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Le blog d'André Boyer

Apocalypse III

8 Décembre 2011 Publié dans #ACTUALITÉ

À l’objection de Paul Couturier observant que cette crise n’est que l’expression d’un déplacement de pouvoir et de richesse de l’Europe et des États-Unis vers l’Asie et non la fin du capitalisme ? Paul Jorion oppose une autre vision du développement des pays émergents.  

Paul JorionPour lui, ce qui a permis le développement de ces pays, c’est l’exploitation des richesses de la terre et n’importe quel système pouvait le faire. Quant au point de vue de Paul Couturier, il n’est que celui d’un représentant d’un système qui est en train de s’effondrer et qui n’est pas heureux de cette perspective. Le système actuel a entrainé une surexploitation des ressources du monde et à accroitre les inégalités. Quel sera le prochain système ? Paul Jorion avoue qu'il n’en sais rien, mais ce qu'il observe, c’est que tout le savoir du dernier carré des économistes fidèles au système actuel n’a rien produit de positif.

Il repète ce qu'il observe : ce système ne marche plus. Il observe que c’est la panique au sommet et en même temps qu’il y a un certain nombre de gens à qui on demande de déclarer que ce n’est pas la panique au sommet parce que ce n’est pas bon pour la population. Lui, il ne fait pas partie de ces gens et  se contente de répèter qu’il est urgent de penser tous ensemble à ce qui va succéder à ce système.

Marc Voinchet demande à Paul Jorion quelles sont les solutions, parmi celles qui sont proposées par les politiques, qui lui paraissent offrir des perspectives ? Ce dernier répond  que, pour lui, il faut casser la machine à concentrer la richesse, il faut éviter que le prochain système reconstitue une aristocratie. En 1789, il y avait une aristocratie qui était fondée sur la possession de la terre, et la Révolution a abouti à la reconstitution d’une nouvelle aristocratie fondée sur l’argent à la place de la terre. En 1917, on a fait une révolution en Russie qui a abouti à une bureaucratie qui est devenue à son tour une aristocratie. Désormais, il faut parvenir à casser la machine à reproduire des aristocraties, car lorsqu’un tiers du patrimoine appartient à un pour cent de la population comme aux États-Unis, la machine ne plus fonctionner. En effet, cette richesse concentrée entre trop peu de mains ne peut pas être investie dans la production, car l’immense majorité de la population ne dispose plus du coup d’assez de revenus  pour consommer; aussi se reporte t-elle sur la spéculation, ce qui déséquilibre le système des prix.

Si on ne se rend pas compte que ce système est grippé en raison de la concentration des richesses, alors on ne peut pas avancer. Or c’est ce que l’on fait en ce moment. On ne veut pas toucher aux privilèges des plus riches. On l’a bien vu en 2008, lorsqu’il y avait une fenêtre d’opportunité pour résoudre la crise, et que l’on n’a rien fait : on aurait pu redistribuer les richesses pour faire repartir l’économie et on ne l’a pas fait.

Marc Voinchet se demande si en Europe, l’ultime solution n’est pas de faire fonctionner la planche à billet, mais Paul Jorion estime que c’est la solution du désespoir et que cela ne peut pas marcher. En cela, les allemands ont raison car l’Euro n’est pas une monnaie de référence comme le dollar, et qu’une telle « solution » provoquerait une hyper inflation. L’idée que la BCE rachète les dettes de tout le monde est une idée folle. On peut par conte faire un moratoire, ne pas rembourser les dettes et remettre les compteurs à zéro.

Ce qui a fait basculer les différents États dans le trou, c’est la décision de se porter au secours du secteur bancaire. Quant à ce dernier, il était plombé parce que l’on avait remplacé le pouvoir d’achat des gens par la capacité qu’on leur avait donné d’emprunter. Au total, c’est la distribution des richesses qui est faussée dans le système capitaliste où le capital est rémunéré avant tout le reste. C’est pourquoi déclarer que ce système est fini est un constat, pas une prophétie.

Paul Jorion constate qu''il suffit d’observer les évènements suivre leur cours selon des enchainements inexorables, de les analyser et de les comprendre, pour faire le même constat : ce système est fini. 

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