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1 août 2013 4 01 /08 /août /2013 14:57

Les plus fidèles lecteurs de mon blog auront remarqué ma faible production en juillet, à peine trois blogs!

phosphatesC’est que j’ai consacré tout le mois de juillet, une bonne partie du mois de juin et une demi journée de chaque jour que Dieu a fait de la mi janvier à la fin mai, sauf les jours où je donnais des cours, participais à des jurys ou assistais à des conférences à quoi ? Aux phosphates !

Enfin aux phosphates…Plus exactement à écrire un livre sur la manière dont sont gérés les phosphates dans le monde.

Pourquoi cette passion soudaine et violente pour les phosphates ? C’est la faute de mon ami Driss A. qui m’a proposé, il y a exactement un an, d’organiser à Nice un colloque international sur les phosphates, à partir duquel nous écririons un livre.

Le Colloque ou plus exactement les Rencontres Scientifiques sur l’Èconomie des Phosphates s’est effectivement déroulé à la Faculté de Droit de l’Université de Nice Sophia-Antipolis, les 12 et 13 Décembre 2012.

Cela a été un rendez-vous extraordinaire avec des participants de très haut niveau venus du Maroc, des Etats-Unis, de Suisse et naturellement de France. Èvidemment les communications étaient aussi excellentes, parfois passionnantes. La rencontre était magnifiquement organisée, avec des interprètes simultanés de haut vol et la sténographie de l’ensemble des interventions. Bref un grand moment, un des meilleurs colloques auquel j’ai jamais participé…

Après, à partir de toutes ces déclarations, ces constats et ces analyses, j’ai dû écrire le livre qui allait avec. Pas si facile d’en faire la synthèse, de trouver un fil conducteur et de relier le tout. Mais pas inintéressant.

Alors que dire de passionnant sur les phosphates ? Deux faits à retenir pour les quarante prochaines années:

- Sans phosphates, nous mourrions rapidement de faim. Aujourd’hui, il y a sur Terre 7,1 milliards d’habitants où apparaissent, les décès étant décomptés, trois êtres humains supplémentaires toutes les secondes. Ce qui fera que nous serons, enfin vous serez, 9 milliards en 2050. Il nous faut donc augmenter la production agricole de 60% d’ici là, ou abandonner complètement les nourritures d’origine animales ou laisser une bonne partie de l’humanité mourir de faim. Je pense que la troisième hypothèse est de loin la plus probable, mais les affamés ne se laisseront pas faire facilement, ce qui promet quelques farouches conflits.

En attendant, les intellectuels et les industriels sont dans leur rôle en cherchant, les premiers, des solutions plus sympathiques que celle d’affamer les populations et les seconds, les moyens de les mettre en œuvre. En gros il y a trois solutions:

la première consiste à stopper la croissance de la population humaine, mais ce n’est pas très facile, accélérer la mortalité étant une « solution » à peine moins populaire qu’empêcher par un moyen ou une autre les naissances.

La deuxième solution est de changer les habitudes de s’alimenter de toutes les populations mondiales : adieu les grands massacres quotidiens de moutons, de bœufs, de poulets, de cochons et même de poissons! Mais il faudra changer les habitudes, les cultures, les recommandations religieuses. Il est possible, que, sous l’empire de la nécessité, l’espèce humaine finisse par s’adapter, mais plus ou moins, selon les lieux, les cultures, les circonstances.

Il reste la troisième solution, à priori la plus immédiate, qui consiste à accroitre la production alimentaire pour s’adapter aux « besoins » de la population mondiale. Je mets « besoins » entre guillemets, parce que c’est un concept particulièrement élastique. Disons plutôt les besoins estimés de la population mondiale. Sur ces bases, les données sont les suivantes :

-   la population augmente,

- la quantité de terres cultivables disponible par personne diminue mécaniquement, avec l’accroissement de la population et celui, corrélatif, des zones urbanisées.

Aujourd’hui, nous pouvons compter sur 0,232 hectares cultivables par personne pour nous nourrir. Ce n’est pas grand-chose, mais ce sera encore plus faible dans un demi siècle, de l’ordre de 0,18 hectares par Terrien.

Dans ces conditions, la seule issue est d’augmenter la consommation d’engrais, et parmi les engrais, les engrais utilsant des phosphates, qui représentent 30% des engrais consommés. Donc on prévoit un accroissement de la consommation d’engrais de 2,3% par an. L’ennui, c’est que les engrais polluent, et qu’il va falloir les gérer le plus précautionneusement possible, améliorer les engrais, former les agriculteurs.

- D’un autre côté, c’est bien beau de prévoir de consommer de plus en plus d’engrais, qui utilisent du phosphore, de l’azote et du potassium. Oui, je vous rassure, il y en assez, sans aucun doute pour l’azote et le potassium, et pour le phosphore, au travers des phosphates, pour une centaine d’années en étant optimiste.

Bien, et où se trouve les phosphates ? Au Maroc.

Bien sûr, on en trouve ailleurs dans le monde, en Chine, en Afrique, au Moyen-Orient, aux Etats-Unis et en Russie, mais pas pour longtemps. En Chine et aux Etats-Unis, les réserves permettront de faire face à la demande pour 40 ans au maximum. Tandis qu’au Maroc, on trouve des réserves énormes, qui représentent, selon les estimations, entre 50 et 75% des réserves mondiales et qui ne s’épuiseront pas avant des centaines d’années.

Vous avez tout compris : la demande de phosphates s’accroit, les réserves s’épuisent partout sauf au Maroc et tout le monde se tourne de plus en plus vers ce dernier pour importer des phosphates. Mais le Maroc, qui est en train de devenir l’hyper puissance du phosphate, n’a pas l’intention de se laisser dépouiller.

 

Or, il se trouve que l’organisation, sous contrôle du Royaume du Maroc, qui exploite les phosphates, est devenue en quelques années une entreprise extraordinaire, et je n’exagère pas…

(À SUIVRE…)

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