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28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 22:34

Je ne connaissais pas Dominique Venner, essayiste et historien, mais je lisais régulièrement la Nouvelle Revue d’Histoire qu’il dirigeait.


Dominique-Venner-.jpg

 

Elle paraissait tous les deux mois et je l’attendais avec impatience car elle apportait des informations qui ouvraient de nouvelles perspectives. La NRH était infiniment plus « objective » que la plupart des autres revues d’histoire, car elle donnait à réfléchir, à s’interroger.

Bref, Dominique Venner était avant tout pour moi un un historien qui avait publié de nombreux ouvrages.

Pour exorciser le suicide gênant de cet intellectuel qui n’était pas des leurs, la meute médiatique l’a aussitôt enterré en lui donnant la qualification supposée infamante d’intellectuel d’extrême droite. Une « femen » dérangée, seins nus, a même mimé son suicide pour mieux le réduire au néant par la dérision, sans réaliser que son insulte envers un mort la réduisait elle-même  en  poussière.

Je n’approuve, ni ne comprend le suicide de Dominique Venner. Mais son geste n’est ni indigne, ni insignifiant.

Donnons lui une dernière fois la parole en publiant la lettre d’explication adressée à ses amis, qui l’ont diffusé sur la toile :  


Je suis sain de corps et d’esprit, et suis comblé d’amour par ma femme et mes enfants. J’aime la vie et n’attend rien au-delà, sinon la perpétuation de ma race et de mon esprit. Pourtant, au soir de cette vie, devant des périls immenses pour ma patrie française et européenne, je me sens le devoir d’agir tant que j’en ai encore la force. Je crois nécessaire de me sacrifier pour rompre la léthargie qui nous accable. J’offre ce qui me reste de vie dans une intention de protestation et de fondation. Je choisis un lieu hautement symbolique, la cathédrale Notre-Dame de Paris que je respecte et admire, elle qui fut édifiée par le génie de mes aïeux sur des lieux de cultes plus anciens, rappelant nos origines immémoriales.

 Alors que tant d’hommes se font les esclaves de leur vie, mon geste incarne une éthique de la volonté. Je me donne la mort afin de réveiller les consciences assoupies. Je m’insurge contre la fatalité. Je m’insurge contre les poisons de l’âme et contre les désirs individuels envahissants qui détruisent nos ancrages identitaires et notamment la famille, socle intime de notre civilisation multimillénaire. Alors que je défends l’identité de tous les peuples chez eux, je m’insurge aussi contre le crime visant au remplacement de nos populations.

Le discours dominant ne pouvant sortir de ses ambiguïtés toxiques, il appartient aux Européens d’en tirer les conséquences. À défaut de posséder une religion identitaire à laquelle nous amarrer, nous avons en partage depuis Homère une mémoire propre, dépôt de toutes les valeurs sur lesquelles refonder notre future renaissance en rupture avec la métaphysique de l’illimité, source néfaste de toutes les dérives modernes.

Je demande pardon par avance à tous ceux que ma mort fera souffrir, et d’abord à ma femme, à mes enfants et petits-enfants, ainsi qu’à mes amis et fidèles. Mais, une fois estompé le choc de la douleur, je ne doute pas que les uns et les autres comprendront le sens de mon geste et transcenderont leur peine en fierté.

Je souhaite que ceux-là se concertent pour durer. Ils trouveront dans mes écrits récents la préfiguration et l’explication de mon geste.

 

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