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Le blog d'André Boyer

actualite

RÉSISTER EN CETTE ANNÉE 2022

2 Janvier 2022 , Rédigé par André Boyer Publié dans #ACTUALITÉ

ALBERT CAMUS

ALBERT CAMUS

Permettez-moi, avant tout autre propos, de vous souhaiter une excellente année 2022, pendant laquelle vous saurez faire des rencontres, avoir de nombreux échanges, apporter votre aide à ceux qui vous solliciteront et la recevoir de ceux qui voudront bien vous entendre. En somme, vivre en étant pleinement dans ce monde.

 

Revenant vers mes billets qui sont une forme de partage entre vous et moi, parcourant les 63 billets que j’ai publiés en 2021 sans même mentionner les 1002 articles que contient ce blog depuis 2009, je me demande si je ne suis pas obsédé par le pouvoir, l’histoire du pouvoir et son miroir, le futur du pouvoir.

Parce que je me sens solidaire de toutes les victimes de manipulation, je crois plutôt que je suis surtout obnubilé par l’abus de pouvoir. En même temps, je sais bien que tout le monde cherche à influencer tout le monde. N’est-il donc pas vain et même hypocrite de traiter de ce thème, car est-ce que je ne cherche pas moi-même à manipuler les autres ? 

Certes, mais pour reprendre l’universelle expression d’Albert Camus, « il n’y a pas de justice, mais il y a des limites ». Je pense qu’un certain respect mutuel doit imprégner les échanges entre les êtres humains pour que notre société fonctionne. Et pas seulement entre êtres humains, mais aussi avec tous les êtres vivants et la nature qui nous nourrit. Au fond, quand j’y pense, je ressens instinctivement un sentiment de solidarité avec notre monde. En revanche, je vibre d’indignation lorsque je suis le témoin, a fortiori la victime, de paroles ou d’actes de mépris, que ce soit envers un être humain, un animal ou envers la nature.

Voilà ce qui inspire le fond de nombre de mes billets. Mais est-ce que j’ai raison de m’intéresser à cette question, plutôt que de vous parler du chant des petits oiseaux, du plaisir de boire du vin, des bons films, des bonnes séries et des bons livres ou de sujets plus fondamentaux comme l’amour, les joies de la vie ou ses souffrances? Franchement, je ne sais pas et la seule réponse que je puisse faire est d’aller au fond de moi-même, non pas pour me livrer à une vaine confession, mais pour m’interroger avec vous sur ce qui est vraiment important dans la vie. 

À mon avis, ce qui est vraiment important dans la vie, c’est la vie.

Cette expression n’est qu’en apparence tautologique, car beaucoup diraient que c’est le bonheur qu’ils recherchent, qu’ils aimeraient atteindre, qui est hors de portée ou au contraire tout proche, ou dans lequel ils s’immergent, les bienheureux. Un bonheur passé, dont ils se souviennent à tort ou à raison, un bonheur enfui qu’ils aimeraient bien rattraper.

Mais moi le bonheur, ça ne m’intéresse pas comme sujet de réflexion.

Car je ne cherche pas spécialement à l’atteindre d’autant plus que j’ai remarqué que lorsqu’il arrive, c’est tout seul, sans prévenir. Il s’invite de lui-même et quand je me rends compte de sa présence que j’imagine fugace, je n’en parle pas trop pour ne pas l’effrayer, le bonheur, et le chasser prématurément.

Alors le bonheur, appelez cela de la superstition, je ne compte pas en discourir, ni devant vous, ni en privé. Et par conséquent, je ne peux pas vous parler non plus des succédanés du bonheur, l’amour, l’argent, la gloire ou le pouvoir. Ce sont des sujets encore plus dangereux que le bonheur, parce qu’une fois atteints, ils  apparaissent illusoires pour celui qui comptait justement y rencontrer le bonheur et de véritables drogues pour celui qui s’y adonne sans réserve. 

En somme, je crois qu’il est vraiment très louable de s’intéresser au bonheur, à l’amour, à l’argent, à la gloire ou au pouvoir, mais moi je ne vois pas quoi écrire d’utile pour vous et pour moi sur ces sujets, quelles observations faire, quelles recommandations donner.  

Sur la vie, oui, je crois que je peux écrire, parce qu’elle offre tant de facettes et de pièges! Dans la vie, il y a bien des choses que nous ne pouvons pas maîtriser, notre héritage génétique, l’éducation que nous subissons, les revenus de nos parents, le pays où nous naissons.  Que dire là-dessus ? À mon avis, rien que vous ne sachiez déjà. Il faut faire avec, se débrouiller avec nos atouts. Mais après, au fur et à mesure que nous nous ouvrons au monde, c’est le bon moment de vous écrire pour partager ce que je sais.

Et mon message est le suivant : si vous ne voulez pas avoir de regrets, ne vous faites pas berner par la vie. Essayez, quel que soit votre âge, d’avancer sans perdre le contrôle de votre vie. À la fin, vous et moi, nous allons mourir, c’est notre drame fondamental, la difficulté suprême que nous avons à affronter. Nous pouvons toujours en discourir, quoiqu'en vain je le crains.

Mais avant, il faut rester en bon état mental. Le physique suivra, vous le savez bien. Si nous ne cherchons pas à comprendre le sens du monde, en d’autres termes à nous approcher en tremblant de la vérité, si nous permettons par conséquent que l’on nous mente et  que l’on abuse de nous, si nous nous laissons mener en bateau, la vie menace vite de perdre tout sens.

Au fond, c’est cela le sujet de mon blog, résister au mensonge.

Je m’adresse à des lecteurs qui sont souvent des amis, des collègues, d’anciens étudiants, parfois des anonymes qui tombent par hasard sur mon blog et je leur dis de ne pas se laisser abuser, que la vie est un combat que l’on ne peut pas gagner mais qu’il ne faut pas perdre non plus.  

Et l’on n’a pas perdu tant que l’on résiste.

Alors, j’écris dans ce blog de résister, résister aux puissants, aux médias, aux menteurs, aux tricheurs, à tous ceux qui veulent nous utiliser pour leurs illusoires objectifs, résister à la tentation intime de se laisser manipuler. J’essaie d’en dévoiler les mécanismes, j'en dénonce l’hypocrisie, je montre la tromperie.

 

En attendant, je vous félicite : en ce début d’année 2022, vous venez de lire jusqu’au bout le billet le plus austère du monde, dont l’auteur déclare qu’il ne traite et ne traitera dans son blog ni du bonheur, ni de l’amour, ni de l’argent, ni de la gloire, ni du pouvoir que nous pourrions posséder !

Bravo !

  

  

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LES ENJEUX DES DÉCALAGES DÉMOGRAPHIQUES

21 Novembre 2021 , Rédigé par André Boyer Publié dans #ACTUALITÉ

FRAGILITÉ DÉMOGRAPHIQUE DE L'HOMME DE NÉANDERTAL?

FRAGILITÉ DÉMOGRAPHIQUE DE L'HOMME DE NÉANDERTAL?

Ces décalages entre les taux de fécondité nationaux constituent de profondes sources d’antagonisme.

D’un côté les pays dont la population baisse sont soumis à une pression migratoire croissante comme on l’observe en Europe et d’un autre côté, les pays dont le taux de fécondité est élevé seront, s’ils ne le sont pas encore, incités de plus en plus énergiquement à prendre des mesures de nature à réduire leur natalité.

Le tableau ci-dessous (les données complètes se trouvent dans l’article cité précédemment) présente une comparaison des populations de différents pays en 2017 et en 2100, calculées par le modèle de l’IHME. Il nous a paru utile d’indiquer la date à laquelle chaque pays a atteint le pic de sa population durant la période 2017-2100, aussi avons-nous ordonné de manière décroissante les pays en fonction de l’année qui a vu leur population atteindre ce niveau maximum :  

PAYS

POPULATION 2017

En millions d’habitants

MAXIMUM POPULATION (année)

En millions d’habitants

POPULATION 2100

En millions d’habitants

NIGERIA

206

790 (2100)

790

EGYPTE

96

199 (2100)

199

R. D. CONGO

81

246 (2100)

246

ALGÉRIE

40

79 (2100)

79

ISRAEL

9

24 (2100)

24

ETHIOPIE

102

240 (2080)

154

TURQUIE

80

112 (2068)

101

GRANDE BRETAGNE

67

75 (2063)

71

ÉTATS-UNIS

325

363 (2062)

336

MAROC

35

42 (2051)

32

IRAN

82

95 (2049)

70

INDE

1380

1605 (2048)

1093

FRANCE

65

71 (2046)

67

BRÉSIL

212

235 (2043)

165

ALLEMAGNE

83

85 (2035)

66

CHINE

1410

1431 (2024)

732

POLOGNE

38

38 (2017)

15

RUSSIE

146

146 (2017)

106

JAPON

128

128 (2017)

60

ITALIE

61

61 (2017)

31

Certains chiffres sont spectaculaires, voire provocateurs : en 2100, le Nigeria atteindrait 790 millions d’habitants, plus que la Chine, tandis que cette dernière verrait sa population diminuer de moitié, comme le Japon, l’Italie ou la Pologne. D’autres comparaisons sont moins surprenantes, comme la population de l’Algérie qui dépasserait celle de la France en 2100 et serait au moins deux fois plus nombreuse que celle du Maroc…

On ne peut donc prendre à la lettre ces résultats, issus d’un modèle prévisionnel provisoire. Mais ils s’inscrivent dans le cadre de  deux tendances persistantes, la baisse et les inégalités des taux de fécondité à travers le monde.

Or, la baisse du taux de fécondité relativise, dans le temps, la pression humaine sur l’environnement et les inégalités de ces taux de fécondité entre les pays sont porteurs de risques de conflits entre pays ayant des profils démographiques différents, car le pouvoir d’une population est directement, sinon exclusivement, lié au nombre.

Rappelons-nous que la France, à l’époque géant démographique, a dominé l’Europe du XVIIeet XVIIIe siècles avant de s’effondrer démographiquement au XIXe siècle pour subir la loi de l’Allemagne, nouveau géant démographique, à la croisée des XIXe et XXe siècles.

En outre, la coexistence de pays avec des taux de croissance démographique différents, les uns encore croissants, les autres décroissants, implique une pression démographique des premiers vers les seconds, au moyen de migrations qui annoncent d’autres conflits pour le partage du pouvoir à l’intérieur des pays d’immigration, entre les populations autochtones et les populations immigrées ainsi qu’entre les diverses populations immigrées entre elles.

Ces chiffres annoncent aussi, si l’on prolonge les courbes, le remplacement de toutes les populations mondiales, de l’Europe à la Chine en passant par les Amériques, par des populations d’origine sub-sahariennes. Mais n’est-ce pas ce qui est déjà arrivé à l’homme de Néandertal remplacé par l’homo sapiens ?

Ces chiffres annoncent enfin, comme toutes les autres prévisions démographiques, la disparition de l’humanité entre 2200 et 2400.

 

À moins que, comme toujours, l’histoire à venir ne se joue des tendances en les corrigeant, d’une manière ou d'une autre…

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L’ÉVOLUTION DÉMOGRAPHIQUE AU XXIe SIÈCLE

17 Novembre 2021 , Rédigé par André Boyer Publié dans #ACTUALITÉ

LES PRÉVISIONS CONTESTÉES DE L'ONU

LES PRÉVISIONS CONTESTÉES DE L'ONU

Une étude publiée récemment dans The Lancet[1]remet en question le scenario élaboré précédemment par l’ONU[2]qui prévoyait une croissance continue de la population mondiale au XXIe siècle.

Selon ce rapport de l'ONU sur la population mondiale, la Terre devrait porter 9,7 milliards d'habitants en 2050 et 10,9 milliards en 2100, contre 7,7 milliards actuellement. Mais la nouvelle étude de l'IHME, financée par la fondation Bill et Melinda Gates, prédit un pic de population à 9,7 milliards d’habitants dès 2064, avant un déclin continu sauf mesures correctrices, qui réduira la population mondiale à 8,8 milliards en 2100.

Chacun comprend que connaitre les futurs niveaux de population permet de prévoir les besoins futurs de l’humanité. Ces prévisions portent principalement sur les tendances futures de la fécondité qui restent incertaines, mais aussi sur l’évolution de la mortalité et des migrations.

Selon l’IHME, les progrès dans le niveau d'éducation des femmes et dans l'accès à la contraception permettent de prévoir que la croissance démographique mondiale ne se poursuivra que moins d’un demi-siècle pour décliner continuellement ensuite. Cette prévision est naturellement fondée sur la baisse persistante du taux de fécondité, qui, en deçà de 2,1 enfants par femmes en âge de procréer n’assure plus le renouvellement de la population. Or, ce taux de fécondité devrait atteindre, selon une prévision moyenne, 1,66 par femme en âge de procréer en 2100.

Il est clair que si ce taux de fécondité ne remonte pas, la population humaine sera rapidement, c’est-à-dire en l’espace de quelques siècles à peine, condamnée à disparaitre. Cependant, ces calculs ne produisent que des prévisions fondées sur les tendances passées, ils sont donc incertains, sujets à révision permanente et les tendances naturelles peuvent être corrigées soit par des mesures gouvernementales qui favoriseraient la natalité soit par le remplacement partiel de la procréation naturelle par des procédés de procréation artificielle.

Bref, les informations que fournit l’IHME sont provisoires, mais il faut tout de même retenir que toutes les tendances observées conduisent à une réduction du nombre d’enfants par femme, qui, à plus ou moins long terme, conduisent à une diminution et un vieillissement de la population.

Cette réduction de la population engendre un résultat que l’on peut considérer comme positif, qui est celui de la baisse de la pression humaine sur l’écologie et son corollaire l’angoisse écologique, d’ici une cinquante d’années.

Le vieillissement de la population envoie inversement un message négatif, qui implique une réorganisation de la société autour de la survie et du bien-être de populations âgées proportionnellement de plus en plus nombreuses.

En outre, le taux de fécondité est actuellement très différent selon les régions et son évolution, en réduction partout, va également suivre des pentes plus ou moins accentuées.

Le résultat est qu’en 2100, selon les prévisions de l’IHME, certains pays continueront encore à accroitre leurs populations, tandis que d’autres pays voient déjà aujourd’hui les leurs diminuer.

A SUIVRE


[1] Stein Emil Vollset et de nombreux autres auteurs, “Fertility, mortality, migration and population scenarios for 195 countries and territories from 2017 to 2100: a forecasting analysis for the Global Burden of Disease Study», The Lancet, vol 396, issue 10258, pp 1285-1306, 17 octobre 2020.

[2] UN, Department of Economic and Social Affairs, Population Division, World population prospects 2019: volume I: comprehensive tables. United NationsNew York 2019

 

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NOTRE AMIE, L'ALLEMAGNE

22 Octobre 2021 , Rédigé par André Boyer Publié dans #ACTUALITÉ

NOTRE AMIE, L'ALLEMAGNE

Dans quelques semaines, le nouveau gouvernement allemand va être constitué, composé de socio-démocrates, d’écologistes et de centristes. Nous n’en attendons rien de particulier, si ce n’est la pression qu’il va accroitre pour que nous réduisions notre parc de centrales nucléaires à néant.

 

Cette question de divergence des sources d’énergie entre l’Allemagne et la France n’est ni nouvelle, ni mineure, car elle révèle des différences d’intérêt profondes qui tiennent à la géographie et l’histoire.

Les deux pays sont voisins, hélas. Hélas car ce voisinage n’a pas été heureux dans le passé. La France s’est quelque-temps opposée à l’Espagne, s’est longtemps mêlée des affaires italiennes, mais elle a presque toujours subi l’ingérence anglaise et fait face à la concurrence allemande, l’un des deux grands tracas français. Sous cet angle, la capitulation mitterrandienne vis-à-vis de la  réunification de l’Allemagne après la chute du Mur de Berlin, nous a ramené au cauchemar qui hantait la France depuis Richelieu, une Allemagne plus forte que la France.

Les institutions européennes permettent de cacher la confrontation à défaut  de l’amortir, mais l’on peut craindre que le silence qui entoure la divergence des intérêts entre les deux pays ait pour effet d’anesthésier la capacité de résistance française contre l’activisme allemand traditionnel. Il est donc utile, avant de rechercher des terrains d’entente, de regarder en face la nature et l’importance des divergences.

Vu d’Allemagne, ce pays avec ses 83 millions d’habitants sur 357 000 km2 et ses 3 600 kms de frontières terrestres avec neuf pays différents, se voit comme le cœur de l’Europe. Son imbrication avec la France est immémoriale,  assumée récemment par le traité de l’Élysée, signé par de Gaulle et Adenauer en 1963, qui a institué un rapprochement institutionnel entre les deux pays.

Il reste que l’Allemagne regarde ses rapports avec la France, à commencer par son partenariat économique, avec un légitime sentiment de supériorité. La France dépend davantage de l’Allemagne que l’Allemagne ne dépend de la France qui n’est que le quatrième partenaire commercial de l’Allemagne alors que cette dernière est le premier partenaire commercial de la France. Cette supériorité  la pousse à regarder avec condescendance le partenaire français, facilement taxé d’irrationalisme lorsqu’il ne s’aligne pas sur les standards allemands, incompréhension renforcée par l’incapacité habituelle de ses dirigeants à parler, et donc à penser, français.

Symétriquement, le regard de la France sur l’Allemagne est empreint de la fascination du faible pour le fort. La France s’accroche à l’illusion du couple franco-allemand, alors que, dès 1963, De Gaulle avait compris que l’Allemagne ferait toujours passer son engagement au sein de l’Otan avant l’alliance française et, plus récemment, elle n’a fourni qu’un soutien dérisoire à l’opération française au Mali qui a pourtant renforcé la sécurité européenne, pas plus qu’elle n’a soutenu Paris face à Erdogan.

En outre la réunification a fait basculer le centre de gravité de l’Allemagne vers l’est. Symboliquement, Bonn, l’ancienne capitale de la RFA, n’était qu’à 250 kilomètres de Strasbourg tandis que Berlin se situe à quelques dizaines de kilomètres de la frontière polonaise. Ce nouveau centre de gravité a conduit à la constitution d’un hinterland en Europe centrale où l’Allemagne fait fabriquer à bas prix les composants qu’elle utilise pour son industrie. Cela lui permet également d’organiser un puissant dumping social dans le secteur agricole grâce à la venue massive de travailleurs détachés issus d’Europe de l’Est, ce qui met en difficulté les agriculteurs français.

Impuissante, la France ne peut que constater la volonté ancienne et la capacité récente de l’Allemagne à mener une politique étroitement conforme à ses intérêts, du fait de sa nouvelle puissance issue de la réunification (merci du cadeau, Mitterrand) et de l’entrée des pays de l’Est dans l’UE. L’Allemagne a ainsi saboté l’Union pour la Méditerranée. Elle a aussi empêché le rapprochement entre EADS et l’industrie de défense britannique, avec pour projet constant de tuer l’industrie de défense française, rivale des entreprises allemandes et de neutraliser son  aérospatiale civile.

Au plan stratégique, on peut qu’observer que, pour baisser ses coûts salariaux et améliorer ses équilibres démographiques, l’Allemagne a accueilli unilatéralement un million de migrants en 2015 sans consulter ses partenaires de Schengen.

Au plan monétaire, on peut également constater que l’Allemagne profite de l’euro pour obtenir un énorme excédent commercial, compris entre 7% et 9 % de son PIB, tout en nous interdisant de dévaluer pour faire baisser notre coût du travail. C’est ainsi que le déficit de la France avec l’Allemagne représente chaque année environ un tiers du déficit commercial français total. Que, pour maintenir son excédent, l’Allemagne est fondamentalement opposée à tout protectionnisme européen, même s’il est contraire aux intérêts de la plupart de ses partenaires européens.

Mais le plus grave, à long terme, reste sans doute que Berlin ait renoncé en 2011 à l’énergie nucléaire sans consulter ses partenaires européens et sans tenir compte de l’accroissement des émissions de CO2 que cette décision a provoqué, puisque les centrales nucléaires émettent en moyenne quatre-vingt fois moins de CO2 par kilowattheure produit que les centrales à charbon et quarante-cinq fois moins que les centrales à gaz. C’est pourquoi, en décidant d’abandonner le nucléaire pour le charbon, Angela Merkel a fait exploser la pollution émise par l’Allemagne au détriment de la qualité de l’air, produisant plus du double de CO2 par rapport à la France.

Alors que, traitreusement, l’Allemagne s’active afin que le nucléaire ne soit pas considéré  comme une énergie renouvelable par l’UE,  la France devrait à l’inverse exiger de nos « amis » allemands qu’ils réduisent leurs émissions de CO2 au même niveau par habitant que celui de la France.

 

Ce serait un bon début pour remettre au clair la nature de nos relations profondes avec l’Allemagne…

 

 

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LEÇONS AFGHANES

23 Septembre 2021 , Rédigé par André Boyer Publié dans #ACTUALITÉ

LEÇONS AFGHANES

Ce n’est pas encore le moment de passer à autre chose. Ne nous mettons pas la tête dans le sable, car il y a quelque chose qui ne va pas, quelque chose d’essentiel, dans la rapide défaite de l’armée afghane.

 

Des soldats plus nombreux et beaucoup mieux armés que les insurgés, appuyés par l’armée américaine, n’ont pas résisté plus de quelques semaines à l’offensive des Talibans. Cette défaite reste celle des Américains, appuyés par leurs vassaux occidentaux découvrant tardivement que leur suzerain les a mis devant le fait accompli. Mais pourquoi cette fuite américaine ? Nous comprenons déjà un peu mieux, après l’affaire des sous-marins australiens, quel est l’objectif américain : concentrer toutes leurs forces pour affronter les Chinois.

Mais au passage, n’oublions pas comment cette défaite fut acquise. Feu l’armée afghane était une armée neutre, d’aucune  couleur ethnique, ni pachtoune, ni tadjike, ni ouzbèke, ni hazara. Bêtement, les pachtounes, solidement enracinés dans le sunnisme et l’ethnie pachtoune du sud du pays, ont mobilisé les solidarités au combat puis les ont dépassées en ralliant des partisans dans le Nord quand leur succès est devenu probable. La leçon à tirer de l’erreur américaine est que notre lecture de la société afghane est  erronée : les ethnies, les tribus, la religion en sont le socle.

Et ce n’est pas le seul pays au monde dans ce cas. Les populations qui ont résisté à la poussée djihadiste étaient des minorités fortement solidaires, les Alaouites en Syrie, les Kurdes en Irak ou les Zaghawa au Tchad. Nous les Français, nous n’en avons pas tiré les conséquences au Mali :  sur qui nous appuyons-nous ? Pas sur les Touaregs semble-t-il. Quelle est alors notre vision de la société malienne ? Quels dirigeants devons-nous soutenir ? Si nous ne changeons pas d’analyse, un départ tout aussi piteux à Bamako qu’à Kaboul nous attend, et nous n’en tirerons aucune leçon, sinon celle que nous ne devons plus nous engager nulle part, prélude à des renoncements plus profonds et à des catastrophes plus sévères.

Vous voyez, c’est le moment d’ouvrir les yeux.

Les Étatsuniens ont cru qu’ils pouvaient gagner la guerre en montrant les avantages de la paix. Ils ont étalé leur supériorité technique, pensant à la fois effrayer et donner l’envie de les égaler, ils ont installé l’école où ils ont imposé l’indifférence à l’origine ethnique, ils ont proclamé la supériorité des choix de l’individu sur ceux du groupe, comme le choix pour la femme de se voiler ou pas, ils ont cru pouvoir restreindre la violence en dénonçant le terrorisme comme un crime contre l’humanité. Partout, il se sont drapés dans les oripeaux des Droits de l’Homme, rejetant la faute sur l’archaïsme, donc le retard à rattraper, de la société afghane. Encore un peu de temps, prophétisaient-ils, et la société afghane deviendrait congruente à la société américaine.

Et tout s’est effondré : les Afghans occidentalisés de Kaboul ne se sont pas battus, ils ont juste fui vers les aéroports. Imaginons un instant qu’une dizaine de milliers de Talibans débarquent soudainement à Paris, nous aussi nous fuirions en désordre vers les aéroports.

Sauf que ces Français, si individualistes et si détachés de tout groupe d’appartenance, comptent dur comme fer sur le dévouement de leur armée, disciplinée, organisée et prête à défendre la France en toutes circonstances. Nos soldats sont priés d’y croire à la nation, puisqu’ils se sont engagés à mourir en son nom pour un salaire légèrement supérieur au SMIC.

En attendant que nous cessions de déléguer à nos soldats la foi en la nation pour y croire nous, nous perdons la guerre, nous l’acceptons d’un cœur léger et nous sauvons la face en prétendant dicter la paix. Les injonctions aux Talibans se multiplient dans les déclarations des dirigeants occidentaux, relayées par les Nations Unies. Les droits des femmes et des minorités, en clair les droits des homosexuels, seront protégés en Afghanistan, entend-on. Pour se rassurer, on assure que les Talibans ont plus besoin de nous que nous d’eux. Fadaises.

Mais l’essentiel est de réaffirmer des principes, dont la grandeur tient à ce que l’on est incapable de les appliquer : l’essentiel est de dire le bien, sans s’occuper de le traduire en action. La parole remplace les actes, croit-on, jusqu’à ce que les actes vous rattrapent au détour d’un attentat.

Cependant d’autres feront l’histoire, car la victoire des Talibans souffle sur les braises de l’islamisme. Nous allons courber l’échine lors des prochains attentats, mais ce ne sera pas si grave, sauf pour ceux qui les subissent. On versera quelques larmes sur leur malheur, avant de regarder ailleurs.

 

Mais lorsque les Talibans ou leurs homologues nous menaceront vraiment dans notre vie quotidienne, dans nos mœurs, dans nos croyances, quels hommes, au nom de quelle idéologie ou de quelle foi, leur répondront ? Vous avez une idée, sinon enfouir votre tête dans le sable ?

 

Billet très librement inspiré de l’article de Gabriel Martinez-Gros publié dans le Monde du 9 septembre 2021 et platement intitulé « En Afghanistan, l’Occident a privilégié la parole et non l’action »

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AFGHANISTAN, UNE DÉFAITE ÉCLATANTE

24 Août 2021 , Rédigé par André Boyer Publié dans #ACTUALITÉ

AFGHANISTAN, UNE DÉFAITE ÉCLATANTE

Après vingt ans de guerres contre eux, le retour des Talibans au pouvoir m’apparait comme un échec absolu pour les États-Unis et pour leurs alliés. Comment en sont-ils arrivés là et quelles en sont les conséquences prévisibles ?

 

C’est un échec spectaculaire et d’une importance stratégique majeure pour les États-Unis. Spectaculaire, car le départ en catastrophe des Américains et de leurs alliés avec des Afghans qui s’accrochent désespérément  aux ailes des avions, rappelle immanquablement le départ de Saigon et de ces hélicoptères arrachant du toit de leur ambassade les derniers Américains qui s’y trouvaient piégés.

Quant à l’importance stratégique de cette fuite éperdue, elle réside dans la perte d’influence des États-Unis partout dans le monde. En effet, leurs alliés peuvent s’interroger à juste titre sur  la solidité de l’engagement de ce pays qui ne se veut le gendarme du monde que lorsque cette fonction correspond  parfaitement à ses intérêts nationaux. À ce titre, les Taiwanais et les Ukrainiens peuvent s’inquiéter. À l’opposé, les adversaires des États-Unis peuvent se sentir encouragés, comme les Chinois, les Russes et les Iraniens qui ont conservé leurs ambassades à Kaboul ou comme les Islamistes qui y voient une victoire fondatrice.

Bien qu'il soit trop tôt pour évaluer toutes les conséquences de cette défaite retentissante, l’observation de la politique passée du monde anglo-saxon permet d’estimer probable qu’elle se poursuivra après l’abandon de l’Afghanistan. Les États-Unis veulent toujours maintenir leur leadership sur le monde. Il va donc falloir qu'ils le réaffirment par des actes, face à des adversaires qui relèvent la tête et des alliés qui s’inquiètent. Le lieu idéal d’une revanche cinglante est Taiwan, que la RPC prétend annexer quand le fruit sera mûr. Les États-Unis peuvent chercher à entrainer la Chine dans un conflit rapide et localisé, afin de réaffirmer leur domination et d’humilier un pays qui relève trop la tête.

En attendant, la communauté anglo saxonne se cabre. Regardez les déclarations convergentes des gouvernements américains, anglais, canadiens et australiens : il n’est pas question d’avoir la moindre relation avec un gouvernement afghan dirigé par les Talibans. On peut s’attendre aussi à un raidissement de la politique des sanctions économiques et financières, si chères à la tradition anglo-saxonne, contre Cuba, le Venezuela, l’Iran, la Russie et la Corée du Nord. On peut aussi voir bientôt le refus des États-Unis de faire la moindre concession à l’Iran, poussant un peu plus ce dernier vers une coopération privilégiée avec la Chine.  

On peut donc s’attendre à ce que les États-Unis et leurs alliés les plus proches, loin de tirer les leçons de leur échec, poursuivent la même stratégie, invoquant le droit tout en s’imposant par la force.

Laquelle ? En Afghanistan, il s’agissait dans un premier temps pour les États-Unis de renverser un gouvernement qui épaulait le terrorisme qu’il avait subi (le droit), puis d’installer un gouvernement à son goût qu’il a soutenu économiquement et militairement pendant vingt ans (la force).

Puis les États-Unis ont considéré que cette politique de force en Afghanistan était trop couteuse pour eux. Ils ont alors négocié avec les Talibans, tout en décidant de se retirer à date fixe. Le régime qu’ils avaient installé s’est alors effondré en quelques jours. Il aurait pu durer quelques semaines ou quelques mois, mais, de toutes façons, comment un régime porté à bouts de bras par un État étranger aurait-il pu survivre au retrait de son soutien? Demandez-vous par exemple combien de jours le régime saoudien survivrait à un retrait des troupes américaines?  

Laissons donc les États-Unis dans leur croyance qu’ils représentent une société modèle, tandis que seules les armes, dans le cas de l’Afghanistan, leur ont permis de conserver leur influence sur le pays pendant 20 ans pour la perdre en 8 jours, une fois leurs troupes retirées.

Mais que faisait l’armée française dans cette  galère ? De fait, la France a combattu de 2001 à 2014 en Afghanistan, engageant  jusqu’à 4000 hommes, y perdant 90 morts et 950 blessés. Puis à partir de 2014, elle s’est désengagée sur la pointe des pieds de sa mission officielle qui, proclamait-elle, consistait à « sécuriser les zones placées sous sa responsabilité afin de permettre à l’État afghan de se reconstruire, de permettre des opérations de développement et de permettre un déploiement des services de l’État afghan », et, en second lieu, de « permettre une montée en puissance de l’armée nationale afghane» en l’entraînant.

La France croyait-elle donc à un engagement durable des Américains ou s’est-elle contentée d’obéir aux injonctions de son allié dominant ? La seconde hypothèse parait clairement la bonne.

Las, les Américains, fatigués de se battre pour une chimère, ont décidé depuis 2020 de remettre les clés de l’État afghan aux Talibans, des Talibans contre lesquels les forces françaises luttaient depuis 2001, des Talibans qui ont reçu en héritage les deux cent mille hommes de l’armée afghane et les cent mille policiers dotés des mille milliards de dollars d’équipement américains et bien entrainés par la France, entre autres.

La France se retire donc à l’unisson des Américains. Reste désormais la question des réfugiés. Faut-il accueillir les réfugiés afghans qui sont compromis avec la France aux yeux des nouveaux maitres de l’Afghanistan ? Bien sûr, à moins d’ajouter l’ignominie à l’absurde, selon le détestable exemple donné par De Gaulle avec les harkis. Mais faut-il pour autant accueillir tous les Afghans mécontents du nouveau régime ?

 

Ce serait ajouter l’ingénuité  à l’absurde, encore que ce serait justement payer notre prétention à apporter la vérité au monde, vérité pourtant assez clairement battue en brèche ces derniers jours à Kaboul…

 

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L'ENJEU DE TAIWAN

14 Août 2021 , Rédigé par André Boyer Publié dans #ACTUALITÉ

ECHANTILLON DE L'ARMÉE DE LA RPC

ECHANTILLON DE L'ARMÉE DE LA RPC

L’enjeu de Taiwan est quadruple : l’armée de la République Populaire de Chine (RPC) va-t-elle envahir Taiwan ? Si oui, quand ? Va-t-elle l’emporter ? Qu’elle l’emporte ou non, quelles en seront les conséquences stratégiques ?

 

Depuis 2010, 23 milliards de dollars de matériel militaire ont été livrés par les États-Unis à Taiwan. En particulier, Donald Trump a multiplié les ventes d’armes, provoquant de fortes tensions entre Pékin et Washington, avions, missiles, artillerie mobile. Récemment, l’administration Biden a donné son accord à une vente de 40 systèmes d’artillerie de canons automoteurs moyens de 155 mm à Taïwan pour 750 millions de dollars.

Les militaires américains tirent la sonnette d’alarme. En mars 2021, le commandant des forces américaines dans la région Indo-Pacifique, l’amiral Philip Davidson, a déclaré au Sénat : « Je pense que la menace est évidente au cours des six prochaines années». Il a demandé aux élus de prévoir dans le budget militaire 2022 des armements offensifs «pour que la Chine sache que le coût de ce qu’elle essaie de faire est trop élevé et pour les faire douter de leurs chances de succès».

Pendant ce temps, Xi Jinping a fait savoir qu’il n’excluait pas une invasion militaire de l'île si cette dernière se rapprochait trop des États-Unis. Pour montrer que ce n’étaient pas des mots vains, l’armée chinoise a multiplié les exercices militaires et envoyé des bombardiers longue portée Xian H-6 dans l’espace aérien taiwanais fin janvier 2021, provoquant immédiatement la réaction du nouveau département d’État américain de Joe Biden qui a affirmé que « Le soutien des États-Unis à Taïwan est solide comme le roc» malgré les «intimidations » de la Chine ».

De son côté, la Présidente de Taiwan, Tsai Ing-wen, a réaffirmé l’indépendance de l’île, renforcé ses liens avec les États-Unis, modernisé son armée et conduit régulièrement des exercices militaires avec l’US Navy.

Si l’on en croit donc les discours des officiels chinois et américains, d’accord sur ce point, le débarquement de l’armée chinoise à Taiwan n’attend qu’une opportunité favorable pour s’effectuer et seule sa date est inconnue.

Si l’on accepte ces prémisses, peut-on prévoir que l’armée chinoise va l’emporter sur les troupes de Taiwan et de ses alliés, les États-Unis, l’Australie et même le Japon qui se positionne avec de plus en plus d’énergie contre l’occupation de Taiwan par la RPC ?

Même si le gouvernement chinois semble faire tous ses efforts afin de disposer des moyens militaires nécessaires pour obtenir la victoire, il ne peut décider seul de la date de l’invasion, car il lui faut tenir compte de la stratégie des États-Unis. Ces derniers s’opposeront-ils militairement à la prise de Taiwan ? Cela dépend certes du rapport de force militaire entre les États-Unis et la Chine mais aussi de l’importance de l’enjeu « Taiwan » pour les États-Unis qui est  la variable la plus difficile à apprécier par les décideurs chinois.

Les États-Unis peuvent aussi bien considérer que l’intégration de Taiwan dans la RPC est une affaire secondaire dans le cadre de leur stratégie de concurrence globale avec la Chine et abandonner Taiwan après un baroud d’honneur, qu’à en faire un enjeu majeur, voire un piège tendu à la RPC afin de lui infliger une défaite militaire déterminante.

Car la RPC ne peut pas renoncer à prendre le contrôle de Taiwan, compte tenu du discours du Parti Communiste Chinois et de la mentalité nationaliste de la population. Il est possible que cette prise de contrôle soit retardée jusqu’au moment où Taiwan tombera comme un fruit mûr, d’autant plus que cette hypothèse correspond bien à la conception traditionnelle de la stratégie chinoise.

Lorsque viendra le jour où la RPC prendra le contrôle de Taiwan, on peut prévoir, comme l’écrit excellemment l’un de mes  collègues économistes* qu’après « une résistance initiale, les États Unis, le Japon et l'Australie s'estimeraient obligés de renoncer ». Pour lui, « ce serait une gifle géopolitique considérable pour la crédibilité des États-Unis. Le dollar accentuerait fortement son recul contre le yuan. Les banques centrales des pays tiers convertiraient massivement leurs avoirs en dollars en avoirs en yuan. » En conséquence, « les États-Unis ne pourraient plus financer leur déficit public par recours au financement extérieur »

Poussant son analyse jusqu’à ses plus funestes conséquences, il prédit que « si Washington devait opter pour la capitulation, ce serait tout le camp démocratique qui s'effondrerait immédiatement » et l’hégémonie mondiale passerait des États-Unis à la Chine. Cette analyse part de l’hypothèse que la RPC imposerait sa volonté aux États-Unis du point de vue stratégique et militaire, décidant de la date de l’invasion et remportant la bataille.

On peut envisager une autre hypothèse, connaissant l’histoire de la stratégie de domination mondiale pratiquée par les Anglo-saxons successivement contre Napoléon, contre l’Allemagne de Guillaume II puis d’Hitler et contre le Japon, qui ont en commun d’avoir remis en cause cette domination. Selon cette logique, les États-Unis pourraient pousser la Chine à attaquer prématurément Taiwan pour l’écraser militairement, faisant imploser le régime chinois et déstabilisant gravement son économie. Selon cette même logique, les États-Unis ne devraient pas attendre plus de quelques années pour pousser la RPC à attaquer, avant que l’équilibre militaire ne devienne par trop favorable à cette dernière.

 

Qui l’emportera dans ce bras de fer stratégique qui impose aux États-Unis de pousser les Chinois à agir brutalement et à la Chine de prendre tout son temps pour s’emparer de Taiwan sans devoir se confronter militairement avec les États-Unis et ses alliés?

Permettez-moi de laisser la question à votre appréciation.

 

* dont je suis tenu de préserver l’anonymat.

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CONSERVER L'HÉGÉMONIE MONDIALE

24 Avril 2021 , Rédigé par André Boyer Publié dans #ACTUALITÉ

CONSERVER L'HÉGÉMONIE MONDIALE

Dans l’effort permanent que livre le pouvoir et ses medias pour conditionner l’opinion, pas un jour ne passe sans une campagne ou une pique contre la Russie, la Chine, ou les deux à la fois si l’occasion se présente.  

 

Il est parfaitement clair que la Russie et Chine indisposent les États-Unis et la constellation de ses pays vassaux, dont la France.

À en croire les medias qui relaient la parole officielle, la Russie et la Chine seraient des menaces militaires pour les Etats-Unis et leurs « alliés ». Pourtant, on ne peut ignorer que les deux pays sont encerclés, Chine comme Russie, et que leurs forces militaires sont sur la défensive face à des forces de combat et des missiles de l’OTAN à la frontière de la Russie tandis que les bases et la marine de guerre états-uniennes enserrent la Chine.

En revanche, aucune base russe ou chinoise n’est implantée au Mexique ou au Canada. Il est vrai que la Russie a annexé la Crimée, annexion entérinée par un vote à 96,8 % de ses habitants tandis que l’on occulte le renversement par les États-Unis du président ukrainien élu pour livrer l’Ukraine à des extrémistes russophobes, menacer la Russie par le sud et fermer sa base navale de Sébastopol.

On accuse les deux pays de ne pas partager nos valeurs, comme si ces dernières devaient être automatiquement universelles. Cette tarte à la crème du réquisitoire sur les valeurs veut ignorer que la majorité du monde n’est pas occidentale et l’est de moins en moins pour des raisons bêtement démographiques, qu’elle n’est pas en devoir de l’être et que le prosélytisme au nom de la civilisation est un instrument de colonisation usé jusqu’à la corde.

En pratique, il s’agit de motifs utilisés pour s’ingérer dans les affaires intérieures d’autrui : imaginons les cris d’orfraie que pousseraient nos médias si la Russie et la Chine se mettaient à faire des tares des sociétés occidentales leur cheval de bataille.

Mais sur le fond, les relations internationales sont basées sur des réalités, le bruit connexe n’étant que spectacle, leurre et diversion pour occuper la galerie.

Le différend avec la Russie tient fondamentalement à son refus de l’uni polarité états-unienne et à l’exemple qu’elle donne au monde en défendant le principe de la souveraineté nationale. Le tort de la Chine est d’avoir une économie qui fait ombrage à celle des États-Unis et de constituer le pivot d’une mondialisation de substitution à la mondialisation américano-centrée. La Russie et la Chine sont vitupérées en vue d’empêcher d’autres pays de se rapprocher d’elles, selon leurs intérêts. Elles sont aussi coupables d’avoir un armement qui rend hasardeuse toute tentative de les soumettre par la force.

En somme,l’opposition à la Russie est géopolitique, celle à la Chine, géoéconomique. Le reste n’est que du vent.

Le monde a connu un scénario analogue avant 1914. Impérialisme dominant du XIXe siècle, la Grande-Bretagne se voyait concurrencée par l’Allemagne, nouvelle prétendante à la suprématie. Aussi le conflit principal de la Première Guerre mondiale réside t-il dans l’affrontement entre une puissance en déclin relatif et une autre en voie de la supplanter.

Le transfert des hégémonies est toujours douloureux. Il  s’effectue en fonction des capacités économiques et du verdict des armes. C’est ainsi que la Grande-Bretagne s’est imposée depuis le XVIIIe siècle aux dépens des Pays-Bas et de la France.

Tout en ayant des ressemblances avec celle de 1914, la configuration actuelle est différente. D’un côté, la Russie rend inatteignable l’hégémonie universelle pour les États-Unis, mais elle-même n’a pas les moyens de dominer le monde, comme pouvait les avoir l’Allemagne de 1914. D’un autre côté, la Chine a les attributs d’une puissance mondiale, mais elle n’a pas besoin de guerre pour réussir puisque son économie est sur une trajectoire qui y mène naturellement. Elle a plutôt intérêt à éviter les hostilités.

Il faut en conclure que les instigateurs d’un éventuel conflit seraient forcément états-uniens, comme leurs innombrables agressions verbales, économiques et militaires contre la Russie et la Chine le montrent clairement.  De plus, les Etats-Unis savent que le seul moyen de maintenir leur domination mondiale est militaire, puisque la dynamique historique leur est défavorable.

Va-t-on logiquement vers une guerre, voulue par les États-Unis et leurs vassaux, dont la France ? Oui, parce que les conditions géopolitiques sont réunies pour y conduire à brève échéance, mais nous ne savons pas quelle forme dominante elle prendra.

La guerre atomique généralisée est théoriquement impossible parce que les Russes et les Chinois sont en mesure de riposter et de détruire l’agresseur. D’un autre côté, si les Etats-Unis ne freinent pas la Chine, ils vont rapidement être réduits à l’impuissance. Leurs actions actuelles consistant à harceler la Russie et la Chine par des blocus, des campagnes de déstabilisations, des sanctions et de la désinformation n’ont  de sens que si elles se prolongent demain par l’emploi de moyens plus puissants, avec pour objectif final de détruire la puissance de la Chine.

Les militaires font toujours des plans. Ils ne vont pas s’attaquer aux deux pays ensemble. Ils vont certainement commencer par s’en prendre à la Russie. La destruction de l’Europe, et en particulier de l’Allemagne, concurrente des Etats-Unis et complice de la Chine, ne leur fait pas peur, s’ils obtiennent en échange la résipiscence de la Russie. Après cette première « victoire » qui montrerait à la Chine, jusqu’où les Etats-Unis sont capables d’aller, ils se tourneront vers le dernier protagoniste pour l’achever. C’est un plan possible, il y en a certainement d’autres, comme la guerre de l’espace par exemple.

Je n’écris pas ces lignes pour faire peur, mais tout simplement parce que cela me paraît une évidence, si vous acceptez le postulat que les Etats-Unis, dans la droite ligne de la Grande-Bretagne, n’accepteront jamais de céder leur leadership et si vous constatez, comme moi, qu’ils sont en train de le perdre.

Reste à examiner le rôle de la France. Tout la pousse aujourd’hui à n’être qu’un pion dans le jeu stratégique américain, mais sa situation politique est instable, elle pourrait bien sortir du jeu et imposer aux États-Unis une acceptation du déclin qu’ils subissent.

 

Or, pour des raisons culturelles et militaires, la France est le seul pays à garder ce pouvoir en Europe, comme elle a été la seule, dans d’autres conditions stratégiques, à imposer à la Grande-Bretagne la création des États-Unis. 

 

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VERS UNE MONDIALISATION DISTANCIELLE

3 Avril 2021 , Rédigé par André Boyer Publié dans #ACTUALITÉ

VERS UNE MONDIALISATION DISTANCIELLE

La pandémie a fini par révéler un changement fondamental dans le processus de la mondialisation qu’il me semble temps de prendre en compte.

  

Il est certes difficile de prévoir ce qui va se passer à la fin de la crise de la Covid, encore que l’on commence à entrevoir qu’elle n’est pas près de s’achever et que le retour au statu quo ante relève de plus en plus du vœu pieu.

On peut s’intéresser aussi bien à l’aspect psychosociologique de la crise et ses effets sur les attitudes et les comportements qu’à ses aspects économiques avec ses risques de faillites ou à son influence sur l’éducation de nos enfants.

Mais il existe aussi un aspect international de la crise avec la disparition des citoyens du monde. Nous avons vu, dès les premières alertes début 2020, chacun rentrer dare-dare dans son pays. C’est que, du jour au lendemain, les touristes sont passés du statut d’heureux voyageurs nomades, célébrés en leur temps par Jacques Attali comme étant l’avenir (heureux) des Bobos, à celui d’étrangers indésirables.

Et ils n’ont pas l’air d’être près de revenir ces touristes qui étaient si bienvenus il y a une éternité, enfin presque, je veux écrire avant le début 2020 lorsque la mondialisation heureuse s’est évaporée dans l’air vicié par la Covid-2019.

Depuis, ces touristes sont tous redevenus des étrangers indésirables dès qu’ils s’aventurent hors du sol national. Prenez le cas de deux pays qui me sont chers, le Maroc et le Canada. Le premier adore les touristes, mais il ne peut pas accepter qu’ils importent l’épidémie de Covid chez lui, compte tenu de ses capacités hospitalières limitées. Alors du jour au lendemain, il vient de fermer ses lignes aériennes avec la France, sa principale liaison aérienne internationale. Désormais, comment voulez-vous vous rendre dans un pays dont vous ne connaissez pas la date à laquelle il vous permettra de revenir chez vous ? Adieu les touristes.  

Quant au Canada, depuis le 21 février 2021, son gouvernement a publié officiellement l’avis suivant sur le site Internet de son ambassade à Paris :

« Pour protéger les Canadiens contre la COVID-19, le premier ministre a annoncé des restrictions de voyage qui limitent les déplacements en direction du Canada. La plupart des ressortissants étrangers ne peuvent pas se rendre au Canada, même s’ils possèdent un visa de visiteur valide ou une autorisation de voyage électronique (AVE). Ces restrictions interdisent la majorité des voyages non essentiels (discrétionnaires) pour se rendre au Canada».

C’est clair : dehors les visiteurs étrangers.

Si vous croyez que toutes ces restrictions vont disparaitre du jour au lendemain lorsque tout le monde sera vacciné, vous risquez d’attendre longtemps, justement le temps qu’il faudra pour que tout le monde soit vacciné. Et il en faudra du temps, avec les retards, les rechutes, les variants du coronavirus, les mises à jour des vaccins, les rappels de vaccination et les contre-indications vaccinales.

Ce n’est pas de sitôt que le ciel international se révèlera d’un bleu profond, sans aucun nuage à l’horizon. D’autant plus que les nuages, loin de les ignorer comme autrefois, on les guettera pour prendre  des précautions nécessaires, souvent excessives, en commençant par bloquer le tourisme à coup de passeports vaccinatoires, de tests PCR voire de quelques petites quarantaines désespérantes.

Je n’ai mentionné que les obstacles au tourisme, mais il ne faut pas oublier l’impact à long terme sur les étudiants et les hommes d’affaires. Nous avions tous pris l’habitude d’envoyer nos étudiants dans tous les coins du monde apprendre une autre langue que ce maudit français, qu’ils ne connaissent plus trop d’ailleurs, afin qu’ils comprennent que leur avenir était le monde. Mais Erasmus, les accords entre universités, les séjours linguistiques, tout cela a volé en éclats.

Que l’on revienne au statu quo ante est de plus en plus improbable devant la réticence des universités à accueillir des étudiants de passage, soupçonnés d’apporter leur charge virale, d’autant plus que la parade est toute trouvée : vous êtes les bienvenus à condition de suivre les cours en distanciel. En d’autres termes, bienvenue à Los Angeles, ou même à Londres, à condition que vous suiviez nos cours de chez vous, dans la banlieue parisienne.

Adieu le dépaysement, adieu la découverte d'une autre manière de vivre, adieu L'Auberge Espagnole.

Quant aux hommes d’affaires, combien sont désormais prêts à affronter tous les obstacles bureaucratiques pour aller passer une semaine en Australie où ils risquent à tout moment d’être mis en quarantaine dans un hôtel, alors qu’il leur suffit d’allumer leur ordinateur au bureau pour contacter leurs interlocuteurs ?

 

Le monde n’a pas disparu avec la Covid-2019, mais ce sera désormais bien difficile de le toucher du doigt ou de s’y immerger. Il restera à le regarder au fond des yeux, derrière notre ordinateur.

 

Oui, elle réapparaitra à l’écran la mondialisation, hors de portée de nos sens. Se cachant, elle nous intéressera de moins en moins comme de vulgaires séries de Netflix, elle ne sera bientôt plus à la mode avant de disparaître derrière nos écrans éteints et sa déchéance nous obligera enfin à regarder autour de nous, de tous nos sens…

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LES AMÉRICAINS CHERCHENT À DÉSTABILISER LA FRANCE

19 Décembre 2020 , Rédigé par André Boyer Publié dans #ACTUALITÉ

LES AMÉRICAINS CHERCHENT À DÉSTABILISER LA FRANCE

Il serait temps que chacun prenne enfin conscience que le système français est radicalement différent du système américain et que le second ne fera jamais disparaitre le premier.

 

L’opposition entre les deux systèmes a resurgi récemment avec des attaques de la presse américaine contre la société française, par l’entremise du New York Times et du Washington Post à propos de l’affaire Samuel Paty. Ces attaques viennent d’être renforcées par l’instrumentation de l’affaire Traoré dans Times Magazine.

La couverture de l'assassinat de Samuel Paty par le New York Times et le Washington Post a suscité, et c’est tant mieux, beaucoup d'indignation en France, car la réaction des intellectuels comme celle de Jacques Attali, un ami des États-Unis, envoyant un tweet « Shame on you, New York Times !!! » a montré à tous la forte volonté de résistance de la société française

De fait, l’article du New York Times, paru au soir du 16 octobre, quelques heures après l'assassinat de Samuel Paty était titré d'un étrange « French Police Shoot and Kill Man After a Fatal Knife Attack on the Street » qui présentait l’affaire comme si la question centrale était celle d’une supposée bavure policière, alors que le fait majeur était, de façon aveuglante pour l’opinion française, qu’un professeur de collège avait été décapité pour avoir blasphémé, selon la conception « religieuse » de l’assassin. 

Grâce à ce titre, le New York Times confirmait son hostilité aux valeurs de la société française. Ainsi, lorsqu’Emmanuel Macron protesta auprès du New York Times pour la teneur et l’orientation de ses articles consacrés au meurtre de Samuel Paty, le journal en rajouta en insinuant que Macron « s'empare » de la « nature symbolique» du meurtre de Samuel Paty, « reprenant des thèmes anti-islamistes ».

Cette réaction américaine à la contre-attaque française signifiait que la France était sommée de s’aligner sur les positions de la gauche américaine qui a décidé qu’il fallait à tout prix protéger les minorités, suite au mouvement Black Lives Matter. Cette priorité s’impose en effet aux États-Unis, afin de préserver les fragiles équilibres de la société américaine tout en protégeant les gagnants du système.

Dans ce jeu d’équilibriste, les musulmans font partie des Bipoc (Black, Indigenous, Persons of Color) à laquelle il faut concéder qu’ils sont par définition des victimes de la majorité « caucasienne ». Selon cette approche, si certains commettent des actes délictueux, y compris des assassinats, il ne s’agit que de réactions de défense que l’on « peut comprendre ». Mais il faut à tout prix éviter de s’interroger sur l’origine de la fragilité de la société américaine, qui résulte de sa fragmentation voulue, dès la construction de cette société.

De ce point de vue, la France est le bouc émissaire parfait et le New York Times  ne se gêne pas pour écrire, dans un article du 21 octobre à propos de la France, que « le pays a été emporté par le nationalisme après l'assassinat de M. Paty », tandis que le Washington Post l’épaule en publiant une analyse de la situation française sous les titres « Instead of fighting systemic racism, France wants to « reform Islam » » ou « France mourns teacher Samuel Paty as government mobilizes against Muslim groups ».  

Puis, le 1er novembre, l'agence Associated Press écrit : « AP explains : why France incites such anger in Muslim world », en justifiant cette supposée colère contre la France, qu’elle encourage du fait des termes qu’elle choisit, par « son passé colonial brutal, ses lois fermes sur la laïcité, et le franc-parler de son président, vu comme manquant d'égards à la foi musulmane ».  

Enfin, le 11 décembre dernier, la mise en vedette d’Assa Traoré par Time Magazine comme « Guardian of the year » confirme cette déclaration de guerre des médias américains contre la société française, le but étant de contribuer au désordre national en faisant d’Assa Traoré une héroïne luttant contre le racisme au sein d’une nation xénophobe, la France.

Toutes ces morsures médiatiques confirment la volonté des élites américaines de s’opposer au modèle français inclusif. Il est en effet l’opposé du modèle de société qu’elles connaissent, soutiennent et promeuvent aux États-Unis, une société où chacun est entièrement responsable de sa réussite économique et sociale, en occultant sciemment les déterminants collectifs de la réussite individuelle.  

Il s’y ajoute que le messianisme américain, qui est consubstantiel à la création même des États-Unis, fait que les promoteurs de ce modèle sont incapables d’accepter qu’il puisse seulement exister un modèle concurrent qui fonctionne aussi.  

Or il se trouve que le modèle français fonctionne. Son principe est fondé sur l’inclusion, qui revendique, au contraire du modèle américain, de n’exclure personne, l’école et la sécurité sociale étant deux piliers majeurs de ce principe.  

Il ne faut pas oublier que le système français a été combattu par les Américains avant même la constitution officielle des États-Unis, du fait du messianisme des Pères Pèlerins qui voulaient et veulent toujours transformer le monde à leur profit.  Ils ne voulaient pas inclure les Français mais les chasser, ils ne voulaient pas inclure les Indiens mais les exterminer. Depuis cette époque, tout concurrent est considéré non comme un adversaire, mais comme un ennemi absolu (« l’empire du mal ») qui doit être éliminé et son idéologie détruite. Pour ne prendre que les plus récents, l’URSS, l’Irak, l’Iran, mais curieusement pas la Chine, relèvent de cette catégorie.

À la suite de l’affaissement des puissances européennes durant le XXe siècle, les États-Unis ont pu en effet étendre à la planète entière leur projet de réaliser l’œuvre que Dieu leur a ordonné d’accomplir, qui est une société mondiale où les perdants sont exclus, qu’ils soient américains, chinois ou français. Comme, on peut l’imaginer, il ne s’agit pas d’un objectif très populaire sauf auprès des « winners » et ils ont dû avancer masqués, hier sous couvert d’efficacité économique, aujourd’hui au nom de la protection des minorités.

En revanche, la société inclusive française a une logique clairement populaire, ce qui lui a permis de résister au modèle américain, même au Québec[1], si visiblement différent du Canada anglais. Aussi, si les récentes positions médiatiques américaines mettent clairement en lumière les visées destructrices de l’idéologie américaine vis-à-vis de la société française, on ne doit pas s'en inquiéter outre mesure.  

 

Car la guerre entre le système américain et la société française dure depuis le milieu du XVIIIsiècle, et depuis tout ce temps, personne n’est jamais parvenu, du dehors, à modifier le principe fondamental qui anime cette dernière.

 


[1] Voir ma communication disponible sur demande : « Sociétés inclusives : la situation en Amérique du Nord », 13eRencontres internationales de la diversité (RID) 2017, Université Laval, Québec, 5-6 octobre 2017,

 

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