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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 21:47

 

On se demande pourquoi l’Union Européenne, le Parlement Européen et la Commission Européenne défendent avant autant de conviction Ioulia Timochenko. 

 

686904_6_2d55_viktor-iouchtchenko-et-ioulia-timochenko-en.jpgCondamnée à sept ans de prison pour abus de pouvoir, Ioulia Timochenko multiplie les gestes de protestation pour mobiliser l’opinion européenne. Vous remarquerez que les medias français n’expliquent jamais pourquoi elle a été condamnée. Ils relatent seulement le fait qu’elle est en prison et qu’elle proteste. Et de fait, les dirigeants  et le Parlement Européen, relayés par les medias, multiplient les gestes de soutien à son égard comme si elle était victime d’une horrible injustice en étant condamné à la prison pour abus de pouvoir. On nous explique que sa vie est en danger et qu’elle subit une injustice de la part d’un pouvoir dont on nous laisse entendre qu’il est arbitraire.

Revenons donc vers quelques données factuelles.

Tout d’abord  Ioulia Timochenko est belle, avec son visage de madone slave auréolée d’une couronne de tresses blondes. Cela joue beaucoup dans la sympathie qu’elle provoque et qui fait qu’on lui donnerait le bon Dieu sans confession.

Mais qui est Ioulia Timochenko ?

D’origine russo-arménienne, Ioulia Hryhian, aujourd’hui  Ioulia Timochenko est née le 27 novembre 1960 dans la ville industrielle de Dniepropetrovsk. En 1979, elle épouse Oleksandr Timochenko, fils du responsable politique de la région de Dniepropetrovsk, avec lequel elle a une fille, Eugenia, née l'année suivante.

Elle obtient en 1984 un diplôme en économie et cybernétique de l'université d’État de l’Oblast, puis elle entame sa carrière professionnelle à l'Usine Lénine de construction mécanique. En 1988, elle ouvre avec son mari Oleksandr un magasin de location de vidéos, lancé avec 5 000 roubles soviétiques qu'ils ont empruntés. De 1989 à 1991, elle travaille en tant que directrice commerciale du centre de jeunes « Terminal » de Dniepropetrovsk.

Elle est ensuite nommée directrice de la société Ukrainian Oil Corporation  en 1991, car elle a fait la connaissance de Pavel Lazarenko, gouverneur de la région, avec qui elle se lie d’amitié. En 1995, ce dernier devient Premier ministre et propulse sa jeune protégée à la tête de la compagnie privée “United Energy Systems of Ukraine” (UESU). C'est alors qu'elle et son mari deviennent très vite riches: les contrats pleuvent, les pots de vin aussi et le couple Timochenko devient l’une des premières fortunes du pays. En 1999, Pavel Lazarenko, reconnu coupable d’escroquerie et de blanchiment d’argent, est arrêté. Ioulia, elle, n’est pas inquiétée car elle a senti le vent tourner et a su s’éloigner de lui à temps pour se rapprocher de Leonid Koutchma, le président de la République. 

La même année, elle se décide à entrer en politique. Elle est  élue députée de la région de Kirovohrad et  se voit proposer par le nouveau Premier ministre, Viktor Iouchtchenko, le poste de vice-Premier ministre et le portefeuille de l’Énergie.

Au gouvernement, la « princesse du gaz », comme on la surnomme, parvient à restructurer le secteur de l’énergie et à éponger la dette ukrainienne contractée auprès de la Russie. Son succès lui donne des ailes et elle ne tarde pas à critiquer ouvertement les autres membres du gouvernement.

Las de la voir interférer dans ses affaires, le président Leonid Koutchma finit par la limoger en janvier 2001. Ioulia Timochenko, poursuivie pour falsification de documents et contrebande, est alors incarcérée. Quand elle sort de prison, un mois plus tard, elle est victime d’un accident de voiture dont elle sort indemne  mais qui lui permet de crier à l’attentat et de fédérer l’opposition.

Symbole de la révolution orange de 2004, Ioulia Timochenko devient Premier ministre après l’investiture du candidat Iouchtchenko à la présidence de la République. Limogée en 2005, elle reprend ses fonctions en 2007, avant de se présenter en 2010 à l’élection présidentielle. Battue par Viktor Ianoukovitch, Ioulia Timochenko voit alors son gouvernement renversé par le nouveau président de la République.

Reconnue coupable d’abus de pouvoir, l’ancienne icône glamour est condamnée, en octobre 2011, à une peine de 7 ans de prison. Elle comprend alors qu’elle ne peut plus jouer de sa féminité. Désormais, c’est l’image d’une victime qu’elle veut renvoyer.

En se posant en martyr de la démocratie, il semblerait bien que Ioulia Timochenko, qui souffre en Ukraine d'une large impopularité essaie de faire oublier le « Machiavel en jupon » et la milliardaire qu'elle est.

 


Mais pourquoi donc l’Union Européenne, ses dirigeants, ses medias la soutiennent-ils avec autant d’acharnement ? mystère….

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