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11 août 2013 7 11 /08 /août /2013 15:59

 Tandis que la Convention massacrait cent à deux cent mille personnes sur les huit cent mille habitants de la Vendée militaire, perpétrant le plus terrible génocide que la France ait connue, plus importante peut-être que celle des Guerres de Religion, elle procédait par la force à une levée en masse de soldats.

guillotine.jpgC’était cette levée en masse qui avait fortement contribué aux violentes révoltes contre la Convention, qui avaient mobilisé Lyon, Bordeaux, Marseille, la Normandie, la vallée du Rhône et bien sûr la Vendée. L’importance numérique de sa population à la fin du XVIIIe siècle donnait à la France un grand avantage par rapport à une coalition de pays aux populations plus faibles : alors que la France comptait vingt-sept millions d’habitants, la Prusse, l’Autriche et l’Angleterre en rassemblait à peine 30 millions à elles trois et l’Espagne pas plus  de dix millions. On se souvient que c’est la France qui avait déclaré la guerre à l’ensemble des pays européens.  

Sur les frontières, la levée en masse, effectuée avec brutalité, permit donc de rassembler un effectif considérable, cinq cent mille hommes répartis en quatorze armées, ce qui assura la supériorité numérique des troupes françaises sur l’ensemble des troupes coalisées et les obligea à se replier. C’est ainsi que sur le front de l'Est, les armées de Moselle et du Rhin repoussèrent les austro prussiens au-delà du Rhin où elles prirent leurs quartiers d'hiver. 
Sur les Pyrénées, les Espagnols furent contenus.

Tout réussissait à ce gouvernement révolutionnaire, qui avait découvert que la terreur était l’arme politique absolue, comme Billaud-Varenne le reconnaissait en novembre 1793 : « Le nouveau gouvernement sera terrible pour les conspirateurs, coercitif envers les agents publics, sévère pour les prévarications, redoutable aux méchants, protecteur des opprimés, inexorable aux oppresseurs, favorable aux patriotes, bienfaisant pour le peuple ».

Terrible et inexorable, certainement.

Une armée de sans culottes sillonnait la province, avec pour mission de terroriser les opposants et les tièdes. La « loi des suspects » permettait aux comités révolutionnaires de surveillance d’arrêter qui bon lui semblait. Cette loi proclamait qu’étaient déclarés suspects :

« Ceux qui par leur conduite, leurs relations, leurs propos ou leurs écrits se sont montrés partisans de la tyrannie, du fédéralisme et ennemis de la liberté ;

« Ceux qui ne pourront justifier de leurs moyens d'existence et de l'acquit de leurs devoirs civiques ;

« Ceux qui n'auront pu obtenir de certificat de civisme ;

« Les ci-devant nobles qui n'ont pas constamment manifesté leur attachement à la Révolution,

« Les émigrés, même s'ils sont rentrés,

« Les prévenus de délits, même acquittés… »

Depuis « l’inauguration » de la guillotine sur un voleur de grand chemin, Nicolas-Jacques Pelletier, le 25 avril 1792, la première utilisation politique de la guillotine viendra moins de quatre mois plus tard avec l’exécution de Laporte, le 23 août 1792. Puis le nombre d’exécutions s’accrut régulièrement pour atteindre trente par jour à Paris après la loi sur le tribunal révolutionnaire du 10 juin 1794.

On procéda notamment à l’exécution de Marie-Antoinette le 15 octobre 1793 après un procès odieux où Hébert essaya de l’accuser de crimes sexuels sur son fils, et à celle de Philippe Égalité le 6 novembre 1793, bien mal récompensé de son zèle révolutionnaire.

La guillotine, présentée à l’Assemblée Constituante le 28 novembre 1789 par le docteur Joseph Guillotin, avait été conçue par le chirurgien Antoine Louis, lui-même inspiré d’un dispositif utilisé en Italie et perfectionné par un mécanicien allemand, Tobias Schmidt, qui inventa le couperet en forme de trapèze. Elle avait pour but d’assurer une mort immédiate et sans souffrance, une invention humanitaire en somme. Le docteur Guillotin y voyait, pour se situer dans l’air du temps, un moyen d’introduire l'égalité de tous les citoyens face à la peine capitale.

Le 3 juin 1791, l'Assemblée constituante édicta que « tout condamné à mort aura la tête tranchée », après que les députés eurent repoussé une suggestion visant à abolir la peine de mort, émanant de Robespierre, ce grand humaniste !

De septembre 1793 à juillet 1794, environ 50 guillotines furent installées en France, fonctionnant jusqu'à 6 heures par jour à Paris pendant les mois de juin et juillet 1794. On estime que 20000 personnes à Paris et 42000 personnes en Province furent guillotinées pendant cette période de neuf mois.

Ainsi, le docteur Guillotin, qui voulait humaniser la peine de mort, avait abouti à la multiplication des exécutions parce qu’il les avait rendues techniquement et moralement plus faciles, puisqu’elles n’entraînaient pas de souffrances « inhumaines ».

 

Il faut donc se méfier des bonnes intentions proclamées des gouvernants, qui sont toujours utilisées en pratique à leur profit exclusif.

 

 

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