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6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 16:21

 

Dans mon blog du 13 mars dernier, intitulé « Notre destin », je rappelais que pour Nietzsche, chacun de nous possède une pulsion invariable, une pulsion centrale, autour de laquelle nous pouvons et devons organiser nos autres pulsions.

 

Cuirasse-.jpgC’est ainsi que la découverte d’une grande passion peut remettre sur les rails une vie en perdition. Nombre de jeunes à la dérive changent du tout au tout le jour où ils rencontrent leur vocation, car c’est toujours une passion plus forte que toutes les autres qui dompte nos passions destructrices.

Finalement, l’important est d’être en paix avec ce que génère cette grande passion:

« Car une chose est nécessaire : que l’homme parvienne à être en paix avec lui-même. Car celui qui est mécontent de lui-même est toujours prêt à s’en venger…sur nous ! » (Nietzsche, Le Gai Savoir, IV, 290).

 

Pour que la grande passion mobilise notre énergie, nous devons rechercher le danger, en tant que meilleure thérapie contre la mélancolie, la rumination, la timidité :

« Le secret pour retirer de l’existence la plus grande fertilité et la plus grande jouissance, c’est de vivre dangereusement ! » (Le Gai Savoir, IV, 283).

Le danger a le mérite de nous contraindre à être fort, encore que le danger que vante Nietzsche concerne sans doute davantage la vie intérieure que les réalités physiques, sociales ou politiques. En ce sens, l’homme a besoin d’ennemis, parce qu’ils sont nécessaires pour rester en éveil.

Nietzsche suggère même de remercier ses ennemis pour leur hostilité, parce qu’il faut être reconnaissant de ce que quelqu’un nous résiste, nous provoque et nous mette en question.

Du coup, l’hostilité, la discrimination et le harcèlement que l’on subit doivent s’interpréter comme une chance, car ce sont autant d’occasions d’inventer de nouvelles défenses. C’est ainsi que pour nombre de musiciens de jazz, la souffrance engendrée par le racisme a été l’occasion d’inventer une musique plus puissante, plus sophistiquée plus profonde que celle de leurs persécuteurs qui se trouvèrent bientôt contraints d’écouter, d’admirer, de copier leur musique.

Claude Nougaro écrit dans sa chanson sur Armstrong :

« Armstrong, je ne suis pas noir,

Je suis blanc de peau

Quand on veut chanter l'espoir,

Quel manque de pot

Oui, j'ai beau voir le ciel, l'oiseau,

Rien, rien, rien ne luit là haut

Les anges... zéro

Je suis blanc de peau »

Nous devons apprendre à choisir nos ennemis de manière à mener une guerre productive. Le but de la guerre nietzschéenne n’est pas de vaincre mais de stimuler nos forces, aussi bien face à nos ennemis extérieurs qu’intérieurs.

C’est pourquoi nous ne devons pas chercher à éradiquer nos passions violentes ou à effacer nos angoisses, car nous nous construisons dans la lutte contre ces démons.

 

En effet, pour Nietzsche, c’est dans le face à face avec la souffrance ou la méchanceté et dans la lutte contre sa propre faiblesse que l’homme est contraint de donner le meilleur de lui-même.  

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