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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 17:00

D’incroyables changements que presque personne n’avait vu venir, ont secoué l’URSS puis la Russie depuis un demi-siècle. Cette série d’articles a pour but d’attirer votre attention sur l’évolution de la Russie et sur les conséquences stratégiques qui en découlent pour la Russie…Et pour la France.

 

Boris-Eltsine.jpgÀ la fin des années 1970, l'URSS semblait en mesure de contester aux États-Unis le leadership mondial, tandis que la conférence d'Helsinki gelait la situation des frontières européennes nées de la Deuxième Guerre Mondiale.

Mais ce bilan dissimulait «l'endormissement» opéré sous le long règne de Leonid Brejnev, au pouvoir de 1964 à 1982. Derrière l'image de puissance que donnait l'empire soviétique, les retards structurels étaient considérables et le système soviétique se révélait incapable de faire accéder la population à la consommation de masse qui prévalait en Occident.

L’arrivée au pouvoir à Washington de Ronald Reagan, bien décidé à assurer le «retour de l'Amérique», font que les années 1980 s'ouvrent dans un contexte différent. Les États-Unis engagent la «Guerre des étoiles», porteuse de défis technologiques, industriels et financiers que l'URSS n’était pas en mesure de relever.

Or la succession politique de Brejnev se révélait difficile. Youri Andropov était conscient de la nécessité des réformes, mais il succombait rapidement à la maladie. Son successeur Konstantin Tchernenko n'assurait qu'une brève transition. Parvenu au pouvoir en 1985, Mikhaïl Gorbatchev tentait de mener de front une politique d'apaisement dans le domaine international et une réforme approfondie du système soviétique, fondée sur la restructuration et sur la transparence.

Cette année-là, j’écrivais les lignes suivantes, qui ne furent jamais publiées car mon analyse allait à l’encontre de ce que le pouvoir et les médias voulaient inculquer à l’opinion publique:

« Sans bases ethniques, économiques, idéologiques suffisantes, l’Empire soviétique est condamné à l’implosion. Le modèle soviétique n’a aucun rayonnement. Cette société fermée est à la limite de ses possibilités de contrôle. La société russo-soviétique est en voie d’affaissement. L’évolution démographique, le scepticisme idéologique, le cynisme individuel, l’échec économique convergent vers ce constat. »

L'évacuation de l'Afghanistan par les Soviétiques et les mesures de réduction des armements débouchèrent sur une véritable détente internationale qui encouragea la contestation dans les pays sous contrôle soviétique. À l'intérieur du pays, la volonté de libéralisation de Gorbatchev créait des forces centrifuges dont l'action aboutissait à l'explosion de 1991, deux ans après la chute du mur de Berlin et la fin des « démocraties populaires » dans l'Europe de l'Est : l'URSS, fondée en 1922, disparaît officiellement le 25 décembre 1991, sous la présidence de Boris Eltsine.  

Élu président de Russie en juin 1991, ce dernier rompait avec l'héritage soviétique, libéralisait l'économie, faisait adhérer la Russie au FMI et à la Banque mondiale et livrait les entreprises d'État aux oligarques. Ces mesures libérales entraînent des conséquences catastrophiques: une inflation galopante, l'aggravation de la corruption, la réduction à la misère de couches entières de la société, et l’effondrement de la natalité.

En juin 1993, le cours du rouble s'effondre.

Si l'éclatement de l'URSS laisse à la Fédération de Russie la plus grande superficie du monde avec 17 millions de km2, son rang de puissance nucléaire et sa place de membre permanent au Conseil de sécurité de l'ONU, elle est désormais menacée par les tentations centrifuges en Asie centrale et en Tchétchénie.

 

Le bilan de la disparition de l’URSS auquel a succédé la thérapie de choc imaginée par les économistes libéraux, le pillage des ressources organisé par les oligarques issus et la corruption généralisée aboutissent à une complète régression sur le plan économique et social.

À suivre...

Sources: La Nouvelle Revue d'Histoire, numéro 60.

 

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