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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 19:05

 

Le 23 décembre dernier, j’ai conté l’arrestation de Robespierre sous le titre « Robespierre l’indécis, Robespierre le perdant ». Le récit de l’exécution de Robespierre me conduit à un blog un peu plus long qu’à l’accoutumée.

tete-Robespierre.jpg

Le 28 juillet 1794 (10 thermidor de l’an II), est à la fois le jour qui voit l’exécution de Robespierre et comme par hasard la fin de la Terreur.

Maximilien Robespierre, blessé à la mâchoire, fut installé dans un fauteuil de cuir rouge. Sa mâchoire inférieure étant détachée, on passa une bande sous son menton qui fut nouée sur sa tête. Vers six heures et demie du matin, on le conduisit au Comité de sûreté générale où on l’étendit sur une table (on le voit représenté ainsi dans le tableau qui illustre le blog précédent). Blessés ou pas, les vingt deux accusés, dont Robespierre, furent ensuite amenés à la Conciergerie pour que leur identité soit constatée, qu’ils soient ensuite jugés et condamnés sans possibilité de se défendre, dans la mesure où ils avaient été mis hors-la-loi par la Convention. Ce fut le célèbre Fouquier-Tinville qui se chargea de cette mise en scène macabre consistant à condamner ceux qui étaient ses maitres quelques heures auparavant : on pense à Staline et aux grandes purges de  1936…

Antoine Fouquier-Tinville sera pour sa part guillotiné neuf mois plus tard, le 7 mai 1795. Il avait acheté la charge de Procureur du Roi en 1774 qu’il avait revendu en 1783, croulant sous les dettes spéculatives. À l’amorce de la période de la Terreur, il devint, grâce au « piston » de son cousin Camille Desmoulins, directeur d'un jury d'accusation du tribunal extraordinaire créé en août 1792 pour juger les partisans du roi.

Le 10 mars 1793, il fut nommé accusateur public du Tribunal Révolutionnaire créé par la Convention, chargé de mettre notamment accusation (donc d'être ensuite exécutées et condamnées) nombre de femmes comme Charlotte Corday (mon blog du Dimanche 7 avril 2013, « Charlotte Corday exécute le scélérat Marat »), Marie-Antoinette, madame du Barry, Elisabeth, la sœur de Louis XVI, les Carmélites de Compiègne mais aussi des milliers de Girondins, d’Hébertistes, de Dantonistes, toujours en tant que zélé exécutant. 

Au lendemain du 9 thermidor, ayant accompli sa tâche, il fut renouvelé dans ses fonctions, avant de subir un décret d’arrestation trois jours plus tard. On venait soi-disant de découvrir de nombreuses irrégularités, qui consistaient notamment à avoir fait exécuter un certain nombre de personnes qui n'avaient été ni jugées ni condamnées.

Il se défendît en se présentant classiquement comme un exécutant : « Ce n'est pas moi qui devrait être traduit ici, mais les chefs dont j'ai exécuté les ordres. Je n'ai agi qu'en vertu des lois portées par une Convention investie de tous les pouvoirs... Me voilà en butte à la calomnie, à un peuple toujours avide de trouver des coupables. »

En effet.

Le tribunal jugea pour sa part que Fouquier-Tinville s’était livré à des « manœuvres et complots tendant à favoriser les projets liberticides des ennemis du peuple et de la République, à provoquer la dissolution de la représentation nationale, et le renversement du régime républicain, et à exciter l'armement des citoyens les uns contre les autres, notamment en faisant périr sous la forme déguisée d'un jugement une foule innombrable de Français, de tout âge et de tout sexe » 

Il est vrai que tous ces guillotinés faisaient finalement désordre, qu’il fallait un coupable et que l’accusateur public l’était, assurément…

Mais revenons à Robespierre, ce 28 juillet 1794, à 16 heures 30 :

Les charrettes qui transportaient les condamnés sortirent de la cour du Mai et débouchèrent sur les quais. Elles traversèrent Paris aux cris de « Foutu le maximum » : c’était le blocage des salaires que dénonçaient les ouvriers parisiens, qui n’étaient guère reconnaissants à Robespierre du blocage des prix.

 

Sic transit gloria mundi…

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