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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 13:01

drapeaux nordiquesLes pays nordiques, que ce soit la Suède, le Danemark, la Finlande ou la Norvège, ont des États traditionnellement très protecteurs pour le citoyen. Cela ne les a pas empêchés, sans renoncer à leur politique de « welfare », d’équilibrer leurs budgets et d’innover, en ayant pour but de répondre aux besoins de leur population sans renoncer à s’adapter aux changements du monde. Je vais en donner quelques exemples ci-après:

- Pour accroître l’efficacité de son administration, l’État suédois a autorisé les entreprises privées à entrer en concurrence avec ses propres services publics pour répondre aux appels d’offre. Le résultat est d’exclure ses propres services des appels d’offre, s’ils ne sont pas compétitifs. C’est ainsi que la majorité des centres de santé et des écoles maternelles sont  désormais construits par des entreprises privées.

- Les mêmes Suédois ont décidé de remettre des « bons d’éducation » aux parents afin qu’ils puissent envoyer leurs enfants dans l’école de leur choix, qu’elle soit publique ou privée.  Quel politicien suicidaire imaginerait en France de verser des chèques formation aux étudiants pour qu’ils choisissent de suivre une formation publique ou privée ou qu’ils choisissent de se loger où ils le souhaitent, dans les résidences du CROUS ou dans des logements privés, pour le même prix? ce serait assurément un bouleversement qui obligerait chacun, public et privé, à comparer la qualité des services rendus…

- Le Danemark a adopté le système suédois « des bons d’éducation » en permettant en plus aux parents, dans certaines limites de payer un supplément pour obtenir un service spécifique. Cela a permis de développer toutes sortes d’écoles, qui vont des écoles classiques jusqu’aux écoles religieuses catholiques, protestantes, musulmanes en passant par les écoles expérimentales pour les hippies vieillissants, afin de répondre aux différentes approches philosophiques des familles.

- Dans le domaine du travail, il est bien connu que le Danemark est le pionnier du concept de « flexicurité » auquel rêve le gouvernement français. Au Danemark, les entreprises peuvent licencier leurs employés avec une brutalité équivalente à celle des entreprises américaines, tandis qu’en contrepartie l’État leur apporte de substantielles indemnités de chômage et une aide efficace pour retrouver un nouvel emploi. Nos chômeurs rêveraient de trouver auprès de « Pôle Emploi » le même soutien. Ce système libère le Danemark du cancer qui mine notre société, la fracture entre les salariés protégés, ceux qui ne risquent pas de perdre leur travail, et  les personnes qui se retrouvent en situation de précarité parce qu’elles sont incapables, abandonnées à elles-mêmes, d’entrer ou de revenir sur le marché du travail. Les Restos du cœur en savent quelque chose. 

- Le Danemark est aussi un pionnier du concept d’État intelligent. Le gouvernement danois a certes abandonné la « fat tax » qui visait à inciter les gens à consommer de produits moins gras, en raison de ses résultats décevants. Du moins a t-il essayé. Par contre, il encourage les innovations par ses subventions. Par exemple, plutôt que d’acheter de manière routinière des fauteuils roulants au même fournisseur, il attend des entreprises qu’elles proposent les meilleures «solutions de mobilité» et encourage les plus performantes d’entre elles à exporter leurs produits.

- De leur côté, on sait que, selon tous les critères internationaux, les Finlandais possèdent l'un des systèmes éducatifs plus performants au monde. Ce n’est par chance. Pour y parvenir, ils ont commencé par supprimer toute la pesante machinerie de leur  Ministère de l’Éducation : fini les lourds programmes imposés en histoire, en langue ou en mathématique, qui émanaient de compromis entre diverses écoles intellectuelles ou idéologiques. Chaque professeur peut enseigner l’histoire de la Finlande selon sa propre vision et ses propres méthodes. Supprimés aussi les rigides et inutiles inspections des professeurs. Révolus enfin les soi-disant  diplômes couperets, tels que le Baccalauréat que l’on finit par distribuer à tout le monde pour ne fâcher personne. En Finlande, les enfants sont tenus de fréquenter l’école de l'âge de sept ans à 16 ans, sans qu’il y ait rupture entre l'école primaire et secondaire. Mais les enseignants sont libres de choisir les  méthodes d’enseignement qui leur semble les mieux adaptées et qui ont souvent tendance à mettre l’accent sur la créativité et l'apprentissage en groupe. Quant aux examens, ils les ont remplacés par des tests qui permettent d’évaluer le niveau des élèves et leurs besoins en formation, plutôt que de les classer. Il leur a fallu aussi le courage de ne pas succomber à la pensée unique : à l'âge de 16 ans, les élèves sont rigoureusement séparés entre les filières généralistes et les filières professionnelles. De plus, la Finlande ne consacre que 6,4% de son PIB à l’éducation, ce qui fait que les enseignants finlandais ne sont pas spécialement bien payés. Mais apparemment, la réussite finlandaise est fondée sur la confiance accordée aux enseignants et sur la stabilité d’un système qui n’a pas changé depuis  quarante ans…

En résumé, la leçon simple que nous donnent les pays nordiques est sans conteste que pour maîtriser les dépenses publiques tout en continuant à offrir des services publics de qualité, il vaut mieux se concentrer sur les résultats recherchés plutôt que sur le maintien des rigidités bureaucratiques.

Reste à en convaincre les électeurs et les politiciens, dont on ne sait laquelle des deux catégories est la plus frileuse…

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