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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 20:41

Dans mon dernier blog, j’ai décrit comment Thorstein Veblen voyait le monde, un amoncellement de strates sociales qui jalousent la consommation de celle qui la domine, et qui compensent en surconsommant.

veblen-goods.jpgDans notre humanité mondialisée du début du XXIe siècle, une caste d'hyper riches comprenant quelques dizaines de milliers de personnes  se trouve placée au sommet, flottant au-dessus de la nomenklatura capitaliste.

 C’est cette nomenklatura, hommes politiques, très hauts fonctionnaires, PDG des plus grandes entreprises qui respecte la caste des hyper riches et qui tient en sa faveur les leviers du pouvoir politique et économique de la société mondiale. 

Autant elle admire les hyper riches, autant elle les jalouse et cherche à adopter les canons de leur consommation somptuaire qu'elle diffuse à son tour vers les classes moyennes. Ces dernières reproduisent ces canons à la mesure de leurs possibilités, imitées elles-mêmes par les classes populaires et les pauvres. C’est ainsi que les objets de luxe se répandent du haut vers le bas de la société mondiale : le luxe est une consommation de masse!

Hyper-riches et nomenklatura constituent ensemble une oligarchie, au sein de laquelle les individus se livrent une rude compétition et une course épuisante à la puissance et à l’ostentation. Pour rester dans la course, il leur faut toujours plus, ce qui les « contraint » à  organiser le prélèvement accru de la richesse collective.

Contrôlant solidement les leviers du pouvoir, ils se ferment à la classe moyenne dont les rejetons ne parviennent plus qu'avec une difficulté croissante à intégrer la caste de la nomenklatura.

La classe moyenne constitue le ventre de plus en plus mou de la société, qui s’épuise toujours plus dans la course à la consommation ostentatoire, tandis que s’ouvre vers le bas la frontière jusque-là fermée du monde des petits employés et des ouvriers. Ces derniers gardent l’espoir d’atteindre le Graal des classes moyennes, tandis qu'au contraire la précarisation des emplois leur fait entrevoir la descente vers ceux dont ils se croyaient séparés: la masse des pauvres qui, dans les pays riches, se débattent dans la gêne du quotidien.

Tapie dans cette médiocrité, gît la menace de glisser vers la déchéance de la rue.

Dans chaque pays, les groupes sociaux visent à copier le style de vie de l’oligarchie locale, qui, elle-même prend pour modèle l’oligarchie du pays le plus riche et le plus puissant, les États-Unis. Les pays étant eux-mêmes sujets au phénomène d’imitation veblenien, les sociétés occidentales constituent le modèle des pays du Sud qui ont entrepris de les rattraper.

Ce mécanisme généralisé est un facteur indirect mais puissant de la crise écologique, parce que le modèle de la classe dirigeante mondiale  tire vers le haut la consommation générale, en incitant fortement les classes inférieures à imiter leur style et leur niveau de consommation.
C'est ainsi que les Chinois veulent tous des automoblies, de la viande et des voyages toursitiques et que les marques de luxe occidentales sont reines en Chine. 

De son côté, pour échapper à la remise en cause de sa consommation ostentatoire, l’oligarchie ne connaît qu’un remède à la crise sociale, la croissance de la production, qu’elle présente comme la solution incontournable à l’élévation générale de la richesse de tous et aux maintien de ses propres dépenses ostentatoires. « Plus il y a de riches, moins il y a de pauvres » nous dit-on, mais le lien entre la croissance et l’emploi étant désormais coupé, il est de plus en plus difficile d’y croire. En outre, chaque point de croissance contribue un peu plus à la dégradation de la biosphère.

Pour résoudre la crise, aussi bien écologique qu’économique, il est donc nécessaire de s’appuyer sur « l’effet Veblen » pour limiter et arrêter la croissance de la production matérielle. À cet effet, il faut commencer par réduire la consommation matérielle, les dépenses d’énergie et les déplacements de la « classe oisive » qui constitue le modèle de la société tout entière, afin de diminuer le niveau général de la consommation des hommes.

 

Lorsque les riches consommeront moins de biens matériels, nous serons moins frustrés et nous les imiterons aussitôt en réduisant la nôtre.

Du coup, la planète ira mieux.

C.Q.F.D.

 

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commentaires

Boyer André 30/08/2013 19:16


Très fort! merci de l'information, mais j'avoue ma langue au chat pour décider s'il s'agit ici de l'effet Veblen ou du paradoxe de Giffen. En tout cas voilà un sujet interessant...


amicalement


André

Louis KLEE 29/08/2013 11:48






In : culture & management par oomark


Diagonales : De quoi les éclairs au chocolat sont-ils le nom ?





 








28-08-2013





 


Les éclairs au chocolat connaissent une double évolution : il y en a de plus en
plus dans les vitrines des pâtisseries et ils sont de plus en plus chers. Chez Dalloyau, ils sont déjà à 3,80 euros. Et dans les boutiques de quartier, ils approchent les 3
euros. Il est possible que l'éclair soit en train de devenir un produit de luxe, dont la demande augmente avec le prix. C'est ce que les économistes appellent l'effet Veblen. Mais
peut-être les consommateurs, appauvris par la crise, sont-ils plutôt en train de reporter leurs achats de gâteaux au chocolat vers l'entrée de gamme que constitue l'éclair. L'économiste
anglais Rober Giffen (1837-1910) a mis en évidence ce phénomène pour la pomme de terre et le pain, produits de nécessité dont la consommation – et par voie de conséquence le prix –
augmente quand le pouvoir d'achat diminue. 

Avec les éclairs, avons-nous affaire à un effet Veblen ou au paradoxe de Giffen ? La question est d'importance : dans le premier cas, ce serait le signe d'un contexte inflationniste, dans
le second l'annonce d'un risque déflationniste. Pour être fixé, il faudra observer les opéras. Après avoir été plus nombreux que les éclairs dans les devantures, ils sont aujourd'hui à
égalité. S'ils se laissaient dépasser, on serait justifié à craindre un avenir déflationniste.