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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 21:08

 

Il y a quarante-huit heures, j’ai fait paraître un premier blog consacré aux causes immédiates de la désindustrialisation de la France.

Le blog ci-après aborde la question de ses conséquences.

Industrie.jpgContrairement au Japon, à l'Allemagne, à la Suède, à la Suisse ou à l'Autriche, la France n'est désormais plus guère présente dans le haut de gamme, hormis l'aviation, la pharmacie et quelques industries de luxe.

Or, dans la production du bas de gamme, elle est en concurrence avec les pays émergents mais désormais aussi avec l'Espagne et les Etats-Unis dont les coûts de production sont plus faibles que les siens : la balance commerciale avec l'Espagne, naguère excédentaire d'une dizaine de milliards d'euros, est aujourd'hui déficitaire de quelque cinq milliards d'euros, car ce dernier pays a désormais des capacités disponibles pour exporter des produits agroalimentaires, des biens intermédiaires ou des automobiles.

La concurrence américaine porte pour sa part sur toutes les productions consommatrices d'énergie, comme la chimie pétrolière ou gazière, les gaz de schiste donnant aux États-Unis un fort avantage compétitif, de l'ordre de 20 % par rapport à l'Europe.  C’est écrire s’il est actuellement mal à propos de créer une zone de libre échange avec les Etats-Unis !

On a donc un effet de sandwich : le haut de gamme est fourni par des pays qui s'y spécialisent, et le bas et le milieu de gamme vers des pays qui ont des coûts salariaux ou des coûts d'énergie plus faibles.

Ce problème est difficile à corriger, car la montée en gamme que la Suède a réussi dans les années 1990 et le Japon dans les années 2000, exige un long travail aux résultats incertains, que les constructeurs français d'automobiles, par exemple, ne veulent même plus tenter, estimant qu'ils n'en ont ni la capacité ni la crédibilité nécessaire et qui n’est vraiment possible que pour de nouvelles industries. Si l’on souhaite plutôt agir sur les coûts salariaux unitaires, il faudrait pouvoir les baisser de 20 % pour être au niveau de l'Espagne et des États-Unis, qui sont des pays dont les produits se situent désormais à un niveau de gamme voisin de celui des produits français.

L'anomalie en termes de profitabilité génère un taux d'autofinancement faible, de l’ordre de 60 % alors qu'il dépasse 100 % dans pratiquement tous les autres pays. Or l'incapacité des entreprises françaises à s'autofinancer les rend plus vulnérables aux chocs conjoncturels.

En résumé, cette situation de maladie hollandaise n'admet que deux voies de sortie, la montée en gamme ou la baisse des salaires, dont aucune n'est aisément praticable. Elle engendre, en l’absence de réaction de la puissance publique, un  amenuisement continu de la taille de l'industrie en France, la baisse de son niveau de gamme et de sa profitabilité, avec le lent déclin de sa capacité à fabriquer des produits complexes vendus à des prix relativement élevés.

Alors quelles solutions ?

On peut en recenser à priori trois :

- Vendre des produits de plus en plus haut de gamme. Irréaliste avant deux décennies. 

- Baisser les salaires ? il faudrait baisser en même temps les retraites et les allocations sociales. Impossible n’est ce pas ?

- On pourrait aussi sortir de l’Euro et dévaluer le franc de 20%, mais c’est une perspective et même une pensée impie. 

On peut y ajouter encore deux solutions héroïques:

- Ne rien faire du tout et laisser disparaître l’industrie française. L’ennui réside dans ce que le déficit commercial, actuellement, de l’ordre de cinq milliards d’euros par mois, nécessitera de vendre progressivement tous les avoirs du pays. Bienvenue aux acheteurs allemands et chinois, entre autres…

- Nier le problème, se retourner de l’autre côté et se rendormir…

 

Bonne idée…

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commentaires

andré boyer 25/06/2013 08:42


À laisser la situation se déteriorer, les responsables politiques et économiques ne préparent qu'une correction evidemment de plus en plus sévère. Quant à la solution technique, dévaluation et
sortie de l'euro, il n'en existe à mon avis aucune autre praticable, même si cete dernière est déja violente.


La seule question qui reste, c'est quand? 

Michel 24/06/2013 23:17


Les deux articles sont remarquables. Ils devraient être lus par tous les Français. Ils nous confortent - hélas - dans la conviction que le maintien dans l'euro est suicidaire. Nous
devons absolument nous appauvrir à court terme - pour produire moins cher, favoriser l'exportation, l'industrie, la croissance, et ainsi nous enrichir à moyen terme - et l'on ne
voit pas d'autre solution crédible que de sortir de l'euro et de dévaluer. C'est bien ce que laisse entendre le 2nd article.