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23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 21:37

 

On voudra bien me pardonner de ne pas mêler aujourd’hui ma voix aux commentaires sur la victoire électorale d'Angela Merkel, mais  plutôt d’attirer votre attention sur une autre élection qui s’est déroulée le 9 septembre dernier, dans la discrétion, sinon le silence des medias français.

Solberg

Ce jour là, la droite a remporté les élections législatives en Norvège. Il est vrai que le pays est si petit, à peine 70% de la France, qu’il ne fait même pas partie de l’Union Européenne et que l’événement est si peu dans la ligne de la pensée unique qu’il obligerait la plupart des commentateurs de la sanglante affaire Anders Breivik à se contredire.

 

Les résultats électoraux du 9 septembre en Norvège ont donné aux partis de droite, qui regroupent le Parti conservateur, le Parti du progrès, le Parti chrétien populaire et le Parti libéral, 96 des 169 sièges de la chambre unique du Parlement (Storting), avec  54 % des voix. La participation s'est élevée à 71,4 %, 5 points plus bas que lors du scrutin législatif du 14 septembre 2009.

C’est la première fois depuis 24 ans que les électeurs norvégiens élisaient un Parlement à majorité conservatrice.  La dirigeante du Parti conservateur, l'imposante Erna Solberg, à qui échoit le poste de Premier Ministre, a mis l’accent dans son programme sur l’Etat providence : elle se donne pour objectif de «meilleures écoles, de meilleures routes et une amélioration de la compétitivité pour s'assurer que la Norvège conserve son État providence. »

Sur le plan politique, elle s’apprête à gouverner notamment avec le Parti du progrès, l’ancien parti d’Anders Breivik. C’est la première fois depuis que ce parti populiste a été fondé, il y a quarante ans, qu’il entre au gouvernement. Sa dirigeante, Siv Jensen, aurait, paraît-il, fait quelques concessions sur ses positions anti-immigration.

Mais l’opinion publique a changé aussi. Dans les années 1990, le Parti du progrès avait suscité un tollé en demandant le calcul du coût de l'immigration, alors qu’aujourd’hui une commission officielle est chargée de ce calcul. De plus, au cours de la campagne électorale, tous les partis politiques ont mis en avant la nécessité de mettre en place une politique d'immigration plus « responsable ».

Erna Solberg, née à Bergen, est âgée de 52 ans et diplômée de l’excellente université de Bergen. Surnommée Jern-Erna (Erna de fer), elle s’est donné pour modèle  Angela Merkel. Elle a modifié l’axe de son parti, qui était centré autour d’Oslo et qui est désormais plus tourné vers l'ouest de la Norvège.

À priori, la défaite de la gauche est surprenante : après avoir traversé la crise sans dommage, la Norvège, riche en pétrole, affiche une santé économique remarquable avec un chômage négligeable et des niveaux de vie très élevés. À l'écart de l’Union Européenne, elle possède aussi le plus gros fonds souverain au monde, qui pèse 750 milliards de dollars.

Pas de dette, pas de crise, mais la gauche a été à la fois victime de l’usure du pouvoir après huit années au pouvoir et des défaillances des autorités apparues lors de l’affaire Anders Breivik, une commission indépendante ayant conclu que le massacre aurait pu être évité. Le volume croissant de l’immigration commence aussi à inquiéter les Norvégiens, qui ont vu soixante dix mille étrangers s’installer l’an dernier dans ce pays de cinq millions d’habitants.

 

C’est pourquoi, loin de devenir plus tolérante et plus ouverte après l’affaire Breivik, la Norvège s’apprête à prendre un tournant politique conservateur, au plan économique et culturel à la fois….

 

 

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