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12 août 2017 6 12 /08 /août /2017 17:11
RENAULT EN IRAN

 

Renault vient de conclure un accord avec des partenaires iraniens en vue d’augmenter sa production dans le pays, avec pour ambition de conquérir 20% du marché iranien d’ici trois ans.

 

Renault entend renforcer sa position sur le marché iranien grâce à un accord avec des partenaires iraniens. Le constructeur français participera pour 60% dans une entreprise financée à hauteur de 660 millions d'euros, tandis que son  homologue iranien Neguine-Kodro en détient 20%, les derniers 20% revenant à l'Organisation pour la Rénovation et le Développement Industriel (IDRO) qui est un organisme d'État. La nouvelle entreprise s’installera à Saveh, au sud-ouest de Téhéran

Aujourd’hui Renault produit en Iran, qui est actuellement de 150.000 véhicules par an à Iran, soit 5% de la part de marché du pays, mais Renault compte multiplier par quatre sa production iranienne, dans un marché fortement croissant, où beaucoup de véhicules sont anciens dans un pays de 80 millions d'habitants fortement urbanisé et dont le taux de croissance est proche de 8% par an.

Jusqu’à maintenant, le marché était dominé par Peugeot-Citroën avec 32% des parts de marché. En 2011, lorsque General Motors, actionnaires provisoires de Peugeot, ont sommé Peugeot de quitter le marché iranien, ce dernier était son premier marché dans le monde avec 458.000 annuelles, contre 441.790 en France ! Depuis Peugeot vient de revenir sur le marché, mais Renault, qui était présent en Iran depuis 1978 et qui y était resté malgré les objurgations américaines, compte bien obtenir les dividendes de sa fidélité.

Renault rejoint donc le club encore restreint des groupes du CAC 40 qui ont décidé de se positionner sur le marché iranien, tandis que les banques françaises en sont encore absentes, par crainte des représailles américaines. Il est vrai qu’elles sont tétanisées par l’énorme amende de 8,9 milliards de dollars qu’a infligé en 2014 la Cour Fédérale des Etats-Unis, District de New-York Sud à la BNP pour avoir commercé, entre autres avec l’Iran (voir mes quatre blogs successifs sur cette affaire scandaleuse « Le scalp de la BNP », « Le Big Stick appliqué à la BNP », «  La BNP victime d’un racket » et « La BNP au pays des Bisounours »). La BNP était en effet menacée, si elle refusait d’acquitter l’amende, de perdre sa licence aux États-Unis et donc son accès au marché américain ainsi qu'à toute opération libellée en dollars, en d’autres termes de sortir du marché mondial. Dans une moindre mesure, d’autres banques françaises et européennes ont été également sanctionnées, ou ponctionnées, par la même Cour, comme la Société Générale, le Crédit Agricole, ING, le Crédit Suisse et la Deutsche Bank, sans que la Commission Européenne et les États concernés ne lèvent le petit doigt pour les défendre.

Ce traumatisme poussent aujourd’hui encore les banques européennes à éviter toute prise de risques en relation avec l'Iran, même sur des opérations légales, par crainte de se voir priver de leur licence aux Etats-Unis, dans l’attente que l’Union Européenne se décide à faire face. Il faut convenir que les Européens ont du mal à faire face à l'extraterritorialité du droit américain, qui consiste à appliquer des sanctions dés lors que des entreprises étrangères font affaire aux États-Unis ou utilisent des vecteurs américains tels que des serveurs, des satellites ou le dollar dans leurs transactions. Or, si bon nombre de sanctions américaines ont été levées à la suite de l'accord sur le nucléaire iranien par la révocation de plusieurs décrets, d'autres demeurent tels que l'Amato-Kennedy Act voté par le Congrès en 1979 qui, s’il était appliquée par le Président américain, rendrait même l'accord sur le nucléaire caduc.

Cependant les Etats-Unis savent aussi reculer, lorsque la résistance est trop forte : en 1997, Washington avait tenté d'empêcher Total de se joindre à Gazprom et Petronas pour le développement d'un gisement de gaz dans les eaux du Golfe. À l'époque, les autorités américaines avaient expliqué qu'elles allaient appliquer l'Amato-Kennedy Act, qui interdit les investissements en Iran de plus de 20 millions de dollars. Les autorités européennes de l'époque avaient répliqué en menaçant de porter l'affaire devant l'OMC et les Américains avaient reculé. Aujourd’hui ce gisement de gaz naturel, South Pars, s'avère être aujourd'hui le plus grand au monde.

Les menaces de poursuites de la part des autorités américaines contre Renault sont aujourd’hui ravivées par le vote du Congrès, le mois dernier, d'une nouvelle série de sanctions à l'encontre de Téhéran pour ses activités militaires jugées pernicieuses, mais ne l’ont apparemment pas dissuadé de miser sur le potentiel de croissance à  long terme du marché iranien. 

C’est le même choix qu’a fait Total en signant récemment un très important accord sur une durée de vingt ans pour le développement de la phase 11 de l'immense champ gazier de South Pars. Il en sera l'opérateur avec 50,1 % aux côtés de la compagnie iranienne Petropars (19,9 %) et de la compagnie nationale chinoise CNPC (30 %).  Ce contrat permettra de produire à terme 370.000 barils d’équivalent pétrole par jour, soit plus de 10 % de la production de Total.

 

Le procédé des sanctions commence à trouver ses limites, face aux réalités économiques…

 

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11 juillet 2017 2 11 /07 /juillet /2017 14:16
LE MAROC MONTRE LA VOIE

Le Maroc, investit, investit et investit encore en Afrique, devançant tous les grands pays industriels. Et il a mille fois raison.

 

Dans le dernier classement des entreprises africaines du magazine Jeune Afrique, parmi les 500 entreprises classées, 71 sont marocaines, soit 14 % des entreprises africaines dans leur ensemble. C’est une proportion énorme pour un pays de 34 millions d’habitants qui ne représente que 2,8 % de la population africaine et 4 % de son économie.

Le Maroc, qui tournait presque le dos à l’Afrique il y a trois décennies pour des raisons politiques, est devenu le premier investisseur francophone sur le continent et le deuxième grand investisseur africain après l’Afrique du Sud.

Ses compagnies d’assurances, de télécommunications, de construction et de grande distribution sont partout. Les agences bancaires marocaines sont désormais deux fois plus nombreuses que les institutions françaises en Afrique. Royal Air Maroc a multiplié par cinq le nombre de routes desservant le continent.

Ce dynamisme s’explique par la volonté du Maroc de se doter  de l’une des économies les plus diversifiées du continent. Le Maroc est le deuxième producteur automobile du continent, avec 346 000 voitures en 2016, après l’Afrique du Sud qui en produit 600 000. Cette année 2017, il sera le premier pays du continent à implanter un TGV. Aussi, quand on considère le classement de Jeune Afrique, secteur par secteur, on observe que six des cinquante premières sociétés africaines du secteur des boissons sont marocaines, quatre dans le secteur des télécommunications, quinze dans le secteur de la construction et dix dans celui des matériaux de construction.

Ce tropisme africain est le fruit de la stratégie de Mohammed VI depuis son accession au pouvoir, le 30 juillet 1999, une semaine après le décès du roi Hassan II. Tandis que la France se désintéressait du continent africain, la Chine et le Maroc prenaient provisoirement sa place.

Mohammed VI a lancé son pays à la redécouverte de l’Afrique francophone. Pour ce faire, il a personnellement dirigé plusieurs dizaines de visites officielles, souvent de fortes délégations composées de 300 à 400 personnes, dont une moitié d’hommes d’affaires. Cette action volontariste  a eu des effets tangibles au bout de huit ans, lorsque les banques marocaines ont commencé à acquérir d’autres banques africaines, dont plusieurs filiales africaines de banques françaises. Les grandes entreprises marocaines, à commencer par l’OCP, l’Office Chérifien des Phosphates, se sont engouffrées dans la brèche, suivies par les PME.

De 2000 à 2013, l’économie marocaine a crû à une moyenne de 5 % par an, marquant un léger ralentissement de la cadence depuis 2013, avec une moyenne de 3,6 %, mais le taux de chômage et l’inflation ont été contenus. Ces succès ne sont pas de trop pour surmonter les difficultés du pays. La SAMIR, numéro un du raffinage au Maroc est en faillite. Le Rif, au nord-est du pays, est en révolte larvée depuis octobre 2016. Le Royaume s’efforce de réparer un système d’éducation en ruine qui balance entre l’arabisation et la francisation et de construire un solide système de protection sociale. Mais le Maroc tient le coup et continue d’avancer.

La pénétration des intérêts marocains sur le continent ne fait pas que des heureux. Le Sénégal, un peu débordé, s’en inquiète mais le Maroc joue fortement sur l’un de ses points forts, une diplomatie de grande qualité, tandis que les missions très fréquentes du roi en Afrique visent à calmer les aigreurs et à passer des accords commerciaux dans un cadre de coopération sud-sud qui demeure une exception. De plus le Maroc, grâce à ses accords de coopération avec l’Union européenne, constitue une importante porte d’entrée vers l’Europe pour le continent africain.

D’ailleurs, le Maroc vient de réintégrer l’Union africaine qu’il avait quitté il y a trois décennies en raison du débat sur le Sahara occidental entretenu par l’Algérie. Il tente actuellement de se faire accepter parmi la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Enfin, avec la tenue de la COP22 sur le climat en décembre 2016 à Marrakech, il ajoute désormais la diplomatie environnementale à ses nombreuses avancées. À l'extérieur du Maroc, on ignore souvent son investissement  dans les énergies renouvelable. Il s'est notamment doté de l'une des plus grandes centrales d'énergie solaire  du monde, Nour (la lumière) dans les environs de Ouarzazate, qui sera bientôt suivi d'une nouvelle centrale solaire, Nour 2, Nour 3 et Nour 4 étant déjà programmés. L'objectif est d'utiliser et d'exporter  une énergie propre, en se dotant du plus grand site de production solaire du monde d'ici 2020.

 

Désormais, pour la coopération avec l’Afrique comme avec l’UE comme pour le développement durable, le Maroc est devenu à la fois un pont et un modèle. Que la France et l’Algérie en tirent toutes les leçons.

 

(D'après, en particulier, l’article de Jean-Benoît Nadeau dans le Devoir (Montréal) du 10 juillet 2017.)

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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 01:49
SAUDI'S ARABIA BOSS

 

J’ai publié en janvier et février 2016 cinq articles sur la politique suivie par l’Arabie Saoudite, dont un article sur la structure de son pouvoir. Je vous propose ci-après une remise à jour de ce dernier article, compte tenu des derniers événements dynastiques.

 

 

Par décret royal, le mercredi 21 juin 2017, le roi d’Arabie Saoudite, Salman ben Abdelaziz Al Saoud, a nommé son fils, Mohammed Ben Salman Al Saoud, prince héritier, à la place du prince Mohammed Ben Nayef. Il s’agit de la toute dernière étape avant que Mohammed Ben Salman, appelons-le MBS, ne devienne Roi.

Pour le moment, en apparence, le Roi reste Salmane ben Abdelaziz Al Saoud, qui a succédé à son demi-frère Abdallah début 2015. Sixième fils du fondateur de la dynastie, Abdelaziz ben Abderrahmane Al Saoud, il est devenu le septième roi d'Arabie saoudite, après le fondateur et ses cinq frères ou demi-frères.

Il est vrai que la famille Saoud détient le pouvoir en Arabie Saoudite depuis 1744, lorsqu’elle a réussi à soustraire l’oasis de Dariya, prés de Riyad, de l'emprise de l'empire ottoman et des chérifs de La Mecque. Si les descendants du premier fondateur de la dynastie, Mohammed ben Saoud Al Mouqrin, sont au nombre d’environ vingt mille princes et princesses de sang, seuls les descendants directs d’Abdelaziz ben Abderrahmane Al Saoud dit Ibn Saoud (1880-1953), fondateur du royaume d'Arabie saoudite actuel, ont droit au titre d’altesse royale.

La règle de succession dynastique traditionnelle des tribus arabes prévoit la transmission du pouvoir aux frères puis aux demi-frères du roi par rang d'âge, l'héritier étant ensuite confirmé par le conseil de famille. Selon ces principes, six enfants mâles du roi se sont succédés depuis sa mort, mais une nouveauté a été introduite par le roi Fahd en 2006, qui redoutait l'influence grandissante des membres du clan des Soudayris dont il ne faisait pas partie. Le Roi Fahd décida de créer un Conseil d’allégeance pour diluer l’influence des Soudayris en incluant plus de personnes dans le processus décisionnel et il ouvrit la loi de succession à la génération des cinq cent petits-fils d’Ibn Saoud.

Le prince héritier doit désormais être choisi par ce Conseil d'allégeance, qui comporte trente-cinq membres de la famille royale représentant les principales branches de la famille, dont  les Soudayris et les Chammars qui en constituent les clans les plus puissants.

Mais les attentes du Roi Fahd ont été déçues car, lorsque le Conseil d’allégeance s’est réunit pour la première fois, il a désigné un Soudayri, Nayef ben Abdelaziz Al Saoud, puis lorsque ce dernier est mort à son tour,  le Conseil a encore désigné un Soudayri, le prince Salman ben Abdelaziz Al Saoud, comme prince héritier le 18 juin 2012.

C’est ce dernier qui est devenu le Roi, le 23 janvier 2015, sans vraiment détenir le pouvoir, car il semble qu’il ait été atteint par la maladie d’Alzheimer avant même de devenir roi. Le vrai détenteur du pouvoir reste le clan Soudayri, qui l’a à son tour confié à un jeune homme, âgé d’à peine trente et un ans, Mohammed ben Salman Al Saoud (MBS), le cadet d’une des trois femmes du roi Salmane, elle-même une Soudayri.

Parachevant cette prise de pouvoir, MBS vient d’être désigné Prince Héritier par le roi, désignation approuvée par 31 des 34 membres du Conseil d'allégeance. Ce titre s’ajoute aux multiples fonctions régaliennes qu’il occupe déjà : il est Vice-Premier ministre, en réalité Premier Ministre puisque c’est le Roi qui est traditionnellement le Premier Ministre, il est Ministre de la Défense, Président du Conseil économique et du développement (en d’autres termes, Ministre de l’Économie et des Finances), Conseiller spécial du Roi et Directeur du Cabinet Royal!

Tout cela à 31 ans,  soit huit ans de moins que le Président Macron…

Il est donc aisé de comprendre qui est l’auteur des décisions brutales prises par l’Arabie saoudite depuis le début 2015, puisque depuis la prise du pouvoir de MBS sur l’Arabie Saoudite, le Royaume s’est lancé dans une politique d’agressions tous azimuts, en prenant quasiment le contrôle militaire de Bahreïn, en se lançant dans une guerre brutale au Yémen, en menaçant désormais le Qatar, tout en proclamant haut et fort que l’Iran, la première puissance de la région, est son ennemi juré.

 

 

On est donc fondé à suivre avec attention la voie périlleuse qu’emprunte l’Arabie Saoudite entre les mains téméraires de MBS…

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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 20:43
LE RÊVE ET LA POLITIQUE

 

Le 24 avril au matin, 76% des électeurs qui ont voté à l’élection présidentielle française du 23 avril 2017 se sont réveillés avec le sentiment d’avoir rêvé pendant quelques semaines d’un avenir qui n’adviendrait jamais. En effet, il a fallu se rendre à l’évidence, leur candidat avait été battu.

 

Ils avaient rêvé, de gauche à droite, de grand soir, de sixième république, de revenu universel, de remise en ordre de l’économie du pays, d’indépendance de la France, de fermeture des frontières. Tous ces projets sans trêve égrenés dans tous les medias et sur tous les réseaux sociaux, ce n’étaient donc que des rêves ?

Oui, des rêves, des rêves envolés, déchirés, flottants au vent des illusions perdues. Il a suffi que leur candidat quitte la scène médiatique et, pfuit, fini le rêve. Et ce n’était pas la faute des medias qui leur avaient pourtant surinés des sondages parfaitement exacts. Macron en tête, Marine Le Pen derrière. Mais ils ne voulaient pas les entendre, ces sondages, ils les niaient, ils voulaient garder leurs rêves de lendemains triomphants.

Il reste bien sûr les 24% d’électeurs de Macron qui continuent à rêver. Mieux, ils exultent. Grace à l’épouvantail FN ressorti en grande tenue pour les deux prochaines semaines, l’élection leur semble assurée. On leur fait vaguement savoir qu’il n’est pas certain que les législatives qui suivront donneront au futur Président une belle majorité stable. Mais ils restent convaincus que le magicien qu’ils ont porté au pinacle saura encore et toujours trouver une solution.

Ils se réveilleront aussi les électeurs de Macron, avec quelques semaines de retard sur les rêveurs du premier tour, quand ils comprendront de quoi est faite la politique. Ils se réveillerons au plus tard au début de l’automne 2017, lorsque le magicien Macron laissera au vestiaire sa baguette magique pour édicter les ordonnances, les règlements, les restrictions et les impôts dont usent tous les politiciens du monde pour obliger leurs concitoyens, qu’ils faisaient rêver lorsqu’ils étaient des électeurs, à obéir, à payer et à se soumettre.

Fini le rêve. C’était le printemps 2017. Vous pourrez recommencer à rêver au printemps 2022, pas avant. En attendant, subissez les décisions politiques concrètes en rongeant votre frein.

C’est une drôle d’objet, la « politique », objet de rêve pour les citoyens quelques semaines, objet de convoitise pour les politiciens toute leur vie et objet de détestation pour ceux qui en subissent les effets, jusqu’à ce qu’on les autorise à rêver à nouveau quelque temps, mais pas trop.

Drôle d’objet en effet, la politique. Il n’y a pas plus dur, plus froid, plus ingrat que la politique pour ceux qui la pratiquent. Et pourtant elle fait rêver chacun d’entre nous d’un monde et d’un avenir meilleur qui n’arrivent jamais.

 

Je me demande parfois s’il n’y a pas d’objet moins apte à inspirer la rêverie que la politique…

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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 09:39
LA PROTECTION DE LA SOCIÈTÉ FRANÇAISE AU COEUR DE L'ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE

 

Pour figer les règles du commerce et de l’investissement en leur faveur, les entreprises internationales ont obtenu la mise en place d’un système financier international adéquat et de toute une série d’accords de commerce internationaux.

 

Ainsi, le GATT et l’OMC, les accords régionaux comme l’Union Européenne et l’Euro, les accords programmés portant sur le commerce transatlantique ou transpacifique, facilitent le commerce tout en contribuant à affaiblir les pays industrialisés, car les dirigeants des entreprises internationales estiment qu’il s’agit d’un processus aussi irréversible que l’était la colonisation entre le XVe et le XXe siècle.

Ces grandes entreprises ont naturellement comme alliés les nouvelles nations mondialisées, qui veulent poursuivre à marche forcée une mondialisation qui leur donne toujours plus de force et qui est découverte avec délice par la partie la plus  entreprenante de leurs populations.

Or, la logique de la mondialisation veut que progressivement les revenus des acteurs se regroupent en deux catégories, les riches et les pauvres, peu importe les régions, ce qui implique que les pauvres des nouvelles nations mondialisées s’enrichissent relativement, tandis que la grande majorité des habitants des anciennes nations industrialisées s’appauvrissent. En d’autres termes, il s’agit de supprimer les privilèges des pauvres des pays riches, ces derniers devant s’aligner progressivement sur le standard mondial.

Tout a été fait, par des traités qui limitent leur autonomie, pour que les populations de ces pays traditionnellement démocratiques soient privées du droit de décider de leur destin particulier, ce qui s’inscrirait forcément en contradiction avec le dessein de la mondialisation.

La notion de démocratie au niveau national est considérée comme désormais dépassée, comme on l’a vu en Grèce, tandis que celle de démocratie au niveau mondial serait encore prématurée. Dans cette faille démocratique, les acteurs de la mondialisation comptent poursuivre leur œuvre, qu’ils estiment inéluctable.

Cependant, du fait de processus démocratiques considérés par les mondialistes comme désuets, les populations de Grande-Bretagne et des Etats-Unis ont récemment exprimé leur désaccord avec les processus de la mondialisation, encore qu’il soit trop tôt pour savoir s’il s’agit d’un changement de cap ou d’un ralentissement provisoire de ces derniers. Il reste que ces votes constituent les premières grandes réactions collectives aux menaces que fait peser la mondialisation sur les sociétés des pays anciennement industrialisés, qui sont touchés soit par le chômage comme en France, soit par la baisse de leur niveau de vie comme aux Etats-Unis.

De plus, des contradictions entre régions apparaissent, comme celle que suscite la circulaire sur les travailleurs détachés entre la partie ouest et la partie est de l’Europe, ou comme l’inquiétude provoquée par l’excèdent commercial considérable de l’Allemagne dans le cadre de la zone euro. On observe également des résistances çà et là, au nom de la défense contre la concurrence « déloyale » ou du respect des normes sanitaires. L’arrivée de migrants est applaudie par les entreprises qui recherchent des travailleurs peu couteux dans une Allemagne en déshérence, mais suscite la résistance des pays de l’Europe de l’Est qui y voient une concurrence à leurs propres travailleurs.

On peut raisonnablement estimer que cette résistance émergente n’est pas prés de s’éteindre, puisqu’elle provient d’un rééquilibrage économique mondial qui s’effectue au détriment des populations d’Europe et d’Amérique du Nord. La question est de savoir si le processus de mondialisation en sera ralenti, voire stoppé. Mais on ne peut aujourd’hui que formuler des hypothèses et élaborer des scénarios.

D’autant plus, qu’au delà des dix ou vingt prochaines années, la conjonction des facteurs démographiques et écologiques devrait devenir logiquement le facteur essentiel des enjeux de l’humanité toute entière, modifiant les objectifs de l’humanité et les rapports de force régionaux.

Pour les premiers, l’objectif de la mondialisation risque de devenir progressivement obsolète, voire nuisible en raison de son impact négatif sur l’environnement. Pour les seconds, il suffit de considérer le cas de l’Europe, qui a vocation à devenir le réceptacle naturel des populations excédentaires d’Afrique, par proximité géographique et culturelle, encore que ni les modalités, ni l’amplitude du phénomène ne puissent encore être appréhendés.

La campagne pour l’élection présidentielle française se déroule dans le cadre de cette problématique mondiale, offrant traditionnellement aux Français l’opportunité de s’interroger tous les cinq ans sur leur avenir.

Chacun a pu constater que la France s’est trouvée contrainte de s’adapter à la mondialisation au prix de la réduction de sa production industrielle et agricole. Beaucoup doutent de la capacité des responsables politiques à modifier la pente négative sur laquelle la France est installée, mais peu sont prêts à se résigner à l’impuissance collective. Tous, en tout cas, sont à la recherche de solutions réalistes qui leur permettent de se protéger collectivement d’une évolution fâcheuse qui pèserait sur leurs emplois, leurs salaires, leur protection sociale et leurs retraites.

 

Si bien que la question de la protection de la société française au sein de la mondialisation m’apparaît centrale dans le débat présidentiel et qu’elle en déterminera le résultat.

 

FIN

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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 12:19
LA MONDIALISATION, CADRE DE L'ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE FRANÇAISE

Lors des débats publics en vue de l’élection du Président de la République Française les 23 avril et 7 mai prochains, il s’agit en apparence de choisir entre la droite et la gauche ou de ne pas choisir du tout.

 

Le débat entre la droite et la gauche correspond en effet à l’éternelle opposition entre ceux qui favorisent l’efficacité au détriment de la solidarité et ceux qui privilégient la priorité inverse. Il n’est pas prés d’être obsolète quoique une partie de l’opinion, lassée de ce débat indéfiniment ressassé, envisage de voter pour le candidat qui prétend artificiellement dépasser cette opposition. À l’inverse, deux candidats rejettent absolument ce dépassement dialectique pour appeler les populations qui s’estiment les plus maltraitées à se battre sans désemparer contre la condition injuste qui leur est faite.

Mais un autre débat s’est ouvert entre les deux candidats qui soutiennent la logique de l’Union Européenne (UE) et les sept candidats qui prétendent, à des degrés divers, infléchir, modifier, transformer ou rejeter l’UE.

Il est vrai que la société française est plutôt malmenée par les dynamiques en œuvre dans le monde. Sa croissance économique est faible et son niveau de chômage est historiquement élevé. On en connaît la cause immédiate, des coûts de production élevés dans le cadre d’une structure de production plutôt mal adaptée à la dynamique de la mondialisation.

Les remèdes invoqués consistent soit à retrouver de la compétitivité au sein de la concurrence mondiale, soit à s’en protéger pour reprendre des forces. Les deux approches impliquent en premier lieu une réduction relative des coûts de production, soit par une négociation sociale interne, soit par une barrière externe tarifaire et monétaire. Toutes deux visent en second lieu à reconstruire un nouvel outil de production adapté à la mondialisation. La logique de la compétitivité contre celle du bouclier.

Cet enjeu national s’inscrit dans le cadre de l’évolution actuelle du monde, à savoir la mondialisation, une étape après d’autres du processus d’industrialisation de l’humanité. Pour en prendre la mesure, il faut commencer par noter que le processus d’industrialisation est récent, trois siècles tout au plus. Il a succédé aux sociétés agricoles qui se sont maintenues pendant plusieurs millénaires après avoir elles-mêmes remplacé les modes de survie humains originels organisés autour de la chasse de la pêche et de la cueillette. L’évolution de l’humanité s’inscrit dans un mécanisme d’accélération.

L’industrialisation a engendré un système de production fondé sur l’entreprise privée et l’innovation, affaiblissant progressivement les structures économiques, sociales et politiques qui encadraient les sociétés agricoles. Ces remises en cause structurelles ont été acceptées parce que l’industrialisation a permis de mettre à la disposition de l’humanité une quantité croissante de biens et de services, de réduire les efforts individuels pour obtenir des richesses et d’accroitre l’espérance de vie des individus.

Naturellement, l’industrialisation a modifié les équilibres entre les individus et les sociétés. Fondé sur l’initiative individuelle, l’industrialisation a donné des pouvoirs croissants sous forme de richesses acquises à un groupe limité de personnes, générant un ressentiment à leur égard de la part de ceux qui se trouvent rejetés au bas de l’échelle. De plus, elle a bouleversé les rapports de force entre l’Europe et le reste du monde, tout d’abord en faveur de la première avec la conquête de l’Amérique et la colonisation de l’Asie et de l’Afrique, avant les chocs en retour qui en résultent actuellement.

La mondialisation s’inscrit donc dans la dynamique qui a consisté à diffuser, volens nolens, l’industrialisation à l’ensemble de l’humanité. Elle constitue un effet retour de la période de diffusion de l’industrialisation. Désormais les régions nouvellement industrialisées bénéficient provisoirement de coûts de production plus bas que les régions anciennement industrialisées, singulièrement l’Europe de l’Ouest et l’Amérique du Nord.

Pour comprendre l’évolution à venir, il faut identifier les acteurs de la mondialisation et les rapports de force actuels et futurs.

Normalement, face à la mondialisation qui les menacent l’ensemble des régions anciennement industrialisées devraient mettre en œuvre des stratégies destinées à freinera l’affaiblissement de leurs systèmes productifs.

Mais telle n’est pas la logique de la mondialisation qui est conduite par de grandes entreprises qui restent encore, quoique de moins en moins, les fers de lance des Etats-Unis et de l’Europe.

 

Ces entreprises utilisent en effet la dynamique de la mondialisation pour accroitre leur puissance en attendant d’être détrônées par les entreprises issues des régions nouvellement industrialisées.

À SUIVRE

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8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 12:48

Target 2 est en train de rendre insolvables les Banques Centrales des pays de la zone euro.

 

L’acronyme « Target 2 » se réfère à un système de compensation des flux financiers entre pays européens, par l’intermédiaire de l’ajustement des comptes des Banques Centrales nationales de la BCE.

En pratique, les flux de capitaux sont actuellement à sens unique: en empochant un bénéfice, les investisseurs privés vendent à la BCE les obligations italiennes ou portugaises qu’ils possèdent, avant de redéployer le produit de la vente dans des fonds mutuels en Allemagne ou au Luxembourg.

À ce jour, la Banque Centrale italienne doit une somme record de 364 milliards d’euros à la BCE, soit 22 % du PIB italien, un montant qui ne cesse de s’accroitre. En ce qui concerne l’Espagne, les dettes Target 2 de l’Espagne s’élèvent à 328 milliards de dollars, soit 30 % de son PIB, tandis que celles du Portugal et de la Grèce sont de 72 milliards chacune. En face, la Bundesbank a accumulé des crédits Target 2 pour 796 milliards d’euros et le Luxembourg pour 187 milliards, ce qui représente 350 % de son PIB.

Longtemps, la BCE a affirmé que ces déséquilibres Target 2 n’avaient aucune importance dans la mesure où l'union monétaire se perpétuait. Mais le transfert des capitaux en euros des pays du Sud vers le Nord de l’Europe a une signification, celle de la défiance. La même raison explique les différences de taux d’intérêt, avec des taux négatifs de 0,92 % pour les obligations allemandes à deux ans, bien au-dessous des taux d’intérêt des obligations des pays du sud de la zone euro.

Ce mouvement de transfert des dettes du sud au nord de la zone euro n’a été décidé par aucun gouvernement ni aucun parlement, car il ne constitue  que l’effet secondaire du QE (Quantitative Easing) de la BCE.

Le terme de Quantitative Easing, ou d'Assouplissement Quantitatif, désigne un type de politique monétaire dit « non conventionnel » consistant pour une banque centrale à racheter massivement des titres de dettes aux acteurs financiers, notamment des obligations d'entreprise. Cette opération vise à accroître la quantité de monnaie en circulation pour relancer l'économie. Elle a pour effet de gonfler le bilan de la banque centrale et de mettre en danger sa solvabilité si les titres achetés ne sont pas de bonne qualité.

Si une fronde politique déclenchait une crise existentielle de l’euro, les citoyens des pays créditeurs comme des pays débiteurs de la zone euro découvriraient avec effroi les conséquences de ce transfert. On peut supposer qu’il y aurait un nouveau transfert massif de capitaux avant le moment fatidique, poussant les déséquilibres Target 2 de un à un et demi de trillion d’Euros. Selon les experts financiers, la BCE devrait alors, afin de se protéger, couper le robinet à des banques centrales devenues irrémédiablement insolvables.

La réaction en chaîne commencerait par un défaut d’une Banque Centrale du sud du bloc euro envers la BCE, qui en retour aurait du mal à assumer ses obligations Target 2 envers le nord du bloc. De plus, les Banques Centrales d’Allemagne, des Pays-Bas et du Luxembourg perdraient une partie de leurs crédits Target 2 tout en devant légalement rembourser les établissements financiers de leur juridiction.

Le cas le plus spectaculaire serait celui de la Banque Centrale du Luxembourg qui devrait subitement rembourser 350 % de son PIB à des créations privés.

Que l’édifice de l’union économique et monétaire européenne soit bâti sur du sable n’avait aucune importance tant que le projet donnait l’impression d’être insubmersible. Mais dés lors que le doute s’installe, les risques deviennent visibles et du coup tangibles.

Ainsi le transfert du risque privé au secteur public fait courir à la Banque Centrale italienne le risque de la faillite si l’euro se désintègre ou si l’Italie se fait bouter hors de l’union monétaire. Pour que tout soit clair, Mario Draghi a lui-même écrit en janvier 2017 une lettre aux députés européens italiens, les avertissant que la dette devra être « remboursée totalement » si l’Italie sortait de l’euro et restaurait la lire.

La perspective est dés lors la suivante : soit la fin de l’euro redevient une perspective fantaisiste et les capitaux quitteront l’Allemagne, le Luxembourg et les Pays-Bas pour revenir en Grèce, au Portugal, en Espagne ou en Italie attirés par des taux d’intérêts plus élevés, soit la perspective de la fin de l’Euro reste crédible et le mouvement de capitaux du sud vers le nord de la zone euro se poursuivra.

 

 

En d’autres termes, le mécanisme de l’Euro a accru les distorsions financières entre les pays qui composent la zone euro, tandis que leurs économies divergeaient comme le montre leur commerce extérieur, fortement excédentaire pour les uns et tout aussi nettement déficitaires pour les autres.

La suite de l’histoire est évidente.

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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 20:41

 

Lors de la rencontre en « Format Normandie » à Munich, l'Allemagne, la France, la Russie et l'Ukraine ont décidé que le régime du cessez-le-feu dans le Donbass débuterait le 20 février 2017.

 

Un cessez-le-feu de plus? L’Ukraine est proche de la rupture, il va donc lui falloir choisir très prochainement entre la guerre hasardeuse et la paix démoralisante.

La situation actuelle a pour fondement un cessez-le-feu appuyé sur le protocole de Minsk, signé le 5 septembre 2014 par les représentants de l'Ukraine, de la Russie, de la République populaire de Donetsk (DNR) et de la République populaire de Lougansk (LNR). Ce cessez le feu a été conforté par les Accords de Minsk II signés le 12 février 2015 entre l'Allemagne, la France, la Russie, selon ce que l’on appelle le « Format Normandie ».

Ces accords prévoyaient notamment un cessez-le-feu, une zone démilitarisée sur la ligne de contact et un dialogue pour la création d'un statut spécial relatif aux régions en conflit de Donetsk et de Lougansk.

Ils n’ont pas été mis en œuvre. Le cessez le feu est régulièrement rompu, le gouvernement ukrainien a massé des forces importantes aux abords des zones rebelles et refuse de dialoguer avec les autorités des Républiques populaires de Donetsk et Lougansk au sujet de leur statut.

Depuis la fin janvier 2017, l’armée ukrainienne a repris les hostilités contre les rebelles afin d’appuyer la demande récente du Président ukrainien Piotr Porochenko auprès d’Angela Merkel de maintenir les sanctions européennes à l'encontre de Moscou jusqu'à la mise en œuvre complète des Accords de Minsk.

L’Ukraine a en effet fait converger depuis le début 2016 infanterie, blindés, artillerie et matériel de logistique. En masse. Voici les données détaillées pour les sceptiques: sur la ligne de front du Donbass, elle dispose de quatre-vingt dix mille hommes, soit les effectifs de la totalité de l’armée de terre Française, avec en première ligne, trois Groupes Tactiques face respectivement à Marioupol, Donetsk et Lougansk et à l’arrière du front, une Réserve opérationnelle.

Chacun de ces Groupes Tactiques dispose d’un effectif d’environ dix sept mille hommes, appuyés par une force blindée d’une centaine de chars d’assaut, de cinq cent véhicules de combat d’infanterie, de quarante Lance-Roquettes Multiples, de deux cent soixante pièces d’artillerie lourde et de mortiers, de trois cent systèmes d’arme antichar et de quatre cent systèmes de défense anti-aérienne. La Réserve opérationnelle dispose d’un nombre de matériels supérieurs à ceux d’un des trois Groupes Tactiques.

Chaque Groupe Tactique est organisé autour de brigades interarmes, auquel s’ajoute une brigade d’artillerie équipée surtout d’obusiers de 152mm, de vingt groupes de forces spéciales et pour l’ensemble du front, d’un groupe aérien de chasseurs bombardiers et d’hélicoptères d’assaut, comprenant neuf Soukhoï 24, quinze Soukhoï 25, dix Mig 29, onze Soukhoï 27 et trois escadrilles d’hélicoptères avec neuf MI8 et huit MI24.

Puisqu’un nouveau cessez le feu est annoncé, le Président ukrainien, Petro Porochenko, va donc devoir choisir. Car entretenir une force d’assaut de près de cent mille hommes pendant des mois sur une ligne de front active sans rien engager de décisif est extrêmement couteux au plan financier et moral. Le pays serait entrainé dans la voie d’un effondrement socio-économique et le régime assuré de l’effondrement.

Pour sauver le régime, Petro Porochenko risque donc d’inventer un prétexte pour attaquer.

Mais, malgré sa supériorité numérique de trois et demi contre un, l’armée ukrainienne ne dispose pas des ressources humaines et logistiques pour livrer un assaut urbain frontal. De plus, il provoquerait d’importantes pertes civiles qui légitimeraient une intervention russe. Il lui faut donc attaquer une ville d’importance stratégique secondaire comme Debalsevo, Dokuchaiesk ou Yasinovataya ou percer le front vers la frontière russe pour isoler les forces rebelles déployées au Sud.

Le but de Petro Porochenko, avec la complicité bienveillante de l’opinion occidentale, serait de provoquer une intervention russe aussitôt utilisée pour dénoncer toute forme de dialogue avec Moscou et, surtout, de sauver le régime ukrainien.

C’est pourquoi il est difficile de croire à ce nième cessez le feu, puisque le régime a besoin d’un conflit avec les rebelles et surtout avec les Russes pour survivre. Déjà, les pays riverains comme la Pologne accueillent des millions d’Ukrainiens qui fuient un pays à la dérive.

 

L’objectif des Allemands de faire de l’Ukraine un réservoir de main d’œuvre particulièrement bon marché est d’ores et déjà en partie réalisé, mais il reste encore à stabiliser le pays en le dotant d’un pouvoir politique légitime et d’un accord de bon voisinage avec la Russie.

Un autre régime donc.

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25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 11:17

Pour ceux qui ont compris que le changement du monde allait encore une fois venir des Etats-Unis, avant que l’équilibre des forces ne se modifie complétement, je vais consacrer une série de blogs d’actualité aux effets de l’arrivée de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis.

Pour commencer, voici le contenu du discours d’investiture de Donald Trump, prononcé le 20 janvier 2017 à Washington devant les précédents Présidents américains et une foule nombreuse venue l’écouter.

Il faut se souvenir que les commentateurs ont dans un premier temps pronostiqués son échec aux primaires du Parti Républicain, avant de prédire l’échec de son élection à la Présidence des États-Unis. Démentis deux fois, ils ont avancé, en désespoir de cause, qu’il n’appliquerait pas son programme.

Je vous suggère d’en conclure que les fondements de leurs analyses sont pour le moment erronées et de partir au contraire de l’hypothèse que Donald Trump va appliquer effectivement son programme afin d’en tirer les conséquences pour les changements à venir dans le monde, à mon avis rapides et profonds.

Tel est du moins la base de mon analyse, que je me propose de partager avec vous.

 

« Juge en Chef Roberts, Président Carter, Président Clinton, Président Bush, Président Obama, mes concitoyens américains et peuples du monde: merci.

Nous, citoyens d'Amérique, sommes maintenant unis dans un grand effort national pour reconstruire notre pays et pour restaurer ses promesses à l'égard de tout notre peuple.

Ensemble nous déterminerons la voie pour l'Amérique et pour le monde pour des années.

Nous ferons face à des défis. Nous serons confrontés à des épreuves. Mais nous finirons le travail.

Tous les quatre ans, nous nous rassemblons sur ces marches pour procéder dans l'ordre et la paix à ce transfert de pouvoir et nous sommes reconnaissants au président Obama et à la Première Dame Michelle Obama pour leur aide courtoise pendant la transition. Ils ont été magnifiques.

La cérémonie d'aujourd'hui cependant a une signification très particulière. Parce qu'aujourd'hui non seulement nous transférons le pouvoir d'une administration à une autre ou d'un parti à un autre, mais nous transférons le pouvoir de la capitale Washington et le donnons à nouveau à vous, le peuple Américain.

Pendant trop longtemps, un petit groupe dans notre capitale a récolté les avantages du gouvernement tandis que le peuple en a assumé le coût.

Washington a prospéré mais le peuple n'a pas eu de part de cette richesse.

Les politiciens ont prospéré mais les emplois se sont taris et les usines ont fermé.

L'establishment s'est protégé lui-même mais n'a pas protégé les citoyens de notre pays.

Leurs victoires n'ont pas été les vôtres; leurs triomphes n'ont pas été les vôtres; et pendant qu'ils festoyaient dans la capitale, il n'y avait guère à célébrer pour les familles démunies dans tout le pays.

Tout cela va changer, ici et à partir de maintenant parce que ce moment est le vôtre: il vous appartient. Il appartient à tous ceux réunis ici aujourd'hui et à tous ceux qui regardent à travers l'Amérique.

Cette journée vous appartient. C'est votre célébration.

Et cela, les Etats-Unis d'Amérique, c'est votre pays.

Ce qui importe vraiment ce n'est pas quel parti contrôle notre gouvernement mais si notre gouvernement est contrôlé par le peuple.

Le 20 janvier 2017 restera dans les mémoires comme le jour où le peuple dirige à nouveau la nation.

Les hommes et femmes oubliés de notre pays ne seront plus oubliés. Tout le monde vous écoute maintenant.

Vous êtes venus par dizaines de millions faire partie d'un mouvement historique, tel que le monde n'en a jamais vu.

Au coeur de ce mouvement, réside une conviction fondamentale: celle qu'une nation existe pour servir ses citoyens.

Les Américains veulent de bonnes écoles pour leurs enfants, des quartiers sûrs pour leurs familles et de bons emplois pour eux-mêmes.

Ce sont des revendications légitimes et raisonnables pour un public juste.

Mais pour trop de nos concitoyens, une réalité différente existe: mères et enfants sont piégés dans la pauvreté de nos quartiers défavorisés; des usines délabrées sont essaimées comme des pierres tombales dans le paysage de notre nation; un système éducatif, plein d'argent, mais qui laisse nos jeunes et beaux étudiants privés de savoir; et le crime, les gangs et la drogue qui ont volé tant de vies et spolié notre pays de tant de potentiel non-réalisé.

Ce carnage américain s'arrête ici et maintenant.

Nous sommes une nation et la douleur des autres est la nôtre. Leurs rêves sont nos rêves; et leur succès seront notre succès. Nous partageons un coeur, une patrie et un glorieux destin.

Le serment de fonction que je viens de prononcer est un serment d'allégeance envers tous les Américains.

Pendant des décennies, nous avons enrichi l'industrie étrangère aux dépens de l'industrie américaine; subventionné les armées d'autres pays tout en permettant le très triste appauvrissement de notre armée; nous avons défendu les frontières d'une autre nation tout en refusant de défendre les nôtres; et dépensé des milliards de milliards de dollars à l'étranger pendant que les infrastructures de l'Amérique se sont délabrées et abimées.

Nous avons rendu d'autres pays riches alors que l'abondance, la force et la confiance de notre pays ont disparu de l'horizon.

Une par une, les usines ont fermé leurs portes et quitté nos rives sans même une pensée pour les millions et millions de travailleurs américains laissés sur le carreau.

La classe moyenne a été privée de son patrimoine qui a été distribué à travers le monde.

Mais cela appartient au passé. Et maintenant, nous ne regardons que l'avenir.

Nous nous sommes retrouvés aujourd'hui et nous décrétons, pour être entendus dans chaque ville, chaque capitale étrangère et dans chaque lieu de pouvoir, qu'à compter d'aujourd'hui une nouvelle vision prévaudra dans notre pays: ce sera l'Amérique d'abord et seulement l'Amérique. L'Amérique d'abord.

Chaque décision sur le commerce, les impôts, l'immigration, les affaires étrangères sera prise pour le bénéfice des familles et des travailleurs américains.

Nous devons protéger nos frontières des ravages des autres pays fabriquant nos produits, spoliant nos entreprises et détruisant nos emplois. La protection conduira à une grande force et prospérité.

Je combattrai pour vous de toutes mes forces et je ne vous laisserai jamais tomber.

L'Amérique va recommencer à gagner, à gagner comme jamais auparavant.

Nous ramènerons nos emplois. Nous reconstruirons nos frontières. Nous regagnerons notre prospérité. Et nous retrouverons nos rêves.

Nous construirons de nouvelles routes, autoroutes, ponts, aéroports, tunnels et voies ferrées à travers notre merveilleux pays.

Nous extrairons notre peuple de l'aide sociale pour le mettre au travail, rebâtissant notre pays avec des bras américains et du labeur américain.

Nous allons suivre deux règles simples: acheter américain et embaucher américain.

Nous rechercherons l'amitié et la bonne volonté des autres nations du monde mais nous le ferons avec l'idée que c'est le droit de tout pays de mettre ses propres intérêts en avant.

Nous ne cherchons pas à imposer notre mode de vie mais plutôt à le rendre éclatant comme un exemple à suivre.

Nous renforcerons nos vieilles alliances et en forgerons de nouvelles et unirons le monde civilisé contre le terrorisme islamique radical, que nous allons éradiquer complètement de la surface de la Terre.

Le fondement de notre politique sera une totale allégeance aux Etats-Unis d'Amérique et grâce à notre loyauté au pays, nous redécouvrirons la loyauté envers les uns les autres.

Quand vous ouvrez votre coeur au patriotisme, il n'y a plus de place pour les préjugés.

La Bible nous le dit "qu'il est bon de vivre quand le peuple de Dieu vit ensemble dans l'unité".

Nous devons nous exprimer franchement, discuter nos désaccords honnêtement mais toujours rechercher la solidarité.

Quand l'Amérique est unie, on ne peut absolument pas l'arrêter.

On ne doit pas avoir peur, nous sommes protégés, et nous serons toujours protégés.

Nous serons protégés par les grands hommes et femmes de notre armée et de nos forces de sécurité, et surtout, nous sommes protégés par Dieu.

Enfin, nous devons voir grand et rêver encore plus grand.

En Amérique, nous comprenons qu'une nation n'est vivante que dans l'effort.

Nous n'accepterons plus des hommes politiques qui parlent et n'agissent pas, tout le temps en train de se plaindre sans jamais rien faire.

Le temps des paroles creuses est fini. Maintenant, c'est l'heure de l'action.

Ne laissez personne vous dire que cela ne peut pas être fait. Aucun défi n'est assez grand pour le coeur, la combativité et l'esprit de l'Amérique.

Nous n'échouerons pas. Notre pays va être florissant et prospérer à nouveau.

Nous sommes à l'orée d'un nouveau millénaire, prêt à dévoiler les mystères de l'espace, à libérer la terre des fléaux et à exploiter les énergies, les industries et technologies de demain.

Une nouvelle fierté nationale va animer nos âmes, élever nos regards et guérir nos divisions. Il est temps de se remémorer ce vieux dicton que nos soldats n'oublieront jamais: que l'on soit noir, métis ou blanc, le même sang patriote court dans nos veines, nous jouissons tous des mêmes libertés et nous saluons tous le même grand drapeau américain.

Et qu'un enfant soit né dans la banlieue de Detroit ou dans les plaines balayées par les vents du Nebraska, ils regardent tous le même ciel la nuit, leur coeur est plein des mêmes rêves et ils sont habités du même souffle de vie du Créateur tout-puissant.

Ainsi, à tous les Américains, dans chaque ville, qu'elle soit proche ou lointaine, petite ou grande, d'une montagne à l'autre, d'un océan à l'autre, entendez ces mots: vous ne serez plus jamais ignorés.

Votre voix, vos espoirs, et vos rêves vont définir notre destinée américaine. Et vos courage, bienveillance et affection nous guiderons tout au long du chemin.

Ensemble nous allons rendre à l'Amérique sa force. Nous allons rendre à l'Amérique sa prospérité. Nous allons rendre à l'Amérique sa fierté. Nous allons rendre à l'Amérique sa sécurité. Et oui, ensemble, nous allons rendre à l'Amérique sa grandeur.

Merci, Dieu vous bénisse et que Dieu bénisse l'Amérique. »

 

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22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 11:42

 

Pour la première fois, Angela Merkel va être contrainte de choisir entre l’Europe et l’adaptation de l’Allemagne aux nouveaux défis du monde. Et nous, Français, nous allons attendre passivement qu’elle décide de notre destin pendant que les Anglais prennent, comme toujours, la direction du grand large.

 

2017 s’annonce comme une année passionnante, ou agitée si vous êtes pessimiste. Ainsi, l’interview accordé par Donald Trump à Bild et au Times est, pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, un message de défiance adressé à l’Allemagne par le président des Etats-Unis, d’origine allemande de surcroit !

Le choc a été rude. Il a obligé les éditorialistes de la Frankfurter Allgemeine Zeitung ou de Die Welt à conclure que l’Allemagne allait devoir se défendre contre la politique agressive des Etats-Unis : s'attaquer à l'Allemagne, menacer BMW, impensable ! Naturellement, le gouvernement allemand cherche à calmer le jeu par le truchement du ministre des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, qui « part du principe que notre partenaire étasunien s'en tiendra encore aux obligations internationales de l'OMC ». Quant à Angela Merkel, elle attend de « voir quels types d'accords nous pourrons atteindre » et réaffirme sa volonté de dialoguer avec la Maison Blanche.

Il reste que la nouvelle doctrine européenne de Washington place l'Allemagne, troisième puissance exportatrice du monde, juste derrière les Etats-Unis, dans une situation inconfortable, car elle est désormais sommée, pour se défendre de prendre clairement la direction de l’Union Européenne. Trump l’a brutalement affirmé : quand vous regardez l’UE, vous voyez l’Allemagne.

Pour Trump, l'UE n’est qu’un instrument de puissance au service de l'Allemagne contre lequel il compte instrumenter le Royaume-Uni en lui offrant un accord prioritaire en contrepartie du Brexit. On se souviendra que dans une position stratégiquement alignée sur l’Allemagne, Obama avait menacé le 23 avril 2016 de placer le Royaume–Uni en queue de la liste des accords commerciaux américains s’il sortait du Brexit. C’est donc un renversement stratégique total que propose aujourd’hui Donald Trump.

Voilà donc l’Allemagne contrainte d’assumer ouvertement son rôle de leadership économique et commercial, elle qui adorait se cacher derrière les conseils européens ou le faux « couple » avec la France, car elle savait que, si elle se mettait ouvertement en avant, elle devrait en payer la note en termes financiers, militaires et politiques.

Cette fois, elle ne pourra plus y échapper, car son modèle économique et sa sécurité sont en jeu : l'Allemagne, prise sous le double feu des Etats-Unis et de la Russie, est contrainte de s’appuyer sur la solidarité de ses partenaires de l’UE pour y résister. Ses avantages compétitifs résident dans le contrôle de son arrière cour centre européenne qui lui fournit une sous-traitance à bas prix et dans le maintien de la zone euro qui lui permet de neutraliser ses concurrents les plus dangereux au sein de l’UE comme la France ou l’Italie, tout en bénéficiant d'une monnaie sous-évaluée par rapport à un éventuel « Euro Deutsche Mark ».

Jusqu’ici, elle disposait de tous ces avantages sans bourse délier, pas même en dépenses militaires, s’offrant le luxe de traiter de haut ses partenaires qu’elle jugeait indisciplinés et allant jusqu’à punir cruellement la Grèce qui avait cru pouvoir la défier.

C’est l'Allemagne qui a imposé à la zone euro une stratégie de convergence budgétaire forcée, sur lequel elle se fonde pour exiger de ses partenaires des réformes toujours plus douloureuses.

C’est l’Allemagne qui refuse de réduire son excédent courant et d’accroitre son inflation interne afin de permettre à ses partenaires de rééquilibrer la zone euro. Au contraire, elle cherche sans cesse à renforcer la concurrence interne au sein de l'UE.

Lorsqu’Angela Merkel répond hardiment à Donald Trump que « nous, Européens, avons notre destin en main », elle sait que cette affirmation signifie un changement total de la politique allemande vis à vis de l’UE. Fini le blocage de toute avancée vers la solidarité européenne, fini le refus du troisième pilier de l'union bancaire par la garantie commune des dépôts, fini le rejet de l'union budgétaire par la création d'Euro bonds, fini l’obstruction à tout plan de relance et fini la négation d'une stratégie de défense européenne.

L'Allemagne va devoir assumer les inconvénients de l’UE si elle veut la rendre économiquement et socialement viable.

Si elle le veut bien.

Car Trump la met en demeure d’effectuer un changement ontologique, en se pensant comme une puissance ayant des responsabilités et des devoirs envers l'Europe entière, et non envers elle seule.

Un changement radical.

Or la tropisme allemand de poursuivre dans la même voie qu’auparavant rend tout changement radical de la stratégie allemande improbable. Un éditorial de Die Welt appelle l'Allemagne à « devenir plus consciente de sa puissance et à poursuivre ses propres intérêts ». En privilégiant le lien transatlantique sur le lien européen, puisque, après tout, les Etats-Unis sont des clients plus importants que la France, l’Allemagne se replierait sur l’Europe de Wolfgang Schäuble, celle du cercle restreint des pays européens capables de survivre à la compétition mondiale dont les règles sont plus que jamais dictées par les Etats-Unis.

Le maintien de la stratégie allemande implique que l’Allemagne se lance dans une nouvelle phase de libéralisation, en répondant à la baisse des impôts et au protectionnisme des Etats-Unis par la baisse des impôts allemands et la dérégulation des marchés. Au sein de l'UE, un tel scénario déclencherait une nouvelle course à la compétitivité sur les coûts que la majorité des pays qui la compose seraient incapables de supporter.

C’est ainsi que l’UE risque fort d’éclater, non sous les coups des eurosceptiques, mais sous ceux d’une Allemagne qui se refuserait à en assumer la charge.

On perçoit cette tendance en Allemagne lorsque l’éditorialiste du Frankfurter Allgemeine Zeitung estime qu'il est ridicule de penser que la chancelière pourrait être la « dirigeante d'un front anti Trump » et que « l'Europe a besoin d'un partenariat étroit avec les Etats-Unis ». 

Et la France dans tout cela? Alors que la prudence de Berlin laisse penser que les Allemands songent à abandonner l’Europe pour sauver leur peau, la France ne se demande même plus ce qu’elle devrait faire pour sauver la sienne, agitant vainement un drapeau européen en lambeau. D'ailleurs, la peau de la France n’intéresse plus personne, ni les Américains qui l’ignore, ni les Anglais qui la quitte, ni les Allemands qui se contentent de la sermonner tout en l'étranglant. 

 

Quant, à nous, les citoyens, nous avons été assez inconscients pour  laisser nos politiciens remettre les clés de notre avenir à Angela Merkel…

 

 

 

 

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