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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 20:45

Dans le dernier blog, je rappelai l’extraordinaire  légèreté avec laquelle les élites lancèrent le peuple français dans la fournaise de la guerre. Il est tout aussi remarquable que cette décision des élites n’était nullement fondée sur l’assentiment, même tacite, du peuple. 

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En effet, l’opinion était largement opposée en 1913 à l’allongement du service militaire. Parmi le personnel politique Jean Jaurès et la SFIO comme Joseph Caillaux et le Parti Radical sont contre cette loi, alors que Clemenceau, ce héros belliciste  des élites, était pour, comme Poincaré, alors Président de la République. Les élections devaient avoir lieu en mai 1914, et, comme on ne le rappelle généralement pas, c'est Jean Jaurès qui emporta l’adhésion des électeurs. 

Au début de l'année 1914, l’abrogation de la loi de trois ans est un des thèmes de la campagne, avec l’instauration de l’Impôt sur le Revenu. Le 13 janvier se créé la Fédération des Gauches qui rassemble la gauche modérée en vue des élections, avec Briand, Barthou et Millerand. Le 28 janvier, à la clôture de leur congrès, les socialistes décident de soutenir les candidats républicains qui se prononceront pour l’entente franco-allemande, pas pour la guerre !

Du côté des bellicistes, la campagne médiatique contre le pacifiste continu, menée par le Figaro. À la suite de la publication par Gaston Calmette d’une lettre confidentielle de Joseph Caillaux, Madame Caillaux tue le directeur du Figaro d’un coup de pistolet le 16 mars 2014. Elle sera acquittée le 29 juillet suivant (la justice allait vite en ces temps là!).

Au début du mois de mai 1914, Robert de Jouvenel, le directeur de L’œuvre (quotidien radical-socialiste et pacifiste qui publia en feuilleton Le Feu d’Henri Barbusse), publie la République des camarades qui montre en quoi, à l’instar de nos élites actuelles, la séparation des pouvoirs est devenue fictive en raison de la « camaraderie parlementaire générale », de la professionnalisation de la fonction de député et des entraves au contrôle de la vie démocratique. On se croirait projeté un siècle plus tard !

Puis, le 10 mai 1914, les électeurs envoient une majorité de gauche pacifiste au Parlement. Il faudra un mois à Raymond Poincaré, un partisan crucial de la guerre contre l’Allemagne, pour former un gouvernement dirigé par René Viviani, un socialiste. Ce dernier jette en pâture aux socialistes et aux radicaux le projet de loi créant l’impôt sur le revenu qui sera voté le 15 juillet 1914, 18 jours avant la guerre avec l’Allemagne. C’est un os à ronger pour des députés qui sont anxieux de montrer qu’une fois élus, ils restent à gauche. Le débat sur l’abrogation du service militaire de trois ans reste ouvert.

L’organisation des évènements se chargera de rendre la question obsolète. En effet, le 28 juin 1914, Le prince héritier de l’Empire Austro-Hongrois François-Ferdinand et sa femme sont assassinés à Sarajevo par Gavrilo Princip, un étudiant lié à l’organisation terroriste serbe « La Main Noire ».

Comme Guillaume II se prononce pour « l’élimination de la Serbie en tant que facteur politique dans les Balkans », une guerre européenne est possible. Mais personne ne veut vraiment y croire, car ce serait folie! Les dirigeants  politiques cherchent à rassurer l’opinion.

Le 23 juillet, en déplacement en Russie le communiqué franco-russe constate « la parfaite communauté de vue » entre les deux parties. Sous les mots lénifiants, ce communiqué annonce la guerre, car il souligne « les divers problèmes que la  souci de la paix générale et  l’équilibre européen posent devant les puissances, notamment  en Orient ».

Cela signifie que toute tentation de provoquer un déséquilibre européen entrainera la guerre et qu’au lieu de calmer leurs interlocuteurs russes, Poincaré et Viviani ont décidé  de soutenir la Russie dans sa confrontation avec l’Allemagne. Dés lors, le toboggan vers la guerre se met en place.

Le 25 juillet, le gouvernement français envoie aux français un message subliminal en multipliant les défilés militaires avec fanfares, ce qui n’émeut pas une opinion passionnée par le procès de Madame Caillaux.

 

Mais en France, ce 25 juillet 1914, l’opinion ne se doute de rien alors que, discrètement, tous les officiers généraux et tous les chefs de corps sont rappelés et leurs permissions supprimées…

À SUIVRE

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