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27 mai 2009 3 27 /05 /mai /2009 22:39

Aujourd’hui, les politiciens européens en sont encore à se lamenter du Non au traité de Lisbonne que leur a opposé le misérable petit peuple irlandais, que la constitution de ce malheureux pays oblige de consulter pour approuver, ou hélas, désapprouver les traités européens. Nous avons déjà oublié qu’en France, le Président Jacques Chirac avait pris la malencontreuse initiative de consulter aussi le peuple, sans que rien ne l’y oblige et qu’au grand dam de toute l’oligarchie réunie, le peuple avait voté non.

Pourtant au printemps 2005, la quasi-totalité des medias à l’unisson des partis de gouvernement (UMP, UDF, PS et Verts), s’engageaient pour le « oui » au referendum sur la constitution européenne du 29 mai 2005. Malgré le principe de respect des opinions qui devrait être l’alpha et l’oméga des journalistes, le « non » était considéré comme une opinion qu’il fallait combattre au nom de la « raison ». Le 20 mai 2005, au journal télévisé de 20 heures sur la « 2 », la présentatrice, Béatrice Schönberg, par ailleurs future épouse de Jean-Louis Borloo, faisait défiler les sujets suivants qu’avaient choisis sa rédaction :

-       Une présentation d’un chaleureux meeting du PS avec l’ancien Premier ministre Lionel Jospin, qui appelait à voter « oui ».

-       Un sujet sur l’intervention de Valery Giscard D’Estaing qui perçait d’un coup d’épingle un ballon portant l’inscription « Plan B ».

-       Une interview à Madrid de Monsieur José Luis Zapatero, chef du gouvernement espagnol qui affirmait à deux journalistes de la chaîne, dépêchés à Madrid, que les Français devaient voter « oui ».

-       Un exposé sur l’un des avantages supposé du traité constitutionnel.

La totalité de ces sujets prit sept minutes et trente secondes, tous consacrés à des plaidoyers en faveur du « oui ». Dans le même journal, Béatrice Schönberg ne consacra aucun sujet aux partisans du « non ». L’exemple était représentatif de l’engagement farouche des rédactions en faveur du « oui ». Devant l’évidence de sondages qui persistaient malicieusement à être favorables au « non », ce ne fut que dans les derniers jours de la campagne pour le referendum que les medias finirent par donner largement la parole aux partisans du « non » afin de ne pas être pris à contre-pied lors de l’annonce des résultats.

Cette humilité rare a dû coûter d’autant plus aux medias qu’ils parviennent le plus souvent à influencer l’opinion et parfois à la faire changer d’avis. Ainsi, en avril 1999, sous la présidence avisée de Jacques Chirac, l’OTAN décidait de faire la guerre à la Serbie. L’Assemblée Nationale et le Sénat n’étaient pas consultés. Le Président, comme c’est son droit en France, prenait seul cette décision extraordinaire de faire la guerre contre un pays qui ne s’était livré à aucune agression contre la France. Il restait à convaincre l’opinion du bien fondé de l’attaque française contre la Serbie.

Au début, l’opinion interloquée par le soudain ultimatum adressé à la Serbie, était massivement défavorable à la guerre. On se garda bien de publier le moindre sondage sur le sujet, tandis qu’on demandait aux chaînes de TV de faire tout ce qui était en leur pouvoir pour faire basculer l’opinion. C’est alors que les journaux télévisés s’ouvrirent systématiquement sur des reportages de quinze à vingt minutes qui montraient des images de réfugiés kosovars victimes d’un « génocide » perpétré par les serbes aux dépens de la population albanaise du Kosovo. Au bout de quinze jours de ce matraquage massif de l’opinion, cette dernière finit par basculer en faveur de la guerre, et les sondages furent alors rendus publics.  Il faut noter qu’à l’exception de quelques francs tireurs, nul ne s’indigna de cette désinformation spectaculaire et que la plupart des journalistes emboîtèrent massivement les pas aventureux du pouvoir politique aussi bien à propos de la guerre à la Serbie que du referendum sur la constitution Européenne, pour ne prendre que ces deux exemples spectaculaires d’endoctrinement de l’opinion.

Plus tard, beaucoup plus tard, on apprit que les images avaient été largement truquées et que les massacres entre Serbes et Kosovars avaient eu lieu dans les deux sens. Trop tard pour s’interroger sur le bien fondé d’une opération de guerre qui entraîna de lourdes pertes, humaines et matérielles pour la population serbe et des charges financières importantes pour la population française.  Quant au bonheur de la population kosovar, qui s’en est préoccupé ? des tartuffes.

On peut constater, par ces deux exemples que l’ancienneté permet de juger sereinement, mais dont le mécanisme est reproduit quotidiennement, l’engagement des medias envers les causes défendues par l’oligarchie. Accessoirement, le Président de la République actuel, Nicolas Sarkozy, a décidé d’annuler la décision du peuple en faisant voter un texte similaire par le Parlement.
Ainsi, lorsque les medias ne parviennent pas à faire voter le peuple dans le sens voulu par l’oligarchie, il ne reste plus qu’à barrer d’un trait de plume le vote: la démocratie française dans ses œuvres !

 

 

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