Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog d'André Boyer
  • Le blog d'André Boyer
  • : Commenter les événements de l'actualité, tirer les leçons de l'histoire. Ne pas cesser de philosopher. Relater les expériences de ma vie.
  • Contact

andreboyer

Recherche

Pages

Catégories

25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 14:26

Le 17 février dernier, relatant l’arrivée des 700 « misérables » qui vont mettre les habitants de Bordeaux à l’heure de la Terreur, je rappelai que les représentants de la Convention étaient Tallien et Ysabeau, tandis que les 700 hommes étaient commandés par le général Brune. Je vous avais promis d’en parler, mais après avoir conté la vie de deux femmes de qualité, raconter la vie de ces sanglantes fripouilles (y compris ce boucher de Brune doté de toute une série de statues qui le célèbre, toute honte bue, à Paris, Avignon, Brive, Poligny…), j’ai préferé y renoncer et me concentrer sur la suite de l’histoire de la Terreur. 

1009072-Charlotte_Corday.jpgIl suffit d’essayer de rétablir les faits historiques, tant ils ont été distordus par des historiens aux ordres du pouvoir, afin de décrire cette période, sans doute l’une de deux ou trois plus sombres de l’histoire de France.

Comme je l’écrivais le 17 fevrier dernier en prenant pour exemple la révolte et la prise de Bordeaux, après le décret ordonnant la levée de trois cent mille hommes pour affronter l’ensemble des pays européens auxquels la Convention a déclaré la guerre et non l’inverse, des troubles éclatent dans le Midi et en Vendée. À Lyon, des affrontements opposent les partisans et les adversaires de la Convention. En Alsace, à Montargis ou à Orléans, on se soulève contre la conscription.

Mais la Convention se sait inexpugnable tant qu’elle dispose du soutien des sans-culottes parisiens et de leurs homologues en province, qui doivent être nourris et entretenus. D’où l’importance stratégique de la crise des subsistances : il ne faut pas perdre le soutien des faubourgs, sinon adieu le pouvoir ! La pénurie de pain entraîne de violentes scènes de pillage et l’apparition de la faction dite des « enragés », dénonciatrice des accapareurs et des spéculateurs.
La rue arrache à la Convention des décrets fixant le maximum des prix, dans une atmosphère de conflit exacerbé entre les Girondins et les Montagnards.

Une commission de sécurité, où seuls des Girondins et des modérés sont élus, est chargée de prendre « les mesures nécessaires à la tranquillité publique ».  Elle ordonne le 24 mai 1793 l'arrestation d'Hébert, l'homme fort de la Commune, mais une manifestation de rue aboutit à la libération d'Hébert. C’est dire le pouvoir de la rue parisienne ! Elle peut tout.

La preuve, le 2 juin 1793, un nouveau coup de force des sections parisiennes contre la Convention provoque la défaite des Girondins à Paris : à l'aube du 2 juin 1793, rassemblés par Marat, les bataillons d'Hanriot prennent place autour des Tuileries, canons braqués sur le château jusqu’à ce que la Convention se résigne à voter le décret d'arrestation de vingt-neuf de ses membres et de ses deux ministres. On imagine l’ambiance…

Mais en province, cette affaire ne passe pas, au point de provoquer  le soulèvement des deux tiers des départements français ! On vous l’a présenté comme cela l’histoire de la révolution dans les salles de classe ? C’est l’inverse que l’on a décrit, la sédition de quelques attardés féderalistes contre les preux défenseurs de la République.

Les faits sont les suivants : à Lyon, le maire montagnard Chalier a été renversé dès le 28 mai. À Marseille, la chasse aux jacobins est ouverte. Paoli en Corse a pris la tête d’un gouvernement indépendant. Toulon passe aux mains des royalistes le 12 juillet. Bordeaux, fief des Girondins, forme une Commission de Salut Public qui appelait les autres départements à se concerter : on a vu la suite dans mes blogs précedents.

Le 13 juin 1793, l'assemblée des départements réunis est convoquée à Caen, où les cinq départements de Normandie levaient une armée fédéraliste. Le mot d’ordre est de former contre Paris une fédération de départements plus ou moins autonomes et égaux. Cette tentative a juste le temps de se constituer qu’elle est prise entre deux feux, les royalistes qui s’appuient sur le succès des Vendéens et les Montagnards qui appellent à la solidarité des républicains.

 

Le 13 juillet 1793, quatre ans après la prise de la Bastille, une fédéraliste, Charlotte Corday, poignarde Marat dans sa baignoire.

 

La France profonde est en ébullition… 

Partager cet article

Repost 0

commentaires