi sa pierre à la théorie du développement spontané de Marc Penouil, aujourd’hui largement oubliée.

Mais si l’on a suivi mes billets précédents, on peut se rendre compte qu'à l'époque l’encadrement des thèses n’était ma préoccupation principale, de même que la recherche en Sciences de Gestion.

Je publiais néanmoins quelques articles pendant la période 1988-1990, très active quant à l’organisation de formations à l’étranger, sur la gestion publique, sur la consommation familiale des Chinois, dont j’ai regretté précédemment qu’elle ait fort peu attiré l’attention. J’ai également présenté en mai 1989 une communication sur le « Catholicisme, Protestantisme et Esprit du Capitalisme » dans un cadre curieux et magnifique, la belle bibliothèque érigée par l’Arabie Saoudite sur la corniche d’Anfa à Casablanca, où j’étais supposé jouer le rôle du méchant capitaliste chrétien face aux vertueux islamiques.

À ce moment de ma carrière, j’allais d’un pays à l’autre, du Maroc à la Chine de Tiananmen, pour me rendre en été à Kingston en Ontario comme professeur invité et au Viet Nam pour une mission de prospection.

Quand j’ai repris mes cours au sein de l’IAE de Nice à l’automne 1989, j’ai appris que Jean Saide, le directeur de l’IUT de Nice, se représentait sur le poste de directeur, après un long mandat engendré par des réformes successives de l’enseignement supérieur qui avaient suspendu un temps le renouvellement des mandats électifs à l’université. Soutenu par les départements GEA et dans une moindre mesure TC, je me suis également présenté à la direction de l’IUT, alors que j’avais déjà muté d’un poste à l’IUT à un poste à l’IAE, mais je n’y voyais pas à l’époque de contradiction. Dans ce genre de guerre picrocholine, les échanges ont été vifs. J’ai préparé longuement mon discours devant le conseil qui devait statuer, discours au cours duquel j’ai commis l’erreur d’attaquer personnellement Jean Saide, ce qui a servi de prétexte moral à ses partisans, de toutes façons majoritaires au sein du Conseil, pour justifier pleinement leur vote. J’ai donc été battu.

Mais au fond de moi-même, j'étais battu d'avance car je me sentais alors en situation de faiblesse psychologique et je ne m'étais présenté que pour ne pas me dédire de mes engagements vis à vis de mes collègues de l'IUT. Pour autant, cette défaite n'a fait qu'accroitre la détresse psychologique que je ressentais, après avoir trop bougé, trop agité d'idées, trop lutté. On ne peut se battre contre le reste du monde très longtemps. Il me fallait souffler.

 

D'ailleurs, avant cette campagne électorale et cette élection qui ont eu lieu en novembre 1989, je m’étais rendu le mois précédent en mission à Hanoi afin d’étudier la possibilité d’y créer une école de gestion, qui était projetée par le Ministère des Affaires Étrangères, une mission pour le moins nostalgique…

 

À SUIVRE

 

 

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LA VIE DES PLANTES

10 Janvier 2022 , Rédigé par André Boyer Publié dans #PHILOSOPHIE

LA VIE DES PLANTES

Étudier la vie des plantes, c’est se poser la question de la vie tout court.

 

La question qui a notamment été abordée au travers du livre de Peter Wohlleben, La vie secrète des arbres, dont la thèse fondamentale, même si elle est sans doute excessivement anthropomorphique, consiste à montrer un exemple de « savoir-vivre ensemble » dans la forêt.

L’approche de Peter Wohlleben s’appuie sur les travaux de la microbiologiste américaine, Lynn Margulis qui a montré dans les années 1970 que les cellules eucaryotes (organismes avec un noyau) seraient nées d’une suite d’associations symbiotiques entre différents procaryotes (organismes sans noyaux). La découverte qu’il a fait de l’endosymbiose, avec l’apparition de la cellule eucaryote, ne relève pas de la guerre ou de la compétition, mais d’une symbiose, d’une coopération.

Il s’agit d’une théorie qui a permis à la biologie d’abandonner dans ce cadre le paradigme belliciste, selon lequel la nature serait un espace de lutte de tous contre tous,  en d’autres termes le paradigme de Darwin. Le succès de La vie secrète des arbres réside justement dans un message opposé à celui de Darwin, puisque la collaboration entre les plantes y apparait comme une force créatrice.

En outre, les préoccupations écologiques de la population favorisent le nouvel intérêt qu’elle porte au règne végétal. Conscient de la profonde modification de l’ordre naturel provoquée par l’humanité́, cette dernière serait devenue plus attentive aux autres formes de vie et aux interactions entre espèces, qu’elles soient humaines, animales ou végétales. Il en résulte que la vie des abeilles ou celle des arbres sont devenues des questions politiques.

Il s’y ajoute enfin que, depuis les années 1970, l’humanité a été progressivement obligée de reconnaitre que l’être humain n’était pas le seul à incarner une intelligence. La révolution de l’informatique nous conduit déjà à accepter l’existence d’une l’Intelligence Artificielle dont sont dotées les machines, mais on a aussi attribué des formes d’intelligence à des espèces animales de plus en plus nombreuses. Demain, ce sera au tour des bactéries d’être reconnues comme intelligentes, si l’on se fie aux recherches du neurobiologiste Antonio Damasio.

Il restait donc à reconnaitre que les plantes avaient, elles aussi, une forme d’intelligence. Le pas a été́ franchi par Stefano Mancuso, l’un des fondateurs de la neurologie végétale avec František Baluška, de l’université́ de Bonn.

Cet élargissement du concept d’intelligence nous invite à renouveler notre pensée sur les plantes.

Ainsi, dans La vie des plantes, Emmanuelle Coccia avance que l’être humain ne pourra jamais comprendre une plante sans avoir compris ce qu’est le monde. Car les plantes sont à̀ l’origine de notre monde, en contribuant à̀ produire massivement l’oxygène de l’atmosphère, et donc à̀ rendre la Terre habitable tout en constituant le premier maillon de la chaîne alimentaire.

Si bien que le monde est beaucoup plus végétal qu’animal, sachant que la plante est bidimensionnelle alors que l’animal est tridimensionnel.  En effet, toute la vie des plantes se passe en surface, ces dernières ayant tendance à se développer à l’infini, tandis que les corps animaux produisent des espaces intérieurs et que le corps animal ne commence sa reproduction qu’à la fin de sa période de croissance tandis que le corps végétal ne cesse de s’accroitre, avec des organes reproducteurs temporaires.

La plante, observe Emmanuelle Coccia, ce sont des feuilles, des racines et des fleurs. La feuille est la partie la plus importante d’un végétal puisque c’est par elle que s’accomplit la photosynthèse, tandis que la racine, tout en permettant à la plante de vivre à la fois dans deux milieux, aérien et souterrain. n’est pas aussi importante, puisqu’elle est apparue très tardivement dans l’évolution du règne végétal.

La fleur, quant à elle, incarne l’intelligence des plantes au sens où elle insuffle de la forme à de la matière, à partir des graines qu’elle produit, ces graines qui constituent le lieu de mélange des gènes lors de la reproduction.

 

Concluons donc avec cette symbolique du mélange, qui fait de chaque être vivant, humain, animal, végétal, un organe de la Terre, indissociable de ses autres organes…

 

BIBLIOGRAPHIE :

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RÉSISTER EN CETTE ANNÉE 2022

2 Janvier 2022 , Rédigé par André Boyer Publié dans #ACTUALITÉ

ALBERT CAMUS

ALBERT CAMUS

Permettez-moi, avant tout autre propos, de vous souhaiter une excellente année 2022, pendant laquelle vous saurez faire des rencontres, avoir de nombreux échanges, apporter votre aide à ceux qui vous solliciteront et la recevoir de ceux qui voudront bien vous entendre. En somme, vivre en étant pleinement dans ce monde.

 

Revenant vers mes billets qui sont une forme de partage entre vous et moi, parcourant les 63 billets que j’ai publiés en 2021 sans même mentionner les 1002 articles que contient ce blog depuis 2009, je me demande si je ne suis pas obsédé par le pouvoir, l’histoire du pouvoir et son miroir, le futur du pouvoir.

Parce que je me sens solidaire de toutes les victimes de manipulation, je crois plutôt que je suis surtout obnubilé par l’abus de pouvoir. En même temps, je sais bien que tout le monde cherche à influencer tout le monde. N’est-il donc pas vain et même hypocrite de traiter de ce thème, car est-ce que je ne cherche pas moi-même à manipuler les autres ? 

Certes, mais pour reprendre l’universelle expression d’Albert Camus, « il n’y a pas de justice, mais il y a des limites ». Je pense qu’un certain respect mutuel doit imprégner les échanges entre les êtres humains pour que notre société fonctionne. Et pas seulement entre êtres humains, mais aussi avec tous les êtres vivants et la nature qui nous nourrit. Au fond, quand j’y pense, je ressens instinctivement un sentiment de solidarité avec notre monde. En revanche, je vibre d’indignation lorsque je suis le témoin, a fortiori la victime, de paroles ou d’actes de mépris, que ce soit envers un être humain, un animal ou envers la nature.

Voilà ce qui inspire le fond de nombre de mes billets. Mais est-ce que j’ai raison de m’intéresser à cette question, plutôt que de vous parler du chant des petits oiseaux, du plaisir de boire du vin, des bons films, des bonnes séries et des bons livres ou de sujets plus fondamentaux comme l’amour, les joies de la vie ou ses souffrances? Franchement, je ne sais pas et la seule réponse que je puisse faire est d’aller au fond de moi-même, non pas pour me livrer à une vaine confession, mais pour m’interroger avec vous sur ce qui est vraiment important dans la vie. 

À mon avis, ce qui est vraiment important dans la vie, c’est la vie.

Cette expression n’est qu’en apparence tautologique, car beaucoup diraient que c’est le bonheur qu’ils recherchent, qu’ils aimeraient atteindre, qui est hors de portée ou au contraire tout proche, ou dans lequel ils s’immergent, les bienheureux. Un bonheur passé, dont ils se souviennent à tort ou à raison, un bonheur enfui qu’ils aimeraient bien rattraper.

Mais moi le bonheur, ça ne m’intéresse pas comme sujet de réflexion.

Car je ne cherche pas spécialement à l’atteindre d’autant plus que j’ai remarqué que lorsqu’il arrive, c’est tout seul, sans prévenir. Il s’invite de lui-même et quand je me rends compte de sa présence que j’imagine fugace, je n’en parle pas trop pour ne pas l’effrayer, le bonheur, et le chasser prématurément.

Alors le bonheur, appelez cela de la superstition, je ne compte pas en discourir, ni devant vous, ni en privé. Et par conséquent, je ne peux pas vous parler non plus des succédanés du bonheur, l’amour, l’argent, la gloire ou le pouvoir. Ce sont des sujets encore plus dangereux que le bonheur, parce qu’une fois atteints, ils  apparaissent illusoires pour celui qui comptait justement y rencontrer le bonheur et de véritables drogues pour celui qui s’y adonne sans réserve. 

En somme, je crois qu’il est vraiment très louable de s’intéresser au bonheur, à l’amour, à l’argent, à la gloire ou au pouvoir, mais moi je ne vois pas quoi écrire d’utile pour vous et pour moi sur ces sujets, quelles observations faire, quelles recommandations donner.  

Sur la vie, oui, je crois que je peux écrire, parce qu’elle offre tant de facettes et de pièges! Dans la vie, il y a bien des choses que nous ne pouvons pas maîtriser, notre héritage génétique, l’éducation que nous subissons, les revenus de nos parents, le pays où nous naissons.  Que dire là-dessus ? À mon avis, rien que vous ne sachiez déjà. Il faut faire avec, se débrouiller avec nos atouts. Mais après, au fur et à mesure que nous nous ouvrons au monde, c’est le bon moment de vous écrire pour partager ce que je sais.

Et mon message est le suivant : si vous ne voulez pas avoir de regrets, ne vous faites pas berner par la vie. Essayez, quel que soit votre âge, d’avancer sans perdre le contrôle de votre vie. À la fin, vous et moi, nous allons mourir, c’est notre drame fondamental, la difficulté suprême que nous avons à affronter. Nous pouvons toujours en discourir, quoiqu'en vain je le crains.

Mais avant, il faut rester en bon état mental. Le physique suivra, vous le savez bien. Si nous ne cherchons pas à comprendre le sens du monde, en d’autres termes à nous approcher en tremblant de la vérité, si nous permettons par conséquent que l’on nous mente et  que l’on abuse de nous, si nous nous laissons mener en bateau, la vie menace vite de perdre tout sens.

Au fond, c’est cela le sujet de mon blog, résister au mensonge.

Je m’adresse à des lecteurs qui sont souvent des amis, des collègues, d’anciens étudiants, parfois des anonymes qui tombent par hasard sur mon blog et je leur dis de ne pas se laisser abuser, que la vie est un combat que l’on ne peut pas gagner mais qu’il ne faut pas perdre non plus.  

Et l’on n’a pas perdu tant que l’on résiste.

Alors, j’écris dans ce blog de résister, résister aux puissants, aux médias, aux menteurs, aux tricheurs, à tous ceux qui veulent nous utiliser pour leurs illusoires objectifs, résister à la tentation intime de se laisser manipuler. J’essaie d’en dévoiler les mécanismes, j'en dénonce l’hypocrisie, je montre la tromperie.

 

En attendant, je vous félicite : en ce début d’année 2022, vous venez de lire jusqu’au bout le billet le plus austère du monde, dont l’auteur déclare qu’il ne traite et ne traitera dans son blog ni du bonheur, ni de l’amour, ni de l’argent, ni de la gloire, ni du pouvoir que nous pourrions posséder !

Bravo !

  

  

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