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1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 11:24

Aujourd’hui 1er août 2012, ce blog est le 300e que je publie depuis le 1er janvier 2009. Ils ont donné lieu jusqu’à ce jour à trente-cinq mille consultations.

Compte tenu de la guerre menée par les monarchies sunnites du Golfe contre les Alaouites dirigés par la famille el-Assad, une guerre voulue et coordonnée par les Etats-Unis pour des raisons stratégiques qui me paraissent particulièrement machiavéliques, on ne voit pas comment les el-Assad vont pouvoir résister indéfiniment avec pour faibles alliés, l’Iran, la Russie et vaguement la Chine.

bachar-el-assad-et-sa-femme-asma.jpgAvant cette chute programmée par les puissances anglo-saxonnes et ses probables sanglantes conséquences, jetons un dernier coup d’œil sur la montée au pouvoir des el-Assad.

Hafiz ibn Ali ibn Suleyman el-Assad, l'homme qui a pris la tête de la longue lutte qu’ont menée les Alaouites pour le contrôle de la Syrie, est né le 6 octobre 1930 à Qardaha, dans le fief des Alaouites que constitue le djebel Ansarieh au sud de la Turquie.

Enfant, Hafiz s’est révélé un bon élève qui a pu d’intégrer en 1940, sous le mandat français, le Collège de Lattaquié. En 1944, il changea son nom de Wahsh, qui signifie «bête sauvage» en celui d’el-Assad, qui signifie «le lion». En 1950, il s’inscrit à l'Académie militaire d’Homs dont il est diplômé en 1952, puis à  l'école de l'air d'Alep dont il sort pilote de combat en 1954.

Dés l’âge de quinze ans, el-Assad s’était déjà engagé dans l’action politique puisqu’il préside le Comité des étudiants au Collège de Lattaquié, puis l'Union nationale des étudiants. C’est ainsi qu’il rejoint le parti Ba'th peu de temps après sa création en 1947, à l’âge de 17 ans !

Compte tenu de son engagement politique, les dirigeants au pouvoir l’obligent à donner sa démission de l’Armée en 1961 et à accepter un poste mineur au ministère des Transports. En réponse, il se joint à la tentative suivante (et manquée !) de coup d’État, ce qui l’oblige à fuir au Liban d’où il est extradé sans trop de conséquence puisqu’il se joint au coup d’État d’après (il y en avait sans cesse à cette époque) qui a lieu en 1963 et qui, lui, réussit. Il en profite, non seulement pour réintégrer les rangs de l’armée, mais pour prendre le commandement de l'armée de l'air, si bien qu’en février 1966, le coup d’État suivant s’effectue avec le soutien décisif d'Assad. C’est ce coup d’État qui porte pour la première fois les Alaouites au pouvoir. Nommé aussitôt ministre de la Défense, il prend le contrôle de l’ensemble de l’armée puis, par un dernier coup d’État jusqu’à aujourd’hui, il prend la direction de l’État syrien en novembre 1970, en s’appuyant totalement sur les Alaouites.

Ce n’est pas le lieu de faire l’histoire de son règne mais de prendre conscience de la capacité à durer du système de pouvoir mis en place par la famille el-Assad entourée par les Alaouites. Lorsque, âgé de moins de 70 ans, Hafiz el-Assad décède le 10 juin 2000, son fils cadet, Bachar el Assad, est aussitôt intronisé chef de l’État syrien le 20 juin 2000.

Ce dernier est né le  11 septembre 1965 à Damas où il fait ses études à l'école franco-arabe al-Hurriyet avant d’entreprendre une formation en médecine. Il exerce le métier de médecin pendant quatre années, de 1988 à 1992, dans un hôpital militaire proche de Damas puis s’installe à Londres pour se spécialiser en ophtalmologie. Il y  fait la connaissance de sa future femme, Asma al-Akhras, musulmane de confession sunnite.

On l’a compris, Bachar el-Assad n’avait aucune vocation pour la politique, au rebours de son père Hafiz. C’est le décès accidentel  dans un accident automobile de son frère aîné, Bassel el-Assad, en 1994, qui le contraint à quitter Londres à la demande pressante de son père, et à entrer à l'Académie militaire d’Homs. En 1999, il devient colonel avant de succéder à son père à la tête de l’État syrien quelques mois plus tard. 

Il est élu Président de la République par un référendum qui s'est tenu le 10 juillet 2000, le peuple syrien, qui n’avait guère le choix, espérant qu’il démocratiserait le pays, ce qu’il a effectivement tenté jusqu’en 2003, avant de revenir à une politique plus répressive.

Comme on le sait, une vague de contestation balaie depuis mars 2011 le régime syrien. Aux manifestations a succédé une lutte armée de plus en plus violente qui menace radicalement le régime alaouite au pouvoir en Syrie depuis quarante-deux ans. L'appartenance ethnique et religieuse est déterminante dans ce conflit, camouflée sous des oripeaux démocratiques et comme les Sunnites représentent près de soixante-dix pour cent de la population syrienne, on peut considérer comme inévitable que les Alaouites, qui constituent une petite minorité méprisée, finiront par perdre le contrôle du pouvoir. Mais d’un autre côté, les Alaouites redoutent d’en subir des conséquences particulièrement sanglantes, c’est pourquoi ils s’accrochent au pouvoir avec l’énergie du désespoir, regroupés autour de la famille el-Assad.

 

 

J’aime ce pays et ses peuples, sunnites, alaouites, druzes, ismaéliens et bien sûr chrétiens, d’autant plus que j’ai enseigné à Damas et que j’ai visité la Syrie, du majestueux Krak des Chevaliers à l’émouvante Palmyre en passant par Homs la turbulente. Je crains que ce conflit ne devienne de plus en plus sanglant et que, comme en Irak, la violence ne redouble lorsque les Alaouites céderont sous la pression…

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