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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 17:24

Je vous ai déjà conté, les  1er et 13 mai dernier, comment j’avais « inventé » puis créé l’université du troisième âge de Nice. Voici comment dans un reportage du quotidien « Le Monde » du 3 mai 1975, ce journal  publiait en page dix, un article du jeune journaliste Bruno Frappat, qui a été ensuite président du directoire du groupe Bayard Presse, intitulé « Les premiers pas d’une université du troisième âge ». Mes commentaires sont insérés entre crochets.

 

bruno-frappat-ex-president-du-directoire-du-groupe-bayard-p.jpgL’article commence ainsi :

« Notre but est de retarder le vieillissement, de faciliter un art de vivre au troisième âge et de laisser naître la créativité qui est en nous. » Prononcés au Centre universitaire méditerranéen, au 65 de la Promenade des Anglais, ces propos du Président de l’université de Nice [le professeur Jean Touscoz] avaient de quoi séduire l’auditoire. Qui parmi les cent mille personnes de plus de soixante ans qui vivent à Nice ne rêve de « retarder le vieillissement » ? Qui, dans cet amphithéâtre, parmi les deux cents personnes venues participer à l’ouverture de la session expérimentale de l’université du troisième âge, ne s’associerait pas d’enthousiasme à une entreprise qui vise à faire de la retraite un temps de vraie vie, intellectuelle et physique ? Aussi les applaudissements ont-ils joyeusement crépités sous les plafonds austères de l’amphithéâtre du bord de mer.

[….]

La réunion d’information permet au professeur de médecine René Bourgeon d’exposer « le programme médical et celui de culture physique, évidemment liés » Il recommande en outre aux participants « une conférence, capitale, sur l’équilibre psychique ». Beaucoup prennent des notes sur des petits carnets tous neufs ou griffonnent  au dos de papiers imprimés.

Un professeur de gymnastique, lui-même à la retraite, expose ensuite au public studieux comment se répartiront les « étudiants » dans les groupes d’ « entretien physique » : il y aura le groupe de ceux qui sont « en parfaite condition », le groupe des gens de « condition physique moyenne », enfin les « personnes à ménager ». « Des exercices bien dosés, précise t-il à l’intention de ces dernières, vous permettront de récupérer une grande partie de vos facultés, notamment grâce à des exercices respiratoires et de coordination. »  On applaudit avant d’écouter, avec la même attention studieuse, un professeur de sociologie [ Le professeur Jean Poirier] venu exposer le « volet culturel » de l’université du troisième âge.

Pendant six semaines, les étudiants du troisième âge pourront s’intéresser à cinq thèmes d’étude à raison, pour chaque thème, d’une conférence magistrale, d’une « table ronde » et d’une réunion de synthèse. Pour cette session expérimentale, cinq thèmes ont été retenus : les sociétés traditionnelles et le troisième âge, les problèmes sociaux du troisième âge, le troisième âge dans l’Antiquité grecque, diététique et troisième âge et les problèmes administratifs du troisième âge. Cela fait, pourra t-on penser, beaucoup de séances tournant autour d’une situation que les stagiaires veulent au contraire oublier [une remarque pleine de bon sens de l’excellent journaliste qu’est Bruno Frappat]. Mais il s’agit jusqu’ à la fin du mois de mai d’une session expérimentale et, dès le mois d’octobre, on parlera d’autre chose [ce qui fut fait].

Un jeune homme brun, chemise jaune, cravate écossaise aux couleurs vives [Il se moque un peu de moi, mais gentiment et à juste titre], déchaîne presque l’enthousiasme lorsqu’il déclare à l’assemblée des têtes blanches : « Imagination, solidarité et optimisme sont les maîtres-mots de notre université du troisième âge [c’était vrai!]. Nous faisons tous partie de la même société, il est inadmissible qu’une partie de la population se sente isolée et rejetée [je le pense toujours]. » André Boyer, trente ans, assistant de gestion à l’université de Nice, est la véritable cheville ouvrière de l’université du troisième âge. Chargé de mission auprès du président de l’université, il a obtenu un crédit de 13000 F au titre de la formation continue pour organiser cette session expérimentale. Mais en octobre, pour lancer l’université proprement dite, il lui faudra trouver de nouveaux financements, et plus importants. Ce ne sont pas les droits d’inscription (50F) qui y suffiront [en réalité, l’argent n’a jamais été un problème pour l’université du troisième âge de Nice, tant elle s’est développée rapidement].

Faire sortir les retraités de leur ghetto culturel et physique est, surtout dans une ville comme Nice, aussi malaisé qu’indispensable. Si l’université du troisième âge ne touche encore qu’un retraité sur cinq cents, c’est qu’elle n’en est qu’à ses débuts. » []

 

 

C’est ainsi que Brunot Frappat, dont on retrouve la photo au début de ce blog, décrivait les débuts de l’université du troisième âge de Nice, qu’il percevait comme une expérience aussi enthousiasmante que fragile. La suite a montré que l’enthousiasme était justifié, tant elle répondait à un besoin profond, celui de chacun d’entre nous de rester, autant et aussi longtemps que possible, dans le flux de la vie….

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