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22 août 2014 5 22 /08 /août /2014 16:42

Dans le récit de mes activités professionnelles de 1969 à 1980, il me reste à écrire la manière dont je suis finalement devenu professeur en Sciences de Gestion en mai 1980, après avoir mené à son terme l’écriture d’une thèse dans cette discipline.

These.jpgFin août 1972, je démissionne de la Mobil Oil pour rejoindre l’Université de Nice  le 1er octobre 1972. Pendant le mois de septembre 1972, nous nous rendons en famille à Göteborg où j’essaie naïvement, en fréquentant son université, de trouver un sujet de thèse qui serait tombé du ciel ou d’une étagère ou d’une soudaine inspiration.

Évidemment, aucun sujet ne m’inspire sur le coup, mais j’y puise en revanche l’idée de créer une Université du Troisieme Age (voir mes quatre blogs sur « L’invention de l’Université du troisième âge » du 1er mai 2012, « La création de l’Université du troisième âge », 13 mai 2012, « Les premiers pas d’une université du troisième âge », 17 décembre 2012, « U3 en majesté », 21 avril 2013).

Arrivé à Nice, je rencontre aussitôt mon directeur de thèse, Jean-Claude Dischamps, qui détient une idée précise sur le sujet de ma thèse et sur la manière de m’occuper les six mois suivants par le truchement de la campagne électorale qu’il s’apprête à mener pour être élu député.

Je reviendrai ultérieurement en détail sur cette période particulière, par son intensité, par les faits qui se sont déroulés et par ses conséquences sur mon apprentissage de la vie. Il me suffit d’écrire ici qu’elle ne m’a pas permis d’avancer ma thèse avant avril 1973, et encore pas tout à fait, car j’avais beaucoup de cours à effectuer, afin de rattraper les cours que je n’avais pas pu donner au premier trimestre 1972. 

Alors que ce serait presque impensable aujourd’hui, c’est mon directeur de thèse qui m’a donné le sujet de la thèse. J’aurai pu surement discuter le sujet, mais je n’ai pas osé tant ses connaissances et son autorité m’en imposaient. Or le sujet qu’il me proposait sur la fiscalité et la croissance des entreprises ne me plaisait pas particulièrement, car j’avais envie, confusément, de traiter un sujet de management. Mais lequel précisément, je ne savais pas. C’est pourquoi je fis confiance à son choix qui me semblait dicté par l’expérience et par sa propre thèse qui portait sur « Les comportements économiques et les distorsions fiscales ». Je me disais logiquement qu’il pourrait mieux m’encadrer s’il connaissait le sujet.

Dans les faits, l’avancement de la thèse ne s’est pas passé comme prévu, trente-trois ans d’expérience de direction de thèses me permettant d’ajouter aujourd’hui : « comme d’habitude ».

Ce n’est pas que l’assistance de mon Directeur de thèse m’ait manqué. Bien au contraire, il m’a soutenu avec une fidélité inébranlable. Mais après tout, il avait écrit une thèse d’économie et moi je devais produire une thèse en gestion. J’ai mis longtemps à comprendre la différence entre les deux, si bien que ma thèse exprime mes hésitations entre une logique tournée vers la collectivité et celle qui privilégie l’entreprise et sa maximisation du profit.

Plus concrètement, mon directeur de thèse était Président de l’Université de Nice quand j’ai commencé la thèse. Il était très occupé mais il était physiquement proche à l’heure où Internet n’existait pas encore. Puis, après avoir présidé l’université jusqu’au 31 octobre 1974, il devint Directeur de l’Enseignement Supérieur (c’est à lui que l’on doit la création du concours d’agrégation en Sciences de Gestion) puis Recteur à Clermont. Bref, il s’éloigna.

Cette séparation géographique avec celui qui était à la fois mon Directeur de thèse et mon mentor ne fut pas une bonne nouvelle. Je perdis son soutien moral et matériel local. S’il me laissait provisoirement son magnifique bureau et la responsabilité de son laboratoire avec deux collaboratrices que j’étais censé encadrer, il activa en revanche un sentiment de jalousie qui n’était pas totalement injustifié, j’en conviens, mais que je subis durement alors que je n’étais plus protégé par sa présence. Et puis il me fallut me résigner à écrire ma thèse tout seul, sauf au moment où, à mi parcours, mon Directeur de thèse provoqua chez moi une salutaire réaction.

Avec un an de retard, en septembre 1973, je commençais sérieusement à réfléchir à la signification de ma thèse. En effet, pour rattraper le temps perdu, Jean-Claude Dischamps, dans le cadre d’un accord interuniversitaire, avait obtenu que je passe le semestre d’automne (fall semester) d’août à décembre 1973 à la State University of New York at Albany, S.U.N.Y.A) où je pourrai tranquillement m’y consacrer.

 

C’était en effet le cadre et le moment rêvé pour démarrer rapidement ma thèse. Le sort en a décidé autrement.

 

(À suivre)

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commentaires

Michel 27/08/2014 10:33


Passionnant. Vite la suite !