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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 15:24

Les membres du Comité de Salut Public et de la Convention tuaient pour garder le pouvoir, en expliquant que ce pouvoir leur paraissait nécessaire pour réaliser les idéaux auxquels ils croyaient pour le peuple français et pour le monde.

 Convention

Le discours de Robespierre à la Convention, le 5 février 1794, présente l’avantage d’être particulièrement clair.

Il y fait son rapport sur « Les principes de morale politique qui doivent guider la Convention nationale dans l'administration intérieure de la République » en déclarant qu’il faut « marquer nettement le but de la Révolution…Quel est le but où nous tendons ? La jouissance paisible de la liberté et de l'égalité ; le règne de cette justice éternelle dont les lois ont été gravées non sur le marbre ou sur la pierre mais dans le cœur de tous les hommes, même dans celui de l'esclave qui les oublie et du tyran qui les nie. » 

Bien dit. Que faire donc ?

« Nous voulons substituer dans notre pays la morale à l'égoïsme, la probité à l'honneur, les principes aux usages, les devoirs aux bienséances, l'empire de la raison à la tyrannie de la mode, le mépris du vice au mépris du malheur, la fierté à l'insolence, la grandeur d'âme à la vanité, l'amour de la gloire à l'amour de l'argent, les bonnes gens à la bonne compagnie, le mérite à l'intrigue, le génie au bel esprit, la vérité à l'éclat, le charme du bonheur aux ennuis de la volupté, la grandeur de l'homme à la noblesse des grands, un peuple magnanime, puissant, heureux, à un peuple aimable, frivole et misérable. »

Quelle vision sublime de l’humanité !

Mais comment faire naître la vertu alors que le monde est encore corrompu et que le régime démocratique est à mettre en place ?

Maximilien de Robespierre a la solution : « Le ressort du gouvernement populaire en révolution est à la fois la Vertu et la Terreur : la vertu sans laquelle la Terreur est funeste ; la Terreur sans laquelle la vertu est impuissante ».

Ce fut une catastrophe nationale que ces magnifiques déclarations de Robespierre aient été traduites en actes de gouvernement.

Car, s’il y a une leçon à tirer de la Terreur, c’est que ce sont des politiciens très vertueux qui ont commis les pires crimes politiques jamais accomplis en France. Les successeurs de Robespierre, Hitler, Staline, Pol Pot étaient tous des hommes qui proclamient vouloir le bien de leur peuple ; comme par hasard, ils font aussi partie de la liste des meurtriers les plus monstrueux que l’humanité ait jamais connu.

Ce n’est pas que les idées de Robespierre n’étaient pas excellentes, le malheur réside entièrement dans le pouvoir totalitaire dont il a disposé pour les appliquer.

Ces faits étant avérés, l’indulgence que manifestent la plupart des historiens et des hommes politiques français pour la Terreur provient de ce qu’ils croient, dans le droit-fil de la Terreur, qu’ils confondent sciemment avec la Révolution, que le rôle et la grandeur de la politique consistent à trouver et à appliquer des « solutions » aux « problèmes » du pays, en fonction des idéaux républicains.

La Terreur l’a fait. Vous l’avez enfin compris ou vous écoutez encore ceux qui ont des « solutions » ?

Car les politiciens de la Terreur ont renié les principes fondamentaux de la démocratie qui leur avait permis de représenter leurs électeurs.

Dans une démocratie, on n’attend pas des dirigeants qu’ils aient une idée géniale pour sauver le pays mais qu’ils soient attentifs aux volontés exprimées par les différentes catégories de la population; qu’ils transmettent les informations nécessaires aux citoyens pour former leur jugement et non qu’ils les cachent sous couvert de « raison d’État »; qu’ils permettent aux médias de jouer un rôle d’intermédiaires entre eux et le public et non celui d’outil de propagande  et qu’ils se soumettent aux verdicts des urnes au lieu de chercher à en travestir les résultats.

Si en France, on se permet tant d’entorses à la démocratie, c’est au nom de valeurs que l’on prétend infliger au peuple français, qui relèvent d’un magistère moral et non du pouvoir politique.

 

C’est en quoi « les valeurs républicaines » que la Terreur avait l’intention vertueuse d’infliger au peuple français comme une purge sanglante et que nos politiciens veulent aujourd’hui encore nous faire prendre sous forme de bouillie insipide, différent de celles des démocraties pour lesquelles le pouvoir vient par définition du peuple et non de ses dirigeants.

 

La République ou la démocratie, il faut hélas choisir : c’est l’enseignement de la Terreur.

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