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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 22:09

La Mission d’information sur les coûts de production en France a récemment recu Patrick Artus à l’Assemblée Nationale, le 13 Son intervention m’a inspiré le texte suivant :

made--in-france.jpgLe problème de l'industrie française tient à la fois au coût du travail et au niveau de gamme de ses produits. Les coûts salariaux dans l'industrie, charges sociales comprises, sont pratiquement les mêmes en France et en Allemagne. Mais ils doivent être corrigés en tenant compte du niveau de gamme: au niveau de gamme de l'Allemagne, le coût salarial est de 45 euros de l'heure en France, contre 34 euros outre-Rhin, la différence s'élevant à quelque 30 %.

En outre, l'industrie consomme beaucoup de services, de transport, de personnel intérimaire, d’informatique, de comptabilité, de nettoyage et d’immobilier. La part de cette consommation, presque uniquement constituée de salaires, représente 80 % de la valeur ajoutée de l'industrie française. Or, grâce aux réformes du marché du travail opérées par les lois Hartz I à IV, les salaires des services sont plus bas en Allemagne qu'en France, ajoutant quelque 10 points à l'écart de compétitivité entre les deux pays.

Au total, l'écart des coûts entre la France et l'Allemagne s'établirait entre 30% et 40 %. Depuis la fin des années 1990, les coûts salariaux unitaires dans l'industrie ont un peu plus augmenté en France qu'en Allemagne, mais ce sont surtout les prix qui font la différence entre les deux pays : alors qu'ils augmentent un peu plus vite que les coûts en Allemagne, la France est obligée de baisser les siens pour pouvoir vendre, en raison du niveau de gamme plus bas des produits industriels fabriqués en France.

L'écrasement des marges des entreprises françaises trouve ainsi sa cause dans la baisse des prix plutôt que dans la hausse des coûts, ou plutôt dans l'impossibilité de répercuter les hausses des coûts sur leurs prix. Il a d'ailleurs atteint un pic avec l’appréciation de l'euro, ce qui a forcé les entreprises à baisser leurs prix en euros pour maintenir leurs prix en dollars et également avec l’augmentation des prix des matières premières que l’industrie française n’a pas pu intégrer dans ses prix de vente.

L'ensemble des coûts génère le cercle vicieux de la maladie hollandaise: la faible profitabilité de l’industrie ne créée pas  d'incitation à y investir et le capital se dirige vers d’autres secteurs de l'économie. L'industrie française investit six fois moins que l'Allemagne dans la modernisation de son appareil productif : c’est ainsi qu’en 2012, elle n'a acquis que 3 000 robots, contre 19000 pour l'industrie allemande et 6000 pour l'italienne. De plus, la France est le seul pays de l'OCDE dont la profitabilité des entreprises continue actuellement à diminuer. Cette situation singulière s'explique en grande partie par la disjonction entre l'évolution des salaires et l'état de l'économie. Dans beaucoup de pays comme l'Italie, l'Espagne, le Royaume-Uni ou l'Allemagne, la croissance des salaires ralentit rapidement quand le chômage augmente alors que l’on observe que la montée du chômage ne fait pas obstacle à celle des salaires en France.

L'évolution du coût salarial unitaire comparé en France, en Allemagne, en Italie et en Espagne semble indiquer que ces coûts plus bas dans les trois autres pays qu'en Allemagne à la création de l'euro nettement, sont devenus plus élevés en France et en Italie qu’en Allemagne et en Espagne depuis la période 2004- 2005.

Le défaut de profitabilité de l'industrie française semble moins provenir de la baisse de la durée du travail que de l'appréciation de l'euro à partir de 2001 ainsi que de l'apparition des pays émergents sur la scène du commerce mondial et de la hausse des prix des matières premières…

À SUIVRE...

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