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7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 21:59

À la fin de mon dernier blog consacré à la philosophie de Nietzsche publié le 15 octobre dernier (« Oui à la vie »), je concluais par l’interrogation suivante : «  Faut-il pour autant ne jamais lutter contre l’inacceptable ? »

 

renardC’est que l’approche que je présentais de la philosophie de Nietzsche laissait croire qu’il fallait prendre ses distances avec tout ce qui nous déplaisait ou qui nous agressait. Pourtant, dans l’esprit du philosophe, il ne s’agit pas de renoncer à intervenir lorsque l’on a les moyens de le faire, mais de ne pas se complaire dans un ressassement stérile de nos querelles, afin de ne pas s’épuiser dans un combat aussi interminable que vain.

Cela n’a aucun sens, par exemple, de condamner matin et soir des journalistes auxquels on ne peut pas répondre ou des politiques auxquelles on ne peut pas s’opposer ou encore des comportements que l’on déplore, mais que l’on ne peut pas changer.

Par contre, l’attitude qui paraît correcte à Nietzsche consiste à rester en éveil, afin d’intervenir, dés que nous en avons les moyens, face à ce qui nous paraît inacceptable.

Pour ce faire, nous devons nous concentrer sur notre capacité d’action :

« Au fond, j’ai en horreur toutes les morales qui disent : « ne fais pas telle chose ! renonce ! dépasse toi ! Je suis en revanche bien disposé envers les morales qui m’incitent à faire quelque chose… » (le Gai Savoir, IV, 304) 

Pour Nietzsche, « nier », « refuser » sont les signes d’une impuissance à transformer la réalité.

Ce sont leurs faiblesses qui empêchent la plupart des êtres humains de dire « oui à la vie » : c’est parce qu’ils sont trop faibles, physiquement ou psychiquement, qu’ils manquent de ressort et de défenses, qu’ils ne supportent le poids de l’existence, qu’ils sont incapables d’encaisser les coups du sort, c’est pour toutes ces raisons que les hommes  en sont réduit à rejeter la vie en bloc.

Or, la logique de la vie implique que toute déconvenue, toute souffrance, toute tragédie de l’existence doit être l’aiguillon de notre force ; chacune d’entre elles devrait nous inciter à affirmer notre volonté de puissance de manière toujours plus vigoureuse,  c’est à dire de manifester notre volonté de vivre.

Ce n’est pas parce que nous avons des idées noires que nous nous sentons blasés ou dégoutés, mais c’est parce que notre énergie vitale est affaiblie que nous avons besoin de nous refugier dans des idées noires. Les délires meurtriers des fanatiques, comme les excès de toutes sortes, qu’ils s’expriment sous forme de violences, de drogues ou d’addictions diverses, s’expliquent par la faiblesse de ceux qui y succombent. C’est cette langueur qui nous contraint à rechercher des excitations toujours plus puissantes pour se sentir en vie.

Du coup, Nietzsche n’y va pas par quatre chemins avec les faibles :

« Les faibles et les ratés doivent périr. Et on doit même encore les y aider » (L’Antéchrist 2). Incroyable ! Un nazi avant l’heure ! Heureusement, il faut comprendre qu’il s’agit plutôt d’une démonstration philosophique que d’un appel au meurtre !

Le but de cette phrase choquante est de montrer que, si l’on ne modifie pas nos valeurs, l’instinct d’autodestruction contenu dans notre faiblesse nous conduit logiquement à la mort, qui est la conséquence logique du nihilisme : énoncer que les faibles doivent périr, c’est nous inciter à choisir la vie.

 

Encore faut-il s’entendre sur ce que l’on veut dire par le terme de « faiblesse »…

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